La spondylarthropathie est un terme générique désignant un groupe d’affections inflammatoires séronégatives. (1) Cette famille de maladies comprend les diagnostiques suivants : (1)
L’objectif principal du traitement de la spondylarthropathie est de réduire l’inflammation. De plus, les problèmes associés tels que la douleur, la raideur, la fatigue, les troubles du sommeil, la dépression, la réduction des niveaux d’activité physique et l’augmentation du risque de maladie cardiovasculaire doivent être traitées. (2) Cette page explore les options de traitement pharmacologique et non pharmacologique de la spondylarthropathie.
ILe traitement initial de la spondylarthropathie est concentré sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et le traitement par l’exercice physique. (2)
Les AINS sont couramment utilisés pour gérer la douleur et l’inflammation, et comme antipyrétique (c’est-à-dire pour contrôler la fièvre / réduire la température). (2) Les AINS agissent en bloquant l’enzyme cyclooxygénase. Il existe deux isoformes de cyclooxygénase : COX-1 et COX-2. La COX-1 a un rôle homéostatique tandis que la COX-2 génère les prostaglandines observées dans la fièvre, l’inflammation et la cancérogenèse.(3)
Les AINS sont disponibles sous forme de comprimés, de gélules, de suppositoires, de crèmes, de gels et éventuellement d’injections. Certains AINS sont en vente libre, d’autres nécessitent une ordonnance. (2) Les AINS les plus couramment utilisés sont : (2)
Pendant de nombreuses années, les AINS ont été utilisés comme traitement de première intention de la spondylarthropathie.(3) (6) Environ 70 à 80 % des patients atteints de spondyloarthrite axiale prennent des AINS, bien que l’efficacité de ces médicaments varie d’un patient à l’autre.(7) L’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens a montré un effet positif sur la gestion des symptômes et l’amélioration fonctionnelle, mais les preuves d’un ralentissement de la progression radiographique en cas d’utilisation continue sont limitées. (8) Une réponse positive aux AINS a été incluse dans les critères de l’ASAS pour le diagnostic des maux de dos inflammatoires et de la spondylarthropathie.(7) (9)
Les patients peuvent réagir de manière très différente aux AINS, il peut donc être nécessaire d’essayer différentes formes d’AINS pour déterminer la meilleure option. Une mauvaise réponse aux AINS est considérée comme un signe de mauvais pronostic dans la spondylarthrite axiale.(7)
En raison de la nature chronique de ces affections, les patients peuvent avoir besoin de prendre des AINS en continu ou pendant de longues périodes. Cela peut entraîner divers effets secondaires : (3)
Les complications gastro-intestinales peuvent être relativement mineures (dyspepsie, nausées et brûlures d’estomac) ou graves (hémorragie gastro-intestinale potentiellement fatale). Le risque d’effets indésirables augmente avec l’âge et chez les patients qui prennent également d’autres médicaments (tels que l’aspirine et les corticostéroïdes). (3)
Les antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM) sont des agents immunosuppresseurs et immunomodulateurs. Ils sont classés en deux catégories : les ARMM conventionnels et les ARMM biologiques.(13)
Les ARMM conventionnels sont considérés comme un traitement de deuxième intention pour les patients qui ne tolèrent pas les AINS ou n’y répondent pas.(14) Les ARMM peuvent être utilisés seuls (monothérapie) ou en association avec d’autres médicaments.(2) Cependant, il n’existe pas suffisamment de preuves pour étayer leur efficacité.(14) On pense qu’ils peuvent être efficaces dans la gestion de la spondylarthropathie périphérique, mais pas pour les symptômes axiaux.(3) (14) (15) Ils sont considérés comme efficaces et largement utilisés dans la prise en charge de l’arthrite psoriasique.(14)
Voici des exemples de ARMM : (2) (14)
Les ARMM biologiques peuvent être bénéfiques pour les patients qui ne tolèrent pas ou ne répondent pas bien aux AINS.(14) Ils sont généralement injectés ou administrés par perfusion intraveineuse, bien que certains produits plus récents soient disponibles sous forme de comprimés.(2) Ils agissent pour moduler le système immunitaire en inhibant des voies ou des molécules spécifiques afin de réduire l’inflammation.(2)(13) L’ASAS et l’EULAR recommandent d’utiliser ces deux classes d’ARMM biologiques pour traiter la spondylarthropathie :(3)
