Le déplacement des personnes est une activité de base pour la plupart des professionnels de la réadaptation. Les patients qui ont des difficultés à bouger peuvent avoir besoin d’aide, qu’il s’agisse de consignes verbales ou de l’utilisation d’un lève-personne électrique. Chaque déplacement comporte un certain degré de risque pour le patient et le professionnel de la réadaptation.
Les décisions concernant les techniques et les interventions de réadaptation les plus appropriées sont prises à la suite d’une évaluation des risques pour chaque patient, conformément aux lignes directrices professionnelles en matière de déplacement. Si une formation adéquate est un élément primordial pour assurer la sécurité dans les déplacements, il est également essentiel de bien comprendre l’ensemble des facteurs qui peuvent avoir un impact sur les déplacements afin de fournir un cadre sécuritaire.
Cet article explore les facteurs qui ont un impact direct sur le patient et aide le professionnel de la santé à assurer la sécurité du patient pendant leurs déplacements.
Figure 1. Obstacles à la communication
La communication est un : « Un processus bidirectionnel de compréhension mutuelle, dans lequel les participants échangent non seulement des informations, des nouvelles, des idées et des sentiments, mais aussi créent et partagent du sens. »(1) Nous pouvons transférer des informations en utilisant la communication verbale, comme la parole et l’écoute; la communication non verbale, comme le langage corporel, le contact visuel, les gestes et les expressions;(2) et la communication visuellecomme des diagrammes, des illustrations et des graphiques.(3) Des compétences efficaces en matière de communication clinique peuvent améliorer les résultats en matière de santé et sont importantes pour des soins de santé de haute qualité.(4)
La communication peut influencer de diverses manières les interactions d’un professionnel de la santé avec ses patients. Une mauvaise communication peut avoir des conséquences négatives pour le patient et réduire l’observance thérapeutique. Inversement, une communication efficace conduit à des changements de santé positifs et à une plus grande satisfaction des patients.(5)
Le cycle de communication peut être affecté par un certain nombre de facteurs.(6)
Pour les patients :
- Barrières linguistiques
- Obstacles culturels
- Déficiences physiques et cognitives, y compris une atteinte de la vision ou de l’audition
- Facteurs environnementaux, y compris un environnement bruyant ou un manque d’intimité (7)
- Effet des médicaments
- État émotionnel, c.-à-d. l’anxiété, la douleur et l’inconfort physique
Pour les professionnels de la santé : (8)
- Gestion du temps
- Incapacité à créer une relation avec les patients
- Beaucoup de patients à sa charge
- État émotionnel, c.-à-d. le stress et l’anxiété
- Manque de confiance en ses connaissances, manque de formation spécialisée
Avant toute tâche de déplacement, il est essentiel d’évaluer si le patient a des difficultés à s’exprimer ou à comprendre vos consignes. Il faut identifier les besoins spécifiques de chaque patient en matière de communication, y compris le recours à des interprètes ou à des appareils d’assistance. Si l’on a des inquiétudes concernant la communication, il peut être nécessaire de faire appel à un orthophoniste ou à un psychologue afin de mieux comprendre les difficultés de communication du patient et leurs causes.
Pour plus d’informations sur les types de communication, consulter Modes de communication.
Nous devons tenir compte de l’état cognitif pour déterminer si un patient peut participer en toute sécurité à des interventions de déplacement. Il est important de déterminer si le patient a du mal à se concentrer, à comprendre les instructions et à exécuter les tâches dans le bon ordre ou s’il manque ou oublie des éléments de la tâche.
