Le traitement des tendons en cours de saison

Éditrice originale Mandy Roscher Principaux contributeursMandy Roscher, Kim Jackson, Tarina van der Stockt, Jess Bell et Robin Tacchetti

Introduction(edit | edit source)

Le traitement des tendinopathies au membre inférieur chez les athlètes peut être un défi. Le traitement d’un athlète en cours de saison peut s’avérer une tâche encore plus ardue. Lors du traitement d’une tendinopathie, les mises en charge provocatrices doivent être supprimées et un programme de mise en charge progressive doit être suivi. (1) Un athlète en saison doit s’entraîner à un niveau élevé et soumettra ses tendons à des charges importantes pendant la compétition.

En suivant des principes simples concernant la mise en charge et la capacité, il peut être possible de permettre à un athlète de continuer à jouer tout en traitant sa tendinopathie.

Le traitement d’un tendon en cours de saison est axée sur le contrôle de la douleur, et la meilleure façon d’y parvenir est de gérer les mises en charge auxquelles les tendons sont soumis.(2) Le repos complet d’un tendon n’est pas la stratégie de traitement préférée dans la tendinopathie, une mise en charge appropriée et une modification de la mise en charge sont les meilleures pratiques basées sur des évidences scientifiques.(1) Les essais contrôlés randomisés portant sur des athlètes en saison sont difficiles à réaliser, et il existe donc peu de données dans ce domaine spécifique.(1)

Mise en charge et capacité des tendons ( éditer | éditer la source )

Pour pouvoir traiter efficacement la tendinopathie, il faut comprendre la mise en charge sur le tendon et la capacité du tendon. La capacité d’un tendon ne dépassera jamais la charge sous laquelle il est placé. (3) Par rapport aux muscles, les tendons s’adaptent plus lentement à une augmentation de mise en charge. (4)Une mise en charge excessive et mal gérée est considérée comme une surcharge. (5)Une charge tissulaire anormale peut être à l’origine de troubles tendineux. (6)

Les tendons sont soumis à 4 types de charges différentes :

  1. La traction – les tendons emmagasinent et libèrent de l’énergie comme un ressort (par exemple, le saut pour un tendon rotulien)
  2. La compression – lorsque le tendon passe devant des protubérances osseuses (par exemplepour les ischio-jambiers proximaux, en position assise les tendons des ischio-jambiers sont comprimés sur les tubérosités ischiatiques)
  3. Une combinaison – lorsque les tendons sont soumis à la fois à des charges de compression et de traction (par exemple, courir en flexion de hanche pour un tendon ischio-jambier)
  4. Le cisaillement ou le frottement – comme dans les activités répétitives (course à pied ou cyclisme) Ces mises en charge sont plus provocantes pour les structures du péritendon telles que la gaine.

Reconnaître les mises en charge élevées sur le tendon ( éditer | edit source )

Dans le cas d’une tendinopathie, il est essentiel de déterminer le type de mise en charge à l’origine de la douleur du tendon. Les charges de compression sont exceptionnellement provocantes pour les tendons, tout comme les charges de traction RAPIDES. (7) Si l’on combine la compression et la traction rapide, le risque d’aggravation de la tendinopathie est encore plus grand.

Les tendons réagissent à des mises en charge rapides, et non élevées.

Un facteur important à prendre en compte, en particulier pour un athlète en cours de saison, est que ce sont les charges de traction rapides qui provoquent les tendons et NON les charges de traction élevées. Cela peut être utile si l’on considère qu’il ne faut pas réduire la capacité d’un tendon en le déchargeant complètement et que des charges lentes et élevées ne devraient pas être particulièrement provocantes pour la tendinopathie.

Si les symptômes du patient ne sont pas caractéristiques d’une tendinopathie et apparaissent lorsque le tendon est soumis à des mises en charge répétitives plutôt qu’à des charges de traction rapides telles que dans le cyclisme, il peut être utile de chercher la source des symptômes ailleurs que dans le tendon, et possiblement dans le péritendon. Il est important de s’assurer que le diagnostic de tendinopathie chez un athlète est adéquat car le traitement de choix de la tendinopathie, à savoir une mise en charge élevée, lente et progressive, aggravera plus que probablement une péritendinite.(8)

Remplacement des exercices pour éviter la mise en charge sur le tendon ( éditer | edit source )

