La spondylarthropathie est une forme chronique d’arthrite inflammatoire qui touche environ 0,5 à 1,5 % de la population occidentale. (1) Il s’agit d’une famille de maladies qui inclut la spondylarthrite axiale (également connue sous le nom de spondylarthrite ankylosante), l’arthrite psoriasique, l’arthrite réactive, l’arthrite entéropathique et la spondylarthrite indifférenciée. Ces affections touchent le squelette axial et périphérique et présentent diverses caractéristiques extra-articulaires. (2) (3)
Le diagnostic de la spondylarthropathie est un processus complexe qui doit être posé par un spécialiste (c’est-à-dire un rhumatologue).(4) Cependant, en raison de la complexité de l’identification de ces affections, le diagnostic est souvent retardé.(5) Par exemple, la spondylarthrite axiale n’est souvent pas diagnostiquée jusqu’à cinq à dix années suivant l’apparition des premiers symptômes.(6) Ceci est important car un diagnostic précoce de la spondylarthrite axiale permet d’obtenir de meilleurs résultats lorsque l’on considère l’activité de la maladie, la fonction, la mobilité de la colonne vertébrale et les lésions radiographiques observés, ainsi qu’une meilleure réponse au traitement.(5)
De manière significative pour les physiothérapeutes, un diagnostic antérieur de mal de dos mécanique est un facteur indépendant lié à un retard de diagnostic. (5) Il est donc nécessaire de faire la différence entre les maux de dos d’origine mécanique et ceux d’origine inflammatoire. Pour plus d’informations sur la différenciation entre ces deux types de dcondition, cliquez ici.
Il existe plusieurs systèmes de classification pour améliorer la détection précoce de la spondylarthropathie. Cette page explore en particulier la classification ASAS pour la spondylarthrite axiale, qui classe la spondylarthrite en deux catégories : axiale (radiographique ou non radiographique) et périphérique, (1) ainsi que les critères CASPAR pour l’arthrite psoriasique.
La vidéo suivante présente l’avis de plusieurs patients sur l’impact d’un diagnostic tardif de spondylarthrite axiale.
La vidéo suivante aborde le diagnostic de maux de dos d’origine inflammatoire d’un point de vue médical.
La spondylarthrite axiale est la forme prototypique de la spondylarthropathie.(4) Les critères de classification de New York modifiés (mNYCC) étaient auparavant utilisés dans le diagnostic de la spondyloarthrite axiale. (2) Le mNYCC inclut ces critères cliniques et radiologiques : (9)
| Critères radiologiques | |
|---|---|
L’aspect des articulations sacro-iliaques à la radiographie est classé de 0 à 4 :
|
Pour répondre aux critères radiologiques de la spondylarthrite axiale, un patient doit présenter :
Une sacroiliite de grade 2, 3 ou 4 bilatérale OU Une sacroiliite de grade 3 ou 4 d’un seul côté |
Outre les critères radiologiques, le patient doit remplir au moins l’un des critères cliniques suivants : (9)
| Critères cliniques |
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Cependant, on estime qu’il faut six à dix ans pour que les dommages structurels se développent à partir de l’apparition des symptômes. (10) Il arrive parfois qu’elles ne se développent pas du tout.(11) Le mNYCC n’est donc pas en mesure de détecter les patients présentant des signes précoces d’inflammation axiale.(10) Cette situation a contribué à retarder le diagnostic de la spondylarthrite axiale.(2) (4)
La création des critères de classification ASAS (Assessment of SpondyloArthritis international Society) en 2009 a été considérée comme une avancée positive pour la recherche sur la spondylarthropathie.(2)(12) (13) Ces critères de classification ont permis, pour la première fois, d’identifier plus tôt la spondylarthrite axiale grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM).(2)(14)
L’ASAS a également créé un autre sous-groupe de spondylarthrite axiale, la spondylarthrite non radiographique (nrAxSpA). Un diagnostic de nrAxSpA peut être posé chez les patients qui remplissent certains critères mais ne présentent aucun signe de sacroiliite radiographique.(15)
Il est toutefois important de noter que ces critères ne constituent pas un diagnostic en soi. Le clinicien doit toujours prendre en compte l’ensemble de la situation. (4) Les critères de classification ASAS ne peuvent être utilisés qu’après un diagnostic positif de spondylarthrite axiale ou périphérique. (16)
Les critères 2009 de l’ASAS intègrent essentiellement deux branches, l’élément imagerie et l’élément clinique. Ces critères sont les suivants : (15)
| Les patients souffrant de maux de dos depuis plus de trois mois, avec un âge d’apparition inférieur à 45 ans, ainsi que : |
|---|
| L’élément d’imagerie | OU | L’élément clinique |
|---|---|---|
| Sacroiliite à l’imagerie (c’est-à-dire une inflammation active (aiguë) à l’IRM qui suggère fortement une sacroiliite ou une sacroiliite radiographique définitive selon le mNYCC).
