Introduction et aperçu de la pratique fondée sur des données probantes

Rédactrice originaleWanda van Niekerk d’après le cours de Benita Olivier

Principales collaboratricesWanda van Niekerk et Jess Bell

Introduction(edit | edit source)

La pratique fondée sur des données probantes (PFDP) fait partie intégrante des soins de santé et est devenue un élément clé de la formation clinique, de la recherche et des pratiques de rééducation. Il s’agit d’une approche basée sur les problèmes où les données de la recherche sont appliquées au raisonnement clinique et à la prise de décision. (1) Les cliniciens doivent intégrer de multiples fragments d’information pour être en mesure de prendre une décision clinique. Les cliniciens excellent dans la collecte d’informations auprès des patients ou de leur famille et dans le cadre spécifique dans lequel ils travaillent. Toutefois, les résultats de la recherche sont également essentiels pour éclairer la pratique et la prise de décision. Chaque élément du modèle de pratique fondée sur des données probantes est important – il est impératif de réaliser que ces concepts doivent être appliqués ensemble plutôt que divisés en parties ou en catégories pour justifier une décision clinique.(1)

Histoire de la pratique fondée sur des données probantes ( edit | edit source )

Voici une brève chronologie de l’évolution de la pratique fondée sur des données probantes : (2)

  • 1025 – Le guérisseur persan Avicenne commence à quantifier les maladies et à évaluer les méthodes de traitement.
  • Début des années 1700 – En France et en Angleterre, des médecins ont commencé à établir des liens entre des groupes de symptômes et des pathologies spécifiques en observant des patients présentant des symptômes particuliers (c’est le début de l’épidémiologie et des diagnostics différentiels).
  • 1941 – Archibald Cochrane, médecin pionnier, a souligné la nécessité de distinguer les traitements utiles de ceux qui peuvent être plus nocifs, ainsi que l’importance de l’empathie et de la bienveillance des prestataires de soins de santé.
  • Dans les années 1970 et 1980 – Les enseignants du programme de médecine de l’université McMaster au Canada ont réalisé qu’il était impossible d’enseigner aux étudiants en médecine tout ce qu’ils devaient savoir. Au lieu de cela, ils ont commencé à se concentrer sur la manière d’enseigner aux étudiants comment trouver ce qu’ils avaient besoin de savoir – c’est le début de la pratique fondée sur des données probantes.(1)

Pour en savoir plus : Evidence-Based Medicine: A short history of a modern medical movement (un article portant sur l’histoire de la la médecine fondée sur des données probantes, en anglais original) (3)

Le tableau 1 présente des exemples de pratiques médicales antérieures nocives et non scientifiques ainsi que celles qui ont permis (et permettent encore) de sauver des vies.

Tableau 1. Exemples de pratiques médicales antérieures
Pratiques médicales antérieures nocives et non scientifiques Pratiques médicales passées qui sauvent des vies
  • Trépanation
  • Saignée
  • Utilisation du mercure
  • Utilisation du radium
  • Utilisation de l’arsenic pour traiter le psoriasis, l’eczéma, la leucémie
  • Utilisation de l’héroïne comme médicament contre la toux
  • Purification de l’air
  • Découverte de la pénicilline et des antibiotiques
  • Transplantations d’organes
  • Vaccins
  • Anesthésie
  • Imagerie médicale
  • Médicaments antiviraux
  • Thérapie par les cellules souches
  • Immunothérapie

Qu’est-ce que la pratique fondée sur des données probantes ? ( edit | edit source )

En 1996, Sackett et al.(4) ont défini la pratique fondée sur des données probantes comme « l’utilisation consciencieuse, explicite et judicieuse des meilleures données probantes actuelles dans la prise de décisions concernant les soins aux patients considérés individuellement. La pratique de la médecine fondée sur des données probantes implique l’intégration de l’expertise clinique individuelle avec les meilleures données cliniques externes disponibles issues de la recherche systématique. »(4)

