Fracture du radius distal

Définition et description(edit | edit source)

Le radius est le plus gros des deux os de l’avant-bras et se situe du côté radial. L’extrémité distale du radius est définie comme la zone située à trois centimètres en proximal de l’articulation radiocarpienne (articulus radiocarpea), où le radius s’articule avec les os semilunaire (os lunatum) et scaphoïde (os scaphoideum) du poignet. Une fracture du radius distal est généralement causée par une chute sur le bras tendu (1). La majorité des fractures du radius distal sont des fractures fermées dans lesquelles la peau sus-jacente reste intacte. (2) (3) Le radius est l’os le plus souvent fracturé du membre supérieur.

Pendant des siècles, cette fracture a été décrite à tort comme une luxation du poignet. En 1814, elle a été redéfinie comme une fracture par le chirurgien et anatomiste irlandais Abraham Colles. Un type de fracture du radius distal a ensuite reçu le nom de fracture de Pouteau-Colles (4) .

Anatomie cliniquement pertinente ( éditer | source d’édition )

Radius distal Ulna Carpals.jpg

L’articulation du poignet (également appelée articulation radiocarpienne) est une articulation synoviale du membre supérieur et la zone de transition entre l’avant-bras et la main.

L’articulation du poignet est formée distalement par la rangée proximale des os du carpe (à l’exception de l’os pisiforme) :

  • os scaphoïde;
  • os semilunaire;
  • os pyramidal (os triquetrum).

L’articulation du poignet est formée proximalement par l’extrémité distale du radius et le disque articulaire radio-ulnaire distal (ligament triangulaire).

Le mouvement multiplanaire du poignet se produit à trois articulations :

  • articulation radio-scaphoïde;
  • articulation radio-semilunaire;
  • articulation radio-ulnaire distale.
Volar wrist ligament.jpg

L’ulna ne fait pas partie de l’articulation du poignet – il s’articule avec le radius en deux endroits : l’articulation radio-ulnaire proximale (articulatio radioulnaris proximalis) et l’articulation radio-ulnaire distale (articulatio radioulnaris distalis). Quatre-vingt pour cent de la charge axiale sur le poignet est supportée par le radius distal, et seulement vingt pour cent, par l’ulna. À l’extrémité distale de l’ulna se trouve un complexe fibrocartilagineux triangulaire, appelé « Triangular Fibrocartilage Complex » (TFCC), qui comprend des ligaments et un disque articulaire. Ce disque empêche l’ulna de s’articuler avec les os du carpe. Ensemble, les os du carpe de la rangée proximale forment une surface convexe qui s’articule avec la surface concave formée par le radius et le disque articulaire.

Il existe plusieurs insertions ligamentaires sur le radius distal. Celles-ci restent souvent intactes lors des fractures du radius distal. Les ligaments palmaires sont plus solides et donnent plus de stabilité à l’articulation radiocarpienne que les ligaments dorsaux. (5)

Épidémiologie et étiologie ( edit | edit source )

Les fractures du radius distal sont l’une des fractures les plus courantes du membre supérieur chez les adultes, représentant un sixième de toutes les fractures dans les services d’urgence. Elles touchent principalement la population caucasienne plus âgée. (2) (3) (6) (7) (8) Il y a généralement une histoire de chute ou de traumatisme similaire au niveau du membre supérieur. La douleur et le gonflement de l’avant-bras ou du poignet sont des manifestations cliniques fréquentes. Des ecchymoses et des déformations du poignet ou de l’avant-bras sont également possibles. (9)

Chez les femmes, l’incidence des fractures du radius distal augmente avec l’âge à partir de 40 ans. Avant 40 ans, l’incidence des fractures du radius distal est beaucoup plus élevée chez les hommes. Les fractures du radius distal chez les jeunes adultes sont généralement le résultat d’un traumatisme à haute énergie tel qu’un accident de la route, une chute de hauteur ou un accident sportif. (10) Chez les adultes plus âgés, elles sont souvent la conséquence d’un traumatisme à faible ou moyenne énergie, par exemple une chute à partir de la position debout. Cela peut démontrer la plus grande fragilité osseuse due à l’ostéoporose chez les adultes âgés. (2) (11)