Les meilleures données disponibles au niveau du traitement de la tendinopathie sont celles d’une approche active. Le repos n’est pas indiqué dans le traitement des tendinopathies. Cependant, la mise en charge incorrecte d’un tendon avec des charges provocatrices peut être très aggravante et entraîner des problèmes permanents. Un athlète en saison soumettra ses tendons à des charges rapides et compressives pendant la compétition ou les matchs, et l’élimination de ces charges provocatrices de ses programmes d’entraînement et de réadaptation est la clé de la gestion de ses symptômes.(2)

Le traitement d’un athlète en cours de saison nécessite un examen minutieux de l’ensemble de son programme. Cela inclut l’échauffement, les séances d’entraînement et le travail en salle de sport. Chaque aspect doit être examiné pour détecter toute mise en charge rapide ou compressive sur les tendons et ces charges doivent être éliminées. (2) L’élimination des charges provocatrices est importante pour calmer la douleur associée à la tendinopathie, mais il est important de remplacer ces charges par d’autres exercices de renforcement appropriés. La suppression totale de mise en charge, en particulier chez un athlète en cours de saison, entraînera d’autres problèmes, car les tendons et les muscles verront leur capacité diminuer et seront vulnérables à d’autres blessures.

Le programme d’entraînement complet devrait donc être examiné. Il se peut que, pendant leur échauffement normal, ils fassent des exercices pliométriques qui peuvent être provocanteurs pour le tendon ou des mises en charge compressives pendant leurs étirements habituels. (9) Une fois que toutes les charges provocatrices, principalement en compression, ont été identifiées, elles doivent être remplacées par des mises en charge appropriées.

Par exemple, pour un sprinter souffrant d’une tendinopathie des ischio-jambiers, les deadlifts exercent une charge de compression des ischio-jambiers contre les tubérosités ischiatiques lors de la flexion de la hanche. Ces exercices pourraient être remplacés par des curls (flexion) des ischio-jambiers en décubitus ventral afin que les hanches soient en position neutre et que le tendon ne soit pas comprimé.

Le suivi de la réponse du tendon à l’activité et de sa réaction aux différents types de mise en charge est utile pour déterminer les exercices à éviter et ceux à développer. Un athlète en cours de saison peut toutefois ressentir un certain degré de douleur et si celle-ci est maintenue à un niveau bas et stable, elle est acceptable.(1)

Maintenir un programme de renforcement en cours de saison ( éditer | éditer la source )

Il a été démontré que les exercices isotoniques et isométriques réduisent la douleur chez les athlètes en cours de saison souffrant de tendinopathie patellaire.(2)(10) Une étude de série de cas de 2019 a également montré qu’un exercice isométrique de squat des quadriceps utilisant une ceinture rigide peut être efficace pour réduire la douleur de la tendinopathie patellaire en cours de saison.(11) Les mises en charge excentriques ne sont peut-être pas les plus appropriées pour les athlètes en cours de saison, car elles sont généralement très provocantes et les athlètes sollicitent déjà leurs tendons en raison de leur programme sportif.(2) Il a également été suggéré que les exercices excentriques peuvent en fait placer une charge inadéquate sur le muscle ou le tendon de l’athlète.(12) L’entraînement en résistance élevée et lente est le meilleur moyen de gérer la tendinopathie et doit être effectué sur une seule jambe.(7) La prescription optimale d’exercices pour la tendinopathie n’a pas encore été découverte.(2) 4 séries de 8 répétitions où la charge appliquée fatigue le muscle en fin de série ont été proposées.(7) Il peut être difficile d’inclure un programme complet d’entraînement de la force en saison, mais c’est important pour le maintien et le traitement de l’athlète.

Les tendons n’aiment pas le changement. Il est préférable d’utiliser des mises en charge d’entraînement progressives et d’éviter les pics soudains ou les périodes de repos prolongées. (7) Les exercices lents et progressifs permettent au tendon d’augmenter sa capacité, alors que les pics de mise en charge soudaine sont souvent à l’origine de la tendinopathie. Un repos excessif entraînera une diminution de la capacité des tendons, ce qui les rendra plus vulnérables aux blessures.

