Comprendre les drapeaux rouges d’une douleur fémoro-patellaire

Éditeur original Carin Hunter basé sur le cours de Claire Robertson
Principaux contributeursCarin Hunter, Jess Bell et Kim Jackson

Introduction(edit | edit source)

La détection des drapeaux rouges est une partie importante du processus d’évaluation, mais elle est souvent négligée chez les patients souffrant de douleurs au genou. Il est important d’avoir une bonne compréhension des drapeaux rouges pour la sécurité des patients et de veiller à ce que des références appropriées et opportunes soient faites si nécessaire. En cas de traumatisme au genou, il faut s’assurer que tous les examens pertinents ont été effectués. Pour plus d’informations sur les drapeaux rouges, veuillez consulter cette page : Une introduction aux drapeaux rouges pour les pathologies sérieuses.

Affections masquées non traumatiques ( edit | edit source )

Certaines affections peuvent présenter un profil de douleur similaire à celui de la douleur fémoro-patellaire, et il convient de les considérer dans le diagnostic différentiel. Les affections non traumatiques suivantes surviennent dans la population adolescente (c’est-à-dire les préadolescents et les adolescents).(1)

La maladie d’Osgood-Schlatter ( éditer | source d’édition )

Les signes et symptômes :

  • Cette affection est fréquente chez les adolescents âgés de 11 à 15 ans (2).
  • Elle est prévalente chez les enfants pratiquant des sports à dominante quadriceps, c’est-à-dire la course, les coups de pied et le saut (2).
  • Les patients présentent une bosse évidente au niveau de la tubérosité tibiale (3).
  • La douleur est spécifique à la tubérosité tibiale.
  • Une inflammation et une élévation des plaques de croissance sont présentes au niveau de la tubérosité tibiale.
  • Une IRM pour montrer le niveau d’inflammation peut être utilisée pour confirmer, mais cela ne changera pas le plan de traitement.
  • En l’absence de traitement, la douleur peut atteindre un niveau tel qu’elle empêche toute participation à un sport.

Le traitement :

  • Éducation
  • Modification de l’activité : (1) (2) (3)
    • Essayer d’éliminer le sport le moins aimé du patient, ou
    • Changer leur position de jeu pour une position moins active afin de réduire la mise en charge
  • AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens)
  • Massage à la glace – soulage les symptômes
  • Traiter la surcharge :
    • Facteurs extrinsèques
      • Gestion de la mise en charge dans le sport (2)
      • Chaussures (4)
      • Technique d’atterrissage (5)
    • Facteurs intrinsèques
      • Longueur des muscles (2)
      • Force musculaire (2)

Pour plus d’informations, veuillez consulter la page suivante Maladie d’Osgood-Schlatter.

Le syndrome de Sinding Larsen Johansson ( éditer | source d’édition )

Le syndrome de Sinding Larsen Johansson est une ostéochondrose juvénile et une épiphysite de traction. Elle affecte le mécanisme d’extension du genou, de façon à perturber la fixation du tendon rotulien au pôle inférieur de la rotule. Il y a une sensibilité au pôle inférieur de la rotule. Et le syndrôme est accompagné généralement d’une preuve radiographique du fractionnement de ce pôle. La plupart des patients atteints du syndrome de Sinding Larsen Johansson présentent également une calcification au pôle inférieur de la rotule.(6)

Le syndrome apparaît généralement à l’adolescence, pendant une poussée de croissance. Il est associée à une douleur localisée, aggravée par l’exercice. On observe généralement une sensibilité localisée et un gonflement des tissus mous. Les muscles environnants peuvent également être tendus, notamment les quadriceps, les ischio-jambiers et les gastrocnémiens. Cette crispation se traduit généralement par une inflexibilité au niveau de l’articulation du genou, modifiant les contraintes appliquées par l’articulation fémoro-patellaire (7).

Les signes et symptômes :

  • Inflammation au niveau de la plaque de croissance du pôle distal de la rotule (8)
  • Cette condition est plus susceptible de se produire pendant les poussées de croissance
  • Le traitement principal se concentre sur le suivi de la croissance afin de modifier les activités pendant une poussée de croissance (9).
  • La douleur peut évoluer à un niveau tel qu’elle empêche toute participation à un sport.