L’évaluation de l’état cognitif est une méthode simple et rapide pour déterminer l’orientation d’un patient au moment de l’évaluation initiale et pendant les déplacements manuels. Elle fournit des informations de base sur leur capacité à répondre à des questions et éventuellement à suivre des instructions.(9)
L’évaluation de l’orientation peut se faire de la manière suivante :
- Poser au patient une série de questions régulières :
- Personne – « Pouvez-vous me donner votre nom et votre date de naissance ? »
- Lieu – « Pouvez-vous me dire où vous êtes en ce moment ? » ou « Pouvez-vous me dire dans quelle ville nous nous trouvons ? »
- Heure/date – « Pouvez-vous me dire quelle est la date d’aujourd’hui ? » ou « Quel est le jour de la semaine ? » ou « En quelle année sommes-nous? »
- Situation – « Pouvez-vous me dire ce qui vous a amené à l’hôpital ou au centre de santé ? » ou « Quelle opération avez-vous subie ? »
- Administration du « Mini-Mental State Examination » (mini-examen de l’état mental) :
- Utilisé principalement pour dépister les troubles cognitifs chez les personnes âgées, estimer la gravité des troubles cognitifs à un moment donné et évaluer un certain nombre de sous-aspects de l’état cognitif, notamment l’attention, le langage, la mémoire, l’orientation et les habiletés visuospatiales..(10) (11)
- Un score de 0 à 17 au « Mini-Mental State Examination » indique une déficience cognitive sévère, pouvant avoir un impact sur la participation aux activités de réadaptation.(12)
Les émotions sont physiques et instinctives, et peuvent entraîner des réactions corporelles immédiates. (13) Les signes et symptômes suivants peuvent indiquer des changements dans l’état émotionnel d’un patient :
- Confusion, agitation ou dépression
- Euphorie ou pleurs
- Comportement inapproprié (verbal et/ou physique)
- Manque de coopération lors de l’évaluation
Lorsqu’il est confronté à l’une de ces situations, le professionnel de la réadaptation doit :
- travailler avec les membres concernés de l’équipe multidisciplinaire pour garantir une évaluation plus complète permettant de déterminer si des facteurs spécifiques ont un impact sur l’état émotionnel, et/ou
- utiliser des mesures de résultats telles que l’Échelle d’agitation-sédation de Richmond (RASS) – la RASS est conçue pour évaluer le niveau de vigilance et l’agitation chez les patients en phase critique.(14)
- Un score RASS compris entre -1 et +1 indique généralement que le patient est suffisamment vigilant pour participer à la réadaptation avec un risque minimal d’effets indésirables.(15)
Assessing Emotional Status – Suggestions of Questions to Ask about a Person with Cognitive Impairment (des suggestions de questions à poser au sujet d’une personne atteinte de troubles cognitifs pour évaluer son état cognitif) est un outil aidant pour l’évaluation de l’état cognitif.
Les conséquences de la perte de vision sur la santé vont au-delà de l’œil et du système visuel. Il a été démontré que la perte de vision affecte la qualité de vie, (16) (17) l’indépendance, (18) (19) et la mobilité. Cela a été associé à des chutes,(20)(21) des blessures,(21)(22) et une détérioration de l’état dans les sphères allant de la santé mentale,(23) à la cognition,(24)(25) la fonction sociale, l’emploi et l’éducation.(26) (27)
L’évaluation de la vision est un élément essentiel de l’évaluation avant de déplacer un patient. Dans le cadre de l’évaluation, on peut poser les questions suivantes :
- Quand avez-vous passé votre dernier examen de la vue ?
- Portez-vous des lunettes ? Si oui, vos lunettes sont-elles encore adaptées à votre vision ?
- Pourquoi portez-vous vos lunettes ?
- p. ex. lecture/de loin/tout le temps (lunettes à double foyer/varifocales)
- Avez-vous vos lunettes avec vous ?
- Souffrez-vous d’une affection oculaire ? Si oui, utilisez-vous un traitement prescrit ?
- par exemple, gouttes oculaires pour le glaucome
- Voyez-vous bien la télévision à la maison ? Pouvez-vous décrire ce qui se trouve sur cette photo ?
- Êtes-vous capable de lire les caractères d’imprimerie des journaux ? Les étiquettes de médicaments ? Pouvez-vous lire le paragraphe suivant ?
Les ressources suivantes peuvent aider les professionnels de la santé à évaluer la vision :
- « Look out! Bedside Vision Check for Falls Prevention », créé par le « Royal College of Physicians ». Cette ressource fournit un plan détaillé avec des ressources visuelles pour réaliser une évaluation de la vision au chevet du patient. Cela vise à réduire le risque de chute lors des déplacements des patients.