Il est nécessaire d’inclure les connaissances issues de la recherche dans le processus de prise de décision clinique. Toutefois, il s’agit également d’une des principales critiques de la pratique fondée sur des données probantes, à savoir qu’il semble que l’on ait accordé plus d’importance à la recherche qu’aux préférences et à la situation du patient. Nous devons vraiment comprendre que la recherche n’est qu’un élément parmi plusieurs facteurs qui façonnent le modèle de prise de décision. (5) Une définition plus récente de Sackett et al. décrit la pratique fondée sur les preuves comme « l’intégration des meilleures données de la recherche avec l’expertise clinique et les valeurs du patient. » (2)

Le modèle initial de pratique fondée sur des données probantes comprenait trois domaines qui se chevauchaient : (4)

  • l’expertise clinique;
  • les résultats de recherche;
  • les préférences du patient.

Haynes et al. (5) (6) ont adapté et étoffé le modèle de pratique fondée sur des données probantes en quatre parties qui se chevauchent :

  • l’état clinique et les circonstances du client;
  • les meilleurs résultats de recherche pertinents;
  • les valeurs et les préférences du client;
  • l’expertise clinique est le fil conducteur ou le « ciment » qui tient le modèle en place.(2)

Dans ce modèle, la recherche est essentielle, mais elle ne l’emporte sur aucun des autres domaines. Le patient ou le client est également activement engagé dans le processus de prise de décision.(2)

Drisko et Grady (2) fournissent un résumé simple mais clair de la pratique fondée sur des données probantes :

« La PFDP fait référence à un processus de prise de décision dans la pratique. » (2)

La définition de la pratique fondée sur des données probantes a évolué au fil du temps. Outre l’intégration de la recherche, de l’expertise clinique et des valeurs et circonstances du patient, il est également nécessaire que le professionnel de la santé « prenne en compte les caractéristiques du contexte local et plus large de la pratique ».(1) Il ne s’agit donc pas seulement de la recherche, mais aussi des compétences, de la formation et de l’expérience du clinicien, ainsi que du patient et de ses valeurs, de sa situation, de ses préférences et de son état clinique. En outre, le clinicien doit tenir compte de la disponibilité des ressources, des politiques et des facteurs culturels et socio-économiques dans le processus de prise de décision. Hoffman et al. (1) l’expliquent avec éloquence : « Cela requiert du jugement et un sens artistique, ainsi que de la science et de la logique. » Ce processus d’intégration de tous ces facteurs est connu sous le nom de raisonnement clinique. Lorsqu’un professionnel de la santé est capable d’intégrer tous ces domaines pour prendre des décisions concernant les soins d’un patient, il applique une pratique fondée sur des données probantes.(1)

(7)

Sur quoi s’appuyait-on avant la pratique fondée sur des données probantes ? ( edit | edit source )

  • L’expérience
  • L’expertise des collègues plus âgés et « meilleurs » ou plus expérimentés
  • L’éducation – c’est-à-dire ce qui nous a été enseigné pendant nos études

Toutefois, ces sources d’information peuvent être imparfaites, obsolètes et biaisées. (1) Ainsi, bien que l’expérience clinique soit un élément essentiel du modèle de pratique fondée sur des données probantes, nous ne pouvons pas nous y fier exclusivement. Il est préférable d’utiliser notre expérience clinique ainsi que les autres composantes de ce modèle pour prendre des décisions. Il s’agit du processus de raisonnement clinique.(1)

Pourquoi la pratique fondée sur des données probantes est-elle importante ? ( edit | edit source )

Raisons justifiant le recours à la pratique fondée sur des données probantes : (1)

