Rédacteurs originaux – User Name
Principaux contributeurs – Naomi O’Reilly et Aminat Abolade
Quel est exactement le rôle des professionnels en réadaptation dans le cadre de la réadaptation anticipée en situation de catastrophe et de conflit et où se situent-ils dans le continuum de gestion des catastrophes ? La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge définit la gestion des catastrophes comme l’organisation et la gestion des ressources et des responsabilités pour traiter tous les aspects humanitaires des urgences, afin de réduire l’impact des catastrophes [1]. Elle propose un continuum de quatre phases : la préparation, la réponse, le rétablissement et l’atténuation, bien qu’en pratique, chacune des quatre phases se fond souvent dans la suivante, sans début ni fin clairs, comme on peut le voir dans la figure.1. Dans le cadre de la réadaptation anticipée, nous nous centrerons sur le rôle des professionnels en réadaptation dans la préparation et l’intervention en situation de catastrophe, qui constitue la place de la réadaptation anticipée dans le continuum.
« Les connaissances et les capacités développées par les gouvernements, les organisations professionnelles d’intervention et de rétablissement, les communautés et les individus pour anticiper, répondre et se rétablir efficacement des impacts d’événements ou de conditions de danger probables, imminents ou actuels » [3].
Selon le CICR, la préparation aux catastrophes fait référence aux mesures prises pour se préparer et réduire les effets des catastrophes, qu’elles soient naturelles ou d’origine humaine. Cela se fait par le biais de la recherche et de la planification afin d’essayer de prévoir les zones ou les régions qui risquent de subir une catastrophe et, dans la mesure du possible, de les empêcher de se produire et/ou de réduire l’impact de ces catastrophes sur les populations vulnérables qui peuvent être touchées afin qu’elles puissent y faire face efficacement. Les activités de préparation aux catastrophes, associées à des mesures de réduction des risques, peuvent prévenir les situations de catastrophe et permettre de sauver un maximum de vies et de moyens de subsistance en cas de catastrophe, tout en permettant à la population touchée de revenir à la normale dans un court laps de temps [4].
C’est la minimisation des pertes de vies humaines et des dommages matériels par la facilitation d’une réponse efficace aux catastrophes incluant des services de réadaptation lorsque nécessaire. La préparation est le principal moyen de réduire l’impact des catastrophes. La préparation et la gestion communautaires devraient être considérées comme une priorité élevée dans la gestion de la pratique de la physiothérapie [5].
Les professionnels en réadaptation peuvent contribuer de manière significative à la préparation de la gestion des catastrophes en étant conscients des dangers spécifiques et de la vulnérabilité de leur pays ou région, ainsi que des conséquences probables des catastrophes qui pourraient se produire. Cela devrait inclure la considération des types de maladies ou de blessures spécifiques probables, ainsi que la capacité de réponse et l’impact possible sur les services de santé existants. La réadaptation anticipée devrait ensuite être incorporée dans le plan de gestion des catastrophes sanitaires, garantissant une réponse intégrée avec des rôles clairs pour les professionnels en réadaptation dès le départ et des voies de référence définitives pour les patients. [6]
La planification de la préparation doit se faire au niveau de l’individu (personnel), de son lieu de travail (organisationnel) et de sa localité (au niveau régional et national). La cartographie des ressources humaines et institutionnelles de l’ensemble du secteur de la réadaptation est essentielle et contribue à une réponse coordonnée aux catastrophes ; elle informe des besoins de formation et du prépositionnement des équipements. Une façon d’envisager la préparation à la réadaptation anticipée en situation d’urgence intégrant chaque niveau est de la considérer en termes de quatre domaines : Le personnel, le matériel, les systèmes et l’espace :[6]
| Personnel | Matériel | Systèmes | Espace |
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« La prestation de services d’urgence et d’assistance publique pendant ou immédiatement après une catastrophe afin de sauver des vies, de réduire les impacts sur la santé, d’assurer la sécurité publique et de répondre aux besoins de subsistance de base des personnes touchées » [3].
