Les affections musculosquelettiques du coude peuvent avoir des conséquences physiques et socio-économiques importantes pour les individus(1)(2). De nombreuses structures, telles que les os, les tendons, les ligaments, les bourses et les nerfs, peuvent être responsables des douleurs au coude(3). Par conséquent, les professionnels de la réadaptation doivent avoir une connaissance approfondie de l’anatomie du coude et de son évaluation (anamnèse, évaluation subjective et évaluation objective).
Le moyen mnémotechnique L-M-N-O-P-Q-R-S-T fait ressortir les éléments clés à aborder dans l’anamnèse et l’évaluation subjective du patient.(4)
« L » : « Location of symptoms and level of functional impairments » (localisation des symptômes et importance des limitations fonctionnelles)
La localisation des symptômes peut vous aider à formuler des hypothèses de diagnostic basées sur les tissus présents dans la région. Il convient de se demander en premier lieu si ces symptômes peuvent être des symptômes irradiés provenant du rachis cervical.
Il faut également vérifier comment la douleur du patient affecte sa capacité à accomplir les activités de la vie quotidienne et d’autres tâches liées au travail, à l’école ou au sport.
« M »: « Medical factors (medication) and mechanism of injury » (facteurs médicaux (médicaments) et mécanisme de la blessure)
Il faut savoir quels sont les médicaments pris par le patient (y compris les suppléments) et quelles sont les comorbidités dont il souffre. Il faut également déterminer quand et comment la blessure s’est produite (traumatisme spécifique, surmenage, etc.).
Signaux d’alerte : apparition insidieuse, symptômes liés à l’activité cardiovasculaire et condition associée de maladie cardiovasculaire.
« N »: « Neurologic symptoms » (symptômes neurologiques)
Les symptômes neurologiques comprennent des engourdissements, des picotements, des paresthésies, des douleurs exquises ou de type brûlure qui irradient le long du bras.
Lorsque des symptômes neurologiques sont présents, nous devons déterminer s’ils sont constants ou intermittents et s’ils suivent la zone d’un dermatome ou celle innervée par un nerveux périphérique. Il est important de déterminer si les symptômes sont liés aux positions ou aux mouvements du cou, de l’épaule ou du coude.
« O » : « Occupation, including limitations » (profession, y compris les limitations)
Y a-t-il des facteurs liés au travail ou aux activités qui entrent en ligne de compte ? Peut-il y avoir eu surutilisation ? Le patient effectue-t-il des tâches répétitives ? S’agit-il d’un athlète dont le sport implique des mouvements au-dessus de la tête ?
« P » : « Palliative and provocative symptoms » (Ce qui soulage et ce qui provoque les symptômes)
Il convient de déterminer ce qui augmente ou aggrave les symptômes et combien de temps il faut pour que les symptômes diminuent une fois qu’ils ont été aggravés.
Signaux alertes (« red flags ») : symptômes constants et incessants.
« Q » : « Quality of symptoms » (Caractéristiques des symptômes)
Il faut savoir si les symptômes sont décrits comme étant exquis, sourds, comme des coups de poignard ou comme des chocs électriques et s’il y a des engourdissements, des picotements ou une sensation de faiblesse ou de maladresse.
« R » : « Radiation of symptoms » (irradiation des symptômes)
Questions à poser concernant les symptômes irradés :
- Où les symptômes irradient-ils ?
- Sont-ils provoqués par des activités ou une position ?
- Combien de temps durent-ils ?
Signal d’alerte (« red flag ») : symptômes irradiant dans plusieurs dermatomes (n’oubliez pas de vérifier les zones innervées par les nerfs périphériques si plus d’un dermatome semble être touché).
« S » : « Severity of symptoms » (gravité des symptômes)
Des échelles telles que l’Échelle visuelle analogique ou l’Échelle numérique d’évaluation de la douleur peuvent être utilisées, mais il faut également tenir compte de la manière dont les symptômes affectent les fonctions et les activités. Le patient doit-il modifier ou arrêter ses activités en raison des symptômes ?
Signes d’alerte : apparition soudaine d’une douleur intense sans incident ni accident.
« T » : « Timing of symptoms » (horaire des symptômes)
Il faut poser des questions sur la manière dont les symptômes se comportent sur une période de 24 heures et en fonction des activités.