  • Elle aide les professionnels de la santé et les patients à prendre une décision fondée sur des données probantes quant au meilleur traitement ou à la meilleure décision à prendre pour un patient donné à un moment donné.
  • Les patients fournissent aux professionnels de la santé de nombreuses informations sur leur maladie, leur blessure ou leur état de santé général. Les cliniciens doivent être en mesure 1) d’évaluer l’exactitude de ces informations, 2) de déterminer si une intervention spécifique est adaptée à un patient donné, et 3) de travailler avec le patient s’il accepte cette décision.
  • La pratique fondée sur des données probantes incite les prestataires de soins de santé à se montrer curieux (Pourquoi est-ce que je fais cela de cette manière ? Existe-t-il des données probantes qui pourraient m’aider à le faire de manière plus efficace ?)
  • La pratique fondée sur des données probantes joue un rôle dans la responsabilité professionnelle – en tant que professionnels de la santé, nous avons la responsabilité de fournir des services qui s’appuient, dans la mesure du possible, sur les meilleures recherches disponibles.
  • Le financement des services de santé – la pratique fondée sur des données probantes contribue à une utilisation judicieuse des ressources de santé, et les données probantes sont prises en compte lors de la prise de décision (par exemple, s’il existe des données probantes de qualité indiquant qu’un traitement spécifique est nocif ou inefficace, les ressources ne devraient pas être gaspillées en offrant ce traitement).

Objectifs de la pratique fondée sur des données probantes ( edit | edit source )

Les objectifs généraux de la pratique fondée sur des données probantes sont :

  • augmentation du nombre d’interventions utiles; (2)
  • réduction du recours à des interventions inoffensives mais inefficaces; (2)
  • élimination des interventions nocives qui n’entraînent pas d’amélioration et causent d’autres dommages; (2)
  • vérification du rapport coût-efficacité des interventions (réduction des coûts); (2) (8)
  • réduction des variations dans les pratiques; (8)
  • amélioration de la qualité des soins; (8)
  • amélioration des résultats pour les patients. (8)

Utilisation de la pratique fondée sur des données probantes dans différentes circonstances ( edit | edit source )

La pratique fondée sur des données probantes peut être appliquée de différentes manières : (9)

  • Processus de prise de décision clinique – sélection de la meilleure intervention disponible pour un patient (10)
  • Processus diagnostique – évaluation de la fidélité et de la validité des outils de mesure et des résultats
  • Sélection des interventions préventives
  • Identification de l’étiologie des maladies et problèmes de santé
  • Identification du pronostic de maladies ou d’affections
  • Établissement de politiques et de procédures et administration de services de soins de santé

Critique de la pratique fondée sur des données probantes ( edit | edit source )

La pratique fondée sur des données probantes a fait l’objet de critiques, telles que : (1)

  • Elle est trop dépendante de la recherche quantitative.
    • Réponse à cette critique : la recherche qualitative est importante, notamment pour savoir comment les individus gèrent et perçoivent leur santé ou leur problème de santé. Le nombre de documents de recherche utilisant des méthodes mixtes, axés sur des approches à la fois quantitatives et qualitatives, est en augmentation.
  • Les recherches disponibles dans certains domaines sont limitées.
    • Réponse à cette critique : bien qu’il y ait peu de données probantes concernant certaines questions cliniques, il convient de rechercher les meilleures données probantes disponibles. Dans ces cas, l’expérience clinique et le point de vue des patients devraient être davantage pris en compte.
  • La quantité de preuves issues de la recherche est accablante. (11) (12)
    • Réponse à cette critique : l’utilisation de la pyramide des données probantes pour guider les professionnels de la santé et le développement de leurs compétences en matière d’analyse critique les aideront à s’orienter dans ce domaine.
  • Les essais contrôlés randomisés de grande envergure accordent souvent trop d’importance aux petits gains et se concentrent sur ceux-ci. (11)
    • Réponse à cette critique: tant les avantages que les inconvénients des interventions doivent être pris en compte. De plus, nous ne devrions pas nous concentrer uniquement sur la signification statistique, mais également sur la signification clinique et la perspective du patient.
  • Les cliniciens (souvent fraîchement diplômés ou inexpérimentés) peuvent suivre avec diligence les données probantes, les règles et les algorithmes disponibles et ne pas prendre en compte le point de vue du patient. (11)
    • Réponse à cette critique : « La bonne pratique de la PFDP ne consiste pas à suivre les règles. Le raisonnement et le jugement cliniques font partie intégrante de la pratique fondée sur des données probantes, tout comme la prise en compte des préférences du patient. La prise de décision partagée est un élément clé de ce processus. »

