Rédacteur original – Wendy Walker et Anna Ziemer
Rédacteurs en chef – Wendy Walker, Naomi O’Reilly, Kim Jackson, Rachel Lowe , Vidya Acharya, Lucinda hampton, Kalyani Yajnanarayan, George Prudden, WikiSysop, Simisola Ajeyalemi , Karen Wilson, Uchechukwu Chukwuemeka, Shaimaa Eldib, Nicole Hills, Lauren Lopez, Mande Jooste et Tony Lowe
Les lésions cérébrales acquises ou les traumatismes crâniens sont des termes généraux décrivant un ensemble de blessures qui se produisent au niveau du cuir chevelu, du crâne, du cerveau, des tissus sous-jacents et des vaisseaux sanguins au niveau de la tête. Les lésions cérébrales acquises n’incluent pas les dommages au cerveau résultant de troubles neurodégénératifs comme la sclérose en plaques (SEP) ou la maladie de Parkinson. Les lésions cérébrales acquises sont classées en deux grandes catégories : les lésions cérébrales traumatiques d’origine externe et les lésions cérébrales non traumatiques d’origine interne ou externe.
| Lésion cérébrale traumatique | Lésion cérébrale non traumatique |
|---|---|
| Chutes | Accident vasculaire cérébral, par exemple : hémorragie, caillot. |
| Agressions | Maladie infectieuse, par ex. méningite, encéphalite |
| Accident de véhicule à moteur | Crise d’épilepsie |
| Blessure liée au sport ou aux loisirs | Choc électrique |
| Traumatisme crânien abusif, par exemple : le syndrome du bébé secoué. | Tumeur |
| Blessure par balle | Exposition toxique |
| Accident de travail | Trouble du métabolisme |
| Enfant victime d’abus, de violence | Empoisonnement neurotoxique, par exemple : monoxyde de carbone ou exposition au plomb |
| Violence domestique | Manque d’oxygène, par exemple : noyade, étouffement, blessure hypoxique et anoxique. |
| Actions militaires par exemple : Blessure par explosion | Surdose de médicaments |
Une lésion cérébrale traumatique (LCT) est « une altération de la fonction cérébrale ou des signes de pathologie cérébrale, causée par une force extérieure ».(1) Elle se produit lorsqu’une force externe a un impact sur le cerveau, et est souvent causée par une secousse, un coup, un choc ou une blessure pénétrante à la tête. Cependant, tous les coups ou les chocs ne provoquent pas un traumatisme crânien, certains ne provoquent que des dommages osseux au crâne, sans lésion ultérieure au cerveau. Les lésions cérébrales traumatiques légères sont désormais plus communément appelées » commotions cérébrales ».
Les lésions cérébrales traumatiques n’entraînent pas toujours un handicap moteur évident. D’autres symptômes cachés liés à la cognition et au comportement peuvent également se manifester en présence de lésion cérébrale traumatique. Le fait que la population vivant avec une lésion cérébrale traumatique soit largement invisible et ne parle pas ouvertement de ses besoins, ainsi que l’incompréhension généralisée de l’impact des affections associées, ont valu à la lésion cérébrale traumatique le nom d' »épidémie silencieuse ». (2)
Divers facteurs liés aux services de santé peuvent influencer l’impact des lésions cérébrales traumatiques sur les individus et la société. Ils incluent notamment la mise en œuvre de meilleures pratiques basées sur des algorithmes en médecine d’urgence et en soins intensifs, la mise en œuvre d’une approche systématique de la neuroréhabilitation, l’amélioration de l’accès aux services connexes et le financement adéquat de ces services. Lorsque ces problématiques ne sont pas abordées, on peut empêcher les personnes vivant avec une lésion cérébrale traumatique de profiter du temps le plus précieux pour le traitement de réadaptation, et entraîner une augmentation significative des coûts des soins. À plus long terme, l »inaptitude à l’emploi et la perte de revenus associées affectent à la fois les survivants de lésions cérébrales traumatiques et les membres de la famille qui les soignent. Ces problématiques conduisent à une sous-estimation du coût social des lésions cérébrales traumatiques.