Centrée principalement sur les besoins immédiats et à court terme, la division entre cette phase d’intervention et la phase de rétablissement qui suit n’est pas nette et peut durer de quelques jours à plusieurs mois, voire beaucoup plus longtemps dans de nombreuses situations de conflit. Certaines actions de réponse à une catastrophe, telles que la fourniture de logements temporaires et l’approvisionnement en eau, peuvent se prolonger bien au-delà de la phase de rétablissement. Les secours d’un danger immédiat et la stabilisation de l’état physique et émotionnel des survivants sont les objectifs principaux de la réponse/des secours en situation de catastrophe, de pair avec la récupération des morts et la restauration des services essentiels tels que l’eau et l’électricité [4][5].
Les premières personnes à réagir aux catastrophes et aux conflits sont celles qui en sont affectées, l’aide locale, nationale ou internationale arrivant au cours des premiers jours et des premières semaines. Bien que la responsabilité première de coordonner la réponse nationale du secteur de la santé en cas de catastrophe incombe au gouvernement touché, une réponse coordonnée multi-agences est vitale à ce stade de la gestion des catastrophes afin de réduire l’impact d’une catastrophe et ses résultats à long terme, avec des activités de secours comprenant [4]:
En situation humanitaire grave, ou lorsque la capacité de réponse ou de coordination nationale existante est incapable de répondre aux besoins d’une manière qui respecte les principes humanitaires, comme dans le cas d’un conflit armé, l’approche par groupe sectoriel du Comité permanent interorganisations (IASC) peut être mise en œuvre. Ces groupes sectoriels sont constitués d’organisations humanitaires, appartenant ou non au système des Nations Unies, dans chacun des principaux secteurs de l’action humanitaire, par exemple l’eau, la santé et la logistique, l’Organisation mondiale de la Santé étant à la tête du groupe sectoriel Santé, et lorsqu’activés, ils permettent aux organisations de coordonner et de mettre en commun des informations, telles que les évaluations des besoins, les lacunes et les priorités partagées. (Figure 2.)
La variété et la quantité des intervenants en réadaptation impliqués dans la réponse d’urgence varieront énormément en fonction de l’ampleur et de la gravité de la catastrophe, du niveau préexistant des infrastructures de santé et de réadaptation et de la capacité des intervenants locaux et régionaux à faire face à la fois dans l’immédiat et à plus long terme. Les premières étapes d’une intervention d’urgence à grande échelle peuvent souvent être chaotiques, surtout si aucun plan de préparation clair n’avait été mis en place et que les infrastructures ont été endommagées. Dans les zones d’instabilité et de conflit chroniques, ce chaos peut persister. Le tableau 2 présente certains des intervenants les plus courants, sans inclure les équipes médicales d’urgence, qui désignent des groupes de professionnels de la santé et de personnel de soutien visant à fournir des soins cliniques directs aux populations touchées par des catastrophes ou des épidémies et des urgences en agissant comme une capacité de renfort pour soutenir le système de santé local, sur lequel vous pouvez trouver des informations plus détaillées ailleurs. [6]
| Organisations nationales | Organisations internationales |
|---|---|
Lorsqu’il est disponible, c’est le personnel national en réadaptation qui assure l’essentiel de la réadaptation anticipée, le déploiement d’aide internationale en réadaptation appropriée n’intervenant que si elle est nécessaire et demandée par le pays affecté. Les intervenants nationaux en réadaptation peuvent inclure :
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Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) ont souvent un rôle à jouer en réadaptation.
D’autres organisations internationales non gouvernementales (OING) peuvent, soit à la demande du pays affecté, ou en réponse à des besoins humanitaires importants, intervenir pour fournir une assistance dans de nombreux secteurs, tels que l’eau, l’assainissement, l’hygiène, l’éducation, la santé, les abris, etc. Les OING suivantes sont des exemples de celles qui ont récemment soutenu les réponses en réadaptation dans les situations d’urgence :
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NOTE: Il est essentiel que les personnes qui répondent comprennent leur propre rôle et celui de la réponse humanitaire au sens large, en particulier les Principes humanitaires.
