Rédactrice originale – Rachael Lowe d’après le cours de Shala Cunningham
Principaux collaborateurs – Jess Bell , Admin , Naomi O’Reilly , Wanda van Niekerk , Rachael Lowe , Laura Ritchie , Kim Jackson , Ben Kasehagen, 127.0.0.1, Tarina van der Stockt , Samuel Winter, Evan Thomas , Michelle Lee , Kai A. Sigel, Vidya Acharya et Rucha Gadgil
La douleur au genou est un problème courant à travers le monde, représentant environ 5 % des consultations chez les prestataires de soins primaires(1). Si de nombreuses affections aiguës et chroniques du genou répondent favorablement à la réadaptation, le succès du traitement dépend toutefois d’une évaluation précise. Les professionnels de la réadaptation doivent être capables de développer des compétences d’évaluation systématique afin de distinguer efficacement les cas pouvant bénéficier d’une réadaptation de ceux nécessitant une orientation vers un autre spécialiste. Cet article présente une vue d’ensemble de l’anamnèse, de l’évaluation subjective et de l’évaluation objective du genou pour les professionnels de la réadaptation.
Le moyen mnémotechnique L-M-N-O-P-Q-R-S-T présente les aspects essentiels à aborder lors de l’anamnèse et de l’évaluation subjective d’un patient.(2)
« L » : « Location of symptoms and level of functional impairments » (localisation des symptômes et importance des limitations fonctionnelles)
Nous voulons déterminer la localisation exacte de la douleur d’un patient pour aider à formuler un diagnostic possible. Comme pour toute autre partie du corps, il est important de déterminer si la douleur provient du dos ou d’une autre articulation.
Pour les présentations spécifiques au genou, la douleur antérieure du genou peut être causée par une série d’affections, notamment le syndrome de douleur fémoro-patellaire, la tendinopathie rotulienne et l’instabilité de l’articulation fémoro-patellaire. La maladie d’Osgood-Schlatter est une autre cause de douleur à la face antérieure du genou chez les adolescents. Une douleur à la face médiale du genou peut suggérer une lésion du ligament collatéral médial, une déchirure du ménisque médial ou de l’arthrose, entre autres. Une douleur à la face latérale du genou peut indiquer des pathologies telles qu’une lésion du ligament collatéral latéral, une déchirure du ménisque latéral, un syndrome de la bandelette ilio-tibiale ou de l’arthrose du compartiment latéral. Une douleur à la face postérieure du genou pourrait indiquer une tendinopathie distale des ischiojambiers, une lésion méniscale de la corne postérieure ou un kyste de Baker.(3) À noter : cette liste d’affections n’est pas exhaustive.
« M »: « Medical factors (medication) and mechanism of injury » (facteurs médicaux (médicaments) et mécanisme de la blessure)
Nous devons savoir quels médicaments le patient prend (y compris les suppléments et ceux prescrits par des médecins ou d’autres prestataires de soins de santé) et quelles sont ses comorbidités.
On veut aussi déterminer quand et comment la blessure s’est produite. Le tableau suivant présente quelques mécanismes de blessure à prendre en compte et les structures susceptibles d’être affectées. Cette liste n’est pas exhaustive.
