La tendinopathie est un terme diagnostique qui décrit une variété de conditions tissulaires au sein d’un tendon blessé, qui est aggravée relativement à l’augmentation de la mise en charge mécanique. (1) La tendinopathie des membres inférieurs est typiquement causée par une cinématique anormale et une surutilisation du tendon. (2) Une tendinopathie est caractérisée par une diminution de la transmission de la force du muscle à l’os, à cause d’une douleur. (3)
Sur le plan clinique, les cas de tendinopathie varient d’un individu à l’autre, avec des présentations différentes en termes de faiblesse, de capacité fonctionnelle, d’oedème et de douleur. (4) Une évaluation approfondie est nécessaire non seulement pour diagnostiquer la tendinopathie au membre inférieur, mais aussi pour identifier les facteurs contributifs et aggravants qui ont entraîné la tendinopathie. Le raisonnement clinique autour des différents diagnostics différentiels est également important afin de s’assurer que le diagnostic est adéquat.
La pathologie peut se produire dans n’importe quel tendon, mais dans les membres inférieurs, elle se produit généralement dans les tendons d’Achille, rotuliens, des ischio-jambiers et des fessiers. Les tendinopathies des membres inférieurs touchent aussi bien les sportifs que les sédentaires. (5)
L’une des principales caractéristiques de la tendinopathie est la douleur localisée qui augmente avec la mise en charge en fonction de la dose. (6) (7) (8) Une personne atteinte de tendinopathie ressent généralement une douleur extrêmement localisée, qui s’intensifie mais ne s’étend pas lorsqu’une mise en charge est effectuée. (La tendinopathie des fessiers, aussi appelée tendynopathie de la hanche, est une exception où il peut y avoir une douleur référée au membre inférieur) (8)
Une mise en charge de traction élevée, une mise en charge de compression ou une combinaison des deux aggravent normalement la douleur de tendinopathie. La douleur augmente normalement au fur et à mesure que cette mise en charge augmente (mais reste très localisée à la zone douloureuse).
Les douleurs du tendon ne sont généralement pas ressenties la nuit. L’exception est la tendinopathie des fessiers, où la douleur nocturne peut survenir en raison d’une mise en charge de compression lorsque couché dessus ou lorsque la jambe pend en adduction alors qu’elle se trouve sur le dessus.(8)
Les tendinopathies se manifestent souvent par une douleur et une raideur matinales, qui s’atténuent normalement assez rapidement avec le mouvement. Les patients souffrant de diverses affections arthritiques ont également tendance à ressentir des douleurs matinales, mais celles-ci mettent normalement plus de 30 minutes à s’atténuer, ou ne s’atténuent pas. (9) Il peut être utile d’enquêter sur toute affection métabolique, systémique ou inflammatoire afin d’exclure d’autres diagnostics. (9)
Les tendons présentent généralement un phénomène d’échauffement. Une douleur qui disparaît au cours d’une activité est généralement un bon indicateur de tendinopathie. (6) (8) Si la douleur augmente pendant l’activité, il convient d’envisager d’autres diagnostics différentiels concernant les structures entourant le tendon, telles que la gaine et le péritendon.
Les tendons sont généralement douloureux le lendemain des activités de stockage d’énergie. (6) L’irritabilité d’un tendon douloureux est normalement déterminée par sa réponse à l’activité dans les 24 heures (8) Si la douleur est aggravée 24 heures après une activité, la condition est classée comme irritable. Si la douleur est la même ou se résorbe dans les 24 heures, elle est classée comme stable. (6) (8) Il s’agit d’un facteur important à prendre en compte pour déterminer le stade de la tendinopathie et le point de départ de la réadaptation.
Une nouvelle poussée de douleur au niveau du tendon est normalement due à une modification de la mise en charge. La capacité d’un tendon n’excède jamais les charges qui lui sont imposées et de petits changements peuvent faire une bonne différence. Un interrogatoire minutieux sur ce que la personne a changé récemment permettra d’identifier les facteurs contributifs à la tendinopathie. Des changements de mise en charge peuvent résulter de plusieurs facteurs, tels une augmentation de l’intensité de l’entraînement, un changement de chaussures, une participation récente à un tournoi, une augmentation de la vitesse ou des exercices de pliométrie.
Une enquête approfondie sur les antécédents est importante pour déterminer l’origine de la tendinopathie. S’agit-il de la première manifestation ? Y a-t-il des blessures préexistantes ? S’agit-il d’un problème à long terme ? Un interrogatoire complet sur les blessures antérieures, les périodes de repos, etc. permet de dresser un bon tableau clinique.
Comme pour toutes les maladies, le dépistage des drapeaux rouges et l’état de santé général sont extrêmement importants pour ne pas passer à côté de maladies graves ou sinistres.
