Rédactrice originale– Hannah Norton
Principaux collaborateurs – Kim Jackson , Rachael Lowe , Okebanama Nelson Onyebuchi , Lucinda Hampton , Tarina van der Stockt , Admin , Hannah Norton, Van Horebeek Erika, Sigrid Bortels , Anouck Leo , WikiSysop , Steffen Kistmacher , Robin Tacchetti , Joshua Samuel , Ine Van de Weghe , Simisola Ajeyalemi , Rucha Gadgil , 127.0.0.1, Wanda van Niekerk , Jess Bell et Olajumoke Ogunleye
Le terme « troubles associés au coup de fouet cervical » (TACF) est utilisé pour décrire les lésions subies à la suite de mouvements soudains d’accélération et de décélération. Cela est considéré comme le résultat le plus courant des accidents de la route « non catastrophiques ». (1) Le terme TACF est souvent utilisé comme synonyme du terme « coup de fouet cervical ». Cependant, le coup de fouet cervical fait référence au mécanisme de la blessure plutôt qu’à la présence de symptômes tels que la douleur, la raideur, les spasmes musculaires et les céphalées, en l’absence d’une lésion ou d’une pathologie structurelle.(2)(3) Le pronostic des TACF est inconnu et imprévisible. Certains cas demeurent aigus et finissent par se rétablir complètement, tandis que d’autres évoluent vers une forme chronique avec des douleurs et des handicaps à long terme.(3) Lors de la phase initiale, le repos, les modalités de soulagement de la douleur et des exercices d’étirement de base sont recommandés. (3)
La courte vidéo ci-dessous, en anglais originale résume bien les TACF :
(4)
Le coup de fouet cervical et les troubles associés au coup de fouet cervical (TACF) affectent diverses structures anatomiques du rachis cervical, en fonction de la force et de la direction de l’impact ainsi que de nombreux autres facteurs. (5) (6) (7) La douleur peut être causée par n’importe lequel de ces tissus, les lésions dues au traumatisme entraînant un œdème secondaire, une hémorragie et une inflammation :
- articulations : articulations zygapophysaires, articulation atlanto-axiale, articulation atlanto-occipitale
- disques intervertébraux et plaques terminales cartilagineuses
- muscles
- ligaments : ligament alaire, ligament atlanto-axoïdien antérieur, ligament atlanto-occipital antérieur, ligament apical de l’odontoïde, ligament longitudinal antérieur, ligament transverse de l’atlas
- os : atlas, axis, vertèbres (C3-C7)
- structures du système nerveux : racines nerveuses, moelle épinière, cerveau, système nerveux sympathique
- structures du système vasculaire : artère carotide interne et artère vertébrale
- articulations adjacentes : articulation temporomandibulaire, rachis thoracique, côtes, complexe de l’épaule
- système vestibulaire périphérique
La plupart des TACF sont considérées comme des lésions mineures des tissus mous sans évidence de fracture.
La blessure se produit en trois phases :
- Phase 1 : les parties supérieure et inférieure du rachis cervical passent par une flexion.
- Phase 2 : le rachis cervical prend la forme d’un S tandis qu’il commence son extension et finit par se redresser pour rétablir la lordose.
- Phase 3 : l’ensemble du rachis cervical est en extension, avec une force de cisaillement importante qui entraîne une compression des capsules articulaires des facettes.
Des études menées sur des cadavres ont montré que le coup de fouet cervical est dû à la formation d’une courbure en S du rachis cervical qui induit une hyperextension de l’extrémité inférieure du rachis et une flexion des niveaux supérieurs, ce qui dépasse les limites physiologiques de la mobilité du rachis cervical.
Le « Quebec Task Force » classe les patients souffrant de TACF (coup de fouet cervical), en fonction de la gravité des signes et des symptômes, de la manière suivante :
- Grade 1 : le patient fait état d’une cervicalgie, d’une raideur ou d’une sensibilité, sans signe positif à l’examen physique.
