Raisonnement clinique pour la classification et le diagnostic

Rédactrice originale Larisa Hoffman
Principales collaboratricesWanda van Niekerk et Jess Bell

Introduction(edit | edit source)

Le raisonnement clinique implique une réflexion et une prise de décision dans la pratique professionnelle. (1) (2) Il s’agit d’une compétence importante pour les professionnels de la réadaptation, qui leur permet de résoudre des problèmes et d’établir une relation avec leurs patients. Il est important de réduire les erreurs et d’assurer la sécurité des patients. Il s’agit d’un « phénomène complexe et interactif, adapté à la situation unique et au lieu de travail du praticien, au patient et au modèle de pratique ». (1) Deux exemples de stratégies de raisonnement clinique utilisées lors de l’examen clinique et de l’évaluation d’un patient sont le raisonnement hypothético-déductif(3) et le raisonnement narratif.

Examen clinique et évaluation (edit | edit source)

Le tableau 1 compare l’examen clinique et l’évaluation et explique pourquoi le raisonnement clinique est nécessaire dans les deux cas.

Tableau 1. Comparaison de l’examen clinique et de l’évaluation (4)
Définition Pourquoi le raisonnement clinique est-il nécessaire ?
Examen clinique Le processus de collecte ou d’obtention de données et d’informations sur l’état d’un patient par le biais de diverses méthodes telles que l’observation, les mesures et les tests spécifiques afin de recueillir des informations sur les déficiences, les limitations d’activité et les restrictions de participation du patient. Le raisonnement clinique est nécessaire pour sélectionner des questions et des mesures utiles en fonction des problèmes du patient.
Évaluation Le processus d’interprétation et d’intégration des données recueillies au cours de l’examen clinique afin de donner un sens à l’ensemble des informations. Il aide le professionnel de la réadaptation à tirer des conclusions sur l’état du patient, à identifier des objectifs et à élaborer le plan de traitement. L’évaluation consiste à juger de la signification des données, à identifier des modèles et des relations et à déterminer les implications pour la réadaptation. Le raisonnement clinique est nécessaire pour identifier les relations entre les problèmes primaires du patient, ses déficiences, ses limitations d’activité et sa participation.
L’examen clinique consiste à collecter des données, tandis que l’évaluation consiste à donner un sens aux données et à les utiliser pour prendre des décisions éclairées.

À la fin du processus d’évaluation, l’établissement d’un diagnostic permet de guider l’élaboration d’un plan de traitement approprié et complet.(4)

Stratégies de raisonnement clinique pour l’examen clinique et l’évaluation (edit | edit source)

Deux stratégies de raisonnement clinique sont utilisées pour la classification et le diagnostic :

  1. Raisonnement hypothético-déductif (1) (5)
    • Les indications des patients servent d’éléments essentiels dans l’élaboration de plusieurs hypothèses.
    • Les hypothèses sont continuellement revues et affinées au fur et à mesure de l’intégration de nouvelles informations. (6) (7)
    • Il s’agit d’un « processus de raisonnement cognitif et d’investigation ». (1)
  2. Raisonnement narratif (1) (8) (9) (10) (11)
    • Les histoires sont utilisées pour décrire les rencontres cliniques, en incorporant les affections, les conséquences, la motivation et l’interaction. (9)
    • Il aide les cliniciens à mieux comprendre l’expérience des patients et à développer leurs capacités d’empathie. (12)
    • Il s’agit d’un « processus de collaboration entre le thérapeute et le patient ». (1)
    • Dans un contexte éducatif, le raisonnement narratif implique le partage d’une histoire, la réflexion individuelle et l’échange collaboratif des points de vue. (11)

Dans la pratique clinique, les prestataires de services de réadaptation utilisent les deux pour organiser un examen clinique et évaluer les données recueillies.(4)

Raisonnement hypothético-déductif en réadaptation (edit | edit source)

En médecine, les catégories diagnostiques sont généralement plus évidentes – le diagnostic médical est la dernière étape du modèle hypothético-déductif.(4)