(12)

Caractéristiques et présentation clinique ( éditer | modifier la source )

Les fractures du radius distal peuvent être classées en fonction de leur aspect clinique et de leur déformation typique. Le déplacement dorsal, l’angulation dorsale, la fracture à plusieurs fragments et le raccourcissement du radius peuvent tous être utilisés pour décrire la présentation de la fracture. Une classification basée sur les caractéristiques de fracture telles que intra-articulaire (surface articulaire du radius atteinte) ou extra-articulaire (surface articulaire du radius intacte) peut également être utilisée. (2) (13)

Displaced distal radius fracture.jpg

1. Classification des fractures intra-articulaires selon Melone

  • Type Ι : stable, non déplacée, non comminutive
  • Type ΙΙ : instable, enfoncement articulaire de la fossette du scaphoïde ou du semi-lunaire (« Die punch »), déplacement palmaire ou dorsal; ΙΙa : Fracture réductible, ΙΙb : Fracture irréductible
  • Type ΙΙΙ : « spike fracture » : fracture « Die punch » instable, déplacement de la surface articulaire et de la pointe proximale du radius, fragments de fracture supplémentaires provenant de la diaphyse du radius
  • Type ΙV : « split fracture » : fracture instable, sévèrement comminutive, séparation et/ou rotation des fragments dorsaux et palmaires
  • Type V : « explosion fracture » : sévèrement comminutive, lésions importantes des tissus mous

2. Classification des fractures extra-articulaires selon Müller

  • Type A : fracture extra-articulaire
  • Type A1 : fracture extra-articulaire de l’ulna, radius intact
  • Type A2 : fracture extra-articulaire du radius, ulna intact
  • Type A3 : Fracture extra-articulaire du radius à fragments multiples (14)

Types de fractures ( edit | edit source )

Fracture de Pouteau-Colles ( edit | edit source )

Une fracture de Pouteau-Colles est généralement observée à la suite d’une chute sur une main tendue et entraîne un déplacement dorsal extra-articulaire ou intra-articulaire du radius fracturé :

  • Les fractures intra-articulaires surviennent généralement chez les gens plus jeunes, car elles requièrent des forces plus élevées
  • Plus de 90 % des fractures du radius distal sont des fractures de Pouteau-Colles (14)

Fracture de Goyrand ( edit | edit source )

Il s’agit d’une fracture de Pouteau-Colles inversée, appelée « Smith’s fracture » en anglais, avec déplacement palmaire, résultant d’une chute sur un poignet fléchi, l’avant-bras étant fixé en supination. (14)

Fracture de Barton ( edit | edit source )

Il s’agit d’une fracture intra-articulaire avec subluxation ou luxation du carpe.

Les complications sont fréquentes et variées. Elles peuvent résulter de la blessure elle-même ou des interventions de traitement et sont associées à de moins bons résultats. Les complications peuvent inclure : (15)

Diagnostic différentiel ( éditer | source d’édition )

Comme le mécanisme de la lésion pour une fracture du radius distal est généralement un incident traumatique à haute énergie, des radiographies doivent être réalisées pour confirmer le diagnostic et s’assurer que les tissus environnants sont toujours intacts. D’autres lésions provoquant une douleur du côté radial peuvent être une déchirure ou une perforation du TFCC, une fracture de Galeazzi (fracture au deux tiers distal du radius), une fracture du scaphoïde ou une lésion des ligaments radiocarpiens.

