Évaluation et traitement pratiques des céphalées cervicogènes

Rédactrice original Jess Bell Principales collaboratrices Jess Bell , Kim Jackson et Ewa Jaraczewska

Introduction(edit | edit source)

Comme discuté ici, la céphalée cervicogène est une céphalée secondaire qui touche entre 2,5 et 4,1 % de la population. (1) La céphalée cervicogène commence dans la région cervicale ou occipitale et peut irradier au niveau du visage et de la tête. Les origines spécifiques de la céphalée cervicogène sont toutes les structures innervées par les racines nerveuses C1 à C3. (1) La douleur survient plus fréquemment dans la région sous-occipitale, (2) bien que la céphalée cervicogène puisse également toucher les régions orbitale et frontale. (3)

Bien que seuls les trois segments supérieurs du rachis cervical soient spécifiquement reconnus comme sources de douleur pour la céphalée cervicogène, un certain nombre d’autres structures jouent également un rôle important dans la céphalée cervicogène, notamment les muscles trapèze supérieur et sternocléidomastoïdien.

Cette page traite de l’évaluation et du traitement pratiques de la céphalée cervicogène, en s’appuyant sur le contenu des pages mentionnées ci-dessus.

Données probantes concernant la physiothérapie dans la prise en charge de la céphalée cervicogène ( edit | edit source )

La céphalée cervicogène étant liée à un dysfonctionnement musculosquelettique, une approche multimodale, qui inclut la physiothérapie, est recommandée pour la prise en charge de ces céphalées.(4)

Diverses études soutiennent l’utilisation de la physiothérapie dans la prise en charge de la céphalée cervicogène.(4)(5)(6)(7)(8) (9)Une étude mettant en évidence les bénéfices de la physiothérapie a été publiée par Jull et ses collègues en 2009. Cette étude a examiné l’effet d’une intervention de six semaines de thérapie manipulative, de thérapie par l’exercice ou d’une combinaison des deux, et a comparé les résultats avec ceux d’un groupe témoin.(6)

Après la période d’intervention, 81 % des participants du groupe combinant thérapie manuelle et exercices physiques avaient une réduction de 50 % des céphalées et 42 % une réduction de 100 %.(6) 71 % des participants du groupe de thérapie manipulative ont connu une réduction de 50 % des céphalées et 33 % une réduction de 100 %. Les résultats dans le groupe « exercices uniquement » étaient similaires : 76 % des patients ont signalé une réduction de 50 % et 31 % une réduction de 100 %. 29 % du groupe témoin ont obtenu une réduction de 50 %, mais seulement 4 % ont obtenu une réduction de 100 %. (6) Cette étude met en évidence les améliorations qui peuvent être obtenues grâce à des interventions de physiothérapie ciblées pour la céphalée cervicogène.

Évaluation(edit | edit source)

Lors de l’évaluation de la céphalée cervicogène, il est important de prendre en compte certaines structures au-delà des trois segments cervicaux supérieurs. Bien que tous les patients ne présentent pas de problèmes dans tous les aspects abordés ici, la prise en charge sera améliorée si tous les aspects dysfonctionnels sont identifiés et traités.(10)

Vous trouverez ici des informations sur l’évaluation complète du rachis cervical, y compris l’évaluation subjective. Les points clés concernant la céphalée cervicogène sont abordés ici, mais il est important de ne pas oublier de se questionner le patient sur : (10)

  • L’histoire de la céphalée
    • L’intensité des céphalées
    • La fréquence des céphalées
    • La durée des céphalées
  • L’irritabilité

Il est également essentiel de détecter les signaux d’alerte (« red flags) lors de l’évaluation subjective et objective. Les signaux d’alerte spécifiques concernant le rachis cervical incluent : (10)

  • les dysfonctionnements de l’artère cervicale;
  • les problèmes intracrâniens;
  • l’instabilité du rachis.

Les signaux d’alerte (« red flags ») des céphalées sont abordés ici et ici. Des tests neurodynamiques des membres supérieurs (« ULTT » pour « Upper Limb Tension Test » en anglais) sont également nécessaires pour exclure une radiculopathie.