  • Exemple : Un patient se présente aux urgences après s’être réveillé avec le bras et la jambe gauches faibles et lourds et avoir perdu l’équilibre. On constate un affaissement du visage et le patient est incapable de parler. Le prestataire de soins d’urgence reconnaît les symptômes semblables à ceux d’un accident vasculaire cérébral (comme indiqué par les signes d’alerte de l' »American Stroke Association » (association américaine contre les accidents cérébrovasculaires) – F.A.S.T. (F = « Face drooping »/chute du visage ; A = « Arm weakness »/faiblesse du bras ; S = « Speech difficulty »/difficulté d’élocution ; T = « time to call emergency service »/moment d’appeler le service d’urgence)), identifie les mesures pour confirmer l’hypothèse d’un AVC et demande une tomodensitométrie pour déterminer s’il s’agit d’un accident vasculaire cérébral ischémique ou hémorragique. Le résultat de la tomodensitométrie permettra de déterminer l’intervention médicale appropriée.

En réadaptation, l’étape finale du diagnostic ou de la catégorisation n’est pas toujours aussi évidente.(4) Il peut y avoir diverses catégories telles que les déficits fonctionnels, la dysphagie ou l’aphasie, et les déviances de mouvement.(4)

  • Exemple : Une équipe interprofessionnelle de réadaptation discute d’une patiente atteinte d’hémiplégie gauche à la suite d’un accident vasculaire cérébral. L’ergothérapeute mentionne que la patiente est incapable d’effectuer les activités de la vie quotidienne impliquant les soins personnels. Elle a des difficultés à s’habiller et à faire sa toilette. L’orthophoniste note que le patient éprouve des difficultés à avaler et à parler. Le physiothérapeute et l’orthésiste s’inquiètent du fait que la patiente a un pied gauche tombant, ce qui affecte sa démarche et augmente son risque de chute.

La Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) peut être utilisée pour aider à identifier les restrictions de participation et les limitations d’activité. Il s’agit d’un cadre permettant de décrire le fonctionnement et le handicap d’une personne par rapport à un état de santé. (13) En reprenant l’exemple du patient atteint d’hémiplégie gauche ci-dessus, le raisonnement hypothético-déductif de l’ergothérapeute est présenté dans le tableau 2. (4)

Tableau 2. Exemple de raisonnement hypothético-déductif d’un ergothérapeute pour identifier les limitations de participation (4)
Professionnel de la réadaptation Hypothèse Cadre de la CIF Comment tester l’hypothèse
Ergothérapeute La patiente a des difficultés à accomplir les activités de la vie quotidienne (AVQ). Restriction de la participation – la patiente n’est pas en mesure de prendre soin d’elle-même comme prévu La Stroke Impact Scale (l’échelle d’impact de l’AVC) peut être utilisée pour confirmer l’hypothèse.

Exemple d’utilisation du modèle de la CIF et du raisonnement hypothético-déductif dans un scénario clinique (edit | edit source)

Une patiente de 12 ans atteinte d’une infirmité motrice cérébrale spastique éprouve des difficultés à se déplacer, à développer sa motricité fine et à prendre soin d’elle-même. Elle a également des difficultés d’élocution et de communication. Une équipe de réadaptation multidisciplinaire, composée d’un physiothérapeute, d’un ergothérapeute, d’un orthopédiste (aussi appelé « prothésiste-orthésiste ») et d’un orthophoniste, travaille en collaboration pour répondre à ses besoins.

Classification des problèmes selon le cadre de la CIF

Le tableau 3 résume les problèmes que peut rencontrer la patiente.

Tableau 3. Utilissation du cadre de la CIF pour identifier les problèmes de la patiente
Fonctions organiques et anatomiques
  • Augmentation du tonus musculaire des membres inférieurs
  • Limitation des amplitudes articulaires de la hanche et du genou
  • Réduction de la force et de la coordination des membres inférieurs
  • Articulation limitée des mots
  • Difficulté à former des phrases cohérentes
  • Diminution de la capacité à se faire comprendre par des interlocuteurs non familiers
Activités
  • Difficulté à marcher de manière autonome
  • Difficultés au niveau de la motricité fine, comme l’écriture et le boutonnage des vêtements
  • Troubles de la parole affectant la communication
Participation
  • Difficultés dans les activités de la vie quotidienne, telles que l’habillage et l’alimentation
  • Participation limitée aux activités physiques à l’école
  • Interactions sociales affectées par les difficultés d’élocution
Facteurs environnementaux
  • La patiente bénéficie d’un environnement familial favorable et d’un domicile accessible avec les aménagements nécessaires.
  • Son école offre un cadre inclusif avec des services de soutien.
Facteurs personnels
  • La patiente est très motivée et coopérative.
  • Elle aime dessiner et participer à des activités créatives.

