Mise en charge et capacité du tendon

Éditeur original Mandy Roscher Principaux contributeursKim Jackson, Mandy Roscher, Rachel Lowe , Simisola Ajeyalemi , Uchechukwu Chukwuemeka et Jess Bell

Introduction(edit | edit source)

Il est utile de comprendre le concept de mise en charge et de capacité afin de bien diagnostiquer les problèmes liés aux tendons. Différents types de mise en charge, tels que la traction, la compression et le cisaillement, peuvent créer diverses pathologies au niveau du tendon, et une identification adéquate de celles-ci permettra de mieux guider le traitement.

Capacité(edit | edit source)

La capacité est l’aptitude d’un tissu à supporter une charge sans subir de dommages ou de dysfonctionnements. « Un tissu est à pleine capacité lorsque l’individu peut effectuer des mouvements fonctionnels au volume et à la fréquence requis sans symptômes d’exacerbation et sans causer de lésions tissulaires. » (1) Des lésions surviennent lorsqu’une charge placée sur un tendon dépasse sa capacité. (2) (3) Chaque tendon dans notre corps a une capacité spécifique, et chaque individu a aussi un niveau unique de capacité au niveau de ses tendons. Par exemple, le tendon de la rotule d’un athlète d’élite aurait potentiellement une capacité très élevée et pourrait subir des niveaux élevés de mise en charge sans aucun effet néfaste. Par ailleurs, le tendon rotulien d’une personne sédentaire a une capacité beaucoup plus faible, et une mise en charge beaucoup plus petite pourrait potentiellement causer une blessure au tendon.(4)

Mise en charge(edit | edit source)

Les tendons sont soumis à différentes mises en charge. Les cellules responsables de l’homéostasie des tendons sont appelées ténocytes. Ces cellules sont mécanosensibles et réagissent aux mises en charge mécaniques qui leur sont imposées. Lorsque des mises en charge appropriées leur sont imposées, elles réagissent favorablement. Cependant, lorsqu’ils sont exposés à des mises en charge anormales, elles sont affectées de façon négative. (5) Des charges optimales et progressives entraînent une augmentation de l’intégrité du tendon. Ce processus se déroule lentement, et si une mise en charge trop importante est imposée trop rapidement à un tendon, celui-ci devient susceptible de se blesser. (5) Les tendons sont tout aussi lents à guérir après une blessure, ce qui peut compliquer leur traitement.

Les tendons peuvent être soumis à des charges de traction, de compression ou de cisaillement, et chacune de ces mises en charge affecte le tendon différemment. Il peut donc être utile d’identifier le type de mise en charge qui a entraîné la pathologie du tendon.

Diagramme montrant les différents types de contraintes qui peuvent être exercées sur les tendons

La traction ( éditer | edit source )

On parle de contrainte de traction lorsque deux forces s’exercent dans des directions opposées. Tous les tendons sont conçus pour résister à des charges de traction élevées. (5) Les tendons emmagasinent et libèrent de l’énergie, comme un ressort. (4) Les activités impliquant de la vitesse, telles que les sauts et les changements de direction, soumettent les tendons à des charges de traction élevées et peuvent les rendre vulnérables aux blessures.

La compression ( éditer | edit source )

Des forces de compression s’exercent sur les tendons lorsque ceux-ci passent sur des protubérances osseuses. Lors de certains mouvements spécifiques, les tendons sont en effet comprimés contre ces protubérances osseuses. Ce phénomène se produit dans de nombreuses régions du corps. Par exemples, le tendon d’Achille est comprimé au niveau du calcanéum supérieur lors de la dorsiflexion de la cheville et les tendons du moyen et du petit fessier au niveau du grand trochanter lors de l’adduction de la hanche. (6) Certains tendons tels que le tendon tibial postérieur et le tendon péronier, ont des points de pivot permanents au niveau des malléoles médiale et latérale respectivement. Les tendons ne sont pas seulement comprimés par des structures osseuses. Par exemple, la partie médiane du tendon d’Achille est soumise à des charges de compression et de cisaillement provenant de la musculature environnante, des tendons et du rétinaculum postérieur.(6)

Le rôle de la compression est un facteur important dans le traitement des tendinopathies. En réduisant la charge de compression, un tendon peut souvent être réadapté avec succès par une mise en charge progressive.(6)

Mise en charges combinée ( éditer | éditer source )

Les forces de compression sur le tendon sont rarement isolées. C’est généralement une combinaison de forces de traction et de compression qui place le tendon dans un état vulnérable. (6) Ceci se produit alors que le tendon doit emmagasiner et libérer de l’énergie tout en se comprimant sur un point d’appui osseux. Les tendons sont conçus pour cela, mais ce sont les types de mise en charge qui causent le plus souvent des problèmes et la présentation clinique de douleur. (7) Exemples : poussée de départ en dorsiflexion où les tendons sont comprimés mais où le tendon est nécessaire pour faire avancer le corps ; le tendon des ischio-jambiers chez un athlète au hockey qui est penché en flexion et qui doit tout à coup sprinter.

Le cisaillement et le frottement ( éditer | edit source )

Des forces de cisaillement peuvent se produire lorsque le tendon subit des activités répétitives, comme dans le cas du tendon d’Achille lors du battement de jambes en natation ou du pédalage en cyclisme, lorsqu’il y a une dorsiflexion/flexion plantaire répétitive. Cette mise en charge diffère d’une traction élevée car il n’y a alors pas de stockage et de libération d’énergie importants, mais plutôt des mouvements répétitifs. Ces forces peuvent affecter la gaine du tendon ainsi que les structures qui l’entourent. Avec des forces de cisaillement, le tendon frotte excessivement sur les protubérances osseuses, ce qui compromet les structures autour des tendons (le péritendon) et crée une réponse inflammatoire. (8) Cette péritendinite est une pathologie différente de la tendinopathie et il est important de reconnaître la différence afin de mettre en œuvre des stratégies de traitement adéquats. (7).

Références(edit | edit source)

  1. Cook JL, Docking SI. “Rehabilitation will increase the ‘capacity’of your… insert musculoskeletal tissue here….” Defining ‘tissue capacity’: a core concept for clinicians. British Journal of Sports Medicine Online. 2015
  2. Snedeker JG, Foolen J. Tendon injury and repair – A perspective on the basic mechanisms of tendon disease and future clinical therapy. Acta Biomater. 2017;63:18-36.
  3. Wiesinger HP, Seynnes OR, Kösters A, Müller E, Rieder F. Mechanical and Material Tendon Properties in Patients With Proximal Patellar Tendinopathy. Front Physiol. 2020;11:704.
  4. 4.0 4.1 Rio E. Differential Diagnosis of Tendons Course. Plus. 2019
  5. 5.0 5.1 5.2 Galloway MT, Lalley AL, Shearn JT. The role of mechanical loading in tendon development, maintenance, injury, and repair. The Journal of bone and joint surgery. American volume. 2013 Sep 4;95(17):1620-1628.
  6. 6.0 6.1 6.2 6.3 Cook JL, Purdam C. Is compressive load a factor in the development of tendinopathy?. Br J Sports Med. 2012 Mar 1;46(3):163-8.
  7. 7.0 7.1 Rio, E. Clinical Reasoning in Tendons. Plus online course. 2019
  8. Wongsithichai P, Chang KV. Paratenonitis. Journal of Medical Ultrasound. 2014; 22:55e56. DOI:10.1016/j.jmu.2014.01.002


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