Types de blessures observées dans les situations de conflit

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Rédacteurs originaux –   User Name

Principaux contributeursNaomi O’Reilly et Tarina van der Stockt      

Introduction[edit | edit source]

Les blessures infligées dans les situations de conflit sont très différentes de celles rencontrées dans une population civile, mais il n’existe actuellement aucun registre international de traumatismes humanitaires et les données décrivant les besoins des blessés pendant les conflits sont insuffisantes pour soutenir le développement de systèmes de traumatologie humanitaire. [1] [2] L’un des principaux défis spécifiques aux conflits est qu’ils peuvent fournir une marée constante de patients qui fluctue en fonction de la situation sur le terrain.

Une récente étude systématique a analysé 49 rapports décrivant des blessures subies par des civils et des combattants locaux dans des situations de conflit armé au XXIe siècle, représentant 18 conflits et 58 578 patients, notamment au Moyen-Orient (Afghanistan, Irak, Israël, Palestine, Koweït, Pakistan, Syrie), en Afrique du Nord (Libye, Égypte) et en Afrique subsaharienne (Nigeria, République centrafricaine). Ces blessures ont été traitées dans un large éventail d’établissements, notamment des installations militaires (30,6 %), un centre de santé universitaire local (20,4 %), des hôpitaux gouvernementaux ou publics (16,3 %) et des organisations humanitaires (12,2 %). La majorité des patients étaient des hommes (79.3 %) dont l’âge médian était de 26 ans, 34.7 % ayant moins de 18 ans.[1]

Figure.1 Mécanismes et régions anatomiques des lésions ; a Comparaison entre le personnel militaire américain et b Comparaison entre les situations de conflit

Les blessures par explosion, incluant celles causées par des bombes, des missiles, des grenades, des mortiers, des champs de mines, des engins explosifs improvisés, des munitions non explosées ou des restes explosifs de guerre étaient plus fréquentes en milieu rural (70 %) et représentaient 70.1 % de l’ensemble des blessures, suivies par les blessures par balle à 22 %, plus fréquentes, celles-ci, dans les zones urbaines (42.2 %) et semi-urbaines (26.7 %). Les autres mécanismes de blessure comprenaient le traumatisme contondant (4.1 %), l’agression (3.9 %), le traumatisme pénétrant non spécifié (3.4 %) et les brûlures (3.3 %), le plus grand nombre de blessures se produisant aux extrémités (33.5 %). Dans l’ensemble, les données soulignent également que les civils assument une charge importante de la morbidité et de la mortalité dans les zones de conflit. En outre, les patients pédiatriques présentent une proportion importante des blessures liées aux conflits, les enfants représentant 34.7 % des blessés. [1] Ce nombre d’enfants blessés est conforme à d’autres recherches internationales, qui montrent que les enfants constituent 30 % des patients gravement blessés nécessitant une intervention chirurgicale dans les hôpitaux humanitaires des zones de conflit. Entre 2011 et 2016, plus d’un quart des victimes de bombes en Syrie étaient des enfants[3], et 40% des patients traités dans un hôpital MSF en Syrie lors d’une offensive en 2017 étaient âgés de moins de 18 ans [4]. Les implications de ce constat soulignent la nécessité pour les services de réadaptation de disposer d’un équipement pédiatrique adéquat et pour les professionnels en réadaptation d’avoir une certaine expertise pédiatrique, ainsi qu’une certaine compréhension de ces types de blessures chez les enfants.[5][2]

Implications en réadaptation[ edit | edit source ]

Les blessures subies lors de conflits et d’attaques terroristes présentent des défis uniques, qui diffèrent de ceux observés lors de catastrophes, et sont également rarement vécues dans la pratique quotidienne en dehors des zones de conflit. En travaillant dans des situations de conflit, il est important de comprendre quel armement est couramment utilisé et quels sont les profils de blessures typiques et les implications en termes de chirurgie et de réadaptation.

Le concept de balistique et de transfert d’énergie joue un rôle important dans la compréhension des lésions tissulaires en zones de conflit. Le niveau des lésions tissulaires dépend de l’efficacité de transfert d’énergie du missile – qu’il s’agisse d’une balle ou d’un fragment d’explosion. [6]Vous trouverez davantage d’information sur la balistique et le transfert d’énergie dans le Guide de terrain du CICR et de la Fondation AO :Management of Limb Injuries during Disasters and Conflicts.