Cependant, on ne sait pas encore si les patients bénéficieront d’un traitement à long terme avec ces médicaments, si la progression radiologique et l’ankylose peuvent être stoppées ou si l’utilisation à long terme est sécuritaire. (7) Ces médicaments sont connus pour avoir des effets secondaires importants chez certains patients, y compris des infections graves. (3) (13)
En raison de ces effets secondaires, les patients doivent remplir plusieurs critères avant de se voir prescrire ce médication : (3)
Une réponse positive aux inhibiteurs du TNF est liée au gène HLA-B27. (3) D’autres facteurs permettant de prédire une meilleure réponse à ces médicaments incluent : (3)
La physiothérapie et l’ergothérapie jouent un rôle important dans le traitement de la spondylarthropathie. Promouvoir l’activité physique et inciter les patients à faire de l’exercice est un élément important du traitement physiothérapeutique. Les physiothérapeutes doivent s’efforcer d’aider les patients à améliorer leurs fonctions et à apprendre à gérer les symptômes de la douleur, de la fatigue, de l’activité de la maladie, de la perte d’amplitude de mouvement et de la diminution de leur condition physique.(2)
La Ligue européenne contre le rhumatisme (EULAR) a publié des lignes directrices en 2018 qui soutiennent l’utilisation de la thérapie par l’exercice pour aider à gérer une panoplie de spondylarthropathies. Ces lignes directrices soutiennent l’idée que l’exercice n’est pas seulement sans danger, mais qu’il fait partie intégrante des soins et qu’il doit être encouragé par tous les professionnels de la santé tout au long de la vie.(17)
L’EULAR recommande que les programmes d’exercices comprennent quatre types d’exercices clés : (17)
Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires concernant le dosage et les effets à long terme de la thérapie par l’exercice, les patients devraient, dans l’ensemble, être encouragés à faire de l’exercice aux niveaux recommandés dans les directives locales et nationales en matière d’activité physique.(2) Les programmes d’exercices doivent être ciblés afin d’optimiser les résultats, de s’assurer que tous les domaines d’exercices sont inclus et d’éviter le sous-dosage.(2)
La vidéo suivante fournit des informations sur les trois premiers types d’exercice.
Divers programmes d’exercices ont été étudiés dans le cadre de la recherche sur la spondylarthropathie. Cependant, on manque d’informations spécifiques sur la planification de l’exercice dans la pratique clinique. (19) Bien qu’il n’y ait pas suffisamment de preuves pour soutenir l’utilisation d’un type d’exercice plutôt qu’un autre, (17) (19) certaines caractéristiques clés de la planification de l’exercice sont examinées ci-dessous. Elles sont basées en grande partie sur la déclaration de consensus sur l’exercice pour la spondylarthrite ankylosante de Millner et de ses collègues et sur les recommandations de l’EULAR de 2018.
Avant de modifier l’activité physique ou de prescrire des programmes d’exercices, les physiothérapeutes doivent procéder à une évaluation individualisée approfondie, incluant : (17) (19)
Cliquez ici pour obtenir des informations sur l’évaluation de la spondylarthropathie.
Un suivi et un retour d’information doivent être assurés afin de renforcer la confiance et les capacités du patient. Cela permettra également de s’assurer que les programmes d’exercices sont mis à jour lorsque nécessaire. Il est recommandé d’effectuer ces suivis au moins une fois par année, mais plus souvent si les symptômes, la fonction et la mobilité changent. (19) Toutes les interventions doivent être conçues en fonction des objectifs identifiés par le patient, qui doivent également être revus régulièrement. (17)
La sécurité est une considération essentielle pour tous les patients, mais surtout pour ceux qui sont atteints d’une maladie plus grave, à un stade avancé. Les changements physiques spécifiques à prendre en compte sont les suivants (19)
Les principaux problèmes de sécurité liés à l’exercice physique incluent : (19)
Les comorbidités spécifiques associées à la spondylarthropathie et leur traitement sont abordées plus en détail ici.