- Grade 2 : le patient présente des signes musculosquelettiques, tels qu’une diminution de l’amplitude des mouvements et des points douloureux.
- Grade 3 : le patient présente également des signes neurologiques qui peuvent inclure des déficiences sensorielles, une diminution des réflexes ostéotendineux et une faiblesse musculaire.
- Grade 4 : le patient présente une fracture. (8)
Les TACF décrivent une série de symptômes cliniques liés au cou à la suite d’un accident de véhicules à moteur (AVM) ou d’une blessure par accélération-décélération. La physiopathologie qui sous-tend ce trouble n’est pas encore totalement comprise et de nombreuses théories existent. On pense que certains des symptômes sont dus à des lésions des structures suivantes :
- capsule des articulations facettaires du rachis cervical
- facettes articulaires
- ligaments vertébraux
- racines nerveuses
- disques intervertébraux
- cartilage
- muscles paravertébraux (spasmes)
- ménisques intra-articulaires (8)
La cause la plus fréquente des TACF est l’AVM, mais ils surviennent également à la suite de blessures sportives et de chutes. Une étude de Holm et al. suggère que le nombre de personnes rapportant des symptômes a augmenté ces dernières années. Dans leur article publié en 2008, ils suggèrent que l’incidence en Amérique du Nord et en Europe est d’environ 300 pour 100 000 habitants. (9) Au Royaume-Uni, l’introduction du port obligatoire de la ceinture de sécurité en 1983, une initiative visant à réduire le nombre de décès sur la route, a en fait entraîné une augmentation du nombre de TACF dans les années suivantes.(10). Les TACF sont également plus fréquents chez les femmes que chez les hommes, près de deux tiers d’entre elles présentant des symptômes. Plusieurs études ont montré que les femmes avaient tendance à se rétablir plus lentement ou de manière moins complète que les hommes. (11)
Le risque que les patients développent des TACF après un accident impliquant un mécanisme d’accélération-décélération dépend de divers facteurs :
- la gravité de l’impact, mais il est difficile d’obtenir des preuves objectives pour le confirmer (12)
- La présence de douleurs cervicales avant l’accident est un facteur de risque de douleurs cervicales aiguës après la collision. (13)
- Les femmes semblent être légèrement plus à risque de développer des TACF.
- L’âge est également un facteur important : les jeunes (18-23 ans) sont plus susceptibles de faire des demandes d’indemnisation et/ou sont plus à risque d’être traités pour des TACF. (14) (15)
Le nombre de personnes souffrant de douleurs chroniques dans le monde se situe entre 2 et 58 %, mais se situe surtout entre 20 et 40 %. (13)
- Si un patient présente encore des symptômes trois mois après l’accident, il est probable qu’il restera symptomatique pendant au moins deux ans, voire plus longtemps. (15)
- 50 % des personnes ayant subi un coup de fouet cervical se rétablissent complètement
- 25 % peuvent présenter un léger handicap et le reste souffre de douleurs et de handicaps modérés à sévères (16)
De nombreux facteurs pronostiques déterminent l’évolution des TACF et la probabilité qu’ils se transforment en douleur chronique.
