Traitement de la douleur fondé sur des données probantes chez des personnes déplacées

Éditeur original – Zafer Altunbezel

Principaux contributeursNaomi O’Reilly, Wanda van Niekerk, Ewa Jaraczewska, Kim Jackson et Jess Bell

Introduction(edit | edit source)

La douleur chronique est l’une des conditions les plus invalidantes et les plus difficiles pour les professionnels de la réadaptation qui travaillent avec des personnes traumatisées. (1) (2) En raison de la nature multifactorielle de la douleur chronique chez les personnes déplacées traumatisées, une stratégie de traitement efficace nécessite une bonne compréhension des différents domaines contributifs. Le contexte personnel et culturel des individus, qui ne peut être compris que par une évaluation adéquate de la douleur, doit être pris en compte lors de l’élaboration d’une stratégie de traitement.(1)

Bien que l’approche générale soit très similaire à la pratique courante, la sélection des outils et des techniques pour travailler avec les personnes déplacées dépend de deux facteurs :

  • les ressources disponibles, incluant :
    • le temps
      • la durée et la fréquence à laquelle le patient peut suivre les traitements
      • s’il est possible de prévoir des suivis réguliers à long terme dans certains contextes, d’autres contextes ne permettent qu’une intervention brève
    • l’accès à de l’équipement
    • l’accès à l’imagerie
    • l’accès aux spécialistes ou à la chirurgie
  • l’acceptation du patient
    • certaines options thérapeutiques peuvent ne pas être bien accueillies par les patients en raison de leur contexte culturel, de leurs croyances personnelles ou de leurs attentes
    • les ressources telles que les bâtiments, pièce d’équipement, fournitures, transports et ressources humaines doivent être prises en compte

Qu’il s’agisse d’une intervention à long terme ou d’une intervention brève, le point de vue du patient doit toujours être pris en compte lors de la planification d’une stratégie de traitement. De nombreux patients souhaitent être « rétablis » et ne plus souffrir, mais il est toujours essentiel d’aider les patients à identifier leurs souhaits et leurs attentes. De cette manière, les patients peuvent être encouragés à adopter un style de gestion de la douleur plus actif. (3) (4)

Le Modèle de Gestion des Vecteurs de Douleur et d’Incapacité (5) est un cadre clinique qui aide les cliniciens à identifier et à cartographier les facteurs contributifs lors de l’évaluation de la douleur. La stratégie globale du traitement et les priorités peuvent être définies à partir des résultats de l’évaluation de la douleur. Bien qu’il soit possible de constater des différences entre les individus, les principes suivants peuvent guider le processus de traitement : (6)

  • Assurer la stabilité psychosociale et la sécurité de l’individu
  • Établir une relation thérapeutique par le biais d’une approche approche tenant compte des traumatismes
  • Éliminer les pathologies graves et identifier les facteurs contributifs grâce à un examen approprié
  • Gérer les facteurs cognitifs et émotionnels (catastrophisme, peur, évitement, etc.)
  • Traitemer les dysfonctionnements du système nerveux (sensibilisation périphérique et centrale)
  • Traiter les affections provoquant un apport nociceptif et amélioration du bien-être physique
  • Traiter les comorbidités par des approches médicales et intégratives (5)(6)

Interventions dans la gestion de la douleur nociceptive ( éditer | edit source )

Compte tenu de la fréquence élevée des expériences traumatiques vécues par les personnes déplacées, il est très probable que la douleur d’une personne soit due à des facteurs nociceptifs, (7) soit en raison d’un traumatisme physique direct, soit en raison d’un déconditionnement non spécifique. Il est important de veiller à ce que la douleur nociceptive soit prise en charge dès les premières étapes du processus de traitement. De plus, la relation du patient avec l’équipe de réadaptation dépend de la gestion efficace de cette douleur, car la plupart des patients établissent leur relation en se basant d’abord sur la réduction de la douleur. Le contrôle initial de la douleur est également un bon outil pour l’engagement du patient, en particulier pour les patients qui ne sont pas familiers avec la physiothérapie.

