De nombreuses personnes réagissent de manière émotionnelle à une blessure ou à une maladie. Ces réactions peuvent avoir un impact significatif sur la participation d’une personne à son traitement, ainsi que sur ses progrès et ses résultats. Comprendre ces réactions permet aux professionnels de la santé de fournir des soins complets et empathiques. Être capable de reconnaître les obstacles et les facilitateurs psychologiques à la participation dans la réadaptation aide les professionnels de santé à créer des relations thérapeutiques efficaces et à soutenir les patients tout au long d’un processus de réadaptation qui peut s’avérer difficile. Ces relations positives peuvent améliorer les résultats de la réadaptation et la qualité de vie.
Cet article présente les réactions psychologiques courantes à un traumatisme ou à une maladie et explore la manière dont les professionnels de la réadaptation peuvent apporter un soutien psychologique. Il met également en évidence les interventions psychologiques spécifiques qui peuvent aider les patients à faire face aux changements de leur vie.
La réadaptation est « un ensemble d’interventions visant à optimiser le fonctionnement et à réduire le handicap chez les personnes atteintes de troubles de santé dans leurs interactions avec leur environnement ».(1)
La définition de la réadaptation donnée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) « reflète une approche holistique qui traite non seulement (…) les déficiences physiques, mais aussi les difficultés psychologiques auxquelles les patients peuvent être confrontés ».(2)
Les soins et le soutien psychologiques sont essentiels dans tous les contextes de réadaptation(3). Les interventions de réadaptation varient et dépendent de la réaction psychologique de l’individu au handicap ou à la blessure. Les interventions thérapeutiques doivent viser à améliorer le bien-être en tenant compte des facteurs personnels et environnementaux et en traitant les déficiences, les limitations et les restrictions en matière de mobilité, d’activités quotidiennes, de communication et de cognition.
« De nombreuses personnes, voire la plupart, éprouvent toute une gamme de réactions émotionnelles après une blessure ou un diagnostic qui les conduit à participer à un programme de réadaptation. » — Dr Arthur Pearce(2)
L’impact émotionnel d’une blessure ou d’une maladie peut varier considérablement d’une personne à l’autre(2). S’adapter à une nouvelle réalité ou à un changement fonctionnel peut être difficile(2). Les patients peuvent ressentir toute une gamme d’émotions, allant de l’incrédulité à l’épuisement, en passant par la confusion, la tristesse, l’anxiété, l’agitation, un engourdissement émotionnel, la dissociation, la frustration, la colère, etc.(4). Chez certaines personnes, ces émotions peuvent évoluer vers des troubles plus complexes et durables, tels que la dépression, l’anxiété, le trouble de stress post-traumatique, la privation du sommeil ou des problèmes de mémoire.
« Le trouble dépressif (également appelé dépression) est un trouble mental courant. Il se caractérise par une humeur dépressive ou une perte de plaisir ou d’intérêt pour les activités pendant de longues périodes(5). »
La dépression est fréquente chez les personnes ayant subi des blessures graves. La dépression peut réduire la motivation, ce qui a un impact sur l’engagement de la personne dans la thérapie. Par conséquent, elle est liée à de moins bons résultats et à une qualité de vie réduite.(2)
Exemples concernant des affections spécifiques :
« La déprime désigne généralement un état temporaire de découragement ou de démotivation qui peut survenir en réaction à des événements de la vie ou au stress que nous connaissons tous(2). »
Il est courant que les personnes traversent des périodes de déprime, en particulier lorsqu’elles doivent faire face à des symptômes physiques ou à des revers dans leur réadaptation. Ce phénomène est particulièrement fréquent après des événements liés à la santé qui bouleversent la vie et ont des répercussions à long terme.
« L’anxiété est une émotion caractérisée par des sentiments de tension, des pensées inquiétantes et des changements physiques tels qu’une augmentation de la pression artérielle(9). »
L’anxiété est un autre problème de santé mentale courant(10). L’anxiété peut se manifester de nombreuses façons, notamment par une inquiétude excessive quant à l’avenir et, dans le cadre de la réadaptation, par une peur excessive de se blesser à nouveau(2). L’anxiété peut avoir un impact négatif sur la qualité de vie. Les personnes anxieuses peuvent avoir du mal à se concentrer et leur anxiété peut accentuer leur douleur.