  • Cal vicieux – Le cal vicieux du radius distal est la complication la plus fréquente, touchant jusqu’à 17 % des patients. Les physiothérapeutes peuvent évaluer l’impact d’un cal vicieux pour déterminer si une intervention chirurgicale est appropriée, en effectuant un examen physique complet qui prend en compte les antécédents médicaux, la localisation et la sévérité de la douleur ainsi que la perte de fonction. (13) (18)
  • Syndrome des loges – Cette complication ne touche que 1 % des patients. En cas de suspicion d’un syndrome des loges, le plâtre doit être immédiatement desserré et le membre surélevé et surveillé. (18)
  • Syndrome douloureux régional complexe (SDRC) – Cette complication survient chez 8 à 35 % des patients. (18) Le SDRC doit être suspecté lorsque la douleur, les limitations des mouvements et l’œdème sont disproportionnés par rapport à la blessure. Il peut également y avoir des changements en ce qui a trait à la température de la peau et à la transpiration. Afin d’obtenir un bon résultat fonctionnel avec cette population de patients, un dépistage précoce et une approche thérapeutique multidisciplinaire sont essentiels. Cette approche devrait inclure des interventions psychiatriques, physiothérapeutiques et ergothérapeutiques pour traiter la douleur et les limitations fonctionnelles.
  • Maladie de Dupuytren – Dans les six mois suivant une fracture du radius distal, les patients développent de légères contractures dans la paume de la main le long des quatrième et cinquième rayons. La gravité des contractures détermine le déroulement du traitement. (18)
  • Pathologie nerveuse – La neuropathie peut se manifester de manière en phase aiguë ou au cours du traitement. Le nerf médian est le plus fréquemment touché (4 %), mais 1 % des patients présentent une atteinte du nerf cubital ou radial. (7) Dans de tels cas, les physiothérapeutes peuvent être amenés à orienter le patient à un chirurgien orthopédique. (18)
  • Syndrome du canal carpien aigu – Les physiothérapeutes doivent être en mesure d’identifier le syndrome du canal carpien aigu, car un traitement retardé est associé à de mauvais résultats, à une récupération incomplète ou à un temps de récupération fonctionnelle prolongé. (7) (18)
  • Complications tendineuses – Les physiothérapeutes doivent être prêts à orienter les patients vers la chirurgie en cas de complications tendineuses dues à une irritation avec inflammation ou à une rupture par coincement. (18)
  • Contracture de la capsule – Même après les traitements de physiothérapie, certains patients ne retrouvent pas une prosupination complète de l’avant-bras en raison d’une contracture de la capsule de l’articulation radio-ulnaire distale. La contracture de la capsule dorsale limite la pronation, la contracture de la capsulure palmaire limite la supination, et les deux peuvent se produire simultanément. Une capsulectomie peut être envisagée si la mobilité fonctionnelle n’est pas récupérée. (16)

Procédures diagnostiques ( modifier | source d’édition )

Les examens radiologiques permettent de vérifier la présence d’anomalies anatomiques.

Il existe de nombreux systèmes de classification qui décrivent les fractures du radius distal. Les systèmes de classification devraient suivre les deux principes suivants :

  • Le traitement doit pouvoir être déduit de la classification
  • La classification doit prédire les résultats fonctionnels à long terme du traitement ou être corrélée avec ces résultats anticipés (14)

Mesures des résultats ( éditer | source d’édition )

Une liste aide-mémoire des complications des fractures du radius distal et une feuille de résultats (« Distal Radius Fracture Complication Checklist and Score Sheet ») ont été élaborées afin d’améliorer la collecte de données prospectives. (19) La liste aide-mémoire comprend une classification de toutes les complications de la fracture du radius distal, chacune d’entre elles étant classée en fonction de sa gravité (Légère = 1, Modérée = 2, Sévère = 3). Un résultat total est ensuite calculé. Les catégories de la liste sont les suivantes :

  • complications nerveuses;
  • complications osseuses/articulaires;
  • complications tendineuses.

Mesures des résultats rapportés par le patient ( edit | edit source )

  • Échelle visuelle analogique (EVA) pour évaluer la douleur (20)
  • Le Questionnaire DASH (questionnaire sur la capacité fonctionnelle globale des deux membres supérieurs) (20) (21)
  • Le Questionnaire « Patient-Rated Wrist Evaluation » (PRWE, questionnaire d’autoévaluation concernant le poignet) (20) (21)
  • Le Questionnaire « Michigan Hand Outcomes Questionnaire » (MHQ) est un instrument de mesure des résultats spécifiques à la main et il est divisé en six catégories :
    1. la fonction globale de la main;
    2. les activités de la vie quotidienne;
    3. la douleur;
    4. la performance au travail;
    5. l’esthétique;
    6. la satisfaction des patients quant à la fonction de la main.