| Mécanisme | Structure potentielle affectée |
|---|---|
| Saut, pivot ou changement de direction avec le pied au sol | Ligament croisé antérieur, subluxation patellaire, ménisque |
| Force postérieure appliquée via le tibia | Ligament croisé postérieur |
| Force en varus appliquée au genou | Ligament collatéral latéral |
| Force en valgue appliquée au genou | Ligament collatéral médial |
| Force antérieure appliquée au genou | Ligament croisé antérieur |
| Hyperextension (par exemple, le pied est fixe et le corps se déplace au-delà du pied vers l’avant) | Ligament croisé antérieur, capsule postérieure |
| Lésion en hyperflexion (par exemple, chute sur un genou fléchi ou flexion forcée) | Lésion du ligament croisé postérieur |
Il est également important de déterminer si le patient a pu marcher après sa blessure et poursuivre son activité. Si les patients ne peuvent pas marcher après un traumatisme, cela indique une blessure plus grave, telle qu’une fracture ou une rupture du ligament croisé antérieur (LCA). Les impacts à haute énergie (par exemple, les accidents de la route) sont plus susceptibles de causer une fracture.(5)
Signaux d’alerte (« red flags »): apparition soudaine d’une douleur intense sans incident/accident ET symptômes neurologiques après un traumatisme
« N »: « Neurologic examination » (symptômes neurologiques)
Les symptômes neurologiques comprennent des engourdissements, des picotements, des sensations de brûlure et des sensations semblables à des chocs électriques. Lorsque des symptômes neurologiques sont présents, nous devons déterminer s’ils sont constants ou intermittents et s’ils suivent la zone d’un dermatome ou celle innervée par un nerveux périphérique. Le nerf fibulaire est un nerf important à prendre en compte chez les patients souffrant de blessures au genou.
Signal d’alerte : engourdissements en forme de chaussette
« O » : « Occupation, including limitations » (profession, y compris les limitations)
Est-ce qu’il y a des facteurs liés au travail ou aux activités qui sont importants ?
« P » : « Palliative and provocative symptoms » (Ce qui soulage et ce qui provoque les symptômes)
Il faut demander au patient ce qui soulage ou aggrave ses symptômes. Il est important de déterminer le temps nécessaire pour que les symptômes diminuent.
Signaux d’alerte : des symptômes constants et persistants
« Q » : « Quality of symptoms » (Caractéristiques des symptômes)
Pour les douleurs au genou, déterminez si la douleur est aiguë, sourde, lancinante, semblable à un choc électrique ou à coup de couteau. Y a-t-il des engourdissements ou des picotements ? Il est également essentiel de demander au patient s’il présente des dérobements du genou, des « clics », des blocages ou des craquements. Les craquements sont fréquents en cas de lésions du ligament croisé antérieur . Des bruits articulaires (« clics ») et des blocages peuvent être présents en cas de lésions du ménisque. Le dérobement du genou peut être associée à une instabilité (par exemple, une lésion du ligament croisé antérieur) ou à des déchirures méniscales et à des douleurs fémoro-patellaires.(3)
Dérobement du genou : il est important de faire la distinction entre un vrai dérobement et un pseudo-dérobement. Un véritable dérobement, où le genou lâche sous le poids du corps, suggère généralement une lésion ligamentaire. Un pseudo-dérobement est le sentiment que le genou peut céder, sans le faire réellement. Un pseudo-dérobement est associé à un mauvais contrôle dynamique (par exemple en raison d’une faiblesse du quadriceps ou d’une inhibition due à la douleur).(4)
Blocage : de la même manière, nous devons faire la distinction entre le pseudo-blocage et le véritable blocage. Un véritable blocage nécessite une consultation immédiate chez un chirurgien orthopédiste. Dans le cas d’un véritable blocage, la personne est incapable d’étendre activement ou passivement son genou. Cela indique la présence d’une souris intra-articulaire ou d’une déchirure méniscale en anse de seau. On parle de pseudo-blocage lorsqu’une personne ne peut pas étendre ou fléchir son genou en raison d’une raideur ou d’une inhibition due à la douleur.(4)
« R » : « Radiation of symptoms » (irradiation des symptômes)
Les questions à poser en cas de symptômes qui irradient sont les suivantes :
Signal d’alerte : symptômes irradiant dans plusieurs dermatomes (exclure d’abord les distributions nerveuses périphériques)
« S » : « Severity of symptoms » (gravité des symptômes)
Il peut être utile d’utiliser des échelles telles que l’Échelle visuelle analogique ou l’Échelle numérique d’évaluation de la douleur, mais aussi de prendre en compte l’impact des symptômes sur les fonctions et les activités. Le patient doit-il arrêter ou adapter ses activités à cause de sa douleur ?