La sélection des outils de traitement dépend de divers facteurs tels que le tableau clinique, le contexte culturel, les croyances et les attentes, la tolérance et l’acceptation. (8) (9) De plus, la durée estimée de la période de traitement à laquelle le patient peut participer doit être prise en compte. Dans tous les cas, les principes ci-dessous doivent être respectés lors de la prise de décision concernant le traitement :

  • Les outils sélectionnés doivent permettre de réduire la douleur dès les premiers stades.
  • Le processus de cicatrisation des tissus doit être maintenu
  • Les dysfonctionnements physiques doivent être traités
  • La transition entre les traitements passifs et les traitements actifs doit être assurée le plus tôt possible.
  • Les patients doivent être encouragés à développer des compétences en matière de traitement autonome. (10) (11)

La thérapie manuelle ( éditer | source d’édition )

La thérapie manuelle amène une opportunité pour examiner de façon détaillée et traiter les dysfonctionnements physiques complexes. Il peut s’agir d’une bonne option pour les patients souffrant de douleurs nociceptives et d’autres dysfonctionnements physiques. Les mobilisations et manipulations manuelles peuvent être utilisées autant pour la colonne vertébrale que pour d’autres articulations afin de réduire la douleur et d’améliorer les mouvements. Les interventions sur les tissus mous peuvent être très efficaces pour les patients souffrant de tensions musculaires excessives ou pour les cicatrices. Toutefois, les techniques pratiques peuvent ne pas être acceptées par certains patients en raison de leur culture ou de leur religion, de leurs antécédents traumatiques personnels ou de leurs craintes.(12)

La manipulation et la mobilisation vertébrales sont efficaces chez les adultes pour les douleurs lombaires aiguës, subaiguës et chroniques, les migraines et les céphalées cervicogéniques, les vertiges cervicogéniques. La manipulation / mobilisation est efficace pour plusieurs affections articulaires des extrémités et la manipulation / mobilisation thoracique est efficace pour les douleurs cervicales aiguës ou subaiguës. (13) (14)

Les modalités(edit | edit source)

Diverses modalités peuvent être utilisées dans les phases initiales du traitement pour les patients qui ne sont pas encore prêts pour les traitements manuels ou les exercices. Certains patients peuvent refuser les traitements manuels dans les premiers temps, en raison de leur origine culturelle ou de souvenirs traumatiques. Au départ, ils peuvent s’attendre ou croire à des traitements plus médicalisés, solides ou basés sur des équipements :

  • Des enveloppements froids peuvent être utilisés pour contrôler l’inflammation dans les cas de blessures aiguës. (15)
  • Des enveloppements chauds et d’autres agents produisants une chaleur peuvent être utilisés dans les cas d’hypomobilité articulaire et d’hypertonicité musculaire.
  • Les compresses de gel chaudes et froides sont des outils peu coûteux qui peuvent être distribués aux patients en cas de bénéfice.
  • Lorsqu’appliqué à des intensités adéquates, les examens systématiques suggèrent que le TENS est efficace pour la douleur post-opératoire, l’arthrose, la neuropathie diabétique douloureuse et certaines conditions de douleur aiguë. Le TENS peut restaurer efficacement la modulation centrale de la douleur, une mesure de l’inhibition centrale.(16)

Si les modalités peuvent être des outils utiles dans les phases initiales, les cliniciens ne doivent pas oublier qu’à long terme elles ne peuvent pas remplacer les approches actives. Un autre point important est que les facteurs psychologiques doivent être pris en compte et que le consentement du patient doit être obtenu avant d’utiliser toute modalité. Certains patients peuvent avoir subi une exposition traumatisante au froid, au chaud ou à l’électricité dans le passé et les modalités peuvent déclencher des effets psychologiques indésirables.(17)

Les exercices thérapeutiques et l’activité physique ( éditer | éditer la source )

La douleur et d’autres déficiences physiques peuvent entraîner un cercle de douleur et d’immobilité en l’absence d’un traitement approprié à long terme. Cette situation entraîne un évitement par la peur et un retrait de l’activité physique, ce qui diminue le bien-être physique et psychosocial. (18) (19) (20) Une fois que les symptômes physiques initiaux des patients sont stabilisés, les exercices thérapeutiques et l’activité physique graduée suivants devraient être introduits : (21) (22)

  • Exercices d’amplitude de mouvement
  • Exercices d’assouplissement
  • Exercices de renforcement et de stabilisation
  • Automobilisation des articulations et des tissus mous
  • Mobilisations neurales
  • Exercices d’équilibre et de coordination
  • Exercices aérobiques

Un programme d’exercices doit être facile à comprendre et à éxécuter pour les patients. Le nombre d’exercices, ainsi que leur difficulté, doivent être ajustés en fonction de la capacité physique du patient, du temps dont il dispose et de son acceptation. Il est préférable de sélectionner des exercices nécessitant un minimum d’équipement et, si nécessaire, de fournir aux patients le matériel de base (par exemple, des bandes de résistance élastiques). Pour les exercices prescrits, les patients doivent recevoir une liste et des instructions dans leur langue afin de pouvoir s’en souvenir et tenir un journal.