Mesures des résultats physiques ( edit | edit source )

  • La mobilité articulaire du poignet, évaluée à l’aide d’un goniomètre. (20)
  • La force de préhension est une mesure des résultats importante parce qu’il s’agit d’une fonction importante dans les activités quotidiennes. (21) Elle peut être mesurée à l’aide d’un dynamomètre. (20) Un dynamomètre manuel ou un dynamomètre hydraulique Jamar peut être utilisé.

Évaluation(edit | edit source)

Les physiothérapeutes doivent procéder à une évaluation approfondie, comprenant les examens subjectif et objectif.

  • L’évaluation subjective comprend toutes les informations transmises par le patient, telles que la douleur ressentie, les limitations de la mobilité du poignet et les restrictions fonctionnelles. (7)
  • L’évaluation objective comprend l’évaluation de l’amplitude articulaire du poignet et des doigts, de la force de préhension et de l’avant-bras, des anomalies osseuses et des tissus mous, de l’intégrité de la peau et de l’implication des nerfs. (7) Il convient de garder à l’esprit que le membre controlatéral ne constitue pas toujours un contrôle fiable. (21)

Les professionnels de la santé devraient évaluer l’intégrité ligamentaire en présence d’une douleur persistante associée à une suspicion d’instabilité du carpe le plus tôt possible afin d’éviter des résultats fonctionnels médiocres et une convalescence prolongée. Certains types spécifiques de fracture et des lésions à haute énergie laissent fortement présager une atteinte des ligaments intercarpiens. (16)

Pour confirmer le diagnostic, des radiographies peuvent révéler une fracture, une luxation ainsi que le nombre de fragments osseux. (1)

Prise en charge médicale ( éditer | source d’édition )

Traitement non-chirurgical ( edit | edit source )

Lorsque la fracture est dans une position acceptable, un plâtre peut être appliqué jusqu’à ce que l’os guérisse. Si la fracture est peu déplacée, les fragments sont réalignés (réduits), puis une attelle ou un plâtre est mis en place. Le plâtre sera changé après deux à trois semaines car l’œdème diminue, puis il sera retiré six semaines suite à la réduction, dans la mesure où la guérison a atteint un niveau acceptable. Ensuite, la physiothérapie peut commencer afin d’améliorer la fonction du poignet blessé. (1)

Traitement chirurgical ( éditer | edit source )

Si le déplacement de la fracture est si important que la réduction ne suffit pas à obtenir une position acceptable des os, la chirurgie est nécessaire.

Les chirurgiens orthopédistes recommandent généralement une intervention chirurgicale pour les fractures intra-articulaires déplacées du radius distal chez les personnes actives et en bonne santé. (22) La diversité des possibilités de réduction et de fixation est mise en évidence par la publication de cinq revues Cochrane consacrées à ce seul sujet. Parmi les procédures se trouvent : 1) réduction orthopédique et embrochage percutané, soit extra-focal, soit intra-focal; 2) fixation externe non transversale (« bridging external fixation ») avec ou sans fixation supplémentaire avec une broche de Kirschner; 3) plaque dorsale; 4) «fragment-specific fixation » (système de fixation des fragments); 5) réduction ouverte avec fixation interne (ROFI) à l’aide d’une plaque palmaire selon la voie de Henri classique; 6) une combinaison de ces méthodes.(2)(3)(13)(17)(18)(22)(23). Selon Bushnell et Bynum (2007), les complications chirurgicales « comprennent l’œdème, l’hématome, la raideur, l’infection, la lésion neurovasculaire, la perte de fixation, la récurrence du cal vicieux « malunion » , la pseudarthrose ou la consolidation retardée, l’instabilité, l’irritation ou la rupture des tendons, l’arthrose, la douleur résiduelle du côté ulnaire, la neuropathie du nerf médian, le syndrome douloureux régional complexe et les problèmes liés au site de prélèvement du greffon osseux ». (13)