Signes d’alerte : apparition soudaine d’une douleur intense sans incident ni accident.
« T » : « Timing of symptoms » (horaire des symptômes)
Il faut tenir compte de la séquence des symptômes et de leur progression tout au long de la journée.
Signal d’alerte : douleur qui perturbe le sommeil ou qui s’aggrave la nuit (sans que cette douleur soit liée à la position de sommeil) OU douleur constante.
La vidéo facultative suivante, en anglais original, donne un aperçu de l’anamnèse et de l’évaluation subjective du genou :
Il faut toujours vérifier s’il y a d’autres signaux d’alerte ou symptômes constitutionnels (symptômes ou problèmes de santé qui touchent l’ensemble du corps plutôt qu’une partie spécifique), notamment :
Pour en savoir plus, consulter : Introduction aux signaux d’alerte (« red flags ») des pathologies graves.
Les questionnaires d’auto-évaluation suivants peuvent être utiles avec les personnes souffrant de douleurs au genou :
L’évaluation objective vous fournit des mesures quantifiables permettant d’écarter les structures susceptibles d’être impliquées dans la douleur au genou d’une personne. Des mesures objectives peuvent également mettre en évidence des changements dans le temps ou après un traitement.
On peut observer le genou d’un patient en position assise, debout, sur le dos (décubitus dorsal) et pendant la marche. Lorsque l’on observe le genou, il faut rechercher toute déformation osseuse pouvant suggérer un traumatisme, ainsi que des signes d’inflammation, des ecchymoses, un gonflement, une chaleur, une rougeur ou des modifications de la masse musculaire (hypertrophie ou atrophie).
En cas de gonflement, il est important de déterminer depuis quand il est apparu.
Un œdème immédiat/une hémarthrose (0 à 2 heures après la blessure) peuvent indiquer une fracture ou une rupture du LCA(3)(5). Il convient de noter que l’épanchement n’est pas courant en cas de douleur fémoro-patellaire et qu’un œdème infrapatellaire peut indiquer une atteinte du coussinet adipeux(5).
Il est important d’observer l’ensemble de la jambe du patient en position debout, et pas seulement le genou.
De face, on peut voir si le patient a une mise en charge égale sur les deux membres inférieurs. Au pied, on peut vérifier s’il est en pronation ou en supination. Au genou, on doit vérifier s’il y a un valgus ou un varus. On observe également la position de la rotule et l’angle Q du quadriceps (voir ci-dessous).(2)
De côté, on peut vérifier le degré d’extension du genou en position debout – y a-t-il une hyperextension ou le patient garde-t-il son genou légèrement fléchi ? De dos, on observe s’il y a un gonflement à la face postérieure du genou et compare la masse musculaire d’un côté à l’autre.(2)
Angle Q : l’angle Q décrit la traction vectorielle du quadriceps sur la patella(7). Bien que plusieurs études aient montré que les mesures de l’angle Q ne sont pas fiables, Merchant et al.(8) suggèrent que l’utilisation d’un protocole standard pourrait « rétablir la fiabilité et la précision des mesures de l’angle Q(8)». Cela est pertinent, car il s’agit d’un test rapide et facile à inclure dans un examen physique. Les valeurs normatives de l’angle Q varient dans la littérature, mais les valeurs suivantes ont été données par Merchant et al(8) :
- 13,5 degrés de valgus pour les hommes
- 15,9 degrés pour les femmes
Pour en savoir plus sur l’angle Q et comment le mesurer, regardez la vidéo suivante (en anglais original) :
Une évaluation complète de la marche est présentée en détail ici. Lors d’une évaluation de la démarche, il est possible d’examiner des variables temporelles, telles que la durée de la foulée et du pas, ainsi que des variables de distance, telles que la longueur de la foulée, la longueur du pas et la largeur du pas. Les autres variables sont la cadence et la vitesse de marche.