- La ressource VISIBLE (« Vision Screening to Improve Balance & Prevent Falls » ou dépistage des troubles de la vision pour améliorer l’équilibre et prévenir les chutes) a été créée par le « Health Innovation Network South London ». Cette ressource propose une approche progressive de la mise en œuvre du dépistage des troubles visuels dans la communauté.
La perte d’audition est associée à des troubles de l’équilibre(28) et à un risque accru de chutes,(29)(30)(31) en particulier pour les personnes âgées.(32) Certaines données émergentes suggèrent que les aides auditives peuvent améliorer le contrôle postural chez les personnes souffrant d’une perte auditive, réduisant potentiellement le risque de chute, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires.(32)(33)
L’audition doit être évaluée lors de l’évaluation subjective. Les questions de base à poser (oralement, par écrit ou en langue signée) dans le cadre de l’évaluation des déplacements sont les suivantes :
- Portez-vous des appareils auditifs ?
- Portez-vous vos aides auditives en ce moment et sont-elles allumées ?
Si un patient n’utilise pas d’appareils auditifs, les professionnels de la santé doivent se demander s’ils peuvent être bénéfiques. Cependant, il est important de reconnaître qu’au cours de l’évaluation, des difficultés de concentration ou d’attention peuvent se présenter de manière similaire à une perte auditive chez certaines personnes.
Les signes vitaux sont des mesures des fonctions les plus élémentaires de l’organisme, qui permettent de détecter ou de surveiller des problèmes médicaux. Les signes vitaux généralement surveillés par les professionnels de la réadaptation fournissent des informations sur l’état cardiovasculaire et respiratoire et comprennent :
- Pouls et fréquence cardiaque
- Pression artérielle
- Fréquence respiratoire
- Saturation en oxygène
Ces signes vitaux peuvent être mesurés pour établir des objectifs et évaluer la réaction du patient à l’activité. Les indicateurs cliniques qui soulignent la nécessité d’évaluer les signes vitaux sont la dyspnée, l’hypertension, la fatigue, la syncope, la douleur thoracique, l’irrégularité du rythme cardiaque, la cyanose, la claudication intermittente, les nausées, la diaphorèse et l’œdème des pieds.
Pouls et fréquence cardiaque (edit | edit source)
Le pouls ou la fréquence cardiaque est le nombre de battements du cœur par minute. Le pouls désigne la vague de sang dans une artère, créée par la contraction du ventricule gauche au cours d’un cycle cardiaque.
Les pouls périphériques peuvent être palpés à la périphérie du corps en palpant une artère au-dessus d’une proéminence osseuse. Dans le membre supérieur, il s’agit par exemple du pouls radial, du pouls ulnaire et du pouls brachial. Le pouls tibial postérieur, le pouls pédieux et le pouls fémoral en sont des exemples dans les membres inférieurs. Les cliniciens peuvent également mesurer le pouls carotidien au niveau du cou.
Le pouls radial est le plus fréquemment utilisé dans la pratique clinique. Il peut être palpé proximalement à l’articulation du poignet, sur la face radiale de l’avant-bras.
- Fréquence : (34)
- La fréquence cardiaque normale au repos chez l’adulte se situe entre 60 et 100 battements par minute.
- tachycardie = fréquence cardiaque supérieure à 100 battements par minute
- bradycardie = fréquence cardiaque inférieure à 60 battements par minute
- Rythme : (34)
- Lors de l’évaluation du pouls, nous devons déterminer s’il est régulier, irrégulier ou irrégulier de manière récurrente.
- arythmie sinusale = le pouls varie en fonction de la respiration, c’est-à-dire qu’il s’accélère pendant l’inspiration et ralentit pendant l’expiration.
- un pouls irrégulier récurrent est souvent le signe d’un flutter ou d’une fibrillation auriculaire
- Volume : (34)
- Nous pouvons également considérer le volume du pouls
- La perfusion tissulaire indique la santé du tissu et est mesurée par « le volume de sang qui circule dans une unité de quantité de tissu ». (35) Un pouls de faible volume peut suggérer une perfusion tissulaire inadéquate. (36)
- Lorsqu’il est palpé manuellement, le volume/la force du pouls peut être décrit à l’aide d’une échelle de 0 à 4+ (note : certains auteurs parlent d’une échelle de 0 à 3+) :
- 0 = pas de pouls palpable; 1 + = pouls faible mais détectable; 2 + = pouls légèrement diminué par rapport à la normale; 3 + = pouls normal; et 4 + = pouls capricant(37)
- Symétrie : (34)
- Il est important de vérifier la symétrie des pouls
- des pouls asymétriques peuvent se produire en cas de dissection aortique, de coarctation aortique, maladie de Takayasu et de syndrome du vol sous-clavier.