Revue des systèmes
- Poser des questions sur les symptômes constitutionnels (fatigue, essoufflement)
- Poser des questions sur les facteurs de risque cardiovasculaire et les symptômes (angine de poitrine)
Questionnaires d’auto-évaluation pour la douleur au coude (edit | edit source)
Il convient d’évaluer l’ensemble du quadrant supérieur (cou, épaule, coude, poignet et main). Il faut observer les deux côtés pour pouvoir les comparer. Éléments clés au coude :
- observer le valgus physiologique du coude en extension : les plages de valeurs moyennes données pour les angles de valgus physiologique dans la littérature varient(5)(6), mais chez les femmes, il est d’environ 5 à 16 degrés et, chez les hommes, d’environ 5 à 14 degrés(4).
- Il faut rechercher des asymétries, des changements dans les tissus mous, des cicatrices ou des gonflements.
Les sites clés de palpation du coude sont répertoriés dans le tableau 1.
Tableau 1. Principaux sites de palpation du coude
| Face médiale du coude |
- Ligne supracondylienne médiale
- Épicondyle médial de l’humérus
- Gouttière du nerf ulnaire
- Nerf ulnaire
- Tendon fléchisseur commun et muscle rond pronateur
|
| Face latérale du coude |
- Tendon extenseur commun
- Crête supra-épicondylaire latérale
- Épicondyle latéral de l’humérus
- Tête radiale
|
| Muscles |
- Biceps
- Brachial
- Brachioradial
- Tendon fléchisseur commun
- Tendon extenseur commun
- Triceps
|
Pour en savoir plus sur la palpation du coude, regarder la vidéo suivante (en anglais original).
(7)
Il est important d’évaluer l’amplitude articulaire active et passive, y compris les surpressions. Pour plus d’informations sur l’évaluation de l’amplitude articulaire, consulter : Évaluation de l’amplitude articulaire.
Le tableau 2 présente les normes de l’amplitude articulaires du coude et les sensations de fin de mouvement normales. Note : l’amplitude articulaire du coude est influencée par plusieurs facteurs, notamment l’âge, le sexe biologique et l’indice de masse corporelle (IMC), et que les valeurs de l’amplitude articulaire normale varient dans la littérature. Il est souvent possible d’utiliser le côté non atteint comme point de comparaison avec le côté atteint.(8)
Tableau 2. Amplitude articulaire du coude et sensation de fin de mouvement(4)(9)
| Mouvement |
Amplitude articulaire |
Sensation de fin de mouvement normale |
| Flexion |
- 0-145 degrés (actif)
- 0-160 degrés (passif)
- les valeurs présentes dans la littérature varient de 130 à 154 degrés(8)
|
Molle |
| Extension |
- 0-15 degrés (hyperextension)
- les valeurs présentes dans la littérature varient entre -6 et 11 degrés(8)
|
Dure |
| Pronation |
- 80 degrés
- Les valeurs présentes dans la littérature varient entre 75 et 85 degrés(8)
|
Ferme |
| Supination |
- 80 degrés
- Les valeurs présentes dans la littérature varient entre 80 et 104 degrés(8)
|
Ferme |
Zwerus et al.(8) notent que l’amplitude articulaire passive est généralement plus grande de 3 à 5 degrés par rapport à l’amplitude articulaire active.
Il faut évaluer la force des fléchisseurs du coude (muscles biceps brachial, brachial, brachioradial) et des extenseurs (muscles triceps brachial et anconé). Pour plus d’informations sur l’évaluation de la force, consulter Évaluation de la force musculaire(4).