- Il a été constaté qu’une faible espérance de guérison, des stratégies d’adaptation passives et des symptômes de stress post-traumatique sont associés à des douleurs cervicales chroniques et/ou un handicap après un coup de fouet cervical. (17)
- La présence d’une douleur non spécifique rapportée avant la collision, la présence d’une détresse psychologique élevée, le genre féminin et un faible niveau d’éducation ont prédit une future cervicalgie autodéclarée. (18)
- Des antécédents de douleurs cervicales, une intensité initiale des douleurs cervicales supérieur à 55/100, des douleurs cervicales lors de l’évaluation initiale, des céphalées lors de l’évaluation initiale, une dramatisation, un coup de fouet cervical de grade 2 ou 3 et le fait de ne pas porter la ceinture de sécurité au moment de l’impact sont d’autres facteurs pronostiques défavorables. (19)(16)
- De même, si le patient ne travaillait pas avant l’accident, était en congé de maladie ou bénéficiait de l’aide sociale. (18)
- Les handicaps précoces après la blessure sont étroitement liés aux handicaps chroniques, mais les facteurs psychologiques et comportementaux jouent également un rôle important. (20)
- L’hyperalgésie au froid, la réduction de l’amplitude des mouvements du rachis cervical, les céphalées, les symptômes de stress post-traumatique, des symptômes d’hyperexcitation (ÉSPT) et un score initialement élevé au « Neck Disability Index » (NDI) sont liés à des handicaps chroniques modérés à sévères. (16)
Règle de prédiction clinique du coup de fouet cervical (edit | edit source)
Une règle de prédiction clinique (RPC) est un outil qui aide à prédire le résultat, par exemple, la possibilité pour une personne de souffrir d’une douleur et d’un handicap modérés/sévères ou de se rétablir complètement après un coup de fouet cervical.(16) Les RPC sont principalement utilisées dans les circonstances suivantes : (16)
- prise de décision complexe
- incertitude
- possibilités de réduire les coûts sans compromettre les soins aux patients
La RPC pour les TACF suggère ce qui suit : (16)
- probabilité d’un handicap chronique modéré/sévère avec un âge plus avancé (≥35), des scores initialement élevés au « Neck Disability Index » (NDI≥40) et des symptômes d’hyperexcitation
- probabilité de récupération complète avec un âge plus jeune (≤35) et des scores initialement faibles au « Neck Disability Index » (NDI≤32)
Algorithme de règle de prédiction clinique (en anglais original)
Ritchie et al ont constaté que cette RPC était reproductible et précise lorsqu’elle était utilisée à la suite d’un coup de fouet cervical dû à une collision automobile. (21) Kelly et al ont étudié la concordance entre la classification pronostique des physiothérapeutes et celle de la RPC pour le coup de fouet cervical et ont constaté que la concordance était très faible. Les physiothérapeutes ont tendance à être « trop optimistes » quant aux résultats des patients. Kelly et al suggèrent donc que la RPC peut être utile aux physiothérapeutes lorsqu’ils évaluent des patients souffrant d’un coup de fouet cervical.(22)
Les troubles associés au coup fouet cervical sont une affection complexe qui s’accompagne de perturbations variées des fonctions motrices, sensorimotrices et sensorielles et d’une détresse psychologique .(23) (24) Les symptômes les plus courants sont des céphalées sous-occipitales et/ou des douleurs cervicales constantes ou induites par le mouvement. (25) Le délai d’apparition des symptômes peut aller jusqu’à 48 heures après la blessure initiale. (26)
Dysfonctionnement moteur
- Limitation de l’amplitude des mouvements du rachis cervical (5) (23)
- Altération des patrons de recrutement musculaire dans les régions du rachis cervical et de la ceinture scapulaire (ce qui est clairement une caractéristique des TACF chroniques) (23) (27) (28) (29)
- Instabilité mécanique du rachis cervical (26)
Dysfonctionnement sensorimoteur (plus important chez les patients qui signalent également des étourdissements dus à la cervicalgie) (23) (30) (31) (32)
- Diminution d’équilibre
- Un dysfonctionnement cervical affecte le contrôle des mouvements oculaires (26)