Pour en savoir plus sur la CIF, cliquer ici :

Processus de raisonnement hypothético-déductif

Le tableau 4 présente les hypothèses possibles de différents professionnels de la réadaptation pour ce scénario.

Tableau 4. Hypothèses de travail possibles des différents professionnels de la réadaptation dans le scénario donné
Professionnel de la réadaptation Examen clinique Hypothèse Objectifs et plan de traitement
Physiothérapeute Au cours de l’examen, le physiothérapeute constate que le patient marche avec une boiterie prononcée et qu’il a besoin d’un cadre de marche. Une spasticité et une amplitude articulaire limitée des membres inférieurs sont observées. La spasticité et la faiblesse musculaire des membres inférieurs peuvent compromettre la capacité du patient à marcher de manière autonome. Une amplitude articulaire limitée peut affecter la mobilité du patient. Une mesure de résultats possible que le physiothérapeute peut utiliser dans le cadre de l’évaluation pour tester son hypothèse sont la Gross Motor Function Measure (GMFM, une mesure de la motricité grossière) pour évaluer la fonction motrice grossière de la patiente et les changements dans la fonction au fil du temps. L’Échelle de mobilité fonctionnelle (ou FMS pour « Functional Mobility Scale », en anglais) peut être utilisée pour mesurer sa mobilité dans différents environnements. Si la patiente obtient un score faible au GMFM et au FMS, cela peut indiquer une limitation des fonctions motrices grossières et de la mobilité. Ces résultats aideront à définir les objectifs et le plan de traitement. Les objectifs peuvent inclure l’amélioration de la force des membres inférieurs, la réduction de la spasticité et l’amélioration de la capacité de marche. Les interventions peuvent inclure des exercices de renforcement, des routines d’étirement et un entraînement à la marche.
Ergothérapeute Lors de l’examen clinique, l’ergothérapeute constate que la patiente a des difficultés à boutonner sa chemise, à écrire et à utiliser des ustensiles pour manger. La spasticité des membres supérieurs peut affecter la motricité fine du patient. Sa capacité à accomplir les tâches quotidiennes de manière autonome peut être entravée si elle ne dispose pas d’outils adaptés. Parmi les tests possibles, on peut citer le Pediatric Evaluation of Disability Inventory (PEDI, un inventaire du handicap pour l’évaluation pédiatrique), qui permet d’évaluer les capacités et les performances de la patiente dans les tâches quotidiennes. Les objectifs peuvent inclure l’amélioration de la performance du patient dans les activités de la vie quotidienne. Les interventions peuvent inclure des exercices de motricité fine (par exemple, thérapie par le jeu, exercices pour les mains) et l’introduction d’outils adaptés pour faciliter les activités quotidiennes (par exemple, aides à l’écriture, ustensiles modifiés).
Orthopédiste (aussi appelé « prothésiste-orthésiste ») Au cours de l’examen clinique, la démarche du patient est observée. L’orthopédiste évalue également ses orthèses actuelles et il apparaît clairement qu’elles sont usées et source d’inconfort. Les orthèses actuelles peuvent ne pas fournir un soutien adéquat et nécessiter un ajustement. Des orthèses sur mesure pourraient améliorer la stabilité et la capacité de marche du patient. Les objectifs peuvent inclure un meilleur soutien orthétique pour les membres inférieurs et une collaboration avec le physiothérapeute pour intégrer les orthèses dans l’entraînement à la marche.
Orthophoniste L’orthophoniste observe le discours du patient au cours de leurs interactions. Les problèmes de tonus musculaire peuvent contribuer aux difficultés d’articulation. Le vocabulaire et la compréhension limités du patient affectent la communication. Le « Goldman-Fristoe Test of Articulation 3 » (GFTA-3) et la quatrième édition de l’Échelle de vocabulaire en images de Peabody (EVIP-4) peuvent être utilisés pour évaluer la parole et le langage du patient. Les objectifs peuvent inclure l’amélioration de la clarté de la parole, l’amélioration de la formation des phrases et l’amélioration de l’efficacité globale de la communication grâce à des interventions telles que la thérapie de l’articulation, les activités de développement du langage et l’utilisation d’appareils de communication améliorée et alternative.