Il faut tout d’abord rechercher les changements de qualité, de couleur et de température de l’ongle et effectuer un test de pression sur l’ongle (changement de couleur à la pression et au relâchement). Des anomalies peuvent indiquer une atteinte neurovasculaire.(4)
- Pouls brachial: palpé en proximal du coude, entre l’épicondyle médial de l’humérus et le tendon distal du biceps(10)
- Pouls radial: palpé à la face antérieure du poignet, en proximal de la base du pouce(10)
- Test d’Allen modifié : utilisé pour évaluer la perméabilité des artères radiale et ulnaire (4)
- l’évaluateur comprime les artères radiale et ulnaire avec ses pouces et demande au patient de serrer le poing 3 à 5 fois
- le patient ouvre ensuite sa main et sa paume doit être décolorée (blanchie)
- l’évaluateur relâche la compression sur l’une des artères et note le temps nécessaire pour que la peau reprenne sa couleur normale
- le test est ensuite répété, en retirant la compression l’autre artère d’abord, afin de vérifier s’il y a des différences entre les artères
Les vidéos suivantes, en anglais original, permettent d’en savoir plus sur l’évaluation des pouls brachial et radial et sur le test d’Allen modifié.
Le tableau 3 indique les mouvements accessoires du coude que l’on peut évaluer.(4)
Tableau 3. Mouvements accessoires du coude(4)
| Type de mouvement |
Quand tester/utiliser |
| Traction huméro-ulnaire |
- À évaluer lorsqu’un patient présente une limitation générale de la mobilité en flexion/extension et peut être utilisée comme intervention pour améliorer la mobilité en flexion/extension
- À évaluer lorsqu’un patient présente une fin de mouvement en extension ou en flexion limitée et peut être utilisée pour améliorer la fin de mouvement en extension ou en flexion
|
| Traction huméro-radiale |
- À évaluer lorsqu’un patient a une extension du coude et une mobilité de la tête radiale limitées et peut être utilisé pour améliorer la mobilité générale et l’extension
|
| Glissements huméro-radiaux antérieurs et postérieurs |
- Évaluer le glissement antérieur lorsqu’un patient a une supination limitée et peut être utilisé pour améliorer la supination
- Évaluer le glissement postérieur lorsqu’un patient a une pronation limitée et peut être utilisé pour améliorer la pronation
|
Évaluation des affections courantes du coude (edit | edit source)
Syndrome du tunnel ulnaire(edit | edit source)
Le syndrome du tunnel ulnaire (aussi appelé « syndrome du tunnel cubital ») est une « compression du nerf ulnaire dans le canal ulnaire près du coude »(13). Il s’agit de la deuxième mononeuropathie la plus fréquemment diagnostiquée (après le syndrome du tunnel carpien), touchant environ 5,9 % de la population générale(13).
Présentation clinique(4) :
- engourdissements et fourmillements dans la zone d’innervation du nerf ulnaire en distal du coude
- symptômes liés à la position
- traumatisme de la région du coude/mouvements répétitifs en flexion du coude
- stress en valgus
Observation : rechercher une atrophie des muscles innervés par le nerf ulnaire (muscle fléchisseur ulnaire du carpe, muscle fléchisseur profond des 4e et 5e doigts, muscles hypothénariens, muscle adducteur du pouce, muscles 3e et 4e lombricaux, muscles interosseux dorsaux et palmaires)
Palpation : rechercher une sensibilité au niveau du sillon du nerf ulnaire
Mobilité articulaire active et passive :
- symptômes possibles en flexion complète
- rechercher la reproduction des symptômes lors des mouvements passifs
Bilan musculaire manuel : ne produit probablement pas de symptôme, mais rechercher une faiblesse dans les muscles alimentés par le nerf cubital (énumérés ci-dessus dans l’observation)
Mobilité accessoire : devrait être dans les limites normales(4)
Test de provocation par la pression(4)(14) :
- fléchir le coude du patient à environ 20 degrés
- appliquer et maintenir une pression tout juste en proximal du canal ulnaire pendant 60 secondes au maximum, en s’arrêtant plus tôt si le patient présente des symptômes dans la zone d’innervation du nerf ulnaire
- test positif = le patient présente des symptômes dans la zone d’innervation du nerf ulnaire
- test négatif = la compression est maintenue pendant 60 secondes et le patient ne présente aucun symptôme