Dysfonctionnement sensoriel : Hypersensibilité sensorielle à divers stimuli
- Détresse psychologique
- Stress post-traumatique (23)
- Problèmes de concentration et de mémoire (30) (31) (33)
- Troubles du sommeil (34)
- Anxiété(30)
- Dépression (30)
- Dépression initiale : associée à une plus grande intensité de la douleur cervicale et lombaire, aux engourdissements et des picotements dans les bras et les mains, aux problèmes de vision, aux étourdissements, aux fractures (35)
- Dépression persistante : associée à un âge plus avancé, aux douleurs cervicales et lombaires initiales plus importantes, aux étourdissements après l’accident, à l’anxiété, aux engourdissements/troubles, aux problèmes de vision et d’audition (35)
Altérations de la musculature du rachis cervical
- Raideur de la nuque (30) (31)
- Il peut y avoir des infiltrations graisseuses dans les muscles profonds de la région sous-occipitale, et les muscles multifides peuvent être responsables de certaines déficiences fonctionnelles, telles que des déficits proprioceptifs, une diminution de l’équilibre et une perturbation du contrôle moteur cervical.(36)(25)(27)(28)(30)(29)(31)
Autres symptômes
Les symptômes suivants peuvent également apparaître : (26) (30)
- Acouphène
- Malaise
- Déséquilibre et étourdissements
- Douleurs thoraciques, temporomandibulaires, faciales et des membres
Il est important de procéder à des évaluations vertébrales et neurologiques approfondies chez les patients atteints de TACF afin de dépister une instabilité tardive du rachis cervical ou une myélopathie. (26) Le coup de fouet cervical peut être un trouble aigu ou chronique. Dans le cas d’un coup de fouet cervical aigu, les symptômes ne durent pas plus de 2 à 3 mois, tandis que dans le cas d’un coup de fouet cervical chronique, les symptômes durent plus de trois mois. Les patients atteints des TACF aigus présentent une hypersensibilité généralisée à la pression et une réduction de la mobilité cervicale. (37) Diverses études indiquent qu’il peut y avoir une guérison spontanée en l’espace de 2 à 3 mois. (38) Selon le « Quebec Task Force-WAD » (WAD pour « Whiplash Associated Disorders », traduit en français par TACF), 85 % des patients se rétablissent dans les 6 mois. (39)
En outre, selon une étude prospective réalisée par Crutebo et al. (2010), certains symptômes étaient déjà transitoires au départ et les symptômes tels que la cervicalgie, la réduction de l’amplitude articulaire cervicale, les céphalées et les lombalgies, ont continué à s’améliorer au cours de la période de 6 mois. Ils ont également étudié la prévalence de la dépression et ont constaté qu’au départ, elle était d’environ 5 % chez les femmes comme chez les hommes, tandis que le stress post-traumatique et l’anxiété étaient plus fréquents chez les femmes (19,7 % et 11,7 %, respectivement) que chez les hommes (13,2 % et 8,6 %). La majorité des symptômes associés rapportés étaient légers, tant au début de l’étude que pendant le suivi. (40)
La Règle canadienne concernant la radiographie de la colonne cervicale (appelée « Canadian C-Spine Rule » en anglais) ou les critères NEXUS sont utiles pour l’évaluation des lésions du rachis cervical dans les services d’urgence. Ces critères déterminent la nécessité d’une imagerie en fonction du mécanisme de la blessure, de la présentation physique au moment de l’accident, des symptômes observés aux urgences et de l’examen physique.
- Les critères NEXUS recommandent une imagerie en présence d’au moins un des éléments suivants : sensibilité à la palpation de la ligne médiane cervicale postérieure, déficits neurologiques focaux, altération de la conscience, intoxication ou autres blessures graves susceptibles de masquer une douleur cervicale.
- La Règle canadienne concernant la radiographie de la colonne cervicale définit la nécessité d’une imagerie pour les patients de plus de 65 ans, un mécanisme d’accident dangereux, des paresthésies dans les membres, une sensibilité à la pression sur la ligne médiane du rachis cervical, l’apparition immédiate de douleurs cervicales et une amplitude de mouvement limitée.