- Amplitude et rapidité d’augmentation : (34)
- De faibles amplitude et rapidité d’augmentation peuvent se produire dans des affections telles que la sténose aortique
- Une amplitude élevée et une rapidité d’augmentation élevée peuvent suggérer une insuffisance aortique, une régurgitation mitrale et une cardiomyopathie hypertrophique (34)
Si la fréquence cardiaque augmente ou diminue de manière significative au-delà de ce qui est considéré comme optimal pour ce patient, et si le patient ressent un essoufflement, une douleur thoracique ou s’évanouit, l’activité doit être interrompue à ce moment-là.
Mesures à prendre : Arrêter l’activité, laisser le patient se reposer et surveiller la fréquence cardiaque jusqu’à ce qu’elle se stabilise
Il convient de noter que la fréquence cardiaque optimale peut varier d’une population à l’autre et que, pour les patients souffrant de pathologies spécifiques, elle peut être déterminée par l’équipe médicale. La communication interdisciplinaire est donc essentielle.
La pression artérielle (PA) est « la force exercée sur les parois des artères par le sang en circulation » (38), principalement dans les grandes artères de la circulation systémique. La pression artérielle comprend deux mesures :
- Pression systolique (39)
- Décrit la pression maximale dans les grandes artères lorsque le cœur se contracte pour pomper le sang dans le corps
- Mesurée au moment où le cœur bat
- Pression diastolique (39)
- Décrit la pression la plus basse dans les grandes artères lorsque le cœur se relâche entre le battements
- Mesurée entre les battements du cœur
La pression artérielle est généralement évaluée par auscultation et à l’aide d’un sphygmomanomètre. Le résultat de la mesure de la pression artérielle est exprimé en millimètres de mercure (mmHg) La pression artérielle est exprimée sous la forme de la pression systolique sur la pression diastolique, par exemple 120/60. (39) Les appareils semi-automatiques et automatisés qui utilisent la méthode d’oscillométrie, qui détecte l’amplitude des oscillations de la pression artérielle sur la paroi artérielle, sont maintenant fréquemment utilisés dans la pratique clinique. L’artère brachiale est le site le plus courant pour mesurer la pression artérielle.
Réponse de la pression artérielle à l’exercice chez les individus en bonne santé :
- Augmentation initiale de la pression artérielle systolique, suivie d’une augmentation linéaire à mesure que l’intensité de l’exercice augmente
- La pression artérielle diastolique tend à rester stable ou à n’augmenter que légèrement lorsque l’intensité de l’exercice est plus élevée
Dans un contexte clinique, des changements récents de la pression artérielle sont particulièrement importants pour déterminer s’il est possible de poursuivre le déplacement sécuritairement. Une augmentation ou une diminution soudaine de la pression artérielle d’au moins 20 % indique une instabilité hémodynamique, et il pourrait être nécessaire de retarder la mobilisation.
Il y a deux éléments importants à prendre en compte :
- Une augmentation excessive de la pression artérielle systolique ou diastolique lors des déplacements, surtout si elle est prolongée, peut limiter les progrès des déplacements.
- Une absence d’augmentation de la pression artérielle systolique ou une chute prolongée de la pression artérielle lors des déplacements peut indiquer une intolérance orthostatique ou une incapacité du système cardiovasculaire du patient à supporter les demandes accrues de l’activité imposée.