Le rôle des professionnels en réadaptation dans cette phase dépendra de la nature et de l’ampleur de l’urgence, de l’expérience et de la formation des individus, ainsi que des infrastructures locales de santé et de réadaptation.
Un exemple de bonne pratique : Les physiothérapeutes et les ergothérapeutes ont été impliqués dans la réponse au tremblement de terre de 2015 au Népal dès les premières heures, la réadaptation ayant été intégrée de manière appropriée dans les plans d’urgence en cas de traumatismes.[6]
Selon le manuel de terrain pour la réadaptation anticipée en situation de conflit et de catastrophe [6] les responsabilités des professionnels en réadaptation lors de l’intervention initiale peuvent inclure :
Les responsabilités supplémentaires relèvent à la fois du contexte, des compétences et de la formation propres au professionnel en réadaptation et peuvent comprendre les éléments suivants :[6]
| Responding Internationally to Disasters: Do’s and Don’ts
When disasters strike, there is always a huge amount of goodwill from rehabilitation professionals around the world who wish to use their skills to support those affected. This brief guidance informs those who are considering responding internationally to a disaster either as individuals or as part of a team. It highlights key questions to consider before departing, whilst working in the disaster area and on returning home. Responses to these questions considered are presented as “Do’s and Dont’s” which are exemplified by recommended practices and those to avoid in the real case studies below. The guidance note is not intended to be a step-by-step or technical guide, nor is it exhaustive, and does not supersede any specific guidance provided by your own global professional body. |
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| ‘Health Care in Danger: The Responsibilities of Health-Care Personnel Working in Armed Conflicts and Other Emergencies’
A Guidance Document in simple language for health personnel, setting out their rights and responsibilities in conflict and other situations of violence. It explains how responsibilities and rights for health personnel can be derived from international humanitarian law, human rights law and medical ethics. The document gives practical guidance on: The Protection of Health Personnel, the Sick and the Wounded, Standards of Practice, The Health Needs of Particularly Vulnerable People, Health records and transmission of medical records, « Imported » Health Care (including Military Health Care), Data Gathering and Health Personnel as witnesses to violations of International Law and Working with the Media |
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| Réadaptation précoce lors des conflits et des catastrophes
Humanité et Inclusion en collaboration avec les principales organisations spécialistes de la réadaptation (CICR, MSF-France, CBM, Livability et l’OMS) a créé le premier ensemble de ressources pédagogiques au monde pour combler cette lacune. Le kit de ressources pédagogiques couvre 6 domaines cliniques
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| Rehabilitation in Sudden Onset Disasters
The role of rehabilitation professionals in responding to sudden onset disasters, such as earthquakes or tsunamis, is evolving rapidly and they increasingly find themselves at the forefront of emergency response teams. This manual is designed for Physiotherapists and Occupational Therapists who provide rehabilitation in the immediate aftermath of a sudden onset disaster. It was developed to support volunteers on the UK International Emergency Trauma Register but with the aim of being relevant to all rehabilitation professionals interested in rapid deployment to austere environments. |
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| Normes techniques minimales et recommandations pour la réadaptation
L’objectif de ce document est d’étendre ces normes à la réadaptation physique et de fournir des conseils aux équipes médicales d’urgence (EMT) sur la création ou le renforcement de leurs capacités et leur travail en matière de réadaptation dans le cadre de mécanismes de coordination définis. Les normes et recommandations données dans ce document permettront aux EMT, tant nationaux qu’internationaux, de mieux prévenir les complications des patients et les déficiences qui en découlent et d’assurer un continuum de soins au-delà de leur départ de la zone affectée. |
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Communicable Disease Control in Emergencies – A Field Manual
This manual is intended to help health professionals and public health coordinators working in emergency situations prevent, detect and control the major communicable diseases encountered by affected populations. |
| Management of Limb Injuries in Disaster and Conflict – A Field Manual
The consensus-based Field Guide, Management of Limb Injuries during disasters and conflicts and the complementary open-access online resources gathered here are aimed at providing that guidance. It draws on the expertise of the International Committee of the Red Cross, which has a long history of delivering care to patients and protecting them in conflict. This field guide will be regularly updated as new controversies are raised and evidence grows. |
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