Une imagerie supplémentaire, telle que l’IRM, peut être nécessaire en cas de résultats anormaux à l’examen de tomodensitométrie afin d’exclure une lésion de la moelle épinière. Des radiographies en flexion et en extension peuvent aider à exclure des lésions ligamentaires. (8)
Les TACF peuvent être diagnostiqués en fonction du mécanisme de la lésion et de la présentation clinique du patient. (27) (41) Il n’existe pas de tests neuropsychologiques spécifiques permettant de diagnostiquer les TACF. (41) Cependant, plusieurs symptômes psychologiques, décrits ci-dessus, sont associés aux TACF. En outre, un profil de coup de fouet cervical a été développé, qui présente des scores élevés dans les sous-échelles de somatisation, de dépression et de comportement obsessionnel-compulsif chez les patients atteints de TACF. (14)
Les diagnostics différentiels comprennent :
- Fracture de la colonne cervicale
- Dissection de l’artère carotide
- Hernie discale
- Lésion de la moelle épinière
- Subluxation du rachis cervical
- Lésion musculaire
- Lésion des articulations des facettes
- Lésion ligamentaire
L’évaluation des personnes atteintes de TACF doit être effectuée conformément à l’évaluation régulière de la région cervicale.
Anamnèse et évaluation subjective(edit | edit source)
L’anamnèse et évaluation subjective doivent inclure des informations sur :
- la présence d’antécédents de problèmes cervicaux (y compris un coup de fouet cervical antérieur)
- la présence d’antécédents de problèmes chroniques (blessures et maladies)
- la présence de problèmes psychosociaux actuels (familiaux, professionnels, financiers)
- les symptômes (localisation et moment d’apparition)
- le mécanisme de la blessure (par exemple, sport, véhicule à moteur)
L’examen physique est nécessaire pour identifier les signes et les symptômes et classer les TACF selon la classification du « Quebec Task Force-WAD ». (47)
Lors de la palpation, on peut constater une raideur et une sensibilité musculaires. Ces symptômes physiques sont présents dans les grades 1, 2 et 3. Des points gâchettes peuvent également être observés dans les TACF dans les grades 2 et 3. Le nombre de points gâchettes actifs peut être lié à une intensité plus élevée de la douleur cervicale, au nombre de jours écoulés depuis l’accident, à une hypersensibilité plus élevée à la pression sur le rachis cervical et à une amplitude articulaire cervicale active réduite. (37)
Tests de mobilité articulaire (edit | edit source)
Dans le cas de TACF de grade 1, il n’y a pas de signes physiques, donc pas de diminution de l’amplitude de mouvement. Dans les grades 2 et 3, on peut retrouver une amplitude de mouvement limitée lorsqu’on vérifie la flexion, l’extension, la rotation et les mouvements combinés. (37) (47)
Pour distinguer le grade 3 du grade 2, un examen neurologique est nécessaire. Les patients atteints du grade 3 présentent des symptômes d’hypersensibilité à divers stimuli. Ceux-ci peuvent être rapportés subjectivement par les patients et comprennent l’allodynie, une forte irritabilité de la douleur, une sensibilité au froid et des troubles du sommeil dus à la douleur.
Objectivement, on peut retrouver à l’examen neurologique une diminution des réflexes, une diminution de la force musculaire (myotomes) et des déficits sensoriels (dermatomes). Ces réactions peuvent se produire indépendamment de la détresse psychologique. Parmi les autres résultats liés à l’hypersensibilité, on peut citer l’altération de la réponse à la pression avec l’algésimètre, l’hyperalgésie au froid ou les réactions bilatérales amplifiées au test de provocation du plexus brachial (neurodynamique).
- L’éducation, la reprise des activités normales et les exercices de mobilisation constituent généralement le traitement de choix.
- Il a également été démontré que les ultrasons soulagent les douleurs musculaires liées aux troubles associés au coup de fouet cervical.
- Les modalités de première ligne comprennent les analgésiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, la glace et la chaleur.
- Parmi les interventions analgésiques controversées figurent les relaxants musculaires, qui ont montré un certain effet thérapeutique dans des études limitées.
- La rétroaction biologique a également démontré son efficacité lorsqu’elle est utilisée en conjonction avec d’autres modalités dans les cas de TACF aiguës.
- L’injection de lidocaïne par voie intramusculaire a également permis de soulager les symptômes douloureux.