Test de flexion du coude(4)(14)(15) :
- fléchir le coude du patient et appliquer une surpression (c’est-à-dire, jusqu’à la flexion passive maximale du coude)
- maintenir cette position pendant au plus 60 secondes, en s’arrêtant plus tôt si le patient rapporte des symptômes le long de la distribution du nerf ulnaire
- test positif = reproduction des symptômes
- test négatif = pas de reproduction des symptômes dans les 60 secondes
Test combiné de pression et de flexion(4)(14) :
- une combinaison des deux tests ci-dessus
- appliquer une pression sur le nerf ulnaire tout juste en proximal du canal ulnaire, alors que le coude est à 20 degrés de flexion
- maintenir cette pression et augmenter la flexion
- test positif = reproduction des symptômes
- test négatif = pas de reproduction des symptômes dans les 60 secondes
Signe de Tinel(14) :
- l’évaluateur effectue quatre à six percussions sur le nerf ulnaire tout juste en proximal du canal ulnaire avec ses doigts (ou délicatement à l’aide d’un marteau à réflexe)
- test positif = reproduction des symptômes dans la zone d’innervation du nerf ulnaire
- test négatif = pas de reproduction des symptômes
Le tableau 4 présente la sensibilité, la spécificité et les rapports de vraisemblance de ces tests. Il est à noter que les valeurs de sensibilité, de spécificité et des rapports de vraisemblance varient d’une source à l’autre. Ces chiffres sont basés sur les recherches de Novak et al.(14)
Tableau 4. Sensibilité, spécificité et rapports de vraisemblance des tests spéciaux pour le syndrome du tunnel ulnaire(14)(4)
| Test |
Sensibilité |
Spécificité |
Rapport de vraisemblance positif (RV+) |
Rapport de vraisemblance négatif (RV-) |
| Test de provocation par la pression |
0.89 |
0.98 |
44.5 |
0.11 |
| Test de flexion du coude |
0.75 |
0.99 |
75 |
0.25 |
| Test combiné de pression et de flexion |
0.98 |
0.95 |
19.6 |
0.02 |
| Signe de Tinel |
0.70 |
0.98 |
35 |
0.31 |
Déchirure du ligament collatéral ulnaire (LCU)(edit | edit source)
« L’entorse du ligament collatéral ulnaire du coude survient lorsque le coude est soumis à une force en valgus dépassant les propriétés d’étirement du ligament collatéral ulnaire (LCU). Il s’agit d’une blessure rencontrée plus souvent chez les athlètes pratiquant des de lancers »(16).
Présentation clinique(4) :
- traumatisme avec stress en valgus ou stress répétitifs (par exemple, des lancers)(17)
- dans les cas de blessures aiguës, les patients peuvent décrire avoir entendu un « pop »(17)
- dans les cas de blessures chroniques, les patients peuvent avoir remarqué que leur précision et vitesse lors des lancers a diminué(17)
- douleur sur la face médiale du coude
- oedème
- ecchymose
- dans les cas de rupture complète, les patients se plaignent d’instabilité
Observation : vérifier la présence d’un gonflement et d’une éventuelle ecchymose à la face médiale du coude
Palpation: rechercher une sensibilité le long de la face médiale du coude
Mobilité articulaire active et passive : probablement dans les limites de la normale
Mouvements accessoires(4) :
- un glissement médial excessif de l’ulna avec ou sans douleur est probable, bien que ce test ne soit pas couramment effectué
- en général, aucun changement quant à la traction
Test de stress en valgus avec mouvement(4) :
- « actuellement accepté comme le test clinique de référence (‘gold standard’) »(18), mais la tolérance du patient doit être prise en compte lors de la sélection de ce test
- placer l’épaule du patient à 90 degrés d’abduction et son coude en flexion complète
- appliquer un stress en valgus en effectuant une rotation externe de son épaule
- maintenir ce stress en valgus et étendre le coude du patient
- test positif = douleur ou mobilité accrue par rapport à l’autre côté
Test de stress en valgus(4) :
- appliquer un stress en valgus sur la face latérale de la partie proximale du coude en direction de la ligne médiane du corps
- test est répété à 30, 60, 70 et 90 degrés de flexion du coude
Comme le montre le tableau 5, le test de stress en valgus avec mouvement présente de meilleurs rapports de vraisemblance positifs et négatifs que le test de stress en valgus(4)(19).