Les deux causes les plus courantes de lésions cérébrales traumatiques sont les chutes et les accidents de la route, qui comprennent les collisions de véhicules, piétons heurtés par un véhicule, collisions entre véhicules et cyclistes et entre voitures et motocyclistes, ainsi que les accidents de bicyclettes et de motos qui n’impliquent pas un autre véhicule. Jusqu’à récemment, les accidents de la route étaient la première cause de lésion cérébrale traumatique, mais une étude internationale publiée en 2013 rapporte que « les chutes ont désormais dépassé les incidents de la circulation routière comme principale cause de cette lésion ». (4)
Les lésions cérébrales traumatiques dans le sport sont de plus en plus reconnues ainsi que leurs conséquences à long terme qui ressortent clairement. De nombreux professionnels se sont impliqués dans le développement de preuves liées à la complexité des symptômes, à l’impact de leur nature répétitive sur la santé du cerveau et au pronostic à long terme des commotions cérébrales liées au sport. Des preuves de l’évaluation et du traitement spécifiques au sport ainsi que du rôle du sport dans les maladies dégénératives du cerveau sont en train d’émerger, ce qui favorise les mesures visant à accroître la sécurité des personnes qui pratiquent des sports tels que le rugby, le football, la boxe, l’équitation et la course automobile, le football américain ou le hockey sur glace. Une revue systématique effectuée pour trouver si les protections de tête protègent contre les blessures des boxeurs indique que les commotions et autres blessures à la tête sont présentes dans la boxe avec ou sans protections de tête. Un casque protecteur est efficace pour protéger contre les coupures faciales et les fractures du crâne. Une stratégie pour protéger les boxeurs pourrait être d’introduire des règlements qui réduisent la fréquence et la force des coups à la tête en incorporant la technologie dans les casques protecteurs aidera à comprendre le type et l’ampleur de la force de frappe subie par les boxeurs, cependant, des études supplémentaires sur la boxe, les casques protecteurs et la prévention des blessures à la tête sont nécessaires.(5)
Les conflits mondiaux ont exposé à la fois les militaires et les civils à de nouveaux types et de nouvelles gravités de blessures, mais ont également conduit au développement de procédures neurochirurgicales permettant de sauver des vies et de soins subaigus améliorés,(6) ayant également bénéficié aux services de santé civils.
Les lésions cérébrales traumatiques constituent un problème de santé publique depuis de nombreuses années et resteront à l’avenir une source majeure de décès et d’invalidité grave. Selon l’Organisation mondiale de la santé, d’ici 2020, les lésions cérébrales traumatiques dépasseront de nombreuses maladies comme principale cause de décès et d’invalidité. Nous observons actuellement un nombre croissant de survivants de lésions cérébrales traumatiques grâce aux progrès de la médecine d’urgence et des soins intensifs, ainsi qu’à la diminution du nombre de décès suite aux mesures de sécurité et de prévention telles que la diminution des limites de vitesse et l’utilisation de casques et d’équipements de protection. Les lésions cérébrales traumatiques continuent d’être un problème sanitaire et socio-économique critique dans le monde entier, que ce soit dans les pays à faibles ou à hauts revenus, en raison de leurs conséquences tout au long de la vie de l’individu et du fait qu’elles touchent des personnes de tout âge. Les changements socio-économiques dans les pays à revenu faible et intermédiaire conséquents à l’urbanisation et la mécanisation entraînent également une augmentation des lésions cérébrales traumatiques.
Une étude a révélé que les lésions cérébrales traumatiquesI étaient « une cause majeure de décès et d’invalidité aux États-Unis, contribuant à environ 30 % de tous les décès dus à des blessures ». (7) En 2010, une étude a examiné les données de plusieurs pays et a indiqué que « chaque année, 235 000 Américains sont hospitalisés pour uns lésion cérébrale traumatique non fatale, 1,1 million sont traités dans un service d’urgence et 50 000 en meurent. Un rapport de l’État de Victoria, en Australie, portant sur les chiffres des traumatismes cérébraux entre 2006 et 2014, a révélé une baisse de l’incidence des traumatismes cérébraux graves liés aux véhicules à moteur, ce qui suggère que les mesures de prévention des traumatismes routiers ont été efficaces, mais que des mesures ciblées visant à réduire l’incidence des traumatismes crâniens majeurs dus à des chutes devraient être explorées, car ces derniers sont en augmentation chez les plus de 65 ans. (8) La Northern Finland birth cohort a révélé que 3,8 % de la population avait connu au moins une hospitalisation due à une lésion cérébrale traumatique avant l’âge de 35 ans. La Christchurch, New Zealand birth cohort, a constaté qu’à l’âge de 25 ans, 31,6 % de la population avait subi au moins une lésion cérébrale traumatique nécessitant une attention médicale, notamment une hospitalisation, ou une visite dans un service d’urgence ou un cabinet médical. On estime que 43,3 % des Américains présentent un handicap résiduel 1 an après une lésion cérébrale traumatique. L’estimation la plus récente de la prévalence des résidents civils américains vivant avec un handicap après une hospitalisation pour lésion cérébrale traumatique est de 3,2 millions ». (9)
Nous assistons à un changement dans la répartition des lésions cérébrales traumatiques en fonction des groupes d’âge, les enfants et les personnes âgées étant les populations les plus à risque, et du sexe, les hommes étant les plus à risque entre 10 et 20 ans et les femmes entre 70 et 80 ans. (2). On observe également un changement dans les mécanismes à l’origine des blessures, les chutes contribuant de plus en plus aux lésions cérébrales traumatiques et les blessures liées aux explosions étant le mécanisme le plus courant des lésions cérébrales traumatiques survenant sur le champ de bataille.
