La régulation et l’évaluation du sommeil

Rédacteur originalWanda van Niekerk

Principaux contributeursWanda van Niekerk, Kim Jackson, Lucinda hampton et Admin

Introduction(edit | edit source)

Notre sommeil est régulé par deux mécanismes biologiques internes. Ces deux systèmes travaillent ensemble pour réguler les périodes d’éveil et de sommeil. Les études du sommeil et les mesures objectives et subjectives spécifiques du sommeil peuvent fournir des informations importantes sur le sommeil chez les personnes souffrant de problèmes liés au sommeil ou de privation de sommeil.

La régulation du sommeil ( éditer | edit source )

Le sommeil est régulé par deux processus indépendants, mais liés entre eux. (1) Ces deux processus sont :

  • Le besoin de sommeil homéostatique
  • Le rythme circadien

Ces processus jouent un rôle dans la régulation du sommeil en ce qui concerne (2) :

  • le temps de sommeil
  • l’intensité du sommeil
  • la durée du sommeil

(3)

Le besoin de sommeil homéostatique ( éditer | edit source )

Two-process model of sleep regulation.jpg
  • Aussi connu sous le nom de processus S (1)
  • Représente la dette de sommeil
  • Le besoin de sommeil ou le besoin de dormir augmente pendant l’éveil et diminue pendant le sommeil
  • Il est régulé par la quantité de temps pour lequel nous sommes restés préalablement éveillés
  • Le résultat de l’accumulation de substances induisant le sommeil dans le cerveau est une augmentation des niveaux de l’hormone Adénosine (4)
  • Dans un état de privation de sommeil, le besoin de sommeil homéostatique augmente et le sommeil peut alors se produire très probablement à des moments inappropriés ou inhabituels (6)
    • Un phénomène typique chez une personne en manque de sommeil est le « micro-sommeil » (lorsqu’une personne se désengage de son environnement physique en raison d’une interruption momentanée du traitement visuel). La dette de sommeil peut être remboursée, mais les effets à long terme du manque de sommeil, eux, peuvent être préjudiciables à la santé physique, mentale et émotionnelle. Pour en savoir plus sur le manque de sommeil
  • Le sommeil à ondes lentes (SWS) est le principal marqueur du besoin de sommeil homéostatique ou processus S (1)
    • Sommeil à ondes lentes – plus important pendant les périodes initiales de sommeil lorsque le désir de dormir est très élevé, il diminue vec l’installtion du sommeil. Par exemple, faire une sieste pendant la journée peut diminuer le niveau de sommeil profond.
    • Par conséquent, l’activité du sommeil à ondes lentes et sa mesure représentent un marqueur important du processus homéostatique

Le rythme circadien ( éditer | edit source )

Circadian rhythm labeled.jpg

Aussi connu sous le nom de processus C ou de cycle veille/sommeil. (1) – Cycles entre la somnolence et la vigilance à intervalles réguliers

  • Il s’agit de la plus importante des fonctions biologiques impliquées dans le cycle normal du sommeil et de l’éveil
  • Il dépend d’un système qui oscille sur une période d’environ 24 heures, avec des variations quotidiennes entre clarté et obscurité
  • Le rythme circadien humain est en réalité supérieur à 24 heures, mais la lumière contribue à le réguler selon un modèle sur 24 heures (7)

Chez l’homme, le noyau suprachiasmique (NSC ) est le pacemaker circadien ou l’horloge biologique (8)

  • Le NSC est situé dans l’hypothalamus
  • Il est synchronisé par des signaux environnementaux exogènes appelés « Zeitgebers » – donneurs de temps (9)
  • Le donneur de temps le plus puissant est la lumière, qui active les photorécepteurs de la rétine et inhibe la sécrétion de mélatonine par la glande pinéale

Chez les humains, la propension au sommeil correspond à la température corporelle et plus particulièrement au nadir (10)

  • Le nadir est le point où la température centrale la plus basse est enregistrée
  • Les cycles de température corporelle sont également contrôlés par l’hypothalamus
  • La température du corps augmente pendant la journée et diminue pendant la nuit