Tableau 5. Rapports de vraisemblance pour le test de stress en valgus avec mouvement et le test de stress en valgus(19)
| Test |
Rapport de vraisemblance positif |
Rapport de vraisemblance négatif |
| Test de stress en valgus avec mouvement |
4.0 |
0.04 |
| Test de stress en valgus |
1.3 |
0.81 |
Tendinopathie latérale du coude (« tennis elbow ») (edit | edit source)
La tendinopathie latérale du coude (également appelée « épicondylalgie latérale », « épicondylite latérale » et « tennis elbow ») est l’une des causes les plus fréquentes de douleur et de dysfonctionnement du coude(20), avec une prévalence de 1 à 3 % dans la population(21). Elle survient le plus souvent chez les personnes âgées de 40 à 50 ans. « Bien que la maladie soit autorésolutive, elle est associée à une morbidité importante(21) »
Présentation clinique :
- une douleur à la face latérale du coude, généralement causée par des mouvements répétitifs du coude ou du poignet
- douleur lors des activités de préhension (par exemple, serrer la main, tourner une poignée de porte, tenir une tasse de café)
Observation :
- les patients peuvent hésiter à serrer la main
- ils peuvent porter une orthèse (un bandage, un bracelet épicondylien, etc.)
Palpation : sensibilité à la palpation de l’épicondyle latéral et des tendons et muscles extenseurs communs des doigts
Mobilité articulaire active et passive:
- douleur à la flexion du poignet lorsque le coude est en extension (active et passive)
- douleur lors de l’extension active du poignet
Tests de mobilité résistée :
- douleur lors de l’extension résistée du poignet
- douleur lors de l’extension résistée du 3e doigt
Mobilité accessoire : généralement dans les limites de la normale(4)
Tests musculaires(4) :
- douleur à la palpation
- douleur à l’étirement des extenseurs communs des doigts
- douleur lors de l’extension résistée du poignet
Force de préhension avec dynamomètre (si disponible)(4) :
- comparer la force à droite et à gauche
- force probablement réduite et test probablement douloureux du côté affecté
Test de Mill(4) :
- le bras du patient est placé en flexion du coude
- l’évaluateur palpe l’épicondyle latéral du patient, puis effectue passivement une pronation de son avant-bras, fléchit son poignet et étend son coude (comme le montre la vidéo facultative ci-dessous, en anglais original)
- test positif = reproduction de symptômes rapportés par le patient, douleur à l’épicondyle latéral de l’humérus
(22)
Test de Cozen(4) :
- l’évaluateur place son pouce sur l’épicondyle latéral du patient
- le coude du patient est positionné en flexion et pronation, et le poignet, en extension et en déviation radiale
- l’évaluateur résiste l’extension et la déviation radiale du poignet
- test positif = reproduction de symptômes rapportés par le patient, douleur soudaine et intense au niveau de l’épicondyle latéral de l’humérus
Karanasios et al.(23) notent que le test de Cozen a une sensibilité de 91 %. « Le test de Cozen et l’évaluation de la force de préhension présentent une grande précision dans le diagnostic de la TLC (tendinopathie latérale du coude) mais sont peu étudiés(23). »
Tendinopathie médiale du coude (« golfer elbow ») (edit | edit source)
La tendinopathie médiale du coude (également appelée « épicondylite médiale », « épitrochléite », « coude du golfeur ») est moins fréquente que la tendinopathie latérale du coude(24). Elle est « causée par des efforts répétitifs dans le cadre d’activités qui impliquent fréquemment une préhension, une pronation de l’avant-bras et/ou une flexion du poignet(25). »
Présentation clinique(4) :
- douleur à la face médiale du coude lors de la flexion du poignet et de la supination de l’avant-bras
- douleur lors d’activités telles que l’utilisation d’un tournevis ou d’un marteau et toute activité de préhension (par exemple, tenir un club de golf ou un bâton de base-ball)
Observation: les patients peuvent hésiter à serrer la main
Palpation: sensibilité à la palpation de l’épicondyle médial et des tendons et muscles fléchisseurs communs des doigts
Mobilité articulaire active et passive: inconfort lors de l’extension du coude et à l’extension du poignet (active et passive)
Tests de mobilité résistée : douleur à la flexion du poignet et à la pronation de l’avant-bras(4)
Rupture du tendon du biceps (edit | edit source)