Il est important d’évaluer l’ensemble de la chaîne cinétique à la recherche de stratégies compensatoires ou de déficits susceptibles de contribuer aux problèmes tendineux.(7)

La mise en charge unilatérale est aussi importante lors de la réadaptation des tendons. L’exécution d’exercices à deux jambes en cas d’inégalité de force entre les deux côtés laisse souvent le côté le plus fort porter le côté le plus faible. L’entraînement de la force doit cependant être effectué sur les deux parties du corps, celle qui est affectée et celle qui ne l’est pas. (7) Les charges appliquées à chaque côté doivent être adaptées à la capacité de ce côté particulier. (7) Lorsque l’on renforce le côté non atteint, il se produit une éducation croisée qui favorise le développement de la force du côté atteint. (7)

Il peut être difficile d’intégrer l’entraînement musculaire dans l’emploi du temps chargé d’un athlète. Le calendrier des séances d’entraînement musculaire doit être soigneusement étudié en fonction du programme d’entraînement global de l’athlète. La réalisation d’exercices de musculation après les séances d’entraînement habituelles peut permettre un temps de récupération adéquat jusqu’à la prochaine séance d’entraînement. (7) Cook et al proposent que l’entraînement de la force deux fois par semaine soit le minimum et que trois fois par semaine soit l’optimum. (7)

Gérer les attentes ( éditer | éditer la source )

Les tendons sont notoirement lents à récupérer, surtout en saison, car ils sont soumis à des charges élevées pendant la compétition. Toutes les personnes impliquées dans la vie du sportif, l’entraîneur, le manager, le médecin, le physiothérapeute, etc. doivent se mettre d’accord sur le plan de traitement. Des attentes appropriées concernant le temps de rétablissement et les niveaux de douleur acceptables doivent être communiquées à tout le monde.(7)

Références(edit | edit source)

  1. 1.0 1.1 1.2 1.3 Cook JL, Purdam CR. The challenge of managing tendinopathy in competing athletes. Br J Sports Med. 2014 Apr 1;48(7):506-9.
  2. 2.0 2.1 2.2 2.3 2.4 2.5 Van Ark M, Cook JL, Docking SI, Zwerver J, Gaida JE, Van Den Akker-Scheek I, Rio E. Do isometric and isotonic exercise programs reduce pain in athletes with patellar tendinopathy in-season? A randomised clinical trial. Journal of science and medicine in sport. 2016 Sep 1;19(9):702-6.
  3. Galloway MT, Lalley AL, Shearn JT. The role of mechanical loading in tendon development, maintenance, injury, and repair. The Journal of bone and joint surgery. American volume. 2013 Sep 4;95(17):1620.
  4. Mersmann F, Laube G, Marzilger R, Bohm S, Schroll A, Arampatzis A. A functional high-load exercise intervention for the patellar tendon reduces tendon pain prevalence during a competitive season in adolescent handball players. Frontiers in physiology. 2021 Mar 10;12:626225.
  5. Herring SA, Ben Kibler W, Putukian M, Berkoff DJ, Bytomski J, Carson E, Chang CJ, Coppel D. Load, overload, and recovery in the athlete: Select issues for the team physician-A consensus statement. Current Sports Medicine Reports. 2019 Apr 1;18(4):141-8.
  6. Steinmann S, Pfeifer CG, Brochhausen C, Docheva D. Spectrum of tendon pathologies: Triggers, trails and end-state. International journal of molecular sciences. 2020 Jan 28;21(3):844.
  7. 7.00 7.01 7.02 7.03 7.04 7.05 7.06 7.07 7.08 7.09 7.10 Cook JL, Purdam C. Is compressive load a factor in the development of tendinopathy?. Br J Sports Med. 2012 Mar 1;46(3):163-8.
  8. Wongsithichai P, Chang KV. Paratenonitis. Journal of Medical Ultrasound (2014) 22, 55e56
  9. Cardoso TB, Pizzari T, Kinsella R, Hope D, Cook JL. Current trends in tendinopathy management. Best Practice & Research Clinical Rheumatology. 2019 Mar 8.
  10. Rio E, van Ark M, Docking S, Moseley GL, Kidgell D, Gaida JE et al. Isometric Contractions Are More Analgesic Than Isotonic Contractions for Patellar Tendon Pain: An In-Season Randomized Clinical Trial. Clin J Sport Med. 2017;27(3):253-9.
  11. Rio E, Purdam C, Girdwood M, Cook J. Isometric Exercise to Reduce Pain in Patellar Tendinopathy In-Season: Is It Effective « on the Road »? Clin J Sport Med. 2019;29(3):188-92.
  12. Mascaró A, Cos M, Antoni M, Roig A, Purdam C, Cook J. Load management in tendinopathy: Clinical progression for Achilles and patellar tendinopathy. Apunts. Medicina de l’Esport. 2018; 53:19-27.


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