On suppose que ces pics et creux de température reflètent le rythme du sommeil

  • La vigilance maximale est atteinte à proximité de la température corporelle maximale (11) (12)
  • La somnolence augmente avec la baisse de la température

Le nadir circadien correspond au moment où la somnolence devient envahissante (généralement vers 2-3 heures du matin – les personnes qui travaillent de nuit ont du mal à rester éveillées autour de cette heure) (6)

(13)

Le modèle à deux processus de la régultion du sommeil ( éditer | edit source )

Le modèle à deux processus de la régulation du sommeil. Représentation simplifiée du modèle à deux processus de régulation du sommeil, similaire à la version du modèle dans sa publication initiale (Borbely, 1982). Simulation du processus homéostatique S selon différentes conditions expérimentales sur une période de deux jours. Les barres noires et blanches indiquent respectivement le moment normal de veille et de sommeil. La ligne bleue indique la condition de base avec 8 heures de sommeil et 16 heures d’éveil. Pendant la période où la ligne bleue augmente, le modèle est en éveil. Lorsqu’il atteint le seuil supérieur (la ligne noire sinusoïdale supérieure), le modèle se met en veille et la ligne diminue. Ce processus se poursuit jusqu’à ce qu’il atteigne le seuil inférieur et que le modèle se réveille à nouveau. La ligne verte indique les effets d’une sieste de 2 heures commençant vers 18 heures, suivie d’une nuit de sommeil normale. La ligne rouge indique une privation de sommeil (40 heures d’éveil continu en sautant une nuit) et le sommeil récupérateur au cours de la nuit suivante. Il est à noter que le modèle suppose que les siestes et les privations de sommeil n’ont aucun effet sur la régulation circadienne le jour suivant.

Ce modèle proposé par Borbely (1) postule que la capacité à initier le sommeil est déterminée à la fois par le besoin de sommeil homéostatique et par le processus circadien. Le processus homéostatique, qui découle de l’évolution temporelle de l’activité à ondes lentes, est représenté par une augmentation linéaire pendant l’éveil et une diminution linéaire pendant le sommeil. Dans des scénarios idéaux, sans privation de sommeil, l’interaction entre le besoin de sommeil homéostatique et le processus circadien est relativement synchrone.

Daan et al (14) (1984) ont étudié le timing du sommeil (début et durée) et ont déterminé et développé des seuils supérieurs et inférieurs pour prédire le timing du sommeil. Faire une sieste pendant la journée affecte la cohérence des habitudes de sommeil et provoque une dépression transitoire du seuil supérieur du processus homéostatique. La zone d’éveil de maintien du soir fait référence à l’augmentation du niveau d’éveil personnel avant l’endormissement. (15) Cela indique l’impact circadien sur la propension au sommeil. En début de soirée, avant le coucher, le rythme circadien du sommeil est très faible, peu avant le début de la sécrétion de mélatonine. Bien que cela puisse sembler contre-intuitif, car cela implique une forte impulsion circadienne de vigilance dans la soirée, il a été démontré que le signal d’éveil circadien en début de soirée entraîne une vigilance subjective et objective plus élevée et s’oppose en fait u besoin de sommeil homéostatique accumulé.(15) Chez l’homme, l’interaction dynamique entre ces deux processus de régulation du sommeil et de l’éveil permet une période d’éveil d’environ 16 heures pendant la journée et une période de sommeil consolidé d’environ 8 heures pendant la nuit.(16)

Les conditions externes affectant les niveaux seuils( éditer | éditer source )

  • Les conditions de privation de sommeil créent une suspension des seuils supérieurs, ce qui permet au processus S ou au besoin de sommeil homéostatique d’augmenter encore
  • D’autres facteurs tels que l’alitement, la chaleur, l’obscurité ou l’absence de stimulation sociale abaissent le seuil supérieur de sorte que le sommeil est précipité(14)

Le rythme circadien module ces deux seuils et détermine le début et la fin des épisodes de sommeil.(14)

(17)

Le besoin de sommeil secondaire ( éditer | edit source )

Johns (18) a développé un autre processus selon lequel le sommeil et l’état de veille à un moment donné sont connectés à la force relative des deux processus, mais pas à leur force absolue. La théorie veut que le besoin de sommeil secondaire soit influencée par des éléments tels que (6) :

  • Posture
  • Comportement
  • Activité physique
  • Sentiments
  • Activité mentale

Cela confirme les approches psychologiques qui se sont avérées efficaces dans le traitement des troubles du sommeil tels que l’insomnie.