Quelques facteurs de risque identifiés dans le développement des tendinopathies (pour les références, voir la page sur la physiopathologie des tendons) :
Il est important de savoir ce que l’on attend de la physiothérapie et ce que la personne souhaite retrouver. Cela permet de planifier un plan de traitement complet. Les objectifs d’une personne sédentaire de 60 ans seront très différents de ceux d’un athlète de haut niveau.
Le Victoria Institute of Sport Assessment a mis au point des questionnaires auto-administrés pour les tendinopathies.(10) Ils sont notés sur 100 et un changement de 13 points est considéré comme cliniquement significatif. (6) Les questionnaires VISA ne détectent pas les petits changements et il est donc conseillé de ne les utiliser que toutes les 4 semaines pour enregistrer les progrès.(6)
Tendinopathie patellaire – Patella Tendinopathy – VISA-P
Tendinopathie d’Achille – Achilles Tendinopathy – VISA-A
Tendinopathie des ischio-jambiers – Hamstring Tendinopathy – VISA-H
Tendinopathie des fessiers – Gluteal Tendinopathy – VISA- G
L’examen physique sert à vérifier l’hypothèse que vous avez élaborée par raisonnement clinique à partir des informations obtenues lors de l’évaluation subjective.
La mise en charge dosée est un moyen utile de confirmer le diagnostic de tendinopathie. (6) Une douleur qui reste localisée au tendon et qui s’intensifie avec l’augmentation de la mise en charge est un bon indicateur de la présence d’une tendinopathie. (6) (8)
Lors des tests de mise en charge progressive, les deux questions importantes à se poser sont les suivantes
1. Est-ce douloureux ?
2. Où se situe la douleur ?
Pour chaque tendon, des mouvements spécifiques le soumettent à des charges de compression et de traction. La mise en charge progressive varie donc en fonction du tendon évalué. Pour ce faire. il suffit d’effectuer une mise en charge jusqu’à un point qui confirme le diagnostic seulement, sans surcharger le tendon et aggraver la condition.(9)
L’évaluation de l’ensemble de la chaîne cinétique est extrêmement importante pour déterminer les facteurs contributifs. Encore une fois, cela est propre à chaque tendinopathie et il n’y a pas de « recette » pour cette évaluation. L’évaluation de la force musculaire et de l’amplitude de mouvement des muscles et des articulations concernés permet d’orienter le traitement.
La palpation douloureuse du tendon est peu spécifique dans le diagnostic de la tendinopathie. Les tendons pathologiques sont généralement douloureux à la palpation, mais d’autres affections peuvent également rendre les tendons douloureux à la palpation. Un tendon peut être douloureux à la palpation et ne pas être à l’origine des symptômes présentés. L’absence de douleur à la palpation peut, par contre, permettre d’exclure une tendinopathie.
L’échographie et l’IRM sont utilisées pour visualiser les tendons. L’IRM est plus spécifique et peut donner plus d’informations, mais elle est aussi beaucoup plus chère. L’imagerie visant à confirmer que les tendons sont à l’origine des symptômes doit être interprétée avec prudence. Il a été démontré que les anomalies et les pathologies détectées à l’imagerie n’ont qu’une faible corrélation avec la douleur et la fonction. De même, les tendons qui ne présentent pas de changements pathologiques à l’imagerie peuvent se révéler douloureux. (3) L’imagerie peut être utile en cas de présentation clinique compliquée afin d’inclure ou d’exclure d’autres diagnostics différentiels. (6)
Douleur localisée au pôle inférieur de la rotule (11)
La douleur augmente lors d’activités d’extension du genou qui stockent et libèrent de l’énergie, comme les sauts ou les changements rapides de direction
Souvent chez les athlètes âgés de 15 à 30 ans qui pratiquent le basket-ball, le volley-ball, les épreuves de saut en athlétisme, le tennis et le football ou tout autre sport comportant des sauts ou des changements de direction
Évaluation de la mise en charge progressive (la douleur doit rester localisée et augmenter avec l’augmentation de la mise en charge pour confirmer le diagnostic) :
Douleur localisée à 2-6 cm de l’insertion du tendon d’Achille
Aggravée par les exercices de stockage et de libération de l’énergie (par exemple, le saut, la course) et non par les mouvements répétitifs (par exemple, la natation, le cyclisme)
La raideur matinale est un signe caractéristique (9)
Évaluation de la mise en charge progressive :
Douleur au niveau du grand trochanter
Plus fréquente chez les femmes sédentaires de plus de 49 ans
La douleur réfère souvent dans la partie latérale de la cuisse
Les tâches sur une seule jambe sont souvent douloureuses
Aggravée par les mises en charge de compression :
Douleur localisée à la tubérosité ischiatique
Phénomène d’échauffement présent
Provoquée chez les activités impliquant une flexion profonde de la hanche (mise en charge de compression) :
Évaluation de la mise en charge progressive :