Pour les déviances spécifiques causées par des douleurs au genou, consulter : Déviances de la démarche associées aux syndromes douloureux du bassin et du genou.
Il est important d’inclure des tâches fonctionnelles, telles que se tenir sur une jambe, effectuer une flexion sur une jambe (« single leg squat ») ou des fentes. Si votre patient ne peut pas tolérer une flexion sur jambes (« squat »), vous pouvez plutôt évaluer sa capacité à effectuer un transfert (s’asseoir et se lever) ou à effectuer une flexion sur jambes partielle (« squat partiel »).(2)
Si l’on soupçonne des déficits neurologiques ou que les symptômes proviennent du rachis lombaire, il convient de procéder à un examen neurologique. Le dépistage neurologique complet est abordé ici. L’examen neurologique doit inclure l’évaluation des myotomes, des dermatomes, des réflexes et des tests neurodynamiques.
Les réflexes à évaluer aux membres inférieurs sont les réflexes patellaires (L3-L4) et achilléens (S1-S2). Les dermatomes des membres inférieurs sont de L1 à S4-S5. Les principaux myotomes sont :
Les tests neurodynamiques utiles pour les membres inférieurs sont l’élévation de la jambe droite et le test du nerf fémoral. Ils sont particulièrement importants si le patient souffre de douleurs qui irradient distalement au genou. D’autres tests neurologiques peuvent être effectués, comme le signe de Babinski et le signe du clonus.
La vidéo suivante, en anglais original, présente une brève démonstration de l’évaluation neurovasculaire en décubitus dorsal.
Les principales structures à palper au genou sont(3) :
Durant la palpation, il faut vérifier la présence de douleur, d’enflure ou de chaleur à l’articulation du genou et aux tissus environnants.
La chaleur au genou suggère un processus inflammatoire. Il est important de relier les résultats de l’évaluation objective à l’évaluation subjective. Cette inflammation est-elle liée à une blessure ou à un état inflammatoire (c’est-à-dire à l’arthrose ou à un problème inflammatoire systémique) ?(4)
En décubitus ventral, il est possible de palper les tendons des ischiojambiers et la partie proximale des gastrocnémiens. Un gonflement postérieur peut indiquer un kyste de Baker.(3)
Le test de ballottement peut être utile avec les patients présentant un épanchement au genou.
Considérés ensemble, un gonflement auto-observé et un test de ballottement positif ont une valeur diagnostique. Kastelein et al. ont identifié les rapports de vraisemblance suivants(11) :
- rapport de vraisemblance positif pour un gonflement auto-observé = 1,5
- rapport de vraisemblance positif pour le test du ballottement = 1,6
- rapport de vraisemblance positif pour les deux combinés = 3,6
Les vidéos facultatives suivantes, en anglais original, montrent comment palper le genou :
Comme pour toute articulation, il est important d’évaluer la mobilité articulaire active et passive de l’articulation du genou. Les principaux mouvements du genou sont la flexion et l’extension. Vous pouvez également évaluer les rotations tibiales.
Il faut vérifier la présence de douleur ou d’une réaction de protection, la qualité du mouvement et la sensation de fin de mouvement. La sensation de fin de mouvement en flexion du genou est généralement molle, tandis que celle en extension est ferme. L’amplitude de flexion du genou est d’environ 130 degrés, et l’extension du genou est de 0 degré. Cependant, il faut toujours tenir compte de ce qui est habituel pour chaque personne et comparer entre les deux côtés.