L’ampleur du besoin de sommeil secondaire peut être le déterminant le plus important de la propension au sommeil, car les individus eux-mêmes peuvent en contrôler les variations. Cela souligne que les gens doivent prendre soin de leur santé mentale et physique, et que le sommeil joue un rôle clé dans la gestion de la douleur chronique.(6)

Les facteurs impliqués dans la propension au sommeil ( éditer | edit source )

  • Heure de la journée
  • Privation de sommeil antérieure
  • Médicaments et leurs effets sur le SNC
  • Âge
  • État physique d’un individu
  • État cognitif d’un individu
  • Horaires de travail irréguliers, quarts de travail (travail par postes)
  • Présence d’un trouble du sommeil (6)

La privation de sommeil et l’appétit ( éditer | edit source )

Pendant les phases de privation de sommeil, une augmentation de l’appétit est perceptible lors des niveaux accrus de somnolence. Cela est dû à des changements dans deux des principales hormones qui régissent le niveau de la faim. Ces hormones sont (19) :

  • La leptine – hormone de la faim
  • La ghréline – hormone de la faim

Des études ont montré que les personnes qui travaillent à l’encontre de leur rythme circadien naturel présentent un risque accru d’obésité, de maladies cardiovasculaires, etc. (20)

Les habitudes de sommeil ( éditer | éditer la source )

Initialement, le sommeil était considéré comme monophasique par nature, mais anthropologiquement, il est considéré comme un système polyphasique avec au moins deux phases de position pour l’occurrence du sommeil dans un cycle de 24 heures. La phase la moins connue est celle du creux postprandial (terme utilisé pour désigner une légère hypoglycémie survenant après l’ingestion d’un repas copieux) après l’heure du lunch.(6)

Dans les pays méditerranéens, les siestes ou une période de sommeil plus courte pendant la journée sont encore monnaie courante et les bienfaits de leur régime alimentaire et de leur mode de vie sur la santé peuvent nous enseigner bien des choses.

Le sommeil monophasique ( éditer | edit source )

  • période de sommeil « normale » dans la société actuelle
  • L’individu dort une fois par jour, généralement entre 7 et 9 heures par nuit
  • Ce mode de sommeil a été influencé par les heures de travail plus longues que la normale lors de la révolution industrielle D’autres théories avancent que l’arrivée de l’électricité et l’exposition accrue à des lumières vives ont provoqué une baisse des niveaux de mélatonine, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur la durée du sommeil(21)

Le sommeil biphasique ( éditer | edit source )

  • En règle générale, les gens dorment pendant une longue période la nuit (5-6 heures) et ont une période de sommeil plus courte ou sieste pendant la journée (cette période dure généralement environ 30 minutes et est considérée comme un booster d’énergie).
  • Les siestes peuvent toutefois durer plus longtemps, jusqu’à 90 minutes, permettant à un individu d’avoir un cycle de sommeil complet.
  • Une autre forme de sommeil biphasique est le sommeil segmenté. Celui-ci inclut deux périodes de sommeil, toutes deux nocturnes.(21)

Le sommeil polyphasique ( éditer | éditer la source )

  • Les dormeurs polyphasiques se reposent entre 4 à 6 fois par jour.(21)
  • Et il existe plusieurs catégories de combinaisons de ce sommeil. Il s’agit de (21):
    • Everyman – long sommeil d’environ 3 heures et environ trois siestes de 20 minutes au cours de la journée
    • Uberman – seulement 3 heures de sommeil par jour sous forme de six siestes de 30 minutes au cours de la journée
    • Dymaxion – Seulement 2 heures de sommeil par jour sous forme de siestes de 30 minutes toutes les 6 heures

