Caractéristiques et identification des types de plaies : ulcères d’insuffisance artérielle et veineuse

Rédactrice originale Stacy Schiurring d’après le cours de Dana PalmerPrincipales collaboratrices Stacy Schiurring, Jess Bell et Tarina van der Stockt

Introduction(edit | edit source)

Cet article contient des informations destinées aux professionnels de la rééducation qui sont nouveaux dans le domaine des soins de plaies ou qui n’ont pas pratiqué depuis longtemps et qui ont besoin d’une révision de l’identification des types de plaies Cet article n’entrera pas dans les détails de l’évaluation ou du traitement des plaies.

Les cinq types de plaies chroniques les plus courants sont (1) les ulcères artériels, (2) les ulcères veineux ou plaies variqueuses, (3) les plaies neuropathiques ou ulcères du pied diabétique (UPD), (4) les plaies de pression ou escarres de décubitus et (5) les plaies chirurgicales qui ne guérissent pas.

Les termes ulcère et plaie seront utilisés de manière interchangeable tout au long de cet article.(1)

En raison du grand nombre d’informations à présenter, ce thème a été divisé en trois pages distinctes. Cette page traite des ulcères dus à l’insuffisance artérielle ou veineuse. Pour en savoir plus sur les plaies neuropathiques, consultez cet article. Pour en savoir plus sur les plaies de pression et les plaies chirurgicales qui ne guérissent pas, veuillez consulter cet article.

Uclères artériels ( edit | edit source )

Les ulcères artériels (également connus sous le nom d’ulcères ischémiques) sont causés par une mauvaise irrigation des tissus des extrémités inférieures. Cette altération de l’apport sanguin entraîne une privation de nutriments et d’oxygène qui se traduit par une hypoxie tissulaire et la mort des cellules. Cela entraîne la formation d’une plaie dans la peau et les tissus sus-jacents. De plus, la diminution de l’apport sanguin peut nuire à la capacité de guérison du corps, ce qui permet à de petites éraflures ou coupures de se transformer en ulcères.(2)

  • Les plaies artérielles représentent environ 10 à 20 % des ulcères des membres inférieurs
  • Les ulcères artériels sont le résultat d’une maladie artérielle périphérique (1)

Maladie artérielle périphérique ( edit | edit source )

La maladie artérielle périphérique (MAP) est causée par le rétrécissement de la lumière des artères ou par l’obstruction des artères, le plus souvent en raison de l’athérosclérose. La MAP peut se produire dans n’importe quelle artère, mais elle est plus fréquente dans les jambes que dans les bras. (3) 40 % des personnes atteintes de MAP sont asymptomatiques. En connaissant les éléments à vérifier, vous pouvez sauver un membre ou une vie.(1)

  • La MAP se présente sous la forme d’un spectre et progresse selon des phases
  • Elle est asymptomatique jusqu’à ce qu’elle atteigne un seuil où le corps n’est plus en mesure de compenser la réduction du flux sanguin, ce qui peut se produire lorsque l’artère est occluse à 60 % ou plus (1)

Pour en savoir plus sur la MAP et ses signes et symptômes, veuillez lire cet article (en anglais original).

Dépistage de la MAP ( edit | edit source )

Les patients atteints de MAP présentent un risque plus élevé de coronaropathie asymptomatique et d’événements cardiovasculaires. Il est donc important que le professionnel en rééducation soit en mesure de dépister la MAP. Comme les professionnels de la rééducation passent souvent beaucoup de temps avec leurs patients et apprennent à bien les connaître, ils peuvent être les premiers professionnels de santé à déceler la possibilité d’une MAP. Des examens de dépistage simples et efficaces, effectués directement sur la table de traitement, permettent au professionnel de la rééducation de recueillir des informations et d’engager la procédure d’orientation appropriée.(1)

Si ces tests de dépistage sont positifs, le patient doit subir une évaluation de l’indice de pression systolique cheville/bras (IPS), appelé « ankle-brachial index », en anglais. (1) Il évalue la sévérité de l’insuffisance et du rétrécissement artériels pendant la marche. L’IPS est mesuré en divisant la pression systolique à la cheville par la pression systolique brachiale. L’IPS normal se situe entre 0,90 et 1,30. Un indice faible peut indiquer une MAP et un indice élevé peut être le signe d’une calcification artérielle.(4)
Raisonnement lors du dépistage Procédure Exemple des tests (cliquer pour agrandir)
Pouls pédieux L’artère pédieuse est la pourvoyeuse de sang pour le pied. Un pouls pédieux faible peut être le signe d’une affection circulatoire sous-jacente telle qu’une MAP.(5)
  • Il est possible de voir ce pouls
  • Localiser le site de palpation en demandant au patient de soulever son hallux. L’artère est située tout juste en latéral de ce tendon.
  • Le pouls peut être palpé tout juste après le milieu du pied, vers la région de la cheville.
  • Indiquer quelle échelle d’évaluation est utilisée (1) Voir le tableau ci-dessous pour plus de détails
Pouls de l’artère tibiale postérieure L’artère tibiale postérieure irrigue le compartiment postérieur de la jambe. Un pouls tibial postérieur faible peut être le signe d’une MAP ou d’un syndrome des loges.(6)
  • Localiser le site de palpation à mi-chemin entre la malléole médiale et le tendon d’Achille.
  • Indiquer quelle échelle d’évaluation est utilisée (1) Voir le tableau ci-dessous pour plus de détails
Temps de remplissage capillaire (TRC)
  • Le TRC est une technique d’examen physique qui permet une évaluation rapide et fiable de la qualité de la perfusion périphérique chez l’adulte et l’enfant.(7)
  • À réaliser lorsque le patient présente une absence ou une diminution des pouls tibiaux postérieurs ou pédieux.
  • Exercer une légère compression à l’extrémité d’un orteil ou sur la peau juste distale à une plaie ou à une zone qui vous préoccupe jusqu’à ce que la couleur disparaisse (blanchiment).
  • Relâchez la pression et comptez le nombre de secondes avant que la peau reprenne sa couleur d’origine.
  • Un TRC normal est de moins de trois secondes (1)
Capillary refill test.jpeg
« Rubor dependency test » (8)
  • Évaluation sur la table de traitement pour déterminer la présence d’une MAP
  • Le « Rubor dependency » est une coloration de la peau allant du rouge vif au rouge foncé lorsque la jambe est descendue vers le bas, mais pas lorsqu’elle est maintenue au-dessus du niveau du cœur. (9)
Veuillez lire le sujet spécial ci-dessous pour plus