Les technologies d’assistance et d’adaptation ( éditer | éditer la source )

Certains patients peuvent ne pas être physiquement ou mentalement prêts à se déplacer de manière autonome en raison de blessures physiques graves ou d’une peur de la douleur et du mouvement. D’autres peuvent subir des interventions chirurgicales et venir à la clinique dans la phase post-opératoire, lorsque la mise en charge complète n’est pas encore sécuritaire. Certaines technologies d’assistance peuvent être utilisés à des fins de protection ou de promotion au cours des premières phases :

  • Aides à la marche telles que déambulateurs, béquilles, cannes, etc.
  • Écharpes, appareils orthopédiques, attelles
  • Taping, bandage
  • Outils d’adaptation pour les activités quotidiennes

Les cliniciens doivent prendre des décisions prudentes en ce qui concerne l’utilisation des technologies d’assistance et d’adaptation, car elles peuvent accroître la dépendance des patients. Les supports externes ne doivent servir qu’à assurer la sécurité et à encourager les patients à être physiquement actifs pendant une période prédéterminée.

Interventions dans la gestion des dysfonctionnements du système nerveux ( éditer | edit source )

Les traumatismes directs au niveau du système nerveux (explosions, blessures par balle, tortures, etc.) et les blessures secondaires acquises lors d’activités de vie quotidienne (par exemple, les blessures liées au travail) peuvent entraîner des situations telles que la douleur neuropathique, la sensibilité périphérique, la radiculopathie ou la myélopathie. Une sensibilisation centrale peut également se développer en raison d’un manque d’accès au traitement approprié, de troubles de la santé mentale ou de facteurs sociaux et émotionnels.

La douleur étant un effet du système nerveux, il est essentiel de s’attaquer aux dysfonctionnements du système nerveux dans les situations de douleur chronique. Des tissus neuronaux endommagés ou compromis ainsi qu’une modulation centrale de la douleur dysfonctionnelle peuvent causer une souffrance extrême et, par conséquent, détériorer le bien-être général d’un individu.

La thérapie manuelle ( éditer | source d’édition )

La thérapie manuelle peut être utilisée à la fois pour l’évaluation et le traitement des affections musculo-squelettiques entraînant une détérioration du tissu nerveux. Il peut s’agir de lésions liées à un traumatisme (par exemple, des cicatrices qui exercent une pression sur les nerfs) ou d’affections secondaires (par exemple, des troubles dégénératifs de la colonne vertébrale). Les techniques manuelles visant les tissus mous et les articulations peuvent soulager la douleur.

Mobilisation neuronale ( éditer | edit source )

La neurodynamique fait référence à la communication entre les différentes parties du système nerveux et à la relation entre le système nerveux et le système musculo-squelettique. Il a été démontré que les nerfs se déplacent indépendamment des autres tissus.(23)

Diverses blessures peuvent avoir un impact négatif sur la neurodynamique et entraîner des dysfonctionnements du système nerveux. Une blessure pénétrante peut laisser une cicatrice excessive et entraver le mouvement des nerfs qui traversent cette zone. La torture par suspension peut provoquer des lésions du tissu conjonctif des nerfs sans pour autant avoir un impact significatif sur la conduction nerveuse. Les affections dégénératives de la colonne vertébrale peuvent provoquer des symptômes radiculaires.
La mobilisation neurale (MN) est efficace dans le traitement de la lombalgie liée aux nerfs, de la cervicalgie et de la douleur au bras liées aux nerfs, de la douleur plantaire au niveau du talon et du syndrome du tunnel tarsien. (24) Les mobilisations neurales (glissements et mise en tension) peuvent améliorer le mouvement et l’adaptabilité des tissus neuronaux et peuvent être utilisées dans les dysfonctions nerveuses périphériques.