(22)

Évaluation du sommeil ( edit | edit source )

Pour promouvoir un changement de comportement efficace dans les habitudes de sommeil chez nous et chez nos patients, il est important d’avoir une bonne connaissance des différents niveaux de somnolence. L’insomnie est susceptible d’être répandue chez de nombreux travailleurs de la santé et patients. L’insomnie n’est pas seulement liée à l’incapacité de dormir, mais aussi à l’incapacité de rester endormi ou à une incidence accrue de réveils précoces. (6) Le sommeil peut être mesuré de manière objective et subjective.

Mesures objectives ( éditer | éditer la source )

Des mesures objectives permettent de mesurer la latence du sommeil dans les laboratoires de sommeil pendant la journée. Ces types de tests sont considérés comme l’étalon-or dans l’évaluation des résultats spécifiques liés au sommeil. L’un des tests couramment utilisés est le test itératif de latence à l’endormissement ou test de latence multiple au sommeil. Un autre test moins utilisé est le test de maintien de l’éveil.

Test itératif de latence à l’endormissement ( éditer | edit source )

Les faits suivants s’appliquent au Test itératif de latence à l’endormissement : (23)

  • Permet d’identifier une somnolence diurne excessive (comme le fait de se sentir somnolent dans des situations où l’on devrait être éveillé ou alerte, par exemple en conduisant un camion)
  • Détermine le temps qu’il faut à une personne pour s’endormir
  • Identifie les phases du sommeil (vitesse et fréquence d’entrée dans le sommeil paradoxal)
  • Fournit une indication de la propension au sommeil par rapport au polysomnogramme
  • Test standard pour diagnostiquer l’hypersomnie idiopathique et la narcolepsie
  • Mesure la rapidité avec laquelle une personne s’endort pendant la journée dans un environnement calme ou non stimulant
  • Souvent, le test itératif de latence à l’endormissement commence le matin suivant un polysomnogramme et dure une journée complète
  • Dans le cadre de ce test, l’individu essaie de dormir en faisant cinq siestes programmées, séparées par des pauses de deux heures.
  • Le test est souvent appelé « étude de sieste »
  • Chaque essai est situé dans une chambre ou un espace calme
  • L’individu est connecté à un appareil qui détecte les stades du sommeil et la procédure comprend l’EEG, l’EOG, l’EMG et l’ECG
  • Le test itératif de latence à l’endormissement peut identifier exactement le moment où une personne s’est endormie et si elle est entrée dans le sommeil paradoxal
  • Si une personne s’endort, elle est réveillée au bout de 15 minutes
  • L’essai de la sieste prend également fin si l’individu ne s’endort pas dans les 20 minutes
  • Les personnes atteintes de narcolepsie ont souvent deux périodes REM ou plus pendant le test itératif de latence à l’endormissement
  • Les personnes souffrant d’hypersomnie idiopathique s’endorment facilement, mais ne parviennent pas à atteindre le sommeil paradoxal pendant la sieste

Test de maintien de l’éveil ( éditer | edit source )

Le test de maintien de l’éveil implique les éléments suivants : (23)

