Selon des estimations récentes de l’Organisation mondiale de la santé, plus d’un milliard de personnes dans le monde ont besoin de services de réadaptation. 80 % de ces personnes sont originaires de pays à revenu faible ou moyen. La pauvreté engendre le handicap et le handicap engendre la pauvreté, car ils sont intrinsèquement liés.(1) La malnutrition, l’absence d’eau potable, l’insalubrité et le manque d’abris sont autant de facteurs qui aggravent la pauvreté dans ces régions.(2) L’accès aux services de santé dans les régions pauvres est particulièrement difficile car nombre d’entre elles sont également confrontées à l’incertitude politique, à la corruption, à l’instabilité de la sécurité, au manque de formation professionnelle dans le domaine de la santé, au dysfonctionnement et/ou à l’engorgement des systèmes de santé et à l’insuffisance des routes permettant d’accéder aux services.(3)
Les personnes pauvres vivant dans des environnements à faibles revenus ont tendance à être en moins bonne santé et à bénéficier le plus des soins de santé. Les déterminants sociaux de la santé, tels que l’éducation, le niveau de revenu, le genre, l’appartenance ethnique, le lieu de résidence et le statut professionnel, ont une incidence directe sur le taux de maladie, les pays à faible revenu supportant une charge de morbidité plus élevée.(4)
L’accessibilité aux services de santé est un problème crucial. Lorsque l’on parle d’accès aux soins, il faut se demander si les services sont disponibles, abordables et bien acceptés.(5)
Si des services de santé sont fournis dans ces environnements, ils sont souvent de mauvaise qualité. Des soins de qualité médiocre ou inefficaces suscitent la méfiance à l’égard des soins de santé et entraînent une diminution de la demande de ces services. Ce qui, à son tour, empêchera les gens de croire en la possibilité de se faire soigner dans l’avenir et suscitera la méfiance à l’égard des prestataires de soins de santé. (5)
Lorsque les services de santé sont accessibles, sont-ils abordables ? (5)
Les personnes vivant dans ces contextes peuvent avoir des différences culturelles et d’éducatiion qui les empêchent de recourir aux services de santé et/ou elles peuvent ne pas apprécier les avantages potentiels pour leur santé.(5)
Dans les régions à faibles ressources, les besoins en services de réadaptation sont importants. Toutefois, les ressources et l’offre (en termes de quantité et de qualité) sont faibles. Ces pays comptent moins de dix prestataires de services de réadaptation qualifiés pour un million d’habitants.(6) La demande pour ces services ne cesse d’augmenter à mesure que le monde doit gérer le réchauffement climatique, les sécheresses, les inondations, les catastrophes naturelles, les guerres et les conflits, les épidémies, les migrations et les déplacements.(7) (8) Cette vidéo de l’Organisation mondiale de la santé explique pourquoi les services en réadaptation sont si importants dans les pays à faible revenu.
Travailler dans des régions à faibles revenus nécessite d’étudier les conditions politiques, économiques, culturelles et sociales de la région. Les interventions dans les pays à revenu élevé doivent être adaptées aux normes culturelles locales. En outre, lors du don de matériel et de médicaments, il est nécessaire de garder à l’esprit les besoins spécifiques de l’endroit où ils sont envoyés. (10) L’apprentissage de la culture permet d’éviter une mauvaise utilisation des dons, comme dans les exemples concrets ci-dessous :
Dans les pays à faibles ressources, les services de réadaptation sont peu reconnus, ce qui empêche ce secteur d’être sur un pied d’égalité dans les systèmes de santé locaux. La promotion des services de réadaptation en tant que division au sein des ministères de la santé permettrait aux professionnels d’accéder aux modèles de formation, aux ressources sanitaires et au financement par la recherche. Les professionnels de la réadaptation doivent promouvoir leurs services auprès des décideurs en matière de santé, des autorités sanitaires locales et des personnes vivant dans ces régions.(7)
Le recours à des interventions des pays à revenu élevé et même à la recherche fondée sur des données probantes, n’est pas applicable à ces contextes. Les services fournis devront être déterminés par les personnes qui vivent dans chacun de ces environnements et par la situation au sein de ces divers environnements. La manière la plus efficace d’initier les soins est d’écouter les experts sur le terrain. Ces experts peuvent identifier les ressources disponibles dans le contexte particulier et les éventuelles croyances culturelles.(7)
Les professionnels occidentaux peuvent aider les professionnels de la santé disposant de peu de ressources par le biais de l’éducation et du développement professionnel. Les ONG devraient passer de partenariats à court terme à des partenariats à long terme avec les autorités locales afin d’améliorer les soins de santé au fil du temps.(10)