Exemples concernant des affections spécifiques :
« Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble psychiatrique causé par le fait d’avoir vécu ou été témoin d’événements traumatisants ou potentiellement mortels, dont la prévalence a augmenté en raison des conflits mondiaux, des catastrophes naturelles et de la violence domestique(13). »
Les patients qui se remettent d’un événement soudain ou mettant leur vie en danger peuvent développer un trouble de stress post-traumatique. Il existe également des preuves établissant un lien entre le trouble de stress post-traumatique et les principales maladies liées au vieillissement(14). Les symptômes comprennent les flashbacks, l’évitement, la vigilance excessive et les problèmes de la mémoire. Cela peut avoir un effet négatif sur les progrès en réadaptation, car la détresse émotionnelle peut empêcher la personne de s’engager dans la thérapie. Le TSPT a des répercussions importantes sur la vie quotidienne et doit être traité par des professionnels de la santé ayant reçu une formation appropriée.(13)
Pour plus d’informations sur les facteurs qui influencent les réactions psychologiques après une blessure traumatique ou une maladie, voir : Réaction au stress après une blessure grave ou une maladie grave : Une approche biopsychosociale.
Un sommeil adéquat est essentiel pour les fonctions cognitives, la régulation émotionnelle, la récupération physique et le bien-être général. Le manque de sommeil peut accroître la douleur, affecter la prise de décision et augmenter le risque de dépression et d’anxiété. Il existe une relation bidirectionnelle entre le sommeil et le bien-être émotionnel ou la santé mentale; un mauvais sommeil peut aggraver la santé mentale, et une mauvaise santé mentale peut aggraver le sommeil(15). Le sommeil est donc un facteur important à prendre en compte dans les milieux de la santé et de la réadaptation.
Exemples concernant des affections spécifiques :
Le stress peut affecter la capacité d’une personne à traiter des informations et à s’en souvenir. La libération de cortisol, déclenchée par le stress, affecte directement les structures cérébrales responsables de l’encodage, du stockage et de la récupération de la mémoire, ainsi que des processus émotionnels(18). Les troubles de la mémoire constituent un enjeu important en réadaptation, où la capacité à se souvenir d’informations est essentielle(2).
Les prestataires de soins de santé jouent un rôle essentiel pour soutenir la santé mentale de leurs patients. En fonction de leur champ d’activité, ils peuvent être amenés à : (1) évaluer les facteurs psychologiques, (2) reconnaître le sentiment de perte ressenti par un patient, (3) mettre en œuvre des interventions psychologiques pour traiter les facteurs psychologiques, (4) apporter un soutien émotionnel tout au long du processus de réadaptation, et (5) informer les familles et les autres personnes impliquées dans les soins du patient.(2)
Les sections suivantes traitent du rôle des professionnels de la santé dans la prise en charge des problèmes de santé mentale auxquels les patients peuvent être confrontés à la suite d’un handicap ou d’une blessure.
Une évaluation psychologique complète est essentielle pour évaluer la santé mentale d’une personne. Les facteurs psychologiques à surveiller sont : le désengagement, la détresse, les troubles alimentaires et du sommeil et, dans les cas les plus graves, l’automutilation. Les praticiens doivent connaître leur champ d’activité et s’adresser à des spécialistes si nécessaire(2).
Lorsque l’on envisage spécifiquement la réadaptation, il est important d’identifier les aspects psychologiques et émotionnels de l’expérience de la douleur d’un patient. Il est également important de reconnaître l’impact de la dramatisation face à la douleur, de l’auto-efficacité, de la résilience, du lieu de maîtrise, de la dépression et de l’anxiété sur le bien-être d’une personne.
Les méthodes de diagnostic, les traitements et les systèmes de santé actuels peuvent tous influencer le choix des échelles cliniques utilisées dans l’évaluation et la planification du traitement(19). Les outils d’évaluation suivants peuvent être utilisés dans la pratique clinique pour identifier les problèmes de santé mentale(2).
Le PHQ-9 (Questionnaire sur la santé du patient-9) permet de dépister la dépression. Un score de 5 à 9 indique une dépression légère, de 10 à 14 une dépression modérée, de 15 à 19 une dépression modérément sévère et de 20 ou plus une dépression sévère.
Le GAD-7(Generalised Anxiety Disorder-7) est utilisé pour évaluer l’anxiété. Un score de 5 à 9 indique une anxiété légère, de 10 à 14 une anxiété modérée et de 15 ou plus une anxiété sévère.