(25)

L’imagerie motrice graduelle ( éditer | éditer la source )

L’imagerie motrice graduelle est une nouvelle méthode de traitement utilisée dans la gestion des affections douloureuses chroniques. L’imagerie motrice graduelle est une technique de traitement du paradigme « top-down » conçu pour traiter la douleur chronique. Cette technique vise à normaliser de manière séquentielle le traitement central afin de remédier à la douleur chronique.(26)

L’imagerie motrice graduée se compose de trois étapes séquentielles. Dans un premier temps, les patients tentent d’identifier les images gauche et droite des parties du corps qui leur font mal. Dans un deuxième temps, les patients imaginent des mouvements ou postures qui sont douloureux pour eux. Dans la dernière étape, les patients, placés devant un miroir, effectuent des exercices avec leurs extrémités non douloureuses envoyant ainsi des informations visuelles au cerveau comme s’ils exerçaient le membre douloureux. (27) (28)

Bien que l’histoire de l’imagerie motrice graduée soit relativement courte et que les études sur l’imagerie motrice graduée soient en cours, elle peut être ajoutée à un programme de traitement dans une situation de sensibilisation centrale. (29)

La thérapie Basic Body Awarenesss ( éditer | éditer la source )

La Basic Body Awareness Therapy (BBAT) est une intervention de physiothérapie en santé mentale développée en Scandinavie dans les années 1970. BBAT part de l’hypothèse d’un manque de contact et de conscience du corps d’une personne concernant des facteurs physiques, mentaux et relationnels.(32)(33) Ce déficit de contact peut entraîner un dysfonctionnement de la qualité du mouvement, des douleurs et une réduction de la fonction.(32) BBAT se concentre sur la qualité du mouvement et sur la manière dont les mouvements sont exécutés et vécus en relation avec l’espace, le temps et l’énergie.(32) (34) (35)

L’objectif de la BBAT est d’établir une sensibilisation du corps et une conscience des mouvements accrues, en progressant vers la diminution de l’effort et l’amélioration de la fonction dans les actions d’être, agir et interagir. Le programme thérapeutique comprend des mouvements utilisés dans la vie quotidienne : se coucher, s’asseoir, se lever et marcher. L’utilisation de la voix, d’exercices relationnels et du massage sont également intégrés au programme. La respiration libre, l’équilibre et la conscience dans tous les exercices sont essentiels.
(36)

(35)

(37)

Interventions dans la gestion des affections concomitantes ( éditer | edit source )

Les expériences traumatisantes, ainsi que les conditions de vie précaires à long terme des personnes déplacées, entraînent souvent de multiples comorbidités. Certaines de ces affections peuvent contribuer à la persistance de la douleur et nuire au bien-être général.

L’orientation vers les services nécessaires ( éditer | éditer la source )

Les expériences traumatisantes et les conditions de vie précaires dans les zones de guerre, les prisons et les camps de personnes déplacées peuvent souvent entraîner des maladies transmissibles et non transmissibles ainsi que des troubles de santé mentale. Les comorbidités peuvent contribuer fortement à la douleur chronique et entraver la guérison.

Dans certains contextes, les troubles biologiques et mentaux peuvent ne pas avoir été traités correctement avant l’intervention en physiothérapie. Certains patients peuvent manquer de stabilité sociale pour suivre régulièrement les séances de physiothérapie ou faire preuve d’assiduité. En présence d’indicateurs nécessitant l’intervention d’autres disciplines, il convient d’assurer une orientation et un suivi appropriés.

L’activité physique ( éditer | source d’édition )

Une activité physique régulière peut améliorer simultanément différents domaines de la santé et devrait être incluse dans les programmes de traitement lorsque l’on travaille avec des personnes déplacées. (38) Les bénéfices possibles de l’activité physique incluent :

Les personnes déplacées souffrant de douleurs chroniques ont souvent tendance à avoir un mode de vie sédentaire en raison de l’évitement de la douleur et d’autres facteurs psychosociaux et environnementaux. Cette tendance peut avoir un impact sur leur adhésion au processus de physiothérapie et doit être découragée.

Pour la santé et le bien-être, l’Organisation mondiale de la santé recommande au moins 150 à 300 minutes d’activité aérobique modérée par semaine (ou une activité vigoureuse équivalente) pour tous les adultes, et une moyenne de 60 minutes d’activité physique aérobique modérée par jour pour les enfants et les adolescents. (38) Toutes les activités physiques comptent et peuvent être pratiquées dans le cadre du travail, du sport et des loisirs ou du transport (marcher, pousser sa chaise roulante et faire du vélo), ainsi que dans le cadre des tâches quotidiennes et ménagères. L’activité physique choisie et le dosage doivent être ajustés en fonction des performances physiques de la personne ainsi que des facteurs sociaux et environnementaux (par exemple, les heures de travail, les conditions dans l’espace de vie, les facteurs liés à la communauté, etc.)(38)