HOAC-II et raisonnement hypothético-déductif (edit | edit source)

« Hypothesis-Oriented Algorithm for Clinicians II » (HOAC II, un algorithme orienté vers l’hypothèse pour les cliniciens) (edit | edit source)

Le « Hypothesis-Oriented Algorithm for Clinicians II » (HOAC-II) (7) est un cadre utilisé par les professionnels de la réadaptation pour améliorer le raisonnement clinique et la prise de décision. Il a été développé pour guider les cliniciens dans un processus systématique d’examen du patient, d’évaluation, de diagnostic, de pronostic et de planification de l’intervention. Il peut aider les cliniciens à identifier les problèmes des patients, à fixer des objectifs et à mesurer les résultats de manière efficace.

L’algorithme comporte deux parties. La première partie se concentre sur les éléments de la prise en charge des patients, tels que l’examen, l’évaluation, le diagnostic, le pronostic et l’intervention. La deuxième partie se concentre davantage sur l’intervention et le suivi des effets de l’intervention et des changements apportés au plan de soins du patient.

Cet article, The Hypothesis-Oriented Algorithm for Clinicians II (HOAC II) : a guide for patient management , (7) fournit des détails clés sur le HOAC-II, ainsi que des suggestions sur la manière d’utiliser cet algorithme. Pour en savoir plus sur le HOAC-II, cliquer ici.

La présente page sur le raisonnement clinique pour la classification et le diagnostic se concentre sur la première partie de l’algorithme. Les étapes de la première partie sont énumérées ci-dessous. Pour en savoir plus, consulter l’article en lien. Un exemple clinique sera utilisé pour illustrer l’utilisation du HOAC-II dans la prise de décision clinique pour un patient présentant un problème existant.

Étapes du HOAC-II Partie 1 (edit | edit source)
  • Collecte des données initiales (7)
    • informations fournies par le professionnel référent
    • dossier médical du patient
    • observation avant l’évaluation formelle
    • anamnèse du patient
  • Établissement d’une liste de problèmes identifiés par les patients (7)
    • Le patient décrit son problème – limitations fonctionnelles, etc.
    • Il s’agit des mots du patient et reflète sa vision de ce qu’il peut ou ne peut pas faire.
  • Formuler une stratégie d’examen clinique (7)
    • à partir d’hypothèses initiales élaborées sur la base des données disponibles et des problèmes identifiés par le patient
  • Effectuer l’examen clinique, analyser les données, préciser les hypothèses et mettre en œuvre toute procédure d’examen supplémentaire nécessaire pour confirmer ou infirmer les hypothèses (7)
  • Ajouter les problèmes non identifiés par le patient à la liste des problèmes (7)
    • Ce sont des problèmes non identifiés par le patient.
    • Ils peuvent être identifiées par le clinicien ou les personnes chargées des soins, les membres de la famille, etc.
    • Il s’agit souvent de problèmes anticipés.
  • Générer des hypothèses pour les problèmes existants, c’est-à-dire pourquoi le problème existe, et/ou identifier les raisons de croire que les problèmes anticipés sont susceptibles de se produire en l’absence d’intervention (7)
  • Ajuster la liste des problèmes (7)
  • Fixer des objectifs pour les problèmes (7)
  • Établir des critères de test pour chaque problème existant et/ou établir des critères prédictifs pour les problèmes anticipés (7)
  • Établir un plan de réévaluation des critères de test et des critères prédictifs et établir un plan d’évaluation de l’état des problèmes et des objectifs (7)
  • Planifier des stratégies d’intervention en fonction des hypothèses et des problèmes anticipés (7)
  • Mettre en œuvre des tactiques d’intervention (7)

Exemple d’utilisation du HOAC-II et du raisonnement hypothético-déductif dans un scénario clinique (edit | edit source)

Voici un scénario clinique utilisant le HOAC-II avec le raisonnement hypothético-déductif.