  • Le test se déroule sur une journée entière
  • Il est effectué pendant que l’individu est éveillé
  • On demande aux individus de rester éveillés plutôt que de s’endormir pendant des tests périodiques.
  • Le test de maintien de l’éveil est utile dans le traitement des patients somnolents – en particulier dans le but de conduire un véhicule
  • Mesure le degré de vigilance d’une personne au cours de la journée
  • Détermine si une personne peut rester éveillée pendant un certain temps dans un environnement calme, relaxant et non stimulant
  • Pendant le test – quatre à cinq périodes d’environ 40 minutes chacune, entrecoupées de pauses de deux heures – la personne est invitée à rester détendue dans une chambre calme et faiblement éclairé
  • Le premier essai commence généralement 1,5 à 3 heures après l’heure de réveil habituelle de l’individu
  • L’individu prend son petit-déjeuner une heure avant la première période de détente et son lunch après la deuxième période
  • Entre les périodes de test, une personne peut lire, regarder la télévision, prendre un repas et se déplacer librement à l’intérieur du bâtiment où se déroule le test
  • L’individu ne peut pas sortir pendant le test car la lumière du jour est un facteur qui doit être éliminé pendant ce test
  • Pendant les périodes de détente, les personnes sont connectées à un ensemble de fils conducteurs qui surveillent les éléments suivants :
    • Activité cardiaque (2 ou 3 dérivations ECG)
    • Activité cérébrale (4 dérivations EEG)
    • Activité musculaire au menton (3 pistes)
    • Mouvements des yeux gauche et droit
  • Le test est interrompu si l’individu s’endort pendant 90 secondes à n’importe quel moment de la période de relaxation
  • Le spécialiste du sommeil analyse les données pour déterminer le niveau de somnolence de la personne au cours de la journée

Tâche de vigilance psychomotrice ( éditer | edit source )

La tâche de vigilance psychomotrice implique: (24)

  • Une autre façon d’évaluer objectivement le niveau de somnolence
  • Mesure bien validée de la vigilance neurocomportementale dans la recherche sur le sommeil
  • Utilisée pour quantifier la réponse à la perte de sommeil en mesurant la capacité à maintenir l’attention et à répondre rapidement aux signaux importants
  • Tâche de vigilance psychomotrice – il faut répondre à un stimulus (compteur numérique) en appuyant sur un bouton dès que le stimulus apparaît, ce qui arrête le compteur de stimulus et affiche le temps de réaction
  • Mesure précise de la performance neurocomportementale telle qu’elle est
  • Indicateur d’un aspect fondamental de la fonction cognitive éveillée
  • Facile à réaliser et à administrer
  • Peu affecté par l’apprentissage ou l’aptitude
  • Brève
  • Valable, fiable et sensible

Avantages et inconvénients des mesures objectives du sommeil ( éditer | edit source )

Les avantages de ces méthodes incluent (23) :

  • L’utilisation d’une technologie avancée qui ne peut pas être utilisée à la maison
  • Méthodes précises et distinctes – permettent de distinguer les différentes phases du sommeil
  • L’étalon-or de l’évaluation du sommeil

Les inconvénients sont (23) :

  • Méthodes coûteuses
  • Méthodes qui prennent du temps
  • Mesures à forte demande en main-d’œuvre
  • Besoin d’une assistance professionnelle
  • Ne peut être réalisée que sur une courte période (un ou deux jours)
  • Un autre inconvénient fonctionnel important est que l’évaluation dans un laboratoire du sommeil n’est pas effectuée dans le contexte habituel du sommeil du patient à son domicile, et qu’elle ne mesure donc pas réellement une situation de sommeil normale pour lui

Somnolence et sécurité ( éditer | éditer la source )

Les environnements simulés sont de bons prédicteurs des niveaux de somnolence. L’évaluation des performances d’un individu (quantité et qualité des performances) dans un état sans privation de sommeil par rapport à un état avec privation de sommeil fournira des informations sur l’impact de la privation de sommeil sur ses performances. Gardez à l’esprit que certaines évaluations des performances ont un effet de courbe d’apprentissage significatif et qu’il convient d’en tenir compte lorsque des recherches sont menées dans le domaine de la privation de sommeil et des performances.(6)

L’évaluation de la somnolence due à la fatigue dans les accidents de la route et dans l’industrie aéronautique a montré que les tests de simulation sont efficaces. L’un des moyens d’évaluer physiquement la somnolence consiste à surveiller la fermeture des yeux, cet élément s’étant a avéré être un indicateur de fatigue. La position des paupières peut être une mesure physiologique stable de la somnolence ou de l’endormissement. (25) D’autres mesures physiologiques telles que le métabolisme de la mélatonine peuvent permettre d’évaluer le processus circadien, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires. (6)

Mesure subjective du sommeil ( éditer | edit source )