Action : arrêter la mobilisation ou modifier la tâche à un niveau moins exigeant où la tension artérielle peut être maintenue à des niveaux appropriés
Tableau 1. Normes de la pression artérielle
| Catégories de pression artérielle |
Systolique |
Diastolique |
| Hypotension |
<90 |
<60 |
| Normale |
90 – 129 |
60 – 79 |
| Hypertension – Stade 1 |
130 – 139 |
80 – 89 |
| Hypertension – Stade 2 |
140 – 179 |
90 – 109 |
| Hypertension – Critique |
>180 |
>110 |
« Le travail respiratoire est la quantité d’énergie ou de consommation (d’oxygène) nécessaire aux muscles respiratoires pour produire une ventilation et une respiration suffisantes pour répondre aux besoins métaboliques de l’organisme. »(40)
La fréquence respiratoire (FR) est le nombre de respirations par minute. Chaque respiration = le mouvement de l’air dans et hors des poumons
La fréquence respiratoire moyenne chez l’adulte est d’environ 12 à 20 respirations par minute. (34) La fréquence respiratoire chez l’enfant peut être plus élevée que chez l’adulte, (41) mais elle varie en fonction de l’âge. Pour en savoir plus sur les normes de la fréquence respiratoire en fonction des tranches d’âge, cliquer ici.
Les données suggèrent que la fréquence respiratoire est l’un des premiers signes vitaux à changer en cas de problème dans l’organisme. Il est donc essentiel de surveiller étroitement la respiration pendant les interventions de rééducation, en se concentrant sur des aspects tels que la fréquence respiratoire, la profondeur de la respiration et le patron respiratoire.
- Fréquence : (34)
- Tachypnée: la fréquence respiratoire est supérieure à 20 respirations par minute
- Causes physiologiques : exercice, changements émotionnels, grossesse, etc.
- Causes pathologiques : douleur, pneumonie, embolie pulmonaire, asthme, etc.
- Bradypnée: la fréquence respiratoire est inférieure à 12 respirations par minute
- Causes possibles : l’aggravation des conditions respiratoires sous-jacentes, entraînant une insuffisance respiratoire; les dépresseurs du système nerveux central tels que l’alcool, les narcotiques, les benzodiazépines, etc.
- Apnée: « arrêt complet de la circulation de l’air dans les poumons pendant un total de 15 secondes » (34)
- Causes possibles : l’arrêt cardio-pulmonaire, l’obstruction des voies respiratoires, une surdose de narcotiques et de benzodiazépines
- Profondeur de la respiration : (34)
- Hyperpnée : augmentation de la profondeur de la respiration
- Hyperventilation : augmentation à la fois de la fréquence respiratoire et de la profondeur de la respiration
- Hypoventilation : diminution de la fréquence et de la profondeur de la respiration
- Il faut également examiner les muscles que le patient utilise pour respirer, c’est-à-dire les muscles accessoires (par exemple, le sternocléidomastoïdien) et les muscles abdominaux – et évaluer la symétrie des mouvements de la paroi thoracique. (42)
- Il faut également se rappeler qu’une incapacité à faire des phrases complètes ou un effort accru pour parler peut indiquer une difficulté à respirer.(43)
De nombreuses affections peuvent influencer le patron respiratoire d’un individu : (44) (34)
- Respiration de Biot : périodes où la fréquence respiratoire et la profondeur de la respiration sont augmentés, suivies de périodes où il n’y a pas de respiration (apnée)
- Respiration de Cheyne Stokes : périodes où la profondeur de la respiration augmente, suivies de périodes d’absence de respiration (apnée)
- Dyspnée de Kussmaul : la fréquence respiratoire est régulière, mais la profondeur de la respiration augmente
- Orthopnée : une personne dyspnéique en position couchée, mais dont l’état s’améliore lorsqu’elle s’assoit ou se lève
- Respiration paradoxale : mouvement de la paroi abdominale ou thoracique vers l’intérieur lors de l’inspiration et vers l’extérieur lors de l’expiration Survient en cas de : paralysie diaphragmatique, fatigue musculaire, traumatisme de la paroi thoracique
La saturation en oxygène est une mesure cruciale du fonctionnement pulmonaire. Il s’agit d’un signe vital essentiel à vérifier lors de l’évaluation et de la surveillance d’un patient en vue de son positionnement, de son transfert et de tout autre déplacement. La saturation en oxygène désigne le pourcentage d’oxygène circulant dans le sang d’un individu.