Un homme de 45 ans souffrant de diabète sucré ayant entraîné une maladie artérielle périphérique a récemment subi une amputation tibiale du côté droit en raison d’une infection sévère. Il est motivé à retrouver son indépendance et à retourner au travail en tant qu’ingénieur logiciel. L’équipe multidisciplinaire impliquée dans les soins du patient comprend un physiothérapeute, un orthopédiste (prothésiste-orthésiste) et un ergothérapeute.

Tableau 5. Raisonnement hypothético-déductif et cadre du HOAC-II
Étapes du cadre de travail HOAC-II (7) Raisonnement clinique
Collecte des données initiales
  • Informations fournies par le professionnel référent
    • orienté par le chirurgien après l’amputation
    • Le chirurgien a constaté une bonne cicatrisation du site chirurgical et a recommandé une réadaptation.
  • Dossier médical du patient
    • amputation transtibiale due à une infection
    • diabète sucré et de maladie artérielle périphérique
    • médicaments actuels : insuline et médicaments contre la douleur
  • Observations
    • Le patient utilise un fauteuil roulant pour se déplacer.
    • Il semble motivé mais montre des signes de douleur et d’inconfort dans son membre résiduel.
    • Le patient a des difficultés à effectuer les transferts de son fauteuil roulant au lit.
  • Anamnèse du patient
    • Le patient décrit une douleur importante dans son membre résiduel et des sensations de membre fantôme.
    • Il se sent faible et a du mal à se tenir en équilibre sur une jambe.
    • Il s’inquiète de sa capacité à retrouver son niveau de fonctionnement et d’indépendance antérieur.
Problèmes identifiés par les patients
  • Le patient décrit son problème :
    • « Je ne peux pas marcher ou me tenir debout sans aide. »
    • « Je ressens une douleur dans mon moignon et j’ai parfois l’impression que ma jambe est toujours là. »
    • « J’ai peur de ne plus pouvoir faire mon travail ou de ne plus pouvoir prendre soin de moi. »
Formuler une stratégie d’examen clinique Hypothèses initiales élaborées à partir des données disponibles et des problèmes identifiés par les patients :

  • Hypothèse 1
    • faiblesse musculaire et diminution de l’endurance dues à une inactivité prolongée
  • Hypothèse 2
    • troubles de l’équilibre dus à la perte d’un membre et à la modification du centre de gravité
  • Hypothèse 3
    • aspects de la prise en charge de la douleur liés aux terminaisons nerveuses et aux phénomènes de membre fantôme

Examens cliniques prévus :

  • évaluation de la force et de l’endurance musculaires dans le membre résiduel
  • évaluation de l’équilibre au moyen de tests spécifiques (par exemple, l’échelle d’équilibre de Berg)
  • évaluation des niveaux et des caractéristiques de la douleur à l’aide d’échelles de douleur
Effectuer l’examen clinique, analyser les données, préciser les hypothèses et mettre en œuvre toute procédure d’examen supplémentaire nécessaire
  • Physiothérapeute
    • L’évaluation de la force révèle une faiblesse importante de la jambe droite et des muscles abdominaux.
    • L’évaluation de l’équilibre montre une mauvaise stabilité sur la jambe résiduelle.
    • L’évaluation de la douleur montre des niveaux de douleur modérés à sévères dans le membre résiduel et des sensations dans le membre fantôme.
  • Orthopédiste (prothésiste-orthésiste)
    • Les mesures prises pour le membre résiduel afin de préparer l’adaptation de la prothèse.
    • L’observation de la peau du membre résiduel montre de légères rougeurs mais pas de plaies ouvertes.
  • Ergothérapeute
    • L’évaluation fonctionnelle indique une difficulté à accomplir les activités quotidiennes telles que l’habillage et les transferts.
    • L’évaluation de l’environnement domestique révèle des risques potentiels et l’absence d’appareils fonctionnels.
Problèmes non identifiés par le patient Les cliniciens identifient ces problèmes :