Le traitement :

  • Éducation
  • Modification de l’activité : (1)
    • Essayer d’éliminer le sport le moins aimé du patient, ou
    • Changer leur position de jeu pour une position moins active afin de réduire la charge
  • AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens)
  • Massage à la glace – soulage les symptômes
  • Traiter la surcharge :
    • Facteurs extrinsèques
      • Gestion de la mise en charge dans le sport
      • Chaussures
      • Technique d’atterrissage
    • Facteurs intrinsèques
      • Longueur des muscles
      • Force musculaire

Pour plus d’informations, veuillez consulter la page Syndrome de Sinding-Larsen-Johansson.

Un épanchement au niveau du genou ( éditer | source d’édition )

Il n’y a aucun cas où un enfant devrait avoir un épanchement du genou sans cause apparente. Ainsi, tout épanchement en l’absence de traumatisme doit toujours être investigué. Un épanchement du genou peut souvent entraîner une douleur fémoro-patellaire.

Les causes possibles de l’épanchement :

Les drapeaux rouges des maladies auto-immunes :

  • Atteinte de plusieurs articulations
  • L’articulation est raide au réveil
  • Fatigue

Les drapeaux rouges de l’arthrite infectieuse :

  • Température
  • Maladie récente

L’ostéochondrite disséquante / le défaut ostéochondral ( éditer | source d’édition )

L’ostéochondrite disséquante est définie comme une pathologie inflammatoire de l’os et du cartilage. Cela peut entraîner une nécrose localisée et une fragmentation de l’os et du cartilage (10). Le cartilage et l’os sous-chondral peuvent se détacher et se retrouver à flotter dans l’articulation. Cela irrite la synovie, ce qui provoque un épanchement.

Le traitement de l’ostéochondrite disséquante :

  • Traitement conservateur pour les lésions stables (11)
  • Débridement possible / nettoyage du genou
  • Résection chirurgicale possible (réséquer jusqu’à une marge stable)
  • Examiner les défauts ostéochondraux à l’aide d’une IRM (12) – vérifiez la stabilité des marges du défaut ostéochondral et si l’emplacement est une zone de mise en charge
  • Surveillez l’œdème osseux autour d’un défaut – l’œdème devrait diminuer lors d’une surveillance régulière
  • Conseils en physiothérapie : gestion de la mise en charge
    • En présence d’un défaut ostéochondral trochléen dans l’articulation fémoro-patellaire, n’oubliez pas d’éviter toute mise en charge excessive en flexion profonde.

Pour plus d’informations, voir Ostéochondrite disséquante et Ostéochondrite disséquante du genou.

L’épiphysiolyse ( éditer | source d’édition )

L’épiphysiolyse n’est pas fréquente. Cependant, elle doit être considérée comme un diagnostic différentiel (13) car elle peut renvoyer la douleur vers le genou en antéro-interne. Une affection bénigne diagnostiquée à un stade précoce a un meilleur pronostic, car l’affection évoluera jusqu’à une fusion de l’épiphyse.(13)

Pour plus d’informations, veuillez consulter la rubrique Épiphysiolyse.

Autres(edit | edit source)

Moins fréquents mais plus graves :

Affections pouvant survenir dans la population adulte ( éditer | source d’édition )

Les affections suivantes doivent être prises en compte dans le diagnostic différentiel des adultes présentant des symptômes de douleur fémoro-patellaire.

Rupture du ligament croisé postérieur ( éditer | source d’édition )

Une rupture du ligament croisé postérieur (LCP) peut être causée par un coup porté à l’avant du genou (14). Chez certains patients, le seul symptôme signalé est une douleur fémoro-patellaire. Il est donc conseillé d’évaluer tous les ligaments pour voir si une intervention chirurgicale est nécessaire (14). La physiothérapie pour une blessure au LCP se concentrera souvent sur la réadaptation du quadriceps.

Pour plus d’informations, veuillez consulter cette page : Reconstruction du LCP.