L’IES-R(Impact of Events Scale-Revised) mesure les symptômes du stress post-traumatique. Un score de 24 à 32 indique des symptômes légers du TSPT, 33 à 38 des symptômes modérés et 39 ou plus des symptômes sévères du TSPT et une préoccupation clinique probable.
Le praticien de santé doit reconnaître le profond sentiment de perte que les patients peuvent éprouver lorsqu’ils doivent faire face à des changements fonctionnels ou qu’ils ressentent une perte d’identité. Les professionnels de la santé doivent comprendre et soutenir les patients tout au long de leur parcours de réadaptation. Les compétences générales, telles que l’écoute active, le reflet, le questionnement et l’empathie, permettent aux professionnels de santé de répondre aux besoins physiques et émotionnels des patients pendant leur convalescence(2).
« Dans le domaine des soins de santé, l’écoute (active) est essentielle à la participation mutuelle et à d’autres résultats relationnels qui mobilisent le client dans la poursuite de ses objectifs(20). »
L’écoute active exige que la personne qui écoute accorde toute son attention à celle qui parle. Elle doit être présente et manifester de l’intérêt. Cela peut se faire en se concentrant sur la personne qui parle, en établissant un contact visuel, en hochant la tête, en souriant et en évitant les interruptions.(2)
Lorsque nous faisons du reflet, nous paraphrasons ce que le patient a dit, en répétant les points principaux de son discours sous une forme abrégée, en utilisant certains de ses propres mots(21). Voici un exemple de reflet : « Il semble que vous manquiez de motivation parce que vous pensez que vous ne pourrez plus jamais utiliser votre bras, même avec le travail que nous faisons. » La réflexion montre au patient qu’il a été entendu et compris. Cela permet également aux professionnels de la santé de vérifier leur compréhension et de s’assurer qu’ils ont bien interprété les préoccupations du patient.(2)
Encourager les patients à s’exprimer davantage en leur posant des questions avec tact peut les aider à remettre en question leurs pensées négatives concernant leurs soins et favoriser leur implication dans leur réadaptation. Par exemple, le fait d’interroger les patients sur leurs progrès ou sur ce qu’ils ont trouvé le plus difficile peut fournir des informations précieuses au prestataire de soins de santé.(2)
« L’empathie dans les soins aux patients consiste à reconnaître et à valider les émotions (du patient), en favorisant une relation collaborative(22). »
L’empathie peut être obtenue en écoutant activement les préoccupations du patient et en lui témoignant de la compréhension avant de lui fournir des informations ou des conseils(22). En reconnaissant l’importance des questions posées par le patient et en lui apportant des réponses respectueuses, les professionnels de santé peuvent faire preuve d’empathie et établir une base solide pour l’engagement et la motivation du patient. Cette approche centrée sur le patient garantit que les individus se sentent soutenus et responsabilisés tout au long de leur parcours de soins.(22)
Pour en savoir plus sur les six étapes de la communication empathique, voir : Utiliser l’empathie dans nos communications.
Les sections suivantes présentent une série d’interventions générales et spécialisées qui peuvent être bénéfiques dans le cadre de la réadaptation.
Lorsque l’on répond aux besoins psychologiques d’un patient, il faut toujours garder à l’esprit que les professionnels de santé ne doivent pas outrepasser leur champ de compétences. Si un patient rencontre des difficultés qui dépassent notre champ d’activité et notre domaine d’expertise, il faut le diriger vers un spécialiste.(2)
Les professionnels de la santé peuvent modifier l’environnement du patient pour améliorer son confort et la qualité de son sommeil. Dans les milieux où les patients sont hospitalisés, les professionnels de santé peuvent changer la literie des patients, régler l’éclairage de la chambre et contrôler les niveaux de bruit(2). Il est également essentiel d’établir un horaire de sommeil régulier et une routine relaxante avant le coucher pour garantir la qualité du sommeil.
Offrir des encouragements supplémentaires peut donner de l’autonomie aux patients et les soutenir. Encourager les petits pas réalisables, valider les sentiments des patients, promouvoir l’auto-compassion, faire preuve de patience et de compréhension peut renforcer la confiance, réduire la négativité et maintenir l’engagement des patients dans la thérapie.
Les professionnels de santé peuvent enseigner aux patients des techniques de relaxation simples, telles que la respiration profonde et la relaxation musculaire progressive, afin de les aider à se détendre et à gérer leur stress.