« Il n’existe pas de norme établie de saturation en oxygène qui permette de déterminer s’il y a hypoxémie. » (45) Cependant, il est généralement admis qu’une saturation en oxygène au repos inférieure à 95 % est « anormale ». (45) Pendant l’exercice, il y a une diminution temporaire du niveau de saturation, mais le niveau de saturation remonte rapidement lorsque la fréquence respiratoire augmente.(42)
L’oxymétrie de pouls est une méthode indolore et non invasive qui permet de mesurer la saturation en oxygène du sang. (46) La plupart des oxymètres de pouls ont une précision de 2 à 4 % par rapport à la saturation réelle en oxygène du sang (SaO2). Cela signifie qu’une valeur mesurée par un oxymètre de pouls (SpO2) peut être supérieure ou inférieure de 2 à 4 % à la valeur de la SaO2. Par exemple, une SpO2 de 92 % peut correspondre à une SaO2 de 88-96 % en fonction de la précision de l’oxymètre de pouls. Cependant, il a été constaté que les mesures d’oxymétrie de pouls sont moins précises lorsque la saturation artérielle en oxygène (c’est-à-dire la SaO2) est inférieure à 90 %.(47)
Facteurs pouvant affecter la précision de l’oxymétrie de pouls : (45) (48)
- Mains froides
- Mauvaise circulation ou faible perfusion
- Port d’ongles artificiels
- Port du vernis à ongles (en particulier des couleurs foncées comme le noir, le bleu ou le violet)
- Saturation en oxygène très faible ( <80%)
- Pigmentation de la peau – la précision diminue chez les personnes dont la pigmentation de la peau est plus foncée
- Épaisseur de la peau
- Anémie
- Artéfact de mouvement – mouvement excessif ou tremblement du capteur
- Colorants intravasculaires
- Tabagisme;
Moyens d’augmenter la précision de l’oxymétrie de pouls : (45) (48)
- Réchauffer la peau
- Appliquer un vasodilatateur topique
- Placer la main du patient sous le niveau de son cœur
- Placer le capteur à un autre endroit (par exemple, oreille/doigt)
- Type de capteur – capteur à transmission ou à réflectance
- Taille du capteur – pédiatrique ou adulte
Il faut tenir compte de l’endroit ou de l’environnement dans lequel vous accomplirez les déplacements. En particulier, il faut voir en quoi cet endroit pourrait rendre le déplacement dangereux. L’évaluation environnementale permet d’identifier les problèmes et de proposer des solutions aux risques environnementaux. (49)
Les questions à se poser lors de l’évaluation avant le déplacement comprennent :
- Est-ce qu’il y a des contraintes d’espace ?
- Est-ce que le sol est glissant ou inégal ?
- Est-ce que l’éclairage est suffisant ?
- Y-a-t-il des risques de trébuchement ?
- Est-ce que le patient est relié à des appareils ?
Dispositifs médicaux connectés au patient(edit | edit source)
Les patients sont souvent équipés de divers accessoires en milieu hospitalier, notamment de sondes d’électrocardiogramme (ECG), de lignes artérielles et veineuses, de cathéters veineux centraux, de sondes urinaires, d’oxymètres de pouls et de drains thoraciques.
Avant d’effectuer un déplacement, on doit consulter le personnel infirmier pour savoir quels dispositifs peuvent être déconnectés en toute sécurité pour l’activité en question. Les dispositifs qui fournissent des données physiologiques vitales, comme les sondes ECG et les oxymètres de pouls, doivent souvent rester connectés pour des raisons de sécurité, en particulier lorsque le patient est déplacé pour la première fois.
Il faut être prudent lors de la mobilisation pour éviter d’arracher les dispositifs. Il est important de supprimer ou d’éviter les plis et les torsions dans les tubes et de veiller à ce que les drains (par exemple, les sondes urinaires ou les drains thoraciques) restent plus bas que l’insertion du cathéter dans le corps. Il est important de vérifier qu’il n’y a pas de drainage excessif ou de fluctuation de pression dans le niveau d’étanchéité d’un drain avant et après le traitement, car ces facteurs peuvent avoir un impact sur la performance du drain. (42) Il est également important d’éviter de faire basculer les drains thoraciques étanches pendant un déplacement, car cela peut avoir un impact sur leur fonctionnement.