Si les signaux d’alerte sont écartés, une évaluation objective de la céphalée cervicogène devrait porter sur les éléments suivants : (10)

Rachis cervical supérieur ( edit | edit source )

  • Amplitude des mouvements cervicaux (flexion, extension, flexions latérales, rotations)
  • Hochement AO (C0-1)
  • Test de flexion-rotation cervicale (pour évaluer C1-2)
    • Ce test s’est avéré avoir la plus grande fidélité et la plus grande précision diagnostique pour les céphalées cervicogènes. (12)
    • Une amplitude de 40 degrés ou plus est considérée comme normale. (13)
    • Un résultat inférieur à 40 degrés est probablement associé à un dysfonctionnement de C1-2, mais il peut également indiquer un dysfonctionnement des tissus mous (en particulier les sous-occipitaux). (10)
  • Les articulations C2-3 (et caudalement) peuvent être évalués à l’aide des mouvements passifs physiologiques intervertébraux (MPPIV) et des mouvements intervertébraux accessoires passifs (MIVAP).
  • La première côte devrait également être évaluée.

(14)

Trapèze supérieur ( edit | edit source )

  • Posture – une posture affaissée est souvent associée à la céphalée cervicogène. (10) L’évaluation du trapèze supérieur en position de mise en charge (position affaissée en position assise ou debout) indique s’il y a une hyperactivité. Si la tension diminue en position assise ou couchée, il y a probablement une surutilisation du trapèze supérieur. (15)
  • Fonction scapulaire
    • Élévation des membres supérieurs pour vérifier la présence d’une dyskinésie scapulaire importante.
    • Évaluation du mouvement scapulaire pendant les exercices (tels que l’extension ou l’abduction de l’épaule en décubitus ventral).
      • Il importe de vérifier l’activation et le contrôle du trapèze supérieur.

Sternocléidomastoïdien(edit | edit source)

  • Contrairement au trapèze supérieur, le tonus du SCM peut ne pas augmenter de façon substantielle en position assise. (16)
  • La posture est également importante, en particulier la position de protraction de la tête. (4)(16)
  • Le test du hochement de tête peut être utilisé pour déterminer le fonctionnement du SCM en relation avec les fléchisseurs profonds du cou. (4) Au départ, un seul hochement de tête peut être évalué, puis on peut évaluer un maintien prolongé. Le temps de maintien moyen lors de ce test des fléchisseurs profonds du cou est de 38,9 secondes pour les hommes et de 29,4 secondes pour les femmes. (17) Lorsque le patient effectue ce test, le thérapeute peut palper les SCM et les scalènes antérieurs pour déterminer le degré d’activation présent. (10)
  • Patron respiratoire – les patients souffrant de cervicalgie chronique et d’inhibition des fléchisseurs profonds du cou présentent souvent une hyperactivité des muscles respiratoires accessoires (y compris le SCM et les scalènes).(4) Vous trouverez plus d’informations sur l’évaluation de la respiration ici, mais il est important de vérifier si la respiration est thoracique ou abdominale, si la respiration est buccale, si le rapport entre l’inspiration et l’expiration est adéquat, etc.

Traitement(edit | edit source)

Le traitement de la céphalée cervicogène varie en fonction de chaque patient. Les résultats de l’évaluation guideront l’approche thérapeutique. Les options de traitement spécifiques à la céphalée cervicogène sont abordées dans les pages suivantes :

Le reste de cette page explore les options de traitement à partir d’une étude de cas. On y proposera également des idées sur la progression du traitement et les options pour le maintien à long terme.