La plica synoviale ( éditer | source d’édition )

Une plica est un pli dans la membrane synoviale. Elles sont fréquentes et sont normalement asymptomatiques. Une plica peut souvent être palpée antéro-médialement, en bordure de la moitié supérieure de la rotule. Parfois, elles peuvent se coincer dans l’articulation fémoro-patellaire, et devenir gênantes ou enflammées et douloureuses.(15)

Le diagnostic :

  • Injecter un anesthésique local pour soulager les symptômes. Si cela réussit, cela indique fortement une plica synoviale enflammée.

Le traitement :

  • Injections de stéroïdes pour diminuer l’inflammation
  • Résection de la plica
  • Réadaptation (15)

La tendinopathie rotulienne ( éditer | source d’édition )

La tendinopathie est un échec de la réponse de guérison du tendon, avec une prolifération désordonnée des ténocytes, des anomalies intracellulaires dans les ténocytes, une rupture des fibres de collagène et une augmentation ultérieure de la matrice non collagène.(16) (17) (18) Le terme tendinopathie est un descripteur générique des conditions cliniques (douleur et caractéristiques pathologiques) associées à la surutilisation des tendons et de leur environnement.(19)

Le traitement :

  • Forte mise en charge de résistance
  • Mise en charge excentrique (20) en déclin
Tendinopathie rotulienne Douleur fémoro-patellaire
Facteurs aggravants Rester immobile (21)

Tôt le matin

Rester immobile avec le genou est en fin de flexion.
Description de la douleur Pointe au tendon proximal (21) Douleur vague
Effet de l’exercice La douleur diminue lorsque le tendon se réchauffe (21) S’aggrave avec une mise en charge répétitive

Pour plus d’informations, veuillez consulter la page Tendinopathie rotulienne.

Le conflit fémoro-acétabulaire ( éditer | source d’édition )

Bien que le conflit fémoroacétabulaire ne soit pas fréquent, il peut provoquer des douleurs au niveau du genou en antéro-interne. Cette douleur référée peut être confondue avec une douleur fémoro-patellaire. L’un des signes cliniques les plus fréquemment reconnus pour le conflit fémoro-acétabulaire est la douleur à la flexion, l’adduction et la rotation interne de la hanche (22). Il peut donc être utile de réaliser le Test du quadrant . En ce qui concerne la douleur fémoro-patellaire, vous chercherez à savoir si la douleur du genou du patient est reproduite à l’exécution des tests.

Pour plus d’informations, veuillez consulter la page Conflit fémoro-acétabulaire.

Outils d’évaluation ( éditer | modifier la source )

Lorsque vous encouragez une personne à modifier son niveau d’activité, il peut être utile d’imprimer ou de lui fournir un tableau lui permettant de suivre avec précision son volume d’exercice au cours d’une semaine (voir la figure ci-dessous). Veillez à encourager votre client à remplir le formulaire avec précision, car cela vous permettra de lui offrir les conseils les plus pertinents. Il est également conseillé d’enregistrer correctement la durée de chaque activité et son intensité.

Tableau d’évaluation des mises en charge pour le suivi de la croissance.

Références(edit | edit source)