Les modifications du mode de vie ( éditer | modifier la source )

De simples modifications du mode de vie peuvent avoir un effet significatif sur le bien-être général d’une personne à court et à long terme. Les problématiques de santé chronique, les pathologies mentales et l’instabilité sociale créent un environnement propice au développement d’habitudes de vie négatives, pouvant exacerber l’impact des comorbidités. (40) Lorsqu’elles sont détectées, les habitudes de vie suivantes doivent être inversées par des approches comportementales appropriées :

  • Immobilité physique dans la vie quotidienne
  • Les mauvaises habitudes alimentaires (aliments forts en gras saturés ou en mauvais glucides, consommation excessive de sel, etc.)
  • Consommation d’eau insuffisante
  • Consommation excessive de café ou de thé
  • Tabagisme et consommation d’alcool
  • Abus de substances
  • Consommation excessive de médicaments (par exemple, d’analgésiques)

L’hygiène du sommeil ( éditer | éditer la source )

La qualité du sommeil est directement liée à l’intensité de la douleur perçue. La diminution de la qualité du sommeil augmente l’intensité de la douleur, diminue le seuil de la douleur et entrave la cicatrisation des tissus.(41) (42) Troubles du sommeil doit faire l’objet d’une approche multidisciplinaire incluant un traitement psychiatrique, une psychothérapie et de la physiothérapie.(43) (44) Les stratégies et conseils suivants peuvent être utilisés dans le cadre d’une intervention en physiothérapie : (45)(46)

  • Pratiquer une activité physique régulière et de l’exercice
  • Pratiquer des exercices de relaxation
  • Adopter de bonnes positions de repos
  • Appliquer une bonne routine à l’heure du coucher
  • Disposer d’un espace de sommeil de qualité
  • Éviter de s’exposer aux médias sociaux ou à des informations dérangeantes le soir
  • Diminuer la consommation de caféine et d’alcool
  • Éviter les siestes pendant la journée

Interventions dans la gestion des facteurs cognitifs et émotionnels( éditer | éditer la source )

Les situations où les personnes déplacées sont délibérément traumatisées et laissées sans défense pendant une longue période de temps constituent un environnement propice au développement de cognitions et d’émotions négatives liées à la douleur. Le manque de connaissances en matière de santé, les croyances culturelles néfastes et les pensées sur la douleur peuvent orienter les gens vers des stratégies d’adaptation négatives.
(47)

Ces styles d’adaptation néfastes et dles cognitions négatives à l’égard de la douleur peuvent accroître la gravité de la douleur ainsi que l’incapacité liée à la douleur. Ces facteurs ont également un impact négatif sur la conformité au traitement.

L’éducation des patients ( éditer | source d’édition )

L’éducation du patient peut être utilisée comme première intervention thérapeutique dans le processus global de thérapie. Elle repose sur le concept selon lequel de nouvelles perceptions et habitudes sont souvent construites sur des perceptions et croyances antérieures. De cette manière, les cognitions et les émotions négatives qui pourraient dans l’avenir interférer avec le processus thérapeutique peuvent aussi être modifiées. Une séance d’éducation du patient peut inclure : (48)

  • Le processus thérapeutique global
  • La neurophysiologie de la douleur et de la douleur chronique
  • Les symptômes de stress post-traumatique
  • Les cognitions et émotions négatives face à la douleur
  • La catastrophisation de la douleur et de l’évitement par la peur
  • Les différentes stratégies d’adaptation

Les sessions d’éducation doivent se dérouler dans un environnement interactif. La quantité d’informations et la complexité du langage utilisé doivent être soigneusement ajustées en fonction du niveau d’éducation de la personne, de son niveau de stabilité cognitive et de sa motivation à changer.

Les exercices de relaxation ( éditer | éditer la source )

La détresse mentale et émotionnelle peut entraîner une augmentation de la tension musculaire et de l’intensité de la douleur perçue. Les exercices de relaxation peuvent prendre la forme d’une relaxation musculaire progressive, hold-relax ou d’inhibition réciproque. Lorsqu’elles sont mises en œuvre correctement, les techniques de relaxation sont d’excellents outils permettant aux patients de réguler leurs symptômes et de renforcer leur sentiment de contrôle.