Les exercices mettant l’accent sur la mobilité de la colonne vertébrale et l’amplitude des mouvements des articulations périphériques sont indispensables dans un programme d’exercices. Il n’existe pas de données probantes en faveur d’un type d’exercice de mobilité plutôt qu’un autre. Les exercices doivent être choisis en fonction des déficits fonctionnels ou de mouvement spécifiques. (19) Dans les premiers stades de la maladie, les exercices de mobilité peuvent se concentrer sur le rétablissement de l’amplitude vertébrale et d’une posture normales. Dans les stades avancés de la maladie, l’accent peut être mis sur le maintien de l’autonomie existante.(19)
Les vidéos suivantes donnent des exemples d’exercices de mobilité qui peuvent être bénéfiques pour les patients atteints de spondylarthropathie.
Certaines données indiquent que le pilates (modifié), le tai-chi, la spirométrie incitative, l’exercice avec des jeux vidéo, les exercices de renforcement cardiorespiratoire et musculaire, les programmes éducatifs et la rééducation posturale globale sont des modalités efficaces.(21) L’hydrothérapie et la natation peuvent également être bénéfiques.(2)(19) Les exercices fonctionnels et l’entraînement aérobique devraient être ajoutés aux exercices de mobilité de la colonne vertébrale pour les patients atteints de spondylarthrite ankylosante.(19) (22)
Il est probable que les patients atteints de spondylarthropathie à un stade précoce bénéficient davantage d’une plus grande variété d’exercices que ceux qui sont à un stade plus avancé de la maladie. Pour les patients atteints de spondylarthrite axiale avancée, des facteurs de sécurité doivent être pris en compte et les directives nationales pour les populations plus âgées peuvent être un guide utile. (19)
Sveaas et ses collègues ont étudié l’effet d’un programme d’exercices à haute intensité sur le risque cardiovasculaire chez des patients souffrant de spondylarthrite axiale active. Le programme était basé sur les recommandations de l’American College of Sports Medicine (ACSM) pour le maintien et l’amélioration de la condition physique cardiorespiratoire et musculaire.(23)
Ce programme a non seulement permis de réduire les facteurs de risque cardiovasculaire chez les patients atteints de spondylarthrite axiale active, mais aussi d’améliorer l’aspect activité de la maladie. Le BASDAI s’est amélioré de manière significative, des améliorations de la fonction physique ont également été notées à partir des scores BASFI et une tendance à la réduction de l’interleukine (IL) 17a et de l’IL-23 a été observée.(23) Basé sur les améliorations signalées par les patients et la stabilité des marqueurs inflammatoires, il semble que l’exercice à haute intensité puisse être utilisé dans ce groupe de patients.(23)
Le programme était le suivant : (23)
La vidéo suivante présente une séance d’exercices d’entraînement par intervalles à haute intensité pour des patients souffrant de spondylarthrite axiale.
La fonte musculaire est fréquente dans un certain nombre de maladies chroniques, dont la spondylarthropathie, et peut accroître considérablement la morbidité et la mortalité.(25) En particulier, la cachexie (définie comme : « une perte accélérée des muscles squelettiques dans le contexte d’une réponse inflammatoire chronique » (26)) a été reconnue comme une complication systémique de la spondylarthrite axiale. Cette situation est particulièrement fréquente chez les patients dont la maladie est de longue date et qui présentent des modifications radiologiques. On pense donc que l’entraînement progressif en résistance peut être bénéfique pour les patients atteints de spondylarthropathie.(26)
Il est important d’encourager une activité physique régulière afin de promouvoir la santé générale, le bien-être et les résultats fonctionnels pour les patients. Aucun type d’activité n’a été jugé supérieur à un autre. L’activité peut se dérouler sur le lieu de travail, pendant les trajets domicile-travail et/ou pendant les activités de loisirs. Il convient également d’encourager les activités sédentaires à être entrecoupées par des mouvements.(19)
La fréquence, l’intensité, la durée et le type d’exercice doivent être adaptés en partant des résultats de l’évaluation du patient, de ses objectifs et de son mode de vie. (19) Certains points importants à considérer incluent ce qui suit : (19)
Il a été démontré que les activités de groupe et les exercices supervisés améliorent l’adhésion à un programme d’exercices. La préférence du patient pour certains exercices est également un élément important à prendre en compte pour garantir son adhésion au programme.(19)