- La plupart des traitements seuls semblent avoir une efficacité modérée, les combinaisons de mesures de traitement améliorant l’efficacité, et la mobilisation précoce étant systématiquement la plus efficace. (8)
Prise en charge en physiothérapie (edit | edit source)
Le pilier de la prise en charge des TACF aiguës est la transmission de conseils encourageant le retour aux activités et exercices habituels, et cette approche est préconisée dans les lignes directrices cliniques actuelles.(47)
- Les approches de prise en charge des patients atteints de TACF sont peu étudiées.
- Souvent, les patients ne peuvent pas être classés dans des catégories de traitement, car il existe de nombreux facteurs et variations qui justifient une approche individuelle du traitement. (28)
- Les troubles associés au coup fouet cervical sont une affection invalidante et coûteuse d’une durée d’au moins 6 mois.
- La majorité des patients victimes d’un coup de fouet cervical ne présentent aucun signe physique. (48) Cependant, jusqu’à 50 % des victimes de TACF de grade 1 et 2 souffriront encore de cervicalgies chroniques et d’incapacités six mois plus tard. Une minorité non négligeable développe un syndrome du coup de fouet cervical persistant (« late whiplash syndrome », en anglais), c’est-à-dire la persistance de symptômes significatifs au-delà de 6 mois après le traumatisme. (49)
- La combinaison de la blessure avec des facteurs psychologiques, par exemple de mauvaises stratégies d’adaptation, peut conduire à des TACF chroniques. (50)
Troubles associés au coup de fouet cervical aigus (edit | edit source)
L’éducation dispensée par les physiothérapeutes ou les médecins généralistes est importante pour prévenir la chronicité d’un coup de fouet cervical et doit faire partie de l’approche biopsychosociale des patients souffrant de ce syndrome. Les objectifs les plus importants des interventions sont les suivants :
- Rassurer le patient
- Modifier les perceptions erronées concernant les TACF
- Aider le patient à s’activer (48)
- L’objectif de l’éducation est d’éliminer les obstacles à la thérapie, d’améliorer l’observance thérapeutique et de prévenir et traiter la chronicité. (48)
- En cas de TACF aigus, l’éducation verbale et les conseils écrits sont utiles (il est prouvé que l’information orale est tout aussi efficace qu’un programme d’exercices actifs). (48)
- Un programme multidisciplinaire est préférable pour les patients en phase subaiguë ou chronique, avec un programme intégrant des informations, des exercices et des programmes comportementaux.
Parmi les différents types d’éducation, on peut retrouver : (48)
- Éducation orale : Fournir une éducation orale concernant les mécanismes du coup de fouet cervical et mettre l’accent sur l’activité physique et une bonne posture. Ceci a un meilleur effet sur la douleur, la mobilité cervicale et la guérison, en comparaison avec le repos et les colliers cervicaux. L’éducation orale pourrait être aussi efficace que la physiothérapie active et les mobilisations.
- Vidéo éducative : Une brève vidéo psycho-éducative projetée au chevet du patient semble avoir un effet considérable sur la douleur subséquente et le recours aux soins médicaux chez les patients souffrant d’un coup de fouet cervical aigu, par rapport aux soins habituels. (51) (48) (52)
L’éducation donnée au patient doit contenir les informations suivantes :
- réassurance sur le fait que le pronostic après un coup de fouet cervical est bon
- encouragement à reprendre les activités normales dès que possible en utilisant des exercices pour faciliter le rétablissement
- réassurance sur le fait que la douleur est normale après un coup de fouet cervical et que les patients doivent utiliser une analgésie de manière régulière pour la contrôler
- conseils de ne pas utiliser un collier cervical souple, (49) car les exercices et/ ou le fait de rester actif ont donné des résultats plus favorables sur la douleur et les incapacités (53)
D’autres études sont nécessaires pour déterminer le type, la durée, le format et l’efficacité de l’éducation chez les différents types de patients souffrant d’un coup de fouet cervical. (48) (52)
Différents types d’exercices peuvent être envisagés pour les TACF :
Le traitement actif comprend :
- Les mobilisations actives effectuées en douceur et dans une petite amplitude, et répétées 10 fois dans chaque direction, peuvent également être données en guise de programme d’exercices à domicile. (54)
- Les programmes d’exercices à domicile pour les TACF aigus, comprenant des exercices de mobilisation du cou et des épaules, de la relaxation et des conseils généraux, constituent un traitement suffisant pour les patients souffrant de TACF aigus lorsqu’ils sont pratiqués quotidiennement. (55)
- Des preuves solides suggèrent que les programmes d’exercices et les mobilisations actives réduisent de manière significative la douleur à court terme et il existe des preuves que les mobilisations peuvent également améliorer l’amplitude de mouvement.(56)(57)(58)(59)(54)(52).