Les exercices de respiration ( éditer | éditer la source )

La sensibilisation aux schémas respiratoires et l’utilisation de la respiration diaphragmatique sont d’excellents outils que les patients peuvent utiliser pour l’autorégulation de la détresse émotionnelle. La respiration diaphragmatique régulière et contrôlée diminue l’activité du système nerveux sympathique et crée une sensation de relaxation générale.

Les approches cognitives et comportementales ( éditer | edit source )

En l’absence d’interventions appropriées, la douleur chronique peut entraîner un évitement par la peur et une diminution de l’efficacité personnelle. Certaines stratégies de la thérapie cognitivo-comportementale peuvent être adaptées aux interventions thérapeutiques. Il peut s’agir d’une communication ouverte, de la fixation d’objectifs, du rythme des activités et des devoirs.

Les autres approches ( éditer | éditer la source )

D’autres approches traditionnelles et complémentaires peuvent être utilisées dans le traitement de la douleur chronique, notamment les exercices d’ancrage, la pleine conscience, la visualisation agréable et les pratiques religieuses et spirituelles.

Interventions dans la gestion des facteurs sociaux et environnementaux ( éditer | edit source )

Les personnes déplacées doivent souvent faire face à des défis sociaux et environnementaux, notamment en ce qui concerne les moyens de subsistance, l’accès aux droits et aux services, les questions juridiques, les problèmes de sécurité, la discrimination et la stigmatisation. Ces défis peuvent entraîner une baisse significative du bien-être général s’ils ne sont pas considérés à travers les services sociaux.

Les professionnels travaillant avec des personnes déplacées doivent toujours rester conscients des facteurs sociaux susceptibles d’interférer avec le processus thérapeutique et prendre les mesures nécessaires afin de bien les gérer. En travaillant avec des équipes interdisciplinaires, les facteurs sociaux peuvent être abordés par des travailleurs sociaux. Dans d’autres contextes, l’identification des ressources sociales disponibles et l’orientation vers d’autres ressources peuvent constituer une bonne stratégie.

En plus d’orientation vers des travailleurs sociaux, les physiothérapeutes peuvent aussi effectuer des évaluations dans le lieu de vie et dans la communauté si nécessaire. En cas de problème d’accessibilité, les ressources nécessaires peuvent être mobilisées. L’éducation de la famille et de la communauté peut également être utilisée pour prévenir la stigmatisation et promouvoir une communauté de soutien.

Références(edit | edit source)