Couteaux / Machettes[ edit | edit source ]

Une machette est un long couteau à bord tranchant, à lame large et à dos épais qui peut être courbé ou droit. Comme un couteau, elles sont facilement disponibles dans de nombreux foyers et sont utilisées comme outils polyvalents à la ferme, à la maison et sur les chantiers de construction. Elles peuvent également être utilisées comme arme arme de corps-à-corps dans les situations de conflit. Les types de blessures causées par les couteaux et les machettes varient en fonction du mode d’utilisation (pour poignarder ou couper), de la partie de la lame utilisée (son bord tranchant ou émoussé) et du caractère accidentel ou intentionnel de la blessure.[7]

Les couteaux et les machettes causent généralement des blessures multiples, qui peuvent inclure des contusions en forme de stries, des lacérations, la section de nerfs, de vaisseaux et de tendons, et des blessures par perforation, y compris d’organes. Les longs couteaux et les machettes sont capables de causer des blessures par perforation de part en part et peuvent trancher à travers les os, entraînant des fractures ouvertes, des décapitations subtotales et des amputations traumatiques. Étant donné l’usage polyvalent des couteaux et des machettes, ceux-ci comportent également un risque nocturne d’infections suite à une blessure, et une source possible de gangrène et de tétanos. [7]Les lacérations étaient la blessure la plus courante causée par une machette (51.35%), la tête étant le site le plus fréquent (46%), suivi de près par le membre supérieur (44%). 19.2% de ces blessures se situaient au niveau des tendons de la main et le plus souvent observé chez une personne tantant de se protéger la tête d’un coup.[7]

Les professionnels en réadaptation doivent être conscients du risque élevé d’infection de la plaie, et être conscients du traumatisme psychologique généralement associé à ce type de blessure. Étant donné l’incidence élevée des lacérations à la tête, il faut également envisager une lésion cérébrale traumatique.[6]

Blessures par balles[ edit | edit source ]

La capacité d’une arme à feu à causer des blessures est directement liée à son énergie cinétique, et à l’efficacité du transfert d’énergie du projectile aux tissus.[8] Les blessures par balle peuvent causer des blessures à énergie moyenne ou élevée. Le niveau et l’étendue de la pénétration et le degré de cavitation dépendent du type d’arme utilisé, du type de munition/projectile utilisé, de la proximité de la personne par rapport à l’arme et de la trajectoire du projectile.[6] Les blessures par balle peuvent être grandes, petites ou absentes à l’entrée et à la sortie. Dans les situations de conflit, elles ont tendance à entraîner un polytraumatisme avec des lésions étendues des tissus mous, des muscles, des nerfs et des os, les fractures comminutives étant fréquentes. [8][6]Les blessures thoraciques et abdominales sont également courantes et peuvent endommager la plèvre, les poumons, les grands vaisseaux, le cœur, le médiastin, le diaphragme et le contenu abdominal. Elles sont associées à une incidence élevée de lésions internes entraînant souvent une perte de sang importante.[9]

Les professionnels en réadaptation devraient être conscients qu’une large excision ou fasciotomie peut être nécessaire pour éliminer les corps étrangers et les tissus morts. On observe fréquemment des retards dans la fermeture des plaies pour les blessures à haute vélocité, avec greffe et suture à 3-5 jours, ayant ainsi un impact sur la réadaptation précoce. Les blessures par balle, comme les blessures par couteau, sont particulièrement sujettes aux infections à bactéries anaérobies, notamment le tétanos et la gangrène gazeuse. [6]

Armes explosives[ edit | edit source ]

Les armes explosives, qu’il s’agisse de bombes, de missiles, de grenades, de mortiers, de champs de mines, d’engins explosifs improvisés, de munitions non explosées ou de restes explosifs de guerre, provoquent des blessures dues aux effets multiples de l’arme explosive elle-même et à la surpression créée. Les blessures dues aux explosions sont divisées en quatre catégories : [6]

  1. Blessures de déflagration primaire
    • Causées par l’onde de choc, elles ont tendance à avoir davantage d’effet sur les structures du corps remplies de gaz, notamment les poumons, le tube digestif et l’oreille moyenne. La survie et les blessures dues à une explosion primaire dépendent d’un certain nombre de facteurs, notamment l’énergie de l’explosion, l’espace confiné par rapport à l’espace ouvert, et la distance par rapport à la source explosive. Les victimes qui y survivent peuvent présenter une rupture de la membrane tympanique (fréquent), un barotraumatisme pulmonaire (peu fréquent), ainsi qu’une contusion ou une perforation de l’intestin. Une lésion cérébrale primaire peut également se produire
  2. Blessures de déflagration secondaire
    • Causées par les fragments volants de l’enveloppe, shrapnel et contenu de l’engin explosif ainsi que les débris secondaires (par exemple, terre, pierres, parties du corps, etc.). Ces types de blessures comprennent les fragments pénétrants et les blessures contondantes, les yeux y étant très vulnérables.
  3. Blessures de déflagration tertiaire
    • Causées par le déplacement physique de la victime, le corps étant en effet projeté, ce qui entraîne un traumatisme par choc violent, notamment les fractures, amputations traumatiques, lésions cérébrales fermées et ouvertes, lésions d’organes solides, etc.
  4. Blessures de déflagration quaternaire
    • Causées par les effets thermiques, chimiques et/ou de radiation. Ces types de blessures comprennent les brûlures (superficielles, d’épaisseur partielle et d’épaisseur totale), les blessures par inhalation, notamment l’asthme, la BPCO ou autres difficultés respiratoires dues à la poussière, à la fumée ou aux émanations toxiques, etc.