Obstacles à la pratique fondée sur des données probantes ( edit | edit source )

Certains obstacles à la pratique fondée sur des données probantes sont en lien avec : (13)

  • le contexte organisationnel
    • le manque de temps
    • un problème d’accès
    • le manque de soutien
  • l’éducation
    • les compétences linguistiques
    • le manque de compétences en matière de recherche
    • le manque de compétences en matière d’analyse statistique
  • les comportements personnels
    • le manque d’intérêt
  • les limites de la pratique fondée sur des données probantes
    • le manque de capacité de généralisation de la recherche

« Patient », « client », « consommateur », « survivant » ou autre dans les établissements de santé ? ( edit | edit source )

L’évolution vers un modèle de soins de santé centré sur le patient a suscité un débat sur la terminologie utilisée pour décrire les « patients ». Le terme « patient » peut laisser entendre qu’il s’agit d’un « individu passif qui attend un traitement », alors que des termes tels que « client », « consommateur » et « usager » peuvent être plus responsabilisants et créer un sentiment d’égalité entre tous les participants impliqués dans le processus de prise de décision en matière de soins de santé.(14)

Costa et al.(14) ont rapporté que, dans l’ensemble, les bénéficiaires des soins de santé préfèrent le terme « patient », et que peu d’entre eux aiment le terme « consommateur ». Cela indique que l’utilisation continue du terme « patient » est acceptable lorsque les connaissances sur les préférences d’une personne sont insuffisantes. Cela peut s’appliquer à des contextes cliniques et de recherche. Ils ont également conclu que la préférence est souvent déterminée par : (14)

  • la familiarité;
  • l’identité sociale;
  • le contexte du rôle (environnement de soins de santé spécifique).

Toutefois, ces résultats doivent faire l’objet de recherches plus approfondies. Consulter la revue de portée : Patient, client, consumer, survivor or other alternatives? A scoping review of preferred terms for labelling individuals who access healthcare across settings. (une revue de portée concernant les termes qui sont préférables pour qualifier les personnes qui accèdent aux soins de santé dans tous les contextes, en anglais original)(14)

Application des connaissances dans le domaine de la rééducation ( edit | edit source )

L’application des connaissances est définie comme « un processus dynamique et itératif impliquant des professionnels et des patients dans la synthèse, la diffusion, l’échange et l’application éthique des connaissances pour améliorer la santé à travers le développement d’outils, de guides, de recommandations pratiques et d’algorithmes de prise de décision ».(15) Les stratégies d’application des connaissances sont essentielles pour soutenir la pratique fondée sur des données probantes dans le but de réduire l’écart entre la recherche, les données probantes et la pratique clinique. Grâce aux progrès de la science, les cliniciens ont accès à des données probantes qui peuvent contribuer à des facteurs tels que la prévention, les résultats en rééducation et la qualité de vie des patients. Cependant, il faut environ 17 ans pour que les résultats de la recherche se retrouvent dans la pratique clinique. (16) Les professionnels de la rééducation doivent savoir comment générer, partager et appliquer les connaissances. L’application des connaissances et la pratique fondée sur les preuves sont nécessaires dans la recherche et la pratique clinique pour ajouter de la valeur à la rééducation et offrir une culture de rééducation de qualité pour tous.(17)

Ressources(edit | edit source)