Les vidéos facultatives suivantes, en anglais original, montrent comment évaluer la mobilité active au genou :
La vidéo facultative suivante, en anglais original, montre comment évaluer la mobilité passive au genou :
Si la mobilité active ou passive du patient est limitée, il est utile d’évaluer la mobilité accessoire(2) :
La longueur musculaire est également un élément important. Les principaux muscles à évaluer sont les ischiojambiers, les quadriceps, les gastrocnémiens et les soléaires. Le tenseur du fascia lata et le muscle grand glutéal sont également importants, car ils influencent le genou par leur connexion au tractus ilio-tibial(17). Comme toujours, il faut comparer les deux côtés et tenir compte de ce qui est habituel pour chaque personne.
Les tests de longueur musculaire suivants peuvent être inclus dans l’évaluation du genou :
Pour en savoir plus, consulter : Évaluation de la longueur musculaire et Évaluation de la longueur musculaire et traitement lié à la douleur fémoro-patellaire.
L’évaluation de la force musculaire est essentielle lors de l’évaluation des affections du genou. Il faut demeurer attentif aux différences de force entre les côtés et à toute douleur pendant les tests. Pour en savoir plus sur l’évaluation de la force, consulter : Évaluation de la force musculaire.
Les muscles clés à évaluer chez les patients souffrant de douleurs au genou comprennent les quadriceps, les ischio-jambiers, les abducteurs de la hanche (muscle moyen glutéal), les rotateurs externes de la hanche (muscle moyen glutéal, muscle grand glutéal) et les gastrocnémien et soléaire.
La vidéo facultative suivante, en anglais original, présente la manière dont un chirurgien orthopédiste procède à l’examen du genou :
Les sections suivantes traitent de plusieurs affections courantes du genou et identifient les signes cliniques, les tests spéciaux et les ensembles de tests diagnostiques qui peuvent vous être utiles dans votre évaluation.
Il faut se rappeler que les tests spéciaux varient en termes de spécificité et de sensibilité, mais lorsqu’ils sont utilisés ensemble, ils constituent un élément important de l’évaluation. Pour en savoir plus sur ces tests spéciaux, notamment leur validité, leur fidélité, leur sensibilité et leur spécificité, consulter les pages en lien. Les tests énumérés dans ces sections ne sont pas exhaustifs.
L’arthrose du genou est une cause fréquente de douleur, de raideur, de diminution de la mobilité et de limitations fonctionnelles, en particulier chez les adultes âgés de plus de 45 ans(1). Pour plus d’informations sur l’arthrose, cliquer ici. Pour plus d’informations sur le diagnostic de l’arthrose du genou et d’autres critères de classification clinique, cliquer ici.
Décary et al.(19) ont proposé un ensemble de tests diagnostiques permettant de confirmer ou exclure l’arthrose du genou (voir tableau 2). Ils ont constaté que ces ensembles de tests étaient capables de classer avec précision 64 % de tous les cas et 71 % de tous les « non-cas ».
| Ensembles de tests pour CONFIRMER l’arthrose symptomatique du genou | Ensembles de tests pour EXCLURE l’arthrose symptomatique du genou |
|---|---|
| Ensemble 1: âge 50-58 ans ET indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 kg/m2 ET mauvais alignement du genou en valgus ou en varus OU réduction de l’amplitude d’extension passive du genou | Ensemble 1: Moins de 40 ans |
| Ensemble 2: âge supérieur à 58 ans ET crépitation palpable dans n’importe quel compartiment du genou | Ensemble 2: âge 40-50 ans ET absence de crépitation palpable dans un compartiment du genou ET IMC inférieur à 35 kg/m2 |
| Ces deux ensembles ont un rapport de vraisemblance positif de 13,6 | Ensemble 3: âge compris entre 40 et 58 ans ET crépitation palpable dans l’un des compartiments du genou ET IMC inférieur à 26 kg/m2 |
| Ces trois ensembles ont un rapport de vraisemblance négatif de 0,11. |
Le ligament croisé antérieur (LCA) contribue à la stabilité du genou en empêchant la translation tibiale antérieure et la rotation tibiale médiale par rapport au fémur. La plupart des lésions du LCA sont des lésions sans contact et sont souvent associées à des changements de vitesse ou à une force multidirectionnelle générée au niveau du genou lors de la mise en charge(20). Elles sont également associées à des sauts, des torsions et des pivots(21).