Les professionnels en réadaptation doivent savoir que les engins explosifs et les blessures par déflagration provoquent généralement un polytraumatisme incluant des lésions des tissus mous, orthopédiques et neurologiques, et entraînent un nombre élevé de patients, ce qui rend la réadaptation beaucoup plus complexe. Certaines blessures peuvent parfois passer inaperçues ou être négligées et les risques d’infection peuvent être élevés selon le type d’engin explosif utilisé et les types de blessures impliquées, avec un traumatisme psychologique associé important qui complique encore la réadaptation précoce.[6].

Les enfants ont tendance à être plus gravement blessés que les adultes par une explosion en raison de leur proximité du sol, de leur nature curieuse, de leur incapacité à fuir efficacement le danger, de la taille plus grande de leur tête par rapport à leur corps et de leur réserve physiologique réduite.[8] Le manuel de pédiatrie Paediatric Blast Injury Manual [10] est une excellente ressource pour les personnes ayant une formation médicale mais une expérience limitée dans le traitement des enfants blessés, permettant à l’utilisateur d’adapter ses connaissances au traitement des enfants gravement blessés.

Armes chimiques, biologiques, nucléaires, et radiologiques[ edit | edit source ]

Les incidents chimiques, biologiques, nucléaires et radiologiques peuvent survenir à la suite d’une catastrophe industrielle, d’une exposition professionnelle, d’une catastrophe naturelle, d’une guerre ou d’un acte de terrorisme, nécessitant une décontamination et un traitement rapides d’un nombre important de victimes tout en prenant des mesures critiques pour assurer le bien-être du personnel chargé de gérer l’incident. Leur utilisation dans les conflits armés ou les attaques terroristes est de plus en plus fréquente et peut avoir un impact significatif sur les patients, non seulement au moment de la blessure initiale, mais dans de nombreux cas, elle laisse des complications durables importantes nécessitant un suivi et une réadaptation poussés. [11]

Ces types d’agents peuvent causer à la fois des situations de petites ou de grandes quantités de victimes, l’impact sur la santé étant basé sur l’agent utilisé, la concentration de l’agent, le taux d’exposition et la transmissibilité / le potentiel de propagation de l’agent ou de contamination d’autres personnes. Les voies d’exposition comprennent l’inhalation, l’ingestion, l’irradiation, l’exposition cutanée à travers la peau intacte ou non et l’injection.

Les professionnels en réadaptation qui vont travailler dans une zone où il y a un risque d’incident chimique, biologique, nucléaire ou radiologique doivent s’assurer d’une formation adéquate à l’utilisation d’équipement de protection individuelle (EPI), aux mécanismes de décontamination et de triage et reconnaître que la réadaptation précoce dans ces conditions peut présenter des défis importants.

Ressources[edit | edit source]

Management of Limb Injuries during Disasters and Conflicts.

Références [edit | edit source]

voir le tutoriel sur l’ajout de références

  1. 1.0 1.1 1.2 Wild H, Stewart BT, LeBoa C, Stave CD, Wren SM. Epidemiology of injuries sustained by civilians and local combatants in contemporary armed conflict: an appeal for a shared trauma registry among humanitarian actors. World journal of surgery. 2020 Jun;44(6):1863-73.
  2. 2.0 2.1 Sargent W, Wild H, Mayhew E, Wren SM. Counting the costs of trauma: the need for a new paediatric injury severity score. Lancet child and adolescent health, The. 2021;5(6):391-2.
  3. Guha-Sapir D, Schlüter B, Rodriguez-Llanes JM, et al. Patterns of civilian and child deaths due to war-related violence in Syria: a comparative analysis from the Violation Documentation Center dataset, 2011–2016. Lancet Glob Health. 2018;6:e103–e110. doi: 10.1016/S2214-109X(17)30469-2.
  4. OKeeffe J, Vernier L, Cramond V, et al. The blast wounded of Raqqa, Syria: observational results from an MSF-supported district hospital. Confl Health. 2019;13:28. doi: 10.1186/s13031-019-0214-0.
  5. Ankomah J, Stewart BT, Oppong-Nketia V, et al. Strategic assessment of the availability of pediatric trauma care equipment, technology and supplies in Ghana. J Pediatr Surg. 2015;50:1922–1927. doi: 10.1016/j.jpedsurg.2015.03.047.
  6. 6.0 6.1 6.2 6.3 6.4 6.5 6.6 Lathia C, Skelton P, Clift Z. Early rehabilitation in conflicts and disasters. Handicap International: London, UK. 2020.
  7. 7.0 7.1 7.2 Omoke NI, Madubueze CC. Machete injuries as seen in a Nigerian teaching hospital. Injury. 2010 Jan 1;41(1):120-4.
  8. 8.0 8.1 8.2 AO Foundation. Management of limb injuries during disasters and conflicts. International Committee of Red Cross. 2016.
  9. Persad IJ, Reddy RS, Saunders MA, Patel J. Gunshot injuries to the extremities: experience of a UK trauma centre. Injury. 2005 Mar 1;36(3):407-11.
  10. The Paediatric Blast Injury Partnership. The Paediatric Blast Injury Manual. London 2019
  11. Ramesh AC, Kumar S. Triage, monitoring, and treatment of mass casualty events involving chemical, biological, radiological, or nuclear agents. Journal of Pharmacy and Bioallied Sciences. 2010 Jul;2(3):239.

 


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