- La thérapie manuelle du rachis est souvent utilisée dans la prise en charge clinique des cervicalgies. Les revues systématiques des quelques essais qui ont évalué les techniques de thérapie manuelle seules ont conclu que la thérapie manuelle, telle que les mobilisations passives, appliquée au rachis cervical peut apporter un certain bénéfice dans la réduction de la douleur. (47)
- Les patients souffrant de TAEC grade 1 et 2 ont obtenu de bons résultats dans le cadre d’un programme de traitement multimodal qui comprenait une thérapie de groupe, de la thérapie manuelle, de l’éducation et des exercices. Lors du suivi à 6 mois, 65% des sujets ont rapporté une reprise complète du travail, 92% une reprise partielle ou complète du travail, et 81% ont déclaré ne pas avoir reçu de traitement médical ou paramédical pendant 6 mois. (60)
- L’utilisation d’un collier est en contradiction avec ce qui est indiqué dans la plupart des études, à savoir l’activation, la mobilisation et les exercices. Il est prouvé que la thérapie par l’exercice précoce est supérieure à la thérapie avec collier cervical pour réduire l’intensité de la douleur et les incapacités en cas de coup de fouet cervical. D’autres études ont également montré que la thérapie par l’exercice soulageait mieux la douleur qu’un collier cervical souple. (54) (61) (52)
Troubles associés au coup de fouet cervical chroniques(edit | edit source)
- Les TACF chroniques résultent de la combinaison de la blessure et de facteurs psychologiques. (50) (62)
- Les patients souffrant de TACF chroniques déclarent être en moins bonne santé que les personnes souffrant d’une cervicalgie chronique non spécifique. (63)
- Une thérapie multidisciplinaire comprenant une thérapie cognitivocomportementale et de la physiothérapie, y compris des exercices cervicaux, est également utilisée dans le traitement des patients atteints de TACF chroniques.(64)(50)(65) (66) Ceci donne également des résultats positifs en ce qui concerne la réduction des douleurs cervicales et des congés de maladie.(50).
- La thérapie comportementale est utilisée dans le traitement, car elle réduit l’intensité de la douleur du patient lors d’activités quotidiennes problématiques, c’est-à-dire que la planification et le traitement sont adaptés. (67)
- Les programmes d’exercices ont un effet positif sur la réduction de la douleur à court terme. Les programmes d’exercices constituent le traitement non invasif le plus efficace pour les patients souffrant de TACF chroniques, et des exercices de coordination devraient être intégrés au traitement pour réduire les douleurs cervicales.
- Chez les patients souffrant de TACF chroniques, les pensées négatives sont un facteur très important. (68) Les spécialistes et les physiothérapeutes peuvent influencer les pensées négatives et le comportement face à la douleur en sensibilisant les patients atteints de TACF chroniques à la neurophysiologie de la douleur. (69)
- Des conseils simples sont tout aussi efficaces qu’un programme d’exercices de physiothérapie plus intense et plus complet. (70)
- Pour la prise en charge du coup de fouet cervical chronique, il existe des preuves solides de l’efficacité d’une thérapie multidisciplinaire. Cette thérapie comprend un programme d’exercices. Les mobilisations précoces sont des plus efficaces une fois que d’autres pathologies cliniques plus graves, qui peuvent être détectées lors de l’évaluation et de l’imagerie, ont été exclues.