Image radiographique d’un fixateur externe

  • Fixation externe – La fixation externe est généralement une méthode fermée, peu invasive, dans laquelle des broches ou des vis métalliques sont insérées dans l’os par de petites incisions dans la peau. Ces broches peuvent ensuite être immobilisées à l’extérieur à l’aide d’un plâtre ou d’un fixateur externe. (2) (3) Par rapport à une procédure d’immobilisation standard, la fixation externe des fractures du radius distal réduit les redéplacements et donne de meilleurs résultats anatomiques. Cependant, les preuves actuelles de meilleurs résultats fonctionnels grâce à la fixation externe sont faibles et sont également associées à un risque élevé de complications telles que les infections du site de la broche et les lésions du nerf radial.
  • Fixation interne – La fixation interne implique une chirurgie ouverte où l’os fracturé est exposé. Des plaques dorsales, palmaires ou en T avec des vis peuvent être utilisées.(13) Cependant, en raison de la nature invasive et exigeante de la chirurgie ouverte, il y a un risque accru d’infection et de lésions des tissus mous, c’est pourquoi ce type de fixation est généralement réservé aux blessures les plus graves. (17)

(24)

  • Greffes osseuses – Lors de la réduction des fractures du radius distal, les espaces vides entre les os sont fréquents et peuvent être réduits par l’insertion de greffons osseux ou de substituts de greffons osseux. Le matériel osseux autogène, prélevé sur le patient lui-même, ou le matériel osseux allogène, prélevé sur des donneurs cadavériques ou vivants, peut être utilisé comme matériau de comblement pour réduire les espaces vides entre les os.(25) Cependant, il existe un risque de complications telles que des infections, des lésions nerveuses ou des douleurs au niveau du site de prélèvement, et les preuves que l’échafaudage osseux peut améliorer les résultats anatomiques ou fonctionnels sont limitées.(26) Une greffe osseuse est nécessaire pour la plupart des procédures, à l’exception de la résection cunéiforme (« closing wedge »).(13)

Image radiographique d’un fixateur interne (plaque et vis)

  • Embrochage percutané – Une autre stratégie pour réduire et stabiliser les fractures est l’embrochage percutané, qui consiste à insérer des broches, des fils ou des fils métalliques à travers la peau et dans l’os.(13) (23) Cette procédure est généralement moins invasive et la réduction de la fracture est fermée. Les broches placées dans l’os sont utilisées pour fixer le fragment distal du radius. Les indications actuelles concernant la meilleure technique d’embrochage, l’étendue et la durée de l’immobilisation sont incertaines, de sorte que les risques de complications sont probablement plus importants que les avantages thérapeutiques de cette technique.
  • Réduction orthopédique (réduction fermée) – Lors de la réduction orthopédique, les fragments déplacés du radius sont repositionnés à l’aide de différentes manœuvres pendant que le bras sous traction. Les différentes méthodes comprennent la réduction manuelle, dans laquelle deux personnes tirent dans des directions opposées pour produire et maintenir une traction longitudinale, et les méthodes mécaniques de réduction, y compris l’utilisation de manchons pour les doigts, appelés « pièges à doigts » ou « finger traps ». Cependant, on ne dispose pas de données suffisantes pour établir l’efficacité des différentes méthodes de réduction fermée utilisées dans le traitement des fractures du radius distal.(18)

Radiographie d’un embrochage percutané

  • Réduction assistée par arthroscopie – Cette technique présente de nombreux avantages par rapport à la réduction ouverte. En plus d’être moins invasive, elle permet la visualisation directe et la réduction du déplacement intra-articulaire, la possibilité de diagnostiquer et de traiter les lésions ligamentaires associées, l’élimination des débris de cartilage articulaire ainsi que le lavage de l’articulation radiocarpienne. Les principales limites de cette technique sont le nombre limité de chirurgiens possédant l’expérience nécessaire pour l’effectuer, le fait que cette procédure est plus longue et plus difficile, et le risque de syndrome du compartiment ou de syndrome du canal carpien aigu en cas d’extravasation de liquide.(22)

Prise en charge physiothérapeutique ( éditer | source d’édition )

La prise en charge physiothérapeutique actuelle des fractures du radius distal comprend le traitement post-chirurgical ou suivant l’immobilisation. (27) Le traitement des fractures du radius distal est controversé et des recherches supplémentaires sont nécessaires. La rééducation devrait proposer une variété de traitements au choix et être orientée individuellement. Actuellement, il n’existe pas de référence standard (« gold standard »). La meilleure option de traitement doit être décidée en fonction du type de fracture déterminé par les radiographies après la réduction temporaire. Le choix dépend de : (1)

  • la nature de la fracture;
  • l’âge du patient;
  • le niveau d’activité du patient;
  • la référence personnelle du chirurgien.