Références(edit | edit source)

  1. 1.0 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9 Hoffmann T, Bennett S, Del Mar C. Evidence-based practice across the health professions. Elsevier Health Sciences; 2023.
  2. 2.0 2.1 2.2 2.3 2.4 2.5 2.6 2.7 2.8 2.9 Drisko JW, Grady MD. Evidence-based practice in clinical social work. Springer; 2019.
  3. Zimerman AL. Evidence-based medicine: a short history of a modern medical movement. AMA Journal of Ethics. 2013 Jan 1;15(1):71-6.
  4. 4.0 4.1 4.2 Sackett DL, Rosenberg WM, Gray JM, Haynes RB, Richardson WS. Evidence based medicine: what it is and what it isn’t. Bmj. 1996 Jan 13;312(7023):71-2.
  5. 5.0 5.1 Haynes RB, Devereaux PJ, Guyatt GH. Physicians’ and patients’ choices in evidence based practice: Evidence does not make decisions, people do. Bmj. 2002 Jun 8;324(7350):1350.
  6. Haynes RB, Devereaux PJ, Guyatt GH. Clinical expertise in the era of evidence-based medicine and patient choice. BMJ Evidence-Based Medicine. 2002 Mar 1;7(2):36-8.
  7. James McCormack. Viva La Evidence. Available from: https://www.youtube.com/watch?v=QUW0Q8tXVUc(last accessed 13/10/2023)
  8. 8.0 8.1 8.2 8.3 Connor L, Dean J, McNett M, Tydings DM, Shrout A, Gorsuch PF, Hole A, Moore L, Brown R, Melnyk BM, Gallagher‐Ford L. Evidence‐based practice improves patient outcomes and healthcare system return on investment: Findings from a scoping review. Worldviews on Evidence‐Based Nursing. 2023 Feb;20(1):6-15.
  9. Olivier, B. Introduction and Overview of Evidence-Based Practice Course. Plus. » 2023
  10. Garcia J, Copley J, Turpin M, Bennett S, McBryde C, McCosker JL. Evidence‐based practice and clinical reasoning in occupational therapy: A cross‐sectional survey in Chile. Australian Occupational Therapy Journal. 2021 Apr;68(2):169-79.
  11. 11.0 11.1 11.2 Greenhalgh T, Howick J, Maskrey N. Evidence based medicine: a movement in crisis?. Bmj. 2014 Jun 13;348.
  12. Kerr H, Rainey D. Addressing the current challenges of adopting evidence-based practice in nursing. British Journal of Nursing. 2021 Sep 9;30(16):970-4.
  13. Paci M, Faedda G, Ugolini A, Pellicciari L. Barriers to evidence-based practice implementation in physiotherapy: a systematic review and meta-analysis. International Journal for Quality in Health Care. 2021 Jun 1;33(2):mzab093.
  14. 14.0 14.1 14.2 14.3 Costa DS, Mercieca-Bebber R, Tesson S, Seidler Z, Lopez AL. Patient, client, consumer, survivor or other alternatives? A scoping review of preferred terms for labelling individuals who access healthcare across settings. BMJ open. 2019 Mar 1;9(3):e025166.
  15. Regalado IC, Lindquist AR, Cardoso R, Longo E, Lencucha R, Hunt M, Thomas A, Bussières A, Boruff JT, Shikako K. Knowledge translation in rehabilitation settings in low, lower-middle and upper-middle-income countries: a scoping review. Disability and Rehabilitation. 2023 Jan 16;45(2):376-90.
  16. Chambers CT. From evidence to influence: dissemination and implementation of scientific knowledge for improved pain research and management. Pain. 2018 Sep 1;159:S56-64.
  17. Moore JL, Shikako-Thomas K, Backus D. Knowledge translation in rehabilitation: a shared vision. Pediatric Physical Therapy. 2017 Jul 1;29:S64-72.


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