La douleur peut constituer un obstacle important et doit être prise en compte lors de l’évaluation des déplacements. Pour faire face à la douleur, le prestataire de soins de santé doit prendre l’une ou l’ensemble des mesures suivantes :
- Évaluation de la douleur : (44)
- Lors de l’évaluation de la douleur, il est important de reconnaître la différence entre une douleur aiguë et une douleur persistante et les implications pour l’évaluation et la prise en charge du patient.
- La douleur est une expérience subjective et l’auto-évaluation de la douleur est l’indicateur le plus fidèle de l’expérience du patient.
- Si le patient a des capacités cognitives et de communication suffisantes, la douleur peut être évaluée à l’aide d’un outil standard d’auto-évaluation tel que l’Échelle numérique d’évaluation de la douleur ou l’Échelle visuelle analogique.
- Cependant, ces échelles ne sont pas utilisables avec de nombreux patients en soins intensifs en raison de la sédation ou de la ventilation mécanique. Dans ce cas, plusieurs mesures objectives de la douleur (voir ci-dessous) se sont révélées valables et efficaces.
- Il faut toujours évaluer la douleur au début de toute évaluation physique afin de déterminer le niveau de confort du patient et le besoin potentiel de soulagement de la douleur avant de déplacer le patient.
Outils d’évaluation de la douleur (edit | edit source)
« Critical Care Pain Observation Tool » (CPOT) : le CPOT est un instrument de mesure en 8 points qui évalue 4 comportements de base (expression faciale, mouvement du corps, tension musculaire et adaptation au respirateur (patients intubés) ou vocalisations (patients extubés)) pour fournir une évaluation de la douleur. (44)
« Behavioural Pain Scale » (BPS) : L’Échelle BPS a été conçue pour être utilisée chez les patients sous ventilation mécanique. L’échelle BPS est une échelle de 12 points qui évalue 3 comportements de base (expression faciale, mouvement des membres supérieurs et adaptation au respirateur) pour évaluer la douleur.(44)
Les professionnels de la réadaptation doivent connaître les médicaments pris par le patient, car ils peuvent avoir un impact sur la sécurité du patient lors des déplacements manuels. Bien que la gestion des médicaments ne soit pas le rôle de la plupart des professionnels de la réadaptation, il peut être très utile de comprendre l’impact potentiel de certains médicaments. L’évaluation et les interventions de réadaptation doivent être réalisées au moment où l’efficacité des médicaments est à son maximum.(50)
Les classes de médicaments suivantes peuvent augmenter les risques de chutes car elles peuvent affecter le cerveau, le cœur et le système circulatoire :
- Médicaments agissant sur le système nerveux central, par exemple les médicaments psychotropes
- Les drogues ou autres substances qui affectent le cerveau peuvent provoquer des changements dans l’humeur, les pensées, la perception, le comportement, la vigilance, les réflexes, les temps de réaction, le tonus musculaire, l’équilibre, etc.
- Médicaments agissant sur le cœur et le système circulatoire
- Les médicaments utilisés pour traiter différents problèmes cardiaques (par exemple, l’insuffisance cardiaque congestive, l’angine de poitrine ou l’arythmie) ou vasculaires (par exemple, l’hypertension) peuvent provoquer une hypotension, une hypotension orthostatique, une syncope, une bradycardie, une faiblesse musculaire ou des spasmes musculaires secondaires à l’hyponatrémie.
- Médicaments agissant sur le contrôle glycémique
- L’hypoglycémie et l’hyperglycémie ont été associées à un risque accru de chutes chez les personnes hospitalisées.
Ces évaluations pour assurer la sécurité doivent être faites avant et pendant toute activité de déplacement afin de maximiser la sécurité et de minimiser les risques pour le patient et les professionnels de la réadaptation concernés. Il est toutefois important de reconnaître que l’on ne doit pas nécessairement effectuer chaque vérification à chaque évaluation. Au lieu de cela, il faut considérer attentivement le patient, son état et son environnement, et utiliser son raisonnement clinique et sa capacité de jugement pour choisir les vérifications les plus appropriées afin de garantir la sécurité du patient lors des déplacements.
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