Éducation(edit | edit source)

L’utilisation d’approches d’autogestion aide à développer des comportements positifs en matière de santé pendant la rééducation. Les programmes d’autogestion, qui incluent de l’éducation aux patients, peuvent avoir un impact positif sur les connaissances des participants, la gestion des symptômes, l’autoefficacité et certains aspects de l’état de santé. Ces programmes sont généralement destinés aux patients souffrant de maladies chroniques. (28)

Gestion de la douleur ( éditer | éditer la source )

La glace, l’élévation du membre et les médicaments en vente libre pour soulager la douleur sont généralement suffisants pour soulager la douleur de ce type de blessure. (1)

Rééducation(edit | edit source)

Kay et al (8) ont constaté qu’un programme de rééducation comprenant des conseils et des exercices dirigés par un physiothérapeute apportait certains avantages supplémentaires par rapport à l’absence d’intervention physiothérapeutique chez les adultes ayant porté un plâtre et/ou ayant subi un embrochage pour une fracture du radius distal. (29) Ces avantages étaient : une amélioration de la douleur par rapport aux témoins à la semaine 3 et à la semaine 6, moins de limitations d’activité par rapport aux témoins à la semaine 3 et une plus grande satisfaction par rapport aux témoins. Les deux groupes ne différaient pas en termes de récupération de la mobilité articulaire active du poignet ou de la force de préhension. (29)

Michlovitz et al. (30) ont publié les résultats d’une enquête menée auprès de physiothérapeutes, d’ergothérapeutes et de thérapeutes de la main agréés afin de déterminer les pratiques courantes en matière de rééducation des patients atteints de fracture du radius distal.

Pendant l’immobilisation :

Moins de 10 % des patients avec une fracture du radius distal sont orientés vers la thérapie à ce stade. Pendant l’immobilisation, les priorités sont la prise en charge de l’œdème et de la raideur des doigts, ainsi que l’éducation du patient. Des programmes d’exercices à domicile sont généralement proposés, portant sur la mobilité de l’épaule, du coude et des doigts. Des modalités de chaleur et de froid peuvent être appliquées pour le soulagement de la douleur. Des bandages de compression et des massages rétrogrades peuvent être utilisés pour traiter l’œdème. Dans 50 % des cas, des attelles de repos ont été utilisées pour le soutien et la protection.(30)

Après l’immobilisation :

Quatre-vingt-dix pour cent des thérapeutes interrogés incluent des modalités de chaud et de froid, et des exercices de mobilité articulaire à ce stade. Quatre-vingts pour cent utilisent des bandages de compression avec des massages rétrogrades, des exercices de coordination et de motricité fine, des mobilisations articulaires et des techniques pour les tissus mous. Près de 90 % d’entre eux ont également eu recours à des exercices de renforcement pour améliorer à la fois la force et la fonction des patients. Les orthèses statiques ou dynamiques (ou les deux) peuvent être utilisées pour traiter la raideur articulaire. (30)

Smith et al (31) ont résumé comme suit les techniques de rééducation post-chirurgicale :

Fixateur externe Plaque dorsale Plaque palmaire à angle fixe
1. Contrôle précoce de la douleur et de l’œdème 1. Contrôle précoce de l’œdème 1. Contrôle de l’œdème, mobilisations articulaires actives immédiates du poignet et des articulations non impliquées
2. Soins du site d’embrochage 2. Attelle de repos statique de poignet 2. Attelle de repos statique du poignet avec une extension de 30°
3.Mobilisations articulaires actives immédiates des articulations non impliquées, prosupination de l’avant-bras et mobilisations articulaires actives du poignet contrindiquées durant le port du fixateur 3. Mobilisations articulaires actives immédiates des articulations non impliquées 3. Après la consolidation osseuse : progression de la mobilité active/assistée/passive du poignet; attelle statique de protection du poignet uniquement; attelle statique progressive rarement indiquée.
4. Programme de désensibilisation en cas d’irritation de la branche sensitive du nerf radial ou d’un SDRC, si cela est indiqué 4. Mobilisations articulaires actives prudentes initialement 4. Progression des activités et des AVQ
5. Après le retrait du matériel de fixation : Mobilisations articulaires actives/assistées/passives du poignet et de l’avant-bras; se concentrer sur la flexion des doigts, l’extension du poignet, la déviation ulnaire et la supination ; attelles statiques progressives si nécessaire; progression des activités et des AVQ 5. Après la consolidation osseuse : Mobilisations articulaires actives/assistées/passives du poignet en mettant l’accent sur la flexion active du poignet; programme de «contracter/relâcher» des tendons extenseurs; attelles statiques progressives lorsque cela est indiqué
6. Progression des activités et des AVQ