Étude de cas ( éditer | modifier la source )

Une patiente se présente avec des céphalées qui durent sont présentes depuis longtemps. Les douleurs se situent principalement dans la région occipitale, mais s’étendent également à la région orbitale. Elle rapporte ne pas avoir d’aura ou de sensibilité à la lumière et au son. Ses céphalées semblent être de nature cervicogène. Les signaux d’alerte potentiels ont été écartés. Les tests neurodynamiques des membres supérieurs (« ULTT ») sont négatifs. Principaux résultats de l’évaluation : (10)

  • diminution de l’amplitude des mouvements cervicaux, en particulier des flexions latérales et des rotations;
  • mobilité réduite à C1-2 (le test de flexion-rotation droit est de 20 degrés, le gauche, de 15 degrés);
  • diminution du hochement de tête (AO), en particulier du côté droit;
  • patiente « se protège » et hypomobilité à C2-3;
  • hypomobilité des premières côtes (bilatéralement);
  • posture affaissée, protraction de la tête;
  • dyskinésie scapulaire – hyperactivité du trapèze supérieur et réduction de celle du trapèze inférieur lors de l’abduction de l’épaule en décubitus ventral;
  • hyperactivité du SCM;
  • réduction de la force et de l’endurance des fléchisseurs profonds du cou (maintien de <5 secondes);
  • patron respiratoire normal.

Techniques manuelles ( éditer | éditer la source )

Une revue systématique et des méta-analyses soutiennent la thérapie manuelle comme intervention à court terme dans le traitement des adultes souffrant de céphalées cervicogènes. (18) Le premier objectif du traitement pour cette patiente est de réduire la tension dans la région cervicale. Le traitement initial peut être axé sur le relâchement en douceur des sous-occipitaux. Il faut toujours penser à revérifier les tests objectifs pertinents après l’intervention pour en déterminer l’efficacité. Dans ce cas, le relâchement des muscles sous-occipitaux a permis d’améliorer les résultats de la flexion-rotation cervicale (le côté droit et le côté gauche sont passés à 25 degrés).(10)

Ensuite, des mobilisations articulaires (par exemple, des glissements postéro-antérieurs) peuvent être utilisées pour travailler les zones hypomobiles.(10)

Le tonus augmenté sternocléidomastoïdien peut alors être traité par un relâchement des tissus mous, en se concentrant sur le côté le plus tendu. En raison de la relation entre le SCM et les fléchisseurs profonds du cou, il est utile de réévaluer l’endurance des fléchisseurs profonds du cou après avoir traité le SCM.(10)

Progressions(edit | edit source)

Les progressions potentielles des techniques manuelles pourraient inclure des manipulations thoraciques. Toute progression doit être effectuée en fonction de l’irritabilité du patient.(10) Cependant, les manipulations thoraciques peuvent être bénéfiques pour les patients souffrant de douleurs cervicales et de céphalées associés à des douleurs cervicales.(19) Elles peuvent également être particulièrement utiles pour les patients souffrant de dyskinésie scapulaire et de dysfonctionnement du trapèze supérieur.(20)

Exercices thérapeutiques ( edit | edit source )

Les exercices spécifiques qui peuvent être utiles pour cette patiente comprennent : (10)

  • étirement en « livre ouvert » ou « Open Book Stretch » en anglais (pour améliorer la mobilité thoracique);
  • abduction horizontale en décubitus latéral (pour réduire la suractivation du trapèze supérieur);
  • hochement de la tête (pour améliorer la force des fléchisseurs profonds du cou);
  • respiration diaphragmatique (pour la relaxation et pour réduire la surutilisation des muscles respiratoires accessoires, comme le SCM et les scalènes);
  • auto-SNAG (glissements naturels apophysaires soutenus) de l’articulation atlanto-axoïdienne.

(21)

Bandage thérapeutique (« taping »)(edit | edit source)

L’utilisation de bandage thérapeutique (« taping ») pour consolider les améliorations posturales peut être bénéfique.(10)

Séquence de progression ( edit | edit source )

La vitesse à laquelle vous progressez les interventions avec un patient dépend de sa présentation unique. Certains patients peuvent passer rapidement les phases précoces de la réadaptation, en particulier s’ils ont un faible niveau d’irritabilité et une fonction élevée. Pour ce type de patient, vous pouvez consacrer plus de temps à la phase avancée de réadaptation fonctionnelle. Les patients qui souffrent de céphalées complexes et chroniques et qui sont très irritables devront peut-être passer plus de temps dans la phase précoce de réadaptation.(10)

Exemples de progressions des exercices ( edit | edit source )

  • Renforcement des fléchisseurs profonds du cou – les progressions comprennent l’ajout d’une surpression et l’augmentation du temps de maintien. Cette durée peut être augmentée d’une seconde tous les quelques jours.