- Le pronostic varie en fonction des comorbidités antérieures à la blessure, de la gravité des TACF, de l’âge et de l’environnement socio-économique. Il a été démontré que le rétablissement complet se produit en quelques jours ou plusieurs semaines. Cependant, le handicap peut être permanent et aller de la douleur chronique à une fonction physique réduite.
- Bien que les douleurs cervicales soient le symptôme le plus courant, les étourdissements et/ou les céphalées peuvent être des symptômes chroniques et persistants. La douleur chronique, les perturbations qui en découlent au niveau du travail et la fonction physique peuvent entraîner une perte de revenu et une dégradation du mode de vie.
- Le diagnostic et le traitement des TACF sont complexes et associés à de nombreux problèmes. L’environnement juridique, les blessures antérieures, les comorbidités, l’âge et la médecine défensive jouent tous un rôle dans la prise en charge et les résultats. Il existe de grandes différences dans le diagnostic et la durée des symptômes dépend fortement de la culture juridique ou de la possibilité d’obtenir une indemnisation pour les TACF.(8)
Ressources (en anglais original)(edit | edit source)
En 2017, Walton et Elliot ont proposé un nouveau modèle intégré pour les TACF chroniques. Cet article de revue explique plus en détail ce modèle :
Walton DM, Elliott JM. An integrated model of chronic whiplash-associated disorder. journal of orthopaedic & sports physical therapy. 2017 Jul;47(7):462-71.
- ↑ Walton DM, Elliott JM. An Integrated Model of Chronic Whiplash-Associated Disorder. J Orthop Sports Phys Ther. 2017;47(7):462-71.
- ↑ Spitzer WO. Scientific monograph of the Quebec Task Force on Whiplash-Associated Disorders: redefining » whiplash » and its management. Spine. 1995;20:1S-73S.
- ↑ 3.0 3.1 3.2 Stace R. and Gwilym S. « Whiplash associated disorder: a review of current pain concepts. » Bone & Joint 360, vol. 4, nr. 1. 2015.
- ↑ 3D4Medical – Cervical Whiplash | Trauma. Available from:https://youtu.be/jgMdL7vEga8 (last accessed 22 April 2020)
- ↑ 5.0 5.1 Coleman T. (2014). Symptoms of whiplash neck injury, treatment for acute tinnitus, fatigue syndrome. Geraadpleegd op 26 april 2016 via http://www.tinnitusmiracle.com/Tinnitus-Miracle-Video.php?hopc2s=galus&tid=2016
- ↑ Graziano D.L. et al. (2007). Positive Cervical Artery Testing in a Patient with Chronic Whiplash Syndrome: Clinical Decision-Making in the Presence of Diagnostic Uncertainty. J Man Manip Ther. 15 (3), pp. 45–63.
- ↑ Joslin CC. et al. « Long-term disability after neck injury. A comparative study. » J Bone Joint Surg Br., vol. 86, nr. 7, p. 1032-4, 2004.
- ↑ 8.0 8.1 8.2 8.3 8.4 Bragg KJ, Varacallo M. Cervical (Whiplash) Sprain. InStatPearls (Internet) 2019 Apr 10. StatPearls Publishing.Available from:https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK541016/ (last accessed 2.2.2020)
- ↑ Holm LW, Carroll LJ, Cassidy JD, Hogg-Johnson S, Côté P, Guzman J, Peloso P, Nordin M, Hurwitz E, van der Velde G, Carragee E. The burden and determinants of neck pain in whiplash-associated disorders after traffic collisions: results of the Bone and Joint Decade 2000–2010 Task Force on Neck Pain and Its Associated Disorders. Journal of manipulative and physiological therapeutics. 2009 Feb 1;32(2):S61-9.
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