L’incidence chez les enfants et les adolescents crée de nouveaux défis dans le domaine des lésions cérébrales traumatiques puisqu’elle présente des symptômes souvent négligés tels que des changements de comportement ou des difficultés scolaires et une vulnérabilité à la criminalisation.
Dans toutes les régions du monde, l’accès aux services d’urgence et de neurochirurgie influence la mortalité et les résultats de la récupération après un traumatisme cérébral. Dans les pays à faible revenu, cet accès est limité et se traduit par un nombre plus élevé d’invalidités graves après un traumatisme cérébral.
Se produit sous le point d’impact et peut être associée à une fracture du crâne sur le site de l’impact.
Se produit lorsque l’impact est suffisant pour que le cerveau se déplace à l’intérieur du crâne ; le cerveau se déplace dans la direction opposée et frappe le côté opposé du crâne, provoquant des contusions.
Phénomène fréquent lorsque des pôles opposés du cerveau subissent des lésions.
Il existe plusieurs déterminants utilisés pour classer les lésions cérébrales traumatiques. La présentation clinique et le pronostic dépendent de la nature individuelle de la lésion, différents types de lésions cérébrales traumatiques coexistant souvent. La classification est importante pour la gestion, le traitement et le pronostic des cas aigus, ainsi que pour les besoins de la neuroréhabilitation. Les classifications peuvent être basées sur :
La présentation dépend des zones du cerveau endommagées. La spasticité est l’un des premiers signes d’une lésion cérébrale traumatique et se développe souvent dans la semaine suivant la blessure. Les symptômes incluent l’hypertonicité et les spasmes des muscles affectés ainsi qu’une augmentation des réflexes tendineux profonds. La gravité de la spasticité peut aller d’une légère raideur musculaire à des spasmes musculaires graves et souvent douloureux.
Les lésions cérébrales traumatiques peuvent avoir des effets physiques, cognitifs, psychologiques et physiologiques très variés, et ceux-ci peuvent survenir immédiatement ou après un certain temps. Les symptômes peuvent différer en fonction de la gravité de la lésion cérébrale traumatique, mais certains ne sont pas spécifiques au type de lésion.
| Symptômes physiques | Symptômes sensoriels | Symptômes cognitifs |
|---|---|---|
| Avec ou sans perte de conscience. Si perte de conscience : quelques secondes à quelques minutes | ||
| Céphalée | Vision floue | État d’hébétude, de confusion ou de désorientation |
| Nausées ou vomissements | Sonnerie dans les oreilles | Perte de mémoire ou de capacité de concentration |
| Fatigue ou somnolence | Mauvais goût dans la bouche ou changements dans la capacité à sentir. | Changements d’humeur ou sautes d’humeur |
| Problèmes d’élocution | Sensibilité à la lumière ou au son | Irritabilité |
| Difficulté à dormir ou dormir plus que d’habitude | Sensation de déprime ou d’anxiété | |
| Vertiges ou perte d’équilibre | Fatiguabilité | |
| Symptômes physiques | Symptômes sensoriels | Symptômes cognitifs |
|---|---|---|
| Perte de conscience de quelques minutes à plusieurs heures ou jours | ||
| Céphalées persistantes ou qui s’aggravent | Vision floue | Coma et autres troubles de la conscience |
| Vomissements répétés ou nausées | Vision double | Profonde confusion |
| Convulsions ou crises d’épilepsie | Sonnerie dans les oreilles | Irritabilité |
| Dilatation d’une ou des deux pupilles | Mauvais goût dans la bouche ou changements dans la capacité à sentir. | Agitation, combativité ou autre comportement inhabituel |
| Liquide clair ou sang s’écoulant du nez ou des oreilles | Sensibilité à la lumière ou au son | Humeur triste ou déprimée |
| Gonflement soudain ou ecchymoses derrière les oreilles ou autour des yeux | Fatiguabilité | |
| Incapacité à se réveiller loersqu’endormi | ||
| Faiblesse ou engourdissement | ||
| Perte de coordination ou d’équilibre | ||
| Respiration irrégulière | ||
| Difficulté à parler | ||
Après une lésion cérébrale traumatique aiguë, tous les patients sont encouragés à passer un examen neurologique urgent en plus d’un examen chirurgical.(10) L’imagerie par résonance magnétique (IRM) et la tomodensitométrie (CT Scan) sont fréquemment utilisées pour obtenir des images du cerveau. Le CT Scan est indiqué dans les tous premiers stades post-lésion. Un CT Scan peut montrer les fractures potentielles et détailler les hémorragies et les hématomes au cerveau, ainsi que les contusions et les gonflements. Une IRM est souvent utilisée une fois que le patient est médicalement stable pour donner une vue plus détaillée du tissu cérébral. Les directives de l’EFNS (European Federation of Neurological Societies) fournissent une base pour l’utilisation de la tomodensitométrie en fonction des signes et symptômes cliniques (voir ci-dessous).
