Les habitudes sont des comportements routiniers et automatiques qui sont régulièrement répétés. Elles constituent une expérience acquise et font partie des tendances ou des pratiques habituelles d’un individu. (1) Elles opèrent en arrière-plan, certaines études suggérant que jusqu’à 40 % de nos décisions quotidiennes sont prises de manière inconsciente. (2)
Une habitude se forme lorsque nous répétons des comportements dans un contexte stable. Cela « renforce l’association entre le contexte mental et le comportement », c’est-à-dire que le contexte provoque le réflexe d’adopter le comportement habituel. Dans le cas des comportements habituels, il se peut que nous ne soyons pas conscients du comportement, que nous n’ayons pas l’intention spécifique d’adopter le comportement ou que nous ne fassions pas d’effort cognitif pendant le comportement. La formation de l’habitude réduit la demande sur notre mémoire et notre attention, et l’habitude influence le comportement plus que l’intention consciente.(3)
Il est très difficile de se débarrasser des habitudes, car elles constituent une réaction automatique à une situation donnée. (1) Puisque les habitudes ont une composante comportementale, il existe un lien direct avec la maîtrise de soi. Les personnes qui ont adopté de bonnes habitudes ont généralement une meilleure maîtrise d’elles-mêmes et ont plus de chances de réussir dans différentes sphères de leur vie. Cependant, les échecs et les problèmes peuvent également devenir des habitudes. (1) Il a été constaté que les individus qui sont moins capables de contrôler leurs comportements ont tendance à revenir à des comportements habituels et qui ne demandent pas d’effort, ce que l’on appelle souvent de mauvaises habitudes. (4)
De nombreuses personnes considèrent que les objectifs et les habitudes sont des concepts interchangeables. Il existe cependant des différences significatives :(2)
Les objectifs sont un résultat futur souhaité, associé à des actions qui favoriseront l’obtention de ce résultat. « Les objectifs sont généralement des choses que nous voulons mais que nous avons du mal à atteindre, même si nous savons qu’ils sont réalisables. » Lorsqu’il poursuit un objectif, un individu fait quelque chose de différent de ce qu’il faisait auparavant. (5) Les actions orientées vers un objectif sont rapidement acquises et modulées en fonction de leur résultat. (1)
En revanche, les habitudes sont le fruit d’expériences répétées qui se forment avec la mise en application et se développent progressivement. Les habitudes peuvent découler des objectifs ou être totalement indépendantes des objectifs actuels; les habitudes ne dépendent pas des objectifs. (6) Un objectif peut être à l’origine d’une habitude. Cependant, avec le temps, cet objectif devient de moins en moins nécessaire, tandis que l’habitude devient automatique. Les actions habituelles sont des réflexes par nature et sont déclenchées par des associations antérieures entre le stimulus et la conséquence. Les comportements orientés vers un objectif et pratiqués de manière récurrente peuvent devenir des habitudes.(1)
Michael Rowe (2) propose le tableau suivant pour mettre en évidence les différences entre les objectifs et les habitudes. Il a été adapté du livre « Atomic habits : an easy & proven way to build good habits & break bad ones » de James Clear, publié chez Avery (une division de Penguin) et dont la traduction française s’intitule « Un rien peut tout changer ! : micro-actions, méga-impact… : de minuscules changements vont transformer votre vie ». 2018.
| Objectifs | Habitudes |
|---|---|
| Long terme : « Je veux réussir mes examens de fin d’année. » | Court terme : « Je veux revoir mes notes aujourd’hui. » |
| Abstrait : « Je veux être meilleur en anatomie. » | Concret : « Je veux décrire la surface intra-articulaire de l’articulation fémorotibiale sans avoir à regarder mes notes. » |
| Emphase sur le produit (la fin) : « Je veux réussir mes examens de fin d’année. » | Emphase sur le processus (continu) : « Je veux apprendre pendant toute ma vie. » |
| Facteurs extrinsèques : « Je ne m’entends pas bien avec mon professeur. » | Facteurs intrinsèques : « Je suis en contrôle de mes habitudes. » |
La formation de l’habitude est le processus par lequel de nouveaux comportements deviennent automatiques. (1) Un comportement a plus de chances de devenir habituel (formation de l’habitude) lorsqu’il est pratiqué de manière régulière et fréquente dans le même contexte. Par conséquent, lorsqu’un individu se trouve dans un contexte associé à un comportement spécifique, ce contexte suscitera automatiquement le comportement associé. Ce comportement se fera sans effort une fois l’habitude adoptée.