Il existe toute une variété d’interventions psychologiques spécialisées qui peuvent être bénéfiques pour les patients en réadaptation. Ces interventions nécessitent une formation spécifique. Les patients présentant des troubles psychologiques importants doivent être évalués par des professionnels de la santé mentale qualifiés.
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est un traitement courant pour toute une série de problèmes de santé mentale. Elle est efficace pour réduire la dramatisation face à la douleur, améliorer l’auto-efficacité, promouvoir un lieu de maîtrise interne (voir ci-dessous) et gérer les troubles du sommeil. La TCC aide les personnes à aborder et à modifier leurs pensées et comportements négatifs, à réduire leur détresse émotionnelle et à améliorer leur capacité d’adaptation. Des formes spécifiques de TCC ciblent différents types de problèmes.
Cette vidéo facultative, en anglais original, démontre une brève interaction entre un patient souffrant de dépression et un thérapeute utilisant la TCC :
La thérapie d’acceptation et d’engagement (ou ACT pour « Acceptance and Commitment Therapy ») est un type de psychothérapie qui peut aider les individus à gérer les pensées et les sentiments difficiles à la suite de blessures ou d’accidents qui ont changé leur vie. Ceci est important car ces pensées peuvent avoir un impact négatif sur les progrès en réadaptation. L’ACT comprend six aspects fondamentaux, comme l’illustre le modèle hexaflex ci-dessous (voir figure 1).(24)
La vidéo facultative suivante, en anglais original, explique les six processus fondamentaux de l’ACT :
Il est essentiel d’apporter un soutien émotionnel aux patients tout au long du processus de réadaptation, en particulier aux patients souffrant de problèmes de santé mentale, tels que la déprime et la dramatisation face à la douleur. Les prestataires de soins de santé devraient offrir un soutien adapté en utilisant l’écoute active pour améliorer les résultats thérapeutiques.
Afin de fournir ce soutien individualisé, ils doivent être conscients des obstacles et des facilitateurs psychologiques qui influencent l’engagement de leurs patients dans la réadaptation.
Les obstacles à la réadaptation peuvent être la dramatisation face à la douleur et l’impact du traumatisme. Les facilitateurs peuvent être l’auto-efficacité, la résilience et un lieu de maîtrise interne.
La dramatisation face à la douleur est « une attitude mentale négative exagérée qui se manifeste lors d’une expérience douloureuse réelle ou anticipée(26) » ou une « perception exagérée de la menace que représentent ses symptômes(27) ».
La dramatisation face à la douleur se caractérise par une exagération des pensées liées à la douleur et une incapacité à les gérer. Elle est associée à un sentiment d’impuissance et les patients prédisent ou anticipent souvent des résultats négatifs. Des niveaux élevés de dramatisation face à la douleur sont associés à une intensité accrue de la douleur, à une détresse émotionnelle et au handicap.(2)
L’Échelle de dramatisation face à la douleur est un instrument largement utilisé pour mesurer les pensées de dramatisation liées à la douleur(28).
Les traumatismes psychologiques, en particulier les expériences négatives vécues dans l’enfance, ont un impact significatif sur la réadaptation. Une approche des soins tenant compte des traumatismes est essentielle, car elle met l’accent sur la sécurité et la confiance. Cela encourage l’écoute active et reconnaît les effets des traumatismes. Les professionnels de la santé doivent être conscients que le toucher physique peut déclencher des réactions chez les survivants de traumatismes. Il est donc essentiel d’obtenir un consentement éclairé, de garantir l’autonomie du patient, d’être sensible à la dynamique des genres et de comprendre les réactions dynamiques aux traumatismes. Demander à une personne si elle a déjà subi un traumatisme peut aider les professionnels de la santé à prodiguer de meilleurs soins, mais cela ne fait pas encore partie des pratiques courantes en réadaptation.(2)
Pour en savoir plus, voir : Soins tenant compte des traumatismes.
« L’auto-efficacité désigne la conviction qu’a un individu de sa capacité à adopter les comportements nécessaires pour parvenir à des résultats ou atteindre des objectifs spécifiques(2). »
Les personnes ayant une grande auto-efficacité sont plus susceptibles de s’engager dans la réadaptation et d’obtenir de meilleurs résultats. Les expériences positives et négatives vécues au début de la vie peuvent façonner l’auto-efficacité.