Les lésions aiguës du LCA surviennent souvent en même temps que d’autres lésions, notamment du ménisque, du cartilage articulaire, du ligament croisé postérieur, du ligament collatéral latéral et du ligament collatéral médial(22)(23) (24)(25). Les patients peuvent décrire avoir entendu ou ressenti un « pop » soudain et ressentir une douleur profonde au genou. La majorité d’entre eux (environ 70 %) présentent un gonflement immédiat (hémarthrose). Parmi les autres symptômes rapportés, citons les dérobements, la difficulté à marcher et la réduction de la mobilité du genou.(25)
Divers tests spéciaux ont été proposés pour évaluer l’intégrité du LCA. Comme la plupart des tests spéciaux, ils ne doivent pas être utilisés isolément, mais dans le cadre d’une évaluation plus large.
Pour plus d’informations sur ces tests, consulter les pages suivantes :
Le ligament croisé postérieur (LCP) est un stabilisateur important du genou, qui empêche une translation postérieure et une rotation latérale excessives du tibia sur le fémur(26). Le LCP est rarement blessé de manière isolée.
Les blessures résultent généralement d’une hyperflexion, d’une force postérieure importante exercée sur la partie proximale du tibia lorsque le genou est fléchi (par exemple, blessure contre un tableau de bord) ou d’une chute sur un genou fléchi(27). Les personnes souffrant de lésions du LCP peuvent présenter une douleur à la face postérieure du genou, une raideur et un gonflement(27). Comme pour les lésions du LCA, divers tests spéciaux peuvent être utilisés pour aider à identifier les lésions du LCP, notamment :
Les lésions du ligament collatéral médial (LCM) sont généralement causées par des mouvements brusques de rotation, de feinte ou de torsion. Elles peuvent également être causées par un impact direct sur le côté latéral du genou, entraînant une contrainte en valgus. Les lésions du LMC peuvent être isolées ou associées à d’autres structures (ménisque médial, ligament croisé antérieur, etc.).(28)
Pour évaluer le LCM, un stress en valgus est appliqué. Pour en savoir plus, voir : Test de stress en valgus
Le ligament collatéral latéral (LCL) est le principal frein au varus du genou(29). Les lésions du LCL sont généralement causées par un impact direct sur la face antéromédiale du genou, qui entraîne une combinaison d’hyperextension et de force extrême en varus. Elles peuvent également être causées par des forces d’hyperextension et de varus sans contact. Le LCL est rarement blessé seul (< 2% des blessures).
Pour évaluer ce ligament, un stress en varus est appliqué.
Logerstedt et al. notent qu’un diagnostic d’entorse du LCL peut être posé avec un niveau raisonnable de certitude si les éléments suivants sont présents(30) :
Les lésions du ménisque chez les personnes jeunes (c’est-à-dire âgées de moins de 40 ans) sont généralement dues à un traumatisme, tandis que les personnes plus âgées ont tendance à présenter des déchirures dégénératives(1)(31). Les lésions méniscales isolées sont souvent causées par des forces de rotation ou de cisaillement au genou en cas d’augmentation de la charge axiale. Elles peuvent se produire lors de mouvements de torsion ou de pivot au genou lorsque le pied est bien planté au sol.(31)
Les tests les plus courants comprennent :
Il existe plusieurs ensembles de tests qui permettent de confirmer ou d’exclure les déchirures méniscales. Décary et al.(32) ont proposé les ensembles de tests suivants pour CONFIRMER les déchirures traumatiques et dégénératives du ménisque (voir tableau 3).