  • risque de contractures articulaires dans le membre résiduel
  • risque de rupture de la peau dans le membre résiduel en raison de la prothèse
  • nécessité d’un soutien psychologique pour faire face à l’amputation
Hypothèses pour les problèmes existants
  • Faiblesse musculaire et diminution de l’endurance
    • probablement en raison d’une inactivité prolongée et d’une perte des groupes musculaires des membres inférieurs
  • Troubles de l’équilibre
    • résultent de la modification du centre de gravité et de la perte du retour proprioceptif du membre amputé
  • Prise en charge de la douleur
    • en rapport avec les terminaisons nerveuses et les douleurs fantômes
  • Risque de contracture
    • risque élevé de contractures articulaires sans positionnement et exercices appropriés
  • Rupture de la peau
    • risque d’escarres et d’une irritation de la peau si mauvais ajustement de la prothèse
  • Adaptation psychologique
    • risque d’anxiété, de dépression et de difficultés à s’adapter aux changements de mode de vie en raison de l’amputation
Ajuster la liste des problèmes
  • Faiblesse musculaire et diminution de l’endurance
  • Troubles de l’équilibre
  • Douleur et sensations de membre fantôme
  • Risque de contractures articulaires
  • Risque de rupture de la peau
  • Difficultés dans l’accomplissement des AVQ
  • Problèmes d’adaptation psychologique
Fixer des objectifs pour les problèmes
  • Force et endurance musculaires
    • améliorer la force du membre résiduel et du tronc pour faciliter la mobilité
  • Équilibre
    • améliorer la stabilité pour prévenir les chutes
  • Prise en charge de la douleur
    • réduire les niveaux de douleur et gérer les sensations du membre fantôme
  • Prévention des contractures
    • conserver toute l’amplitude des mouvements du membre résiduel
  • Intégrité de la peau
    • prévenir les lésions cutanées en assurant un bon ajustement de la prothèse
  • AVQ
    • permettre l’exécution indépendante des activités quotidiennes de base
  • Adaptation psychologique
    • fournir un soutien pour aider le patient à s’adapter à sa nouvelle situation
Établir des critères de test pour chaque problème existant
  • Force musculaire
    • évaluée à l’aide des tests du bilan musculaire manuel
  • Équilibre
    • évaluée à l’aide des tests d’équilibre et des évaluations du risque de chute (par exemple, l’Échelle d’équilibre de Berg)
  • Niveaux de douleur
    • évalués à l’aide d’échelle de la douleur (par exemple, l’échelle visuelle analogique de la douleur, le questionnaire de McGill sur la douleur)
  • Amplitude articulaire
    • évaluée par des mesures goniométriques
  • État de la peau
    • vérifications régulières de tout signe d’irritation ou d’escarre
  • Performance en ce qui concerne les activités quotidiennes
    • évaluée à l’aide de mesures de l’indépendance fonctionnelle (par exemple, la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (FIM), l’Indice de Barthel); la sécurité à domicile et sur le lieu de travail (par exemple, l’outil « Safety Assessment of Function and the Environment for Rehabilitation » (SAFER, évaluation de la sécurité de la fonction et de l’environnement))
  • État psychologique
    • suivi par le biais d’auto-évaluations et d’évaluations psychologiques (par exemple, l’Inventaire de dépression de Beck (IDB), le Questionnaire sur la santé du patient 9 (PHQ-9), etc.)
Planifier des stratégies d’intervention en fonction des hypothèses
  • Physiothérapeute
    • exercices de renforcement du membre résiduel et du tronc
    • entraînement de l’équilibre à l’aide d’exercices statiques et dynamiques
    • techniques de gestion de la douleur
  • Orthopédiste (prothésiste-orthésiste)
    • fabrication et ajustement d’une prothèse tibiale sur mesure
    • éducation sur l’utilisation et l’entretien des prothèses
    • planification de suivis réguliers pour l’ajustement
  • Ergothérapeute
    • entraînement aux activités quoitdiennes à l’aide de techniques et de dispositifs adaptés
    • évaluation du domicile et du lieu de travail et recommandations de modifications
    • soutien psychologique et stratégies d’adaptation
Mettre en œuvre des tactiques d’intervention L’équipe met en œuvre ses stratégies d’intervention respectives, communique en permanence et coordonne les soins afin de garantir une approche globale et holistique de la réadaptation du patient.