Exemples concernant des affections spécifiques :
« La résilience est la capacité à s’adapter positivement face à l’adversité(2). »
Divers facteurs contribuent à la résilience d’une personne, notamment ses antécédents de problèmes de santé mentale, ses expériences de vie et les expériences négatives vécues pendant l’enfance(2). Les personnes qui ont une grande résilience ont tendance à mieux faire face aux facteurs de stress, tels que les blessures, la maladie et la réadaptation. Elles ont tendance à présenter des niveaux plus faibles de dépression et d’anxiété, ce qui permet d’améliorer les résultats en réadaptation. La résilience a été associée à une capacité accrue d’adaptation et d’ajustement chez les personnes souffrant de blessures graves, de maladies ou de comorbidités multiples(31)(32)(33).
Pour en savoir plus, voir : La résilience et la santé.
« Le lieu de maîtrise désigne la croyance d’un individu quant à la mesure dans laquelle il peut contrôler les événements qui l’affectent. »
Les personnes ayant un lieu de maîtrise interne pensent qu’elles peuvent contrôler leur état de santé, ce qui permet d’améliorer la gestion de la douleur et la réadaptation. Elles comprennent que leur rétablissement relève avant tout de leur responsabilité.(2)
Les personnes ayant un lieu de maîtrise externe estiment que des facteurs externes dictent leur santé. Elles peuvent ne pas comprendre pleinement le rôle essentiel qu’elles jouent dans leur rétablissement et dépendre des professionnels de la santé pour atteindre leurs objectifs de réadaptation.(2)
Une éducation du patient et de sa famille axée sur la gestion des difficultés psychologiques et émotionnelles pouvant survenir pendant la réadaptation peut être bénéfique. En offrant des conseils et un soutien, les prestataires de soins de santé peuvent aider les patients et leurs familles à relever les défis associés à la réadaptation et à obtenir des résultats positifs.
L’éducation du patient doit mettre l’accent sur les liens sociaux et aider la personne à rectifier ses pensées négatives. Il est important d’entretenir des relations et de participer à des groupes de soutien. Les patients doivent recevoir des informations sur les facteurs liés au mode de vie, tels que prendre des repas réguliers, pratiquer une activité physique, dormir suffisamment et éviter les substances nocives pour la santé. Demander aux patients d’identifier et d’évaluer objectivement leurs pensées négatives en tenant un journal peut également leur apporter un soutien psychologique précieux.(2)
Les professionnels de santé doivent également aider les proches aidants à comprendre que la déprime n’est pas un signe de faiblesse et que le rétablissement après une maladie ou une blessure est un processus graduel. Les proches aidants doivent apprendre à offrir leur soutien sans toutefois trop aider afin de favoriser l’autonomie. Il est essentiel de reconnaître les petites victoires tout en surveillant les problèmes de santé mentale graves. Les proches aidants doivent également apprendre à prioriser leur santé émotionnelle et à demander de l’aide lorsqu’ils en ont besoin.(2)
Tous les professionnels de la santé doivent savoir reconnaître les signes de détresse extrême d’un patient et savoir si un soutien accru est nécessaire. Ces signaux d’alerte peuvent comprendre(2) :
Si un patient refuse de s’engager dans la réadaptation, les professionnels de la réadaptation doivent envisager la possibilité de facteurs psychologiques sous-jacents et le diriger vers un psychologue.(2)
Les personnes souffrant d’un handicap physique présentent un risque plus élevé de suicide. La dépression est le trouble mental le plus fréquemment diagnostiqué chez les personnes qui se suicident(34). Il est crucial de diriger rapidement vers un soutien psychologique les patients en réadaptation qui expriment des pensées suicidaires. La collaboration avec les services de santé mentale garantit un soutien complet et continu.(2)
Le cadre SAFE-T (Suicide Assessment Five-step Evaluation and Triage) fournit une approche de soutien, systématique et axée sur la sécurité pour gérer le risque de suicide dans les établissements de réadaptation. Il comprend cinq étapes pour évaluer et trier le risque de suicide. Ces étapes sont :
- Identification des facteurs de risque
- Identification des facteurs de protection
- Enquête sur les idées suicidaires
- Détermination du niveau de risque et des interventions
- Documentation(35)
Pour en savoir plus sur ce cadre, voir : SAFE-T: SuicideAssessment Five-step Evaluation and Triage.
Dans cette vidéo facultative, en anglais original, la Dre Christine Moutier, directrice médicale de l’ « American Foundation for Suicide Prevention » (fondation américaine pour la prévention du suicide), parle des efforts efficaces de prévention du suicide dans la pratique clinique :