« Les ruptures du tendon distal du biceps sont généralement causées par une force soudaine en extension sur le coude fléchi. La littérature récente montre une augmentation de l’incidence, alors que l’âge des patients présentant une rupture du tendon du biceps distal diminue(26). »
Présentation clinique : le patient signale un incident précis, suivie d’une diminution immédiate de la force de flexion du coude. Ils peuvent noter qu’ils ont ressenti un « pop » au moment de la blessure.(27)
Observation : il est possible d’observer la déformation après quelques jours, lorsque le muscle biceps se rétracte
Palpation :
- il est parfois possible de palper la déformation
- peut présenter une sensibilité le long du biceps
Mobilité articulaire active et passive : mobilité active limitée en flexion du coude, mais mobilité passive complète
Test résisté : faiblesse lors de la flexion résistée du coude(4)
Test de compression du biceps(4) :
- le patient est assis, le coude fléchi entre 60 à 80 degrés et l’avant-bras en légère pronation (c’est-à-dire reposant sur les genoux)
- l’évaluateur comprime fermement le biceps du patient avec ses deux mains – une main sur le ventre du muscle et l’autre à la jonction myotendineuse distale
- test positif = absence de supination de l’avant-bras lors de la compression du biceps
Test du crochet(4)(26) :
- l’évaluateur utilise son index pour palper le tendon du biceps dans la fosse antécubitale
- test positif = PAS de tendon
Test de pronation passive de l’avant-bras(4)(26) :
- le patient est assis et son coude est à 90 degrés de flexion
- l’évaluateur bouge passivement l’avant-bras du patient de la supination à la pronation
- test positif = perte du mouvement visuel et palpable du ventre du muscle biceps
« Biceps crease interval »(4)(26) :
- le patient est assis et son coude est à 90 degrés de flexion
- l’évaluateur fixe le poignet du patient et place son doigt sur la fosse antécubitale du patient
- l’évaluateur étend passivement le coude du patient et effectue une supination de son avant-bras, puis mesure la distance entre le pli antécubital et le ventre musculaire distal
- test positif = distance de plus de 6 cm
Zwerus et al.(26) notent que « le test du crochet, le test de pronation passive de l’avant-bras, le ‘biceps crease interval/biceps crease ratio’, le test de compression du biceps et le test de supination-pronation ont été étudiés pour une utilisation individuelle et ont démontré une sensibilité allant de 81 % à 100 % et une spécificité de 50 % à 100 % ». Dans leur étude, ils ont constaté que « la combinaison d’un test du crochet positif et d’un « Biceps crease interval » positif est le meilleur moyen de diagnostiquer avec précision les ruptures complètes aiguës du tendon du biceps distal »(26).
Sept pour cent de toutes les fractures sont des fractures du coude(28). Les fractures extra-articulaires sont plus fréquentes chez les enfants, tandis que les fractures articulaires sont plus fréquentes chez les adultes de plus de 50 ans. Chez les jeunes adultes, les fractures du coude sont généralement dues à des traumatismes à haute énergie (accidents de voiture, sports, chutes depuis une hauteur élevée), alors que chez les adultes âgés de plus de 80 ans, il s’agit plutôt de traumatismes à faible énergie (chutes à partir de la position debout, par exemple).(28)
Ces tests peuvent être utilisés pour déterminer la nécessité d’une radiographie.
Test de mobilité à quatre directions (« Four-way Range of Motion Test »)(4)(29) :
- le patient est assis, le bras le long du corps et le coude allongé
- il est demandé au patient d’effectuer activement :
- une extension jusqu’à un blocage (verrouillage) complet
- flexion du coude à 90 degrés
- en flexion : pronation sur toute l’amplitude du mouvement
- en flexion : supination sur toute l’amplitude du mouvement
- test positif = diminution de l’amplitude des mouvements dans l’une des quatre directions
- rapport de vraisemblance positif = 2,47 ; rapport de vraisemblance négatif = 0,02(29)
Test d’extension du coude(4)(30) :
- le patient est assis, les bras en supination
- le patient est invité à fléchir activement les épaules jusqu’à 90 degrés
- le patient étend ensuite ses coudes
- test positif = diminution de l’amplitude articulaire du coude atteint
- rapport de vraisemblance positif = 1,88 ; rapport de vraisemblance négatif = 0,06(30)
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