Rédacteur original – Jayati Metha
Principaux contributeurs – Naomi O’Reilly, Jayati Mehta, Kim Jackson, Simisola Ajeyalemi , Admin, Vidya Acharya et Lucinda Hampton
Les lésions cérébrales traumatiques sont une des principales causes de décès et d’invalidité chez les enfants. Bien que les enfants aient un meilleur taux de survie que les adultes atteints de lésions cérébrales traumatiques, les séquelles et les conséquences à long terme sont souvent plus dévastatrices chez les enfants en raison de leur âge et de leur potentiel de développement.(1) Elles peuvent entraîner toute une série de lésions traumatiques du cuir chevelu, du crâne et du cerveau qui sont comparables à celles des adultes, mais qui diffèrent tant sur le plan de la physiopathologie que de la prise en charge.(2) Il semble que les enfants présentent une réponse pathologique spécifique lors de lésions cérébrales traumatiques, qui s’accompage de symptômes neurologiques distincts, et des efforts considérables ont été déployés pour élucider cette physiopathologie. En outre, les récentes avancées techniques en matière d’imagerie diagnostique des lésions cérébrales traumatiques en pédiatrie ont facilité le diagnostic précis, le traitement approprié ainsi que la prévention des complications et ont permis de prédire les résultats à long terme.(2) Les coûts liés à la prise en charge d’un enfant atteint d’une lésion cérébrale traumatique grave sur toute la durée de sa vie sont importants.(1)
La présentation clinique des enfants atteints d’une lésion cérébrale est extrêmement variable en fonction de la gravité du traumatisme. L’Échelle (ou Score) de Glasgow pédiatrique est couramment utilisée pour évaluer l’état de conscience et pour définir la gravité des blessures à la tête. En général, les déficits neurologiques sont constatés au moment de la blessure, et les signes cliniques nouvellement apparus peuvent indiquer une progression des changements pathologiques dus aux lésions cérébrales. Elles doivent faire l’objet d’un examen attentif. Le tableau suivant représente les caractéristiques des blessures en fonction de l’âge et du développement.(2)
| Âge | Type de lésion |
|---|---|
| Nouveau-nés |
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| Nourrissons |
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| Tout-petits et écoliers |
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| Adolescents |
|
Les traumatismes crâniens sont classés en fonction de la nature de la force à l’origine de la blessure et en fonction de la gravité de celle-ci. Les forces qui provoquent un traumatisme crânien sont appelées forces d’impact ou forces d’inertie. Les forces d’impact résultent du choc de la tête contre une surface ou du choc d’un objet en mouvement contre la tête ; ces forces provoquent le plus souvent des fractures du crâne, des lésions cérébrales focales et des hématomes épiduraux. Les forces inertielles sont généralement le résultat d’une accélération et d’une décélération rapides du cerveau à l’intérieur du crâne, ce qui entraîne un cisaillement ou une déchirure du tissu cérébral et des fibres nerveuses.(1)
La plupart des lésions cérébrales traumatiques sont le résultat de ces deux types de forces. La gravité du traumatisme crânien est évaluée selon une échelle allant d’une commotion relativement légère à une lésion plus grave. Les dommages aux tissus du système nerveux se produisent à la fois au moment de l’impact ou de la pénétration d’un objet et à la suite, par dommages secondaires.(1)
Les lésions cérébrales traumatiques peuvent donc résulter d’une blessure primaire ou d’une blessure secondaire. La gravité d’une lésion cérébrale traumatique peut être classée comme légère, modérée ou grave, en fonction de l’étendue et de la nature de la lésion, de la durée de la perte de conscience, de l’amnésie post-traumatique (perte de mémoire des événements survenus immédiatement après la lésion) et de la gravité de la confusion lors de l’évaluation initiale pendant la phase aiguë de la lésion (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 5th ed. (DSM-5; American Psychiatric Association, 2013); CDC, 2015).
En général, les lésions cérébrales traumatiques primaires incluent :
Le traitement médical des enfants souffrant de lésions cérébrales traumatiques modérées et graves comprend une surveillance et un contrôle étroits de la circulation cérébrale et de la pression intracrânienne grâce à des appareils et des systèmes de contrôle sophistiqués. Si la pression intracrânienne ne peut être contrôlée par les moyens traditionnels, une forte dose de barbiturique (par exemple, le phénobarbital) peut être administrée. Si cela ne permet pas de contrôler la pression, baisser la température corporelle peut aider.
Le sevrage des traitements aux barbituriques et à la température corporelle est difficile et peut entraîner des troubles du sommeil, des problèmes de comportement, de l’apnée et une diminution du fonctionnement intellectuel. Heureusement, la plupart des enfants qui subissent un traumatisme crânien ne présentent qu’un traumatisme cérébral léger (score de 13 à 15 sur l’échelle de Glascow). Les enfants présentant des déficits résiduels de lésions cérébrales traumatiques légères peuvent nécessiter un soutien éducatif, des modifications de leur environnement et un soutien psychologique.
Dans la plupart des cas, le pronostic pour ces enfants est très bon. Les enfants qui ont subi des lésions cérébrales traumatiques modérées ou sévères suivent généralement un schéma comportemental de retour progressif et complet à la conscience. Selon la gravité des dommages, l’individu ne répond initialement à aucun stimulus externe ou réagit de manière stéréotypée. Seul un petit nombre d’enfants reste dans le coma.
Au premier stade de la récupération, les enfants présentent une ouverture des yeux aux stimuli externes et des réponses généralisées aux stimuli nocifs. L’étape suivante du rétablissement peut être la plus difficile pour les membres de la famille car l’enfant est souvent agité et combatif mais est rarement conscient de ses actions. Au fur et à mesure que l’agitation se résorbe, l’enfant montre des réponses de plus en plus appropriées aux demandes, une capacité d’attention et de concentration de plus en plus adéquates, ainsi qu’une reconnaissance des membres de la famille. À mesure que l’enfant progresse, l’intervention devient plus fonctionnelle et orientée vers un objectif.(1) Une revue systématique des essais contrôlés randomisés suggère de meilleurs résultats avec la stimulation cérébrale non invasive chez les patients pédiatriques souffrant de lésions cérébrales. Une amélioration significative a été observée au niveau de la fonction des membres supérieurs, de l’équilibre et des paramètres de la marche.(7).
Une approche interdisciplinaire est essentielle. Après la stabilisation et la prévention des complications secondaires, les patients devraient bénificier de physiothérapie, d’ergothérapie, d’orthophonie et de testing neuropsychologique. La réadaptation comprendra l’enseignement de stratégies visant à compenser les fonctions altérées ou perdues et à optimiser l’utilisation des capacités dès leur retour. Le partenariat avec l’école de l’enfant est primordial pour s’assurer que l’enfant reçoit les services nécessaires à sa réussite scolaire de manière sécuritaire et appropriée.(10)
Working with Traumatic Brain Injury – Toolkit F : Paediatric Brain Injury Rehabilitation Resources – Ce Toolkit comprend un large éventail de ressources pertinentes pour la réadaptation des lésions cérébrales pédiatriques. Il existe plus de 180 ressources différentes.