(22)

  • Exercices pour les épaules – la progression comprend l’exécution d’exercices dans des positions plus difficiles comme le décubitus ventral ou la position quadrupédique :
    • extension de l’épaule en décubitus ventral (« I »);
    • abduction horizontale en décubitus ventral (« T »);
    • levée du membre supérieur à un angle d’environ 135 degrés en décubitus ventral (« Y »);

(23)

    • position quadrupédique – ajouter une rotation cervicale controlatérale (pour inhiber le trapèze supérieur);
    • ajout d’exercices avec des bandes élastiques;
  • La respiration diaphragmatique peut être pratiquée en position debout ou à genoux haut.
  • Étirement dans le cadre d’une porte – il peut être effectué avec les bras en position plus haute ou plus basse.
  • Étirement en rotation thoracique
  • Étirement du muscle dorsal
  • Pompes (« push-ups ») – les pompes au mur peuvent être un bon point de départ. Il est essentiel d’éviter la position de protraction de la tête et de maintenir un bon contrôle de la lordose lombaire.
  • Planche à la posture du chien tête en bas – c’est un exercice en chaîne fermée utile pour le muscle grand dentelé. (10)

(24)

Autres considérations ( éditer | éditer la source )

De nombreux patients qui présentent une céphalée cervicogène peuvent également souffrir de douleurs au dos dans d’autres régions (lombaires ou thoraciques). Ces problèmes peuvent être anciens ou chroniques. Bien que le traitement de la céphalée cervicogène soit axé sur le rachis cervical et la région thoracique, il peut également être bénéfique d’inclure certains exercices susceptibles d’améliorer la mobilité des hanches ou du rachis lombaire du patient (par exemple, un étirement des fléchisseurs de la hanche avec une élévation des membres supérieurs). Cela pourrait permettre d’obtenir des améliorations plus durables.(10)

Exercices après le congé en physiothérapie ( edit | edit source )

Il peut être bénéfique pour les patients de poursuivre certains exercices après avoir reçu leur congé de la physiothérapie, dans le cadre d’un plan d’autogestion à long terme. Les exercices qui peuvent être bénéfiques sont les suivants :

  • Auto-SNAG (glissements naturels apophysaires soutenus) de l’articulation atlanto-axoïdienne – la pratique régulière de cet exercice entraîne une réduction de 54 % des résultats de l’index des céphalées après 12 mois. (5)
  • Poursuite du renforcement des fléchisseurs profonds du cou – les patients qui présentent une inhibition des fléchisseurs profonds du cou sont plus susceptibles de connaître un retour de la céphalée cervicogène. (10)
  • Exercices avec bande élastique ou exercices scapulaires en décubitus ventral (voir ci-dessus : I, T, Y)
  • Exercices de rotation thoracique (par exemple en position quadrupédique)
  • Étirement dans le cadre de la porte
  • Étirement du muscle grand dorsal

Si ces exercices sont effectués 2 à 3 fois par semaine, ils peuvent aider à réduire la fréquence de la céphalée cervicogène.(10)

Résumé(edit | edit source)

  • La céphalée cervicogène a de nombreuses causes et chaque dysfonctionnement doit être traité afin de réduire la fréquence des céphalées.
  • La prise en charge devrait être multimodale et inclure des exercices thérapeutiques et des techniques manuelles, ainsi qu’une rééducation du patron respiratoire et d’autres compléments tels que le bandage thérapeutique.
  • La prise en charge varie en fonction de la présentation unique du patient.
  • Les patients devraient avoir un programme d’autogestion à long terme pour consolider et maintenir les améliorations.

Références(edit | edit source)

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