  1. 1.0 1.1 1.2 Robertson C. Understanding Red Flags in Patellofemoral Pain Course. Plus. 2022.
  2. 2.0 2.1 2.2 2.3 2.4 2.5 Neuhaus C, Appenzeller-Herzog C, Faude O. A systematic review on conservative treatment options for OSGOOD-Schlatter disease. Physical Therapy in Sport. 2021 May 1;49:178-87.
  3. 3.0 3.1 Corbi F, Matas S, Álvarez-Herms J, Sitko S, Baiget E, Reverter-Masia J, López-Laval I. Osgood-Schlatter Disease: Appearance, Diagnosis and Treatment: A Narrative Review. InHealthcare 2022 May 30 (Vol. 10, No. 6, p. 1011). MDPI.
  4. O’Sullivan IC, Crossley KM, Kamper SJ, van Middelkoop M, Vicenzino B, Franettovich Smith MM, Menz HB, Smith AJ, Tucker K, O’Leary KT, Costa N. HAPPi Kneecaps! A double-blind, randomised, parallel group superiority trial investigating the effects of sHoe inserts for adolescents with patellofemoral PaIn: phase II feasibility study. Journal of Foot and Ankle Research. 2021 Dec;14(1):1-1.
  5. Gaulrapp H, Nührenbörger C. The Osgood-Schlatter disease: A large clinical series with evaluation of risk factors, natural course, and outcomes. International Orthopaedics. 2022 Feb;46(2):197-204.
  6. Medlar RC, Lyne ED. Sinding-Larsen-Johansson disease. Its etiology and natural history. The Journal of Bone and Joint surgery. American Volume. 1978 Dec 1;60(8):1113-6.
  7. Houghton, K. M., ‘Review for the generalist: evaluation of anterior knee pain’, Paediatric Rheumatology, (2007), vol. 5, p. 4-10.
  8. Fischer AN. Sinding-Larsen-Johansson Syndrome. InCommon Pediatric Knee Injuries 2021 (pp. 63-68). Springer, Cham.
  9. McCormick KL, Tedesco LJ, Bixby EC, Swindell HW, Popkin CA, Redler LH. Sinding-Larsen-Johansson Disease: Analysis of the Associated Factors in the Largest Cohort to Date. Orthopaedic Journal of Sports Medicine. 2022 May 31;10(5_suppl2):2325967121S00503.
  10. Osteochondritis Dissecans of the Elbow
  11. Chau MM, Klimstra MA, Wise KL, Ellermann JM, Tóth F, Carlson CS, Nelson BJ, Tompkins MA. Osteochondritis dissecans: current understanding of epidemiology, etiology, management, and outcomes. JBJS. 2021 Jun 16;103(12):1132-51.
  12. Detterline AJ, Goldstein JL, Rue JP, Bach BR. Evaluation and treatment of osteochondritis dissecans lesions of the knee. Journal of Knee Surgery. 2008;21(02):106-15.
  13. 13.0 13.1 Purcell M, Reeves R, Mayfield M. Examining delays in diagnosis for slipped capital femoral epiphysis from a health disparities perspective. Plos one. 2022 Jun 24;17(6):e0269745.
  14. 14.0 14.1 Perelli S, Masferrer-Pino Á, Morales-Ávalos R, Fernández DB, Ruiz AE, Gallego JT, Idiart R, Fabregat ÁA, Alcaraz10 NU. Current management of posterior cruciate ligament rupture. A narrative review. Rev Esp Artrosc Cir Articul. 2021;28(3):180-91.
  15. 15.0 15.1 Casadei K, Kiel J. Plica syndrome. StatPearls (Internet). 2021 Jul 25.
  16. Maffulli N, Longo UG, Franceschi F, Rabitti C, Denaro V. Movin and Bonar scores assess the same characteristics of tendon histology. Clinical orthopaedics and related research. 2008 Jul;466(7):1605-11.
  17. Maffulli N, Longo UG, Maffulli GD, Rabitti C, Khanna A, Denaro V. Marked pathological changes proximal and distal to the site of rupture in acute Achilles tendon ruptures. Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy. 2011 Apr;19(4):680-7.
  18. Alexander L, Shim J, Harrison I, Moss R, Greig L, Pavlova A, Parkinson E, Maclean C, Morrissey D, Swinton P, Brandie D. Exercise therapy for tendinopathy: a scoping review mapping interventions and outcomes.
  19. Maffulli N. Overuse tendon conditions: time to change a confusing terminology. Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic & Related Surgery. 1998 Nov 1;14(8):840-3.
  20. Challoumas D, Pedret C, Biddle M, Ng NY, Kirwan P, Cooper B, Nicholas P, Wilson S, Clifford C, Millar NL. Management of patellar tendinopathy: a systematic review and network meta-analysis of randomised studies. BMJ open sport & exercise medicine. 2021 Nov 1;7(4):e001110.
  21. 21.0 21.1 21.2 Rosen AB, Wellsandt E, Nicola M, Tao MA. Current clinical concepts: clinical management of patellar tendinopathy. Journal of Athletic Training. 2021 Oct 1.
  22. Hale RF, Melugin HP, Zhou J, LaPrade MD, Bernard C, Leland D, Levy BA, Krych AJ. Incidence of femoroacetabular impingement and surgical management trends over time. The American journal of sports medicine. 2021 Jan;49(1):35-41.


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