Raisonnement narratif (edit | edit source)

Les aspects du raisonnement narratif comprennent :

  • un accent sur la communication des histoires et leur interprétation pour guider la pratique clinique centrée sur le patient; (14)
  • une exigence pour le clinicien de faire des déductions sur les motivations d’autrui sur la base d’observations; (15)
  • un accent sur les intentions de la personne; (4)
  • le processus de compréhension de l’expérience du handicap d’un patient dans le contexte biopsychosocial de sa vie, y compris ses croyances, ses valeurs et sa culture; (16)
  • souvent à travers des discussions relatives à une rencontre clinique; (8)
  • le fait de faire le récit de la rencontre révèle naturellement l’interprétation des intentions, des buts et des motivations du patient. (8) (10)

Exemple d’utilisation du raisonnement narratif en réadaptation(edit | edit source)

Voici un scénario qui met l’accent sur le raisonnement narratif pour fournir des soins centrés sur le patient.

Voici Joe Blogs, un enseignant retraité de 65 ans à qui l’on a diagnostiqué la maladie de Parkinson il y a deux ans. Joe vit avec sa femme, Janey, et ils ont trois enfants adultes qui leur rendent souvent visite. La principale préoccupation de Joe est de conserver son indépendance et de continuer à s’adonner à ses passe-temps favoris, dont l’écriture de poèmes et la participation à des séances locales de lecture de poèmes.

En discutant avec Joe, l’équipe multidisciplinaire de réadaptation a appris que les tremblements et la rigidité de Joe l’empêchaient d’écrire de manière lisible, ce qui lui cause de la frustration et du découragement. Il s’inquiète également de sa capacité à participer à des lectures de poèmes en raison de sa voix faible et de ses difficultés à se déplacer.

Compte tenu de l’histoire de Joe, l’équipe pourrait suggérer les interventions suivantes :

  • des outils d’écriture adaptés, tels qu’un logiciel convertisseur de parole en texte ou un stylo spécialisé permettant de réduire l’impact des tremblements sur son écriture – cela permettra à Joe de continuer à s’exprimer par la poésie
  • thérapie vocale : un orthophoniste peut aider Joe à améliorer la projection et la clarté de sa voix, ce qui lui permettra de continuer à participer à des lectures de poèmes
  • aides à la mobilité : le physiothérapeute et l’ergothérapeute peuvent évaluer les besoins de mobilité de Joe et recommander des aides appropriées, telles qu’un cadre de marche ou une canne, afin qu’il puisse se déplacer en toute sécurité dans les lieux où ont lieu les lectures de poésie
  • modifications du domicile : l’équipe de réadaptation peut évaluer l’environnement domestique de Joe et suggérer des modifications, telles que l’installation de barres d’appui ou l’élimination de ce qui pourrait le faire trébucher, afin de favoriser son indépendance et sa sécurité

Grâce au raisonnement narratif, l’équipe peut mieux comprendre l’histoire unique de Joe et adapter les interventions à ses objectifs et valeurs spécifiques. En l’aidant à s’engager dans les choses qu’il aime, son identité de poète est reconnue. Son désir d’indépendance est également reconnu comme un élément central de son bien-être. Supposons que Joe soit réticent à utiliser une aide à la mobilité, par exemple. Dans ce cas, l’équipe de réadaptation peut explorer ses préoccupations et travailler avec lui pour trouver une solution qui corresponde à l’image qu’il a de lui-même et à ses préférences.

Le raisonnement narratif permet aux cliniciens de considérer le patient comme une personne à part entière, avec une histoire unique, au lieu de se concentrer uniquement sur le diagnostic médical. Lorsque les cliniciens comprennent le point de vue d’un patient, ils peuvent élaborer un plan de réadaptation plus personnalisé et plus efficace qui améliorera la qualité de vie du patient.

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Références(edit | edit source)

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