  1. 1.0 1.1 Morina N, Egloff N. The complexity of chronic pain in traumatized people: diagnostic and therapeutic challenges. InEvidence Based Treatments for Trauma-Related Psychological Disorders 2015 (pp. 347-360). Springer, Cham.
  2. Teodorescu DS, Heir T, Siqveland J, Hauff E, Wentzel-Larsen T, Lien L. Chronic pain in multi-traumatized outpatients with a refugee background resettled in Norway: a cross-sectional study. BMC psychology. 2015 Dec;3(1):1-2.
  3. Pahud M, Kirk R, Gage JD, Hornblow AR. New issues in refugee research. 2009
  4. Alzoubi FA, Al-Smadi AM, Gougazeh YM. Coping strategies used by Syrian refugees in Jordan. Clinical nursing research. 2019 May;28(4):396-421.
  5. 5.0 5.1 Tousignant-Laflamme Y, Cook CE, Mathieu A, Naye F, Wellens F, Wideman T, Martel MO, Lam OT. Operationalization of the new Pain and Disability Drivers Management model: A modified Delphi survey of multidisciplinary pain management experts. J Eval Clin Pract. 2020 Feb;26(1):316-325.
  6. 6.0 6.1 Tousignant-Laflamme Y, Martel MO, Joshi AB, Cook CE. Rehabilitation management of low back pain–it’s time to pull it all together! Journal of pain research. 2017;10:2373.
  7. Loeser JD, Treede RD. The Kyoto protocol of IASP Basic Pain Terminology. Pain. 2008; 137(3): 473–7.
  8. Peacock S, Patel S. Cultural influences on pain. Reviews in pain. 2008 Mar;1(2):6-9.
  9. Nayak S, Shiflett SC, Eshun S, Levine FM. Culture and gender effects in pain beliefs and the prediction of pain tolerance. Cross-cultural research. 2000 May;34(2):135-51.
  10. Mann EG, LeFort S, VanDenKerkhof EG. Self-management interventions for chronic pain. Pain management. 2013 May;3(3):211-22.
  11. Hutting N, Johnston V, Staal JB, Heerkens YF. Promoting self-management strategies for people with persistent musculoskeletal disorders: the role of physical therapists. Journal of orthopaedic & sports physical therapy. 2019 Apr;49(4):212-5.
  12. Ford JD, Grasso DJ, Elhai JD, Courtois CA. Social, cultural, and other diversity issues in the traumatic stress field. Posttraumatic Stress Disorder. 2015:503.
  13. Bronfort G, Haas M, Evans R, Leininger B, Triano J. Effectiveness of manual therapies: the UK evidence report. Chiropractic & osteopathy. 2010 Dec;18(1):1-33.
  14. Coulter ID, Crawford C, Hurwitz EL, Vernon H, Khorsan R, Booth MS, Herman PM. Manipulation and mobilization for treating chronic low back pain: a systematic review and meta-analysis. The Spine Journal. 2018 May 1;18(5):866-79.
  15. Hsu JR, Mir H, Wally MK, Seymour RB. Clinical practice guidelines for pain management in acute musculoskeletal injury. Journal of orthopaedic trauma. 2019 May;33(5):e158.
  16. Vance CG, Dailey DL, Rakel BA, Sluka KA. Using TENS for pain control: the state of the evidence. Pain management. 2014 May;4(3):197-209.
  17. Center for Substance Abuse Treatment. Understanding the impact of trauma. InTrauma-informed care in behavioural health services 2014. Substance Abuse and Mental Health Services Administration (US).
  18. Zale EL, Ditre JW. Pain-related fear, disability, and the fear-avoidance model of chronic pain. Current opinion in psychology. 2015 Oct 1;5:24-30.
  19. Marshall PW, Schabrun S, Knox MF. Physical activity and the mediating effect of fear, depression, anxiety, and catastrophizing on pain-related disability in people with chronic low back pain. PloS one. 2017 Jul 7;12(7):e0180788.
  20. Gatchel RJ, Neblett R, Kishino N, Ray CT. Fear-avoidance beliefs and chronic pain. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy. 2016 Feb;46(2):38-43.
  21. Hanel J, Owen PJ, Held S, Tagliaferri SD, Miller CT, Donath L, Belavy DL. Effects of exercise training on fear-avoidance in pain and pain-free populations: systematic review and meta-analysis. Sports Medicine. 2020 Dec;50(12):2193-207.
  22. Ogston JB, Crowell RD, Konowalchuk BK. Graded group exercise and fear avoidance behaviour modification in treating chronic low back pain. Journal of back and musculoskeletal rehabilitation. 2016 Jan 1;29(4):673-84.
  23. Lohkamp M., Herrington L. Small K. Tidy’s physiotherapy. London Elsevier 2013
  24. Basson A, Olivier B, Ellis R, Coppieters M, Stewart A, Mudzi W. The effectiveness of neural mobilization for neuromusculoskeletal conditions: a systematic review and meta-analysis. journal of orthopaedic & sports physical therapy. 2017 Sep;47(9):593-615.
  25. Joel Sattgast. Lumbar Spine | Neurodynamics. Available from: https://www.youtube.com/watch?v=0-ldoNCWx7M (last accessed 13/03/2023)
  26. Priganc VW, Stralka SW. Graded motor imagery. Journal of Hand Therapy. 2011 Apr 1;24(2):164-9.
  27. Walsh NE, Jones L, McCabe CS. The mechanisms and actions of motor imagery within the clinical setting. InTextbook of Neuromodulation 2015 (pp. 151-158). Springer, New York, NY.