(32)

(33)

(34)

Guérison(edit | edit source)

Étant donné que les fractures du radius distal sont si différentes les unes des autres et que les interventions thérapeutiques sont si diversifiées, la récupération se déroule différemment pour chaque individu. En concertation avec le chirurgien traitant, il est possible de déterminer à quel moment le retour à différentes activités est possible.(1)

Au cours des deux premiers mois suivant la chirurgie, les patients font état d’une douleur intense lors des mouvements et d’une incapacité importante lors des activités de la vie quotidienne, évaluées à l’aide de mesures de résultats valides et fiables telles que le questionnaire « Patient-Rated Wrist Evaluation » et le questionnaire DASH.(35) Ces déficits déclarés sont le résultat d’une diminution de l’amplitude articulaire et de la force de préhension, la force étant davantage corrélée à la capacité fonctionnelle. La plupart des patients réalisent la majeure partie de leur rétablissement dans les six premiers mois. Une petite minorité de patients présenteront une douleur et une incapacité persistantes un an après la blessure, quel que soit le protocole de traitement, (7) (35) (36) en particulier lorsqu’ils se poussent pour passer de la position assise à la position debout et lorsqu’ils portent un poids. Les patients présentant une récupération atypique après une fracture du radius distal ont besoin de programmes de traitement adaptés, visant à augmenter leur niveau de fonction.

Principales recherches ( edit | edit source )

Handoll et al ont réalisé huit revues Cochrane portant sur les fractures du radius distal. Les données étaient insuffisantes pour en tirer des conclusions. Cela peut être dû à de mauvais plans d’étude et à l’hétérogénéité des fractures du radius distal elles-mêmes.

  • Différentes méthodes de fixation externe pour le traitement des fractures du radius distal chez l’adulte (3)
  • Le fixateur externe par rapport au traitement conservateur des fractures du radius distal chez l’adulte (2)
  • Fixation interne et comparaison de différentes méthodes de fixation pour le traitement des fractures du radius distal chez l’adulte (17)
  • Méthodes de réduction orthopédique pour le traitement des fractures du radius distal chez l’adulte (18)
  • Embrochage percutané pour le traitement des fractures du radius distal chez l’adulte (23)
  • Greffes osseuses et substituts osseux pour le traitement des fractures du radius distal chez l’adulte (26)
  • Interventions conservatrices pour le traitement des fractures du radius distal chez l’adulte (37)
  • Rééducation pour la fracture du radius distal chez l’adulte (38)

Dans un essai contrôlé randomisé, Kay et al. (27) se sont montrés favorables à l’intervention physiothérapeutique, bien que les limites de l’étude soient nombreuses.(8) Bien qu’aucune différence significative n’ait été constatée dans le groupe expérimental en ce qui concerne la force de préhension et l’extension du poignet, il est important de noter que certaines des mesures secondaires ont montré une amélioration significative par rapport au groupe témoin. Il s’agit notamment de bénéfices en termes d’activité, de douleur et de satisfaction.

Résumé clinique ( edit | edit source )

Les fractures du radius distal étant l’une des blessures les plus fréquentes en orthopédie, il est important pour les physiothérapeutes de connaître les facteurs de risque et les options de traitement. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour déterminer la prise en charge post-chirurgicale appropriée, il est recommandé, sur la base des preuves actuelles, que les patients soient systématiquement orientés vers un physiothérapeute pour l’éducation et les exercices.

Références(edit | edit source)

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