L’effort nécessaire pour développer une habitude est variable. Certaines personnes peuvent développer de nouvelles habitudes en 18 jours seulement, tandis que d’autres ont besoin de 6 mois. Dans le cas de la formation d’une habitude, la force de l’habitude augmente fortement au début, puis se stabilise avec le temps. La formation d’une habitude a tendance à être facilitée par les facteurs suivants :(4)
Les habitudes peuvent être classées en trois catégories : (1)
Nous pouvons utiliser un principe appelé « boucle de l’habitude » pour créer de nouvelles habitudes. Ce principe comporte trois étapes clés : (2) (1) (7)
Les habitudes sont initiées par le déclencheur ou le signal environnemental. Le signal environnemental (lieu, personnes, moment, etc.) peut servir de déclencheur à un comportement automatique ou à la formation d’une habitude. « Lorsqu’une habitude est déclenchée, les gens ont automatiquement envie de faire l’action » (1) – cette habitude peut être réalisée de manière inconsciente. Un comportement peut être tellement ancré que l’on peut oublier qu’on l’a fait (par exemple, se brosser les dents le matin).(1)
Cinq façons principales de déclencher une nouvelle habitude : (8)
Il existe deux types de signaux :
La routine désigne l’ensemble des actions que nous entreprenons pour développer une habitude. (2) Il s’agit des actions que nous répétons le plus souvent. Parce qu’ils sont répétés très souvent, ces modèles comportementaux sont » gravés » dans nos voies neuronales. (1) De nouveaux mécanismes de réponse se former grâce à la répétition et à la mise en application de nouveaux comportements. Il est plus facile de développer une nouvelle habitude lorsque le comportement est simple plutôt que complexe. Plus une tâche est complexe, plus elle exige de répétitions pour développer cette habitude.(1)
La sérénité ou la récompense est la troisième composante de la boucle de l’habitude. La sérénité représente le sentiment de paix intérieure d’un individu. En adoptant un comportement répétitif, les gens ont l’impression de recevoir des récompenses intérieures et leurs besoins sont satisfaits. La mise en application de ce comportement les remplit d’un sentiment de sérénité face à l’environnement qui les entoure. Par conséquent, cette expérience incite l’individu à répéter le comportement, créant ainsi une boucle de rétroaction positive.(1)
« Une bonne règle générale veut que les récompenses des bonnes habitudes arrivent généralement dans le futur, mais que le coût soit payé aujourd’hui. » (2)
Les intérêts et les habitudes sont directement liés et peuvent se renforcer mutuellement.(1)
L’empilement des habitudes fait référence au concept de développement d’une nouvelle habitude ou d’un nouveau comportement à partir d’une habitude bien établie. Au lieu d’associer une nouvelle habitude à un moment ou à un lieu particulier, une nouvelle habitude est associée à une habitude existante. Cette nouvelle habitude a plus de chances de perdurer parce qu’elle est liée à un modèle existant et à un comportement déjà ancré dans votre cerveau. L’empilement des habitudes peut être aussi vaste que souhaité, car il est possible de relier plusieurs petites habitudes entre elles.(9)
L’apprentissage est une compétence que tout le monde peut améliorer. (2) De bonnes habitudes d’étude permettent d’obtenir d’excellents résultats académiques ou de maîtriser une compétence. À l’inverse, de mauvaises habitudes d’étude peuvent nuire à l’apprentissage et à la réussite, et conduire ultimement à l’échec.(1) Le développement de nouvelles habitudes et l’abandon des mauvaises peuvent immédiatement modifier le contexte dans lequel nous apprenons. La mise en place de nouvelles routines basées sur de petits changements progressifs des comportements habituels peut créer les conditions nécessaires à l’amélioration de l’apprentissage au fil du temps.(2)
Les bonnes habitudes en classe, qui conduisent à la réussite des étudiants, ont un effet cumulatif sur les réussites futures. Les étudiants qui ont de bonnes habitudes continuent d’accroître leurs progrès d’apprentissage plus tard dans leur vie, tandis que les étudiants qui ont de mauvaises habitudes sont moins capables de rattraper leur retard. (1) Les habitudes sont des multiplicateurs de force, qui permettent aux apprenants de dépasser leurs attentes, par rapport à ce qu’ils souhaitaient au départ. (2)
Il est important de reconnaître que les habitudes précèdent les résultats. Toutefois, le fait de viser de bons résultats n’aboutit pas nécessairement à ceux-ci. Le développement de bonnes habitudes est beaucoup plus susceptible de conduire à de bons résultats.(2)
** La performance des apprenants lors de la première évaluation est fortement prédictive de leur performance par la suite dans le cours. Il est donc important d’utiliser des stratégies d’apprentissage efficaces dès le début.(10)
Les habitudes d’étude sont reconnues comme étant « le facteur prédictif le plus important des résultats académiques ».(11) Les habitudes d’étude sont des comportements individuels différents qui combinent compétences et méthodes d’étude. Les habitudes d’étude englobent toutes les activités qui améliorent le processus d’apprentissage d’un sujet, la mémorisation du matériel et la résolution de problèmes. Chacun a des habitudes d’étude différentes.(11)
Il a été démontré que les bonnes habitudes d’étude comprennent les éléments suivants : (11)
Les mauvaises habitudes d’étude comprennent : (11)
L’utilisation de « routines programmées » pour développer des habitudes dans les environnements d’apprentissage peut aider les élèves à passer de l’intérêt situationnel à l’intérêt individuel.
Les routines programmées permettent aux apprenants de participer à des activités qui les intéressent d’un point de vue situationnel. Cela peut susciter un intérêt individuel et est plus susceptible de mener au développement d’une habitude.(1)
Chen et al. (1) dressent une liste de quatre caractéristiques nécessaires à la formation de l’habitute motivée par l’intérêt dans l’environnement d’apprentissage :