| Ensemble de tests qui permet de CONFIRMER les déchirures méniscales dégénératives et symptomatiques | Le patient présente une douleur progressive au genou et une douleur isolée au niveau de la partie médiale du genou, ET une douleur légère à intense lorsqu’il pivote sur le genou pendant les activités quotidiennes ou sportives, OU au moins l’un des éléments suivants : absence de mauvais alignement en varus ou en valgus du genou OU flexion passive complète du genou |
|---|---|
| Ensemble de tests qui permet de CONFIRMER les déchirures méniscales traumatiques et symptomatiques | Le patient se plaint d’une douleur au genou liée à un traumatisme (force directe, torsion, course, etc.) ET il signale au moins l’un des éléments suivants : chute OU pivot sur le genou ET douleur isolée à la face médiale ou douleur diffuse au genou ET sensibilité à la palpation de l’interligne articulaire médial |
La douleur fémoro-patellaire (DFP) est un terme générique utilisé pour décrire la douleur provenant de l’articulation fémoro-patellaire ou des tissus mous adjacents. Elle se manifeste par une douleur généralisée à la face antérieure du genou, aggravée par la mise en charge et la flexion du genou(33)(34). Elle est fréquente chez les adultes et les adolescents actifs(34).
La DFP est multifactorielle et peut être difficile à diagnostiquer(35). Il est donc essentiel de recueillir une anamnèse détaillée du patient. Les patients rapportent généralement une aggravation de la douleur lorsqu’ils s’accroupissent, restent assis de manière prolongée, montent les escaliers et courent(33). Les tests couramment utilisés sont le test de flexion sur jambes (« squat ») , le « step test », la palpation et l’évaluation de la position et de la mobilité patellaire(2).
Décary et al.(36) ont proposé les ensembles de tests suivants pour confirmer ou exclure la DFP (voir tableau 4).
| Ensembles de tests pour CONFIRMER les douleurs fémoro-patellaires | Ensembles de tests pour EXCLURE les douleurs fémoro-patellaires |
|---|---|
| Ensemble 1: Personnes âgées de moins de 40 ans qui présentent une douleur isolée à la face antérieure du genou ou une sensibilité à la facette médiale patellaire | Ensemble 1: Personnes âgées de moins de 58 ans ET présentant des douleurs aux faces médiale, latérale ou postérieure du genou ET une absence de douleur aux facettes médiale et latérale patellaires |
| Groupe 2: Personnes âgées de 40 à 58 ans qui présentent une douleur antérieure ou diffuse isolée au niveau du genou ET une difficulté légère à modérée à descendre les escaliers ET une sensibilité de la facette rotulienne médiane ET une extension passive complète du genou. | Groupe 2: Personnes âgées de moins de 58 ans qui présentent une douleur diffuse ou latérale du genou ET une sensibilité de la facette rotulienne médiane ou latérale ET une restriction de l’extension passive du genou. |
| Groupe 3: personnes âgées de plus de 58 ans |
Pour en savoir plus sur le syndrome douloureux fémoro-patellaire, y compris sur l’évaluation objective, veuillez consulter le site : Syndrome douloureux fémoro-patellaire.
Les professionnels de la rééducation travaillent souvent avec des personnes souffrant de douleurs au genou. Lors de l’évaluation des patients souffrant de douleurs au genou, il est essentiel de recueillir des informations subjectives détaillées et de procéder à une évaluation objective approfondie. Le cadre L-M-N-O-P-Q-R-S-T peut être utilisé pour guider l’évaluation subjective. L’évaluation objective doit comprendre l’observation, l’analyse de la marche, l’examen fonctionnel, l’examen neurologique, la palpation, le test d’amplitude des mouvements et l’évaluation de la longueur et de la force musculaires. Il existe un certain nombre de tests spéciaux qui peuvent aider à identifier des affections spécifiques du genou. Une gestion appropriée dépend d’une évaluation précise où tous les éléments de l’évaluation sont pris en compte ensemble.