Les mesures subjectives du sommeil incluent les questionnaires sur le sommeil, les régistres, les échelles d’évaluation du niveau estimé de somnolence et les différents dispositifs disponibles. Ces mesures peuvent fournir une vue d’ensemble du nombre d’heures de sommeil, de la régularité du sommeil, de la propension au sommeil et de l’insomnie. Ils constituent également un moyen rapide et rentable d’évaluer la somnolence.(26)

Échelle de somnolence d’Epworth ( éditer | edit source )

L’échelle de somnolence d’Epworth : (27)

  • L’une des mesures les plus utilisées
  • Questionnaire auto-administré simple et largement utilisé
  • Mesure les niveaux de somnolence diurne
  • Les personnes sont invitées à évaluer leur probabilité habituelle de s’endormir dans huit situations typiques de la vie quotidienne (être assis et lire, regarder la télévision, être passager d’une voiture, etc.)
  • Des scores élevés indiquent une plus grande propension à s’endormir
  • L’échelle de somnolence d’Epworth est élevé chez les personnes souffrant d’apnée obstructive du sommeil et de narcolepsie, et faible chez les personnes souffrant d’insomnie
  • Des études de validation indiquent une corrélation significative entre le score sur l’échelle de somnolence d’Epworth et la latence du sommeil à l’aide du polysomnogramme

Échelle de somnolence de Karolinska ( éditer | edit source )

  • Échelle d’évaluation subjective qui évalue la somnolence en se basant sur les changements physiologiques et comportementaux lorsque l’évaluation de la somnolence est relativement élevée (26)
  • Échelle de Likert en 9 points
  • Évaluation subjective du niveau de somnolence d’un individu au moment de l’évaluation
  • Souvent utilisé dans les études de recherche sur le travail de quarts (par postes), le manque de sommeil et la conduite
  • Bonne corrélation avec les mesures du polysomnogramme et les mesures basées sur la performance (l’aggravation de la performance est associée à une augmentation des valeurs de l’échelle de somnolence de Karolinska)

Dispositifs disponibles pour évaluer le sommeil ( éditer | éditer la source )

La prévalence des suivis du sommeil a augmenté ces dernières années. La modélisation prédictive basée sur l’évaluation de la fréquence cardiaque, de la fréquence respiratoire et des mouvements permet à certains appareils d’estimer les niveaux de sommeil et de fournir des prédictions sur la répartition des types de sommeil. Il existe toute une série d’appareils capables de le faire, tels que l’iWatch, les bagues et dispositifs de suivi portables – une comparaison des performances et de la fiabilité de certains de ces appareils est disponible ici.

Toutefois, des recherches indiquent que les trackers de fitness et les applications téléphoniques ont tendance à sous-estimer les perturbations du sommeil et à surestimer le temps de sommeil total et l’efficacité du sommeil.(23)

Bien que les mesures subjectives du sommeil soient utiles pour mettre en évidence la conscience du déficit de sommeil, nous avons également besoin de mesures objectives. De nombreux professionnels de la santé et populations cliniques font état d’un niveau accru de restriction du sommeil. Cela conduit de nombreux professionnels à accepter une nouvelle base de référence, à savoir une baisse de la vigilance et des performances, ainsi que des changements d’humeur. Les effets néfastes de cette situation peuvent être inversés, mais ils peuvent également avoir des conséquences à long terme sur la santé physique, mentale et émotionnelle. Il n’est pas possible de rembourser la dette de sommeil et l’impact de la restriction de sommeil est constant et restera très probablement.(6)

Conclusion(edit | edit source)

Deux processus distincts, mais interdépendants, interviennent dans la régulation du sommeil : le besoin de sommeil homéostatique et le rythme circadien. Ces processus peuvent être influencés par des facteurs externes tels que les conditions physiques, mentales et physiologiques, le niveau d’éclairage et même les modes de travail dans la profession. Les mesures objectives et subjectives du sommeil ont un rôle à jouer et sont nécessaires pour modifier les comportements.(6)

Références(edit | edit source)

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