  28. Manisha U, Kumar Senthil P, Manu G. Graded motor imagery program–a review. Indian Journal of Medical & Health Sciences. 2014 Jul;1(2):59-66.
  29. Bowering KJ, O’Connell NE, Tabor A, Catley MJ, Leake HB, Moseley GL, Stanton TR. The effects of graded motor imagery and its components on chronic pain: a systematic review and meta-analysis. The journal of Pain. 2013 Jan 1;14(1):3-13.
  30. Neuro Orthopaedic Institute NOI. What is Graded Motor Imagery? https://www.youtube.com/watch?v=fWYUJscRBRw (last accessed 13/03/2023)
  31. Neuro Orthopaedic Institute NOI. Mirror Box Therapy with David Butler. Available from: https://www.youtube.com/watch?v=hMBA15Hu35M (last accessed 13/03/2023)
  32. 32.0 32.1 32.2 International Association of Teachers in Basic Body Awareness Therapy. Basic Body Awareness Therapy (BBAT). Available from: http://iatbbat.com/basic-body-awareness-therap.html (accessed 13 March 2023).
  33. Dropsy J. Leva i sin kropp.(Living in Your Body.). Aldus, Lund. 1975.
  34. Skjaerven LH, Kristoffersen K, Gard G. An eye for movement quality: a phenomenological study of movement quality reflecting a group of physiotherapists’ understanding of the phenomenon. Physiotherapy theory and practice. 2008 Jan 1;24(1):13-27.
  35. 35.0 35.1 Gard G, Nyboe L, Gyllensten AL. Cclinical reasoning and clinical use of basic body awareness therapy in physiotherapy–a qualitative study?. European Journal of Physiotherapy. 2020 Jan 2;22(1):29-35.
  36. Madsen TS, Carlsson J, Nordbrandt M, Jensen JA. Refugee experiences of individual basic body awareness therapy and the level of transference into daily life. An interview study. Journal of Bodywork and Movement Therapies. 2016 Apr 1;20(2):243-51.
  37. Blaauwendraat C, Levy Berg A, Gyllensten AL. One-year follow-up of basic body awareness therapy in patients with posttraumatic stress disorder. A small intervention study of effects on movement quality, PTSD symptoms, and movement experiences. Physiotherapy theory and practice. 2017 Jul 3;33(7):515-26.
  38. 38.0 38.1 38.2 Bull FC, Al-Ansari SS, Biddle S, Borodulin K, Buman MP, Cardon G, Carty C, Chaput JP, Chastin S, Chou R, Dempsey PC. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. British journal of sports medicine. 2020 Dec 1;54(24):1451-62.
  39. Lacombe J, Armstrong MEG, Wright FL, Foster C. The impact of physical activity and an additional behavioural risk factor on cardiovascular disease, cancer and all-cause mortality: a systematic review. BMC Public Health. 2019 Jul 8;19(1):900.
  40. Pavlotsky NI. Lifestyle Modifications for the Treatment of Pain in the Rehabilitation Patient. In Comprehensive Pain Management in the Rehabilitation Patient 2017 (pp. 627-636). Springer, Cham.
  41. Burgess HJ, Burns JW, Buvanendran A, Gupta R, Chont M, Kennedy M, Bruehl S. Associations Between Sleep Disturbance and Chronic Pain Intensity and Function: A Test of Direct and Indirect Pathways. Clin J Pain. 2019 Jul;35(7):569-576.
  42. Alsaadi SM, McAuley JH, Hush JM, Lo S, Lin CW, Williams CM, Maher CG. Poor sleep quality is strongly associated with subsequent pain intensity in patients with acute low back pain. Arthritis & Rheumatology. 2014 May;66(5):1388-94.
  43. Baran AS, Chervin RD. Approach the patient with sleep complaints. InSeminars in neurology 2009 Sep (Vol. 29, No. 04, pp. 297-304). © Thieme Medical Publishers.
  44. Wang Y, Salas RM. Approach to Common Sleep Disorders. InSeminars in neurology 2021 Dec (Vol. 41, No. 06, pp. 781-794). Thieme Medical Publishers, Inc.
  45. Herrero Babiloni A, Lam JT, Exposto FG, Beetz G, Provost C, Gagnon DH, Lavigne GJ. Interprofessional Collaboration in Dentistry: Role of physiotherapists to improve care and outcomes for chronic pain conditions and sleep disorders. Journal of Oral Pathology & Medicine. 2020 Jul;49(6):529-37.
  46. Frange C, Staub C, Stathopoulos S. Basic Principles of Sleep Physiotherapy Practice. In Sleep Medicine and Physical Therapy 2022 (pp. 31-37). Springer, Cham.
  47. Stormacq C, Wosinski J, Boillat E, Van den Broucke S. Effects of health literacy interventions on health-related outcomes in socioeconomically disadvantaged adults living in the community: a systematic review. JBI Evid Synth. 2020 Jul;18(7):1389-1469.
  48. El Sount CR, Windthorst P, Denkinger J, Ziser K, Nikendei C, Kindermann D, Ringwald J, Renner V, Zipfel S, Junne F. Chronic pain in refugees with posttraumatic stress disorder (PTSD): A systematic review on patients’ characteristics and specific interventions. Journal of psychosomatic research. 2019 Mar 1;118:83-97.


Développement professionnel dans votre langue

Rejoignez notre communauté internationale et participez à des cours en ligne pour tous les professionnels en réadaptation.

Voir les cours disponibles