| Classification | Caractéristiques | Orientation vers un CT Scan ? |
|---|---|---|
| Léger |
|
Non |
| Catégorie 1 |
|
Non |
| Catégorie 2 |
|
Oui |
| Catégorie 3 |
|
Oui |
| Modérée |
|
Oui |
| Sévère |
|
Oui |
| Critique |
|
Oui |
| Échelle de Glasgow (Score de Glasgow), Règle canadienne de prédiction de la tomographie chez les patients victimes de traumatismes crâniens (règle de CHIP) | ||
Les objectifs de l’urgence initiale et de la prise en charge médicale précoce sont de limiter le développement de lésions cérébrales secondaires tout en offrant les meilleures conditions de récupération de tout dommage réversible déjà survenu. Cela implique d’établir et de maintenir des voies respiratoires dégagées avec une oxygénation adéquate et des fluides de remplacement pour assurer une bonne circulation périphérique et un volume sanguin suffisant.
Une intervention chirurgicale d’urgence est souvent nécessaire pour décompresser le cerveau blessé et minimiser les dommages :
Des médicaments peuvent également être utilisés pour limiter les dommages secondaires au cerveau :
Tout comme deux personnes ne sont pas exactement semblables, deux lésions cérébrales ne sont pas non plus exactement semblables. Par conséquent, l’approche utilisée en rééducation neurologique et en physiothérapie après une lésion cérébrale traumatique doit respecter les principes de la neuroplasticité, de l’apprentissage moteur et du contrôle moteur, ainsi que se centrer sur le patient en assurant une implication individuelle dans la définition des objectifs et le choix des procédures de traitement.
Compte tenu de la complexité de la lésion cérébrale traumatique et de ses vastes conséquences, aucune spécialité médicale n’est suffisante pour aborder tous les domaines de la prise en charge. Dans la prise en charge des lésions cérébrales traumatiques, le rôle de l’équipe multidisciplinaire est inestimable, celui du physiothérapeute étant au cœur de cette équipe, du stade aigu au stade chronique.
La reconnaissance croissante de l’impact des lésions cérébrales traumatiques sur l’individu, la famille et la société entraîne des développements en matière de prévention, de conception de services, de législation et de financement. Les développements au niveau des traitements neuro-protecteurs et neuro-restaurateurs ainsi qu’au niveau des approches thérapeutiques augmentent les changements neuro-plastiques des cellules et des réseaux neurologiques. L’accès à des diagnostics plus précis permet de choisir des traitements plus efficaces. L’expertise des centres médicaux et de réadaptation spécialisés est de plus en plus partagée et adoptée. Nous vivons une époque vraiment passionnante où l’on peut faire plus que jamais pour les survivants de lésions cérébrales traumatiques.
BrainLine – Site Web américain multimédia fournissant des informations et des ressources sur le traitement et la vie avec un TBI ; il comprend une série de webcasts, des ressources écrites en ligne et un bulletin d’information électronique. En anglais. Sans version française mais une version en espagnol.
Model Systems Knowledge Translation Centre (MSKTS) – Ce Centre d’application des connaissances des systèmes modèles travaille en étroite collaboration avec les chercheurs des 16 systèmes modèles de lésions cérébrales traumatiques afin de développer des ressources pour les personnes vivant avec des lésions cérébrales traumatiques et leurs soutiens. Ces documents basés sur des preuves sont disponibles dans divers formats tels que des documents PDF imprimables, des vidéos et des diaporamas. En anglais.
Headway – Organisation caritative britannique consacrée à la lésion cérébrale traumatique qui dispose d’un site Web complet (en anglais), avec des informations sur les différents aspects de la lésion cérébrale traumatique et de sa réadaptation. Sur leur site, ils proposent un certain nombre de ressources écrites utiles pour les patients, notamment sur les lésions cérébrales et l’épilepsie, la perte du goût et de l’odorat après une lésion cérébrale et les problèmes d’équilibre et les vertiges après une lésion cérébrale