PLUS Une ou plusieurs caractéristiques de la spondylarthropathie |
HLA-B27 positif
PLUS Deux caractéristiques ou plus de la spondylarthropathie |
Caractéristiques ASAS de la spondylarthropathie : (17)
En 2011, les critères de l’ASAS ont été élargis pour mieux inclure les manifestations périphériques de la maladie.(18) L’arthrite psoriasique, l’arthrite réactive et l’arthrite entéropathique sont largement considérés comme des affections périphériques, bien que certaines caractéristiques puissent chevaucher celles de la spondyloarthrite axiale (radiographique et non radiographique) et vice versa.(19) Pour être classé dans la catégorie des spondylarthrites périphériques, un patient doit présenter l’une ou l’autre des caractéristiques suivantes(18)
| Arthrite OU enthésite OU dactylite, et entrer dans une des deux catégories suivantes : |
|---|
| Montre un ou plusieurs des éléments suivants | OU | Montre deux ou plus des éléments suivants |
|---|---|---|
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Ces critères ont une sensibilité de 77,8 % et une spécificité de 82,9 %.(18)
Comme pour la spondylarthrite axiale, le diagnostic de l’arthrite psoriasique est difficile à établir (20)(21) et une tendence au sous-diagnostic de cette affection persiste.(22) C’est un élément important car même un délai de six mois entre les premiers symptômes et le premier rendez-vous chez le rhumatologue peut contribuer à l’érosion des articulations périphériques et à une moins bonne fonction physique à long terme.(20) Bien que divers systèmes de classification aient été utilisés pour identifier l’arthrite psoriasique, ce sont les critères 2006 de la classification de l’arthrite psoriasique (CASPAR) (23) qui ont permis aux médecins de mieux reconnaître cette maladie.(21) L’outil CASPAR s’est avéré avoir une spécificité de 98,7 % et une sensibilité de 91,4 %. Ces critères sont définis comme suit : (23)
| Un patient doit souffrir d’une maladie articulaire inflammatoire (articulation, colonne vertébrale ou enthèse) PLUS remplir au moins trois des cinq catégories suivantes : |
|---|
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| 2. Évidences de dystrophie unguéale psoriasique typique incluant l’onycholyse, les piqûres et l’hyperkératose, et pouvant être observée à l’examen physique |
| 3. Test négatif pour le facteur rhumatoïde |
| 4. Dactylite actuelle ou antécédents de dactylite |
| 5. Évidence radiographique d’une néoformation osseuse juxta-articulaire, qui apparaît comme une ossification mal définie près des bords de l’articulation (excluant la formation d’ostéophytes) sur des radiographies de la main ou du pied. |
NB : La présence d’un psoriasis actuel se voit attribuer deux points, tandis que toutes les autres caractéristiques cliniques se voient attribuer un point.
Un spécialiste doit diagnostiquer la spondylarthropathie, mais les physiothérapeutes doivent être en mesure de détecter et d’orienter vers les services appropriés les patients qui présentent des caractéristiques inquiétantes. Les« Lignes directrices du National Institute of Certified Research (NICE) sur la spondylarthrite chez les personnes âgées de plus de 16 ans » rappellent aux cliniciens, en cas de suspicion de spondylarthropathie, que : (24)
Ces lignes directrices recommandent d’orienter le patient vers un rhumatologue en cas de suspicion de spondylarthrite axiale s’il présente une lombalgie depuis plus de trois mois ayant débuté avant l’âge de 45 ans, ainsi que QUATRE critères ou plus parmi les suivants : (24)
Si trois des critères supplémentaires sont présents, les lignes directrices NICE recommandent qu’un test HLA-B27 soit effectué. Si ce test est positif, le patient doit être orienté vers un rhumatologue pour une évaluation.(24)
L’intégralité des lignes directrices du NICE sur l’orientation des patients suspectés de spondylarthropathie est disponible ici, en anglais.
Bien qu’il existe des systèmes de classification pour faciliter l’identification de la spondylarthropathie, il n’y a pas d’étalon-or pour diagnostiquer cette famille d’affections. En raison de la complexité et de la variété des symptômes, le diagnostic de ces maladies peut être long et retardé.(4)
Le diagnostic est établi à partir des antécédents du patient, de l’examen clinique, des tests de laboratoire, de l’imagerie et d’un indice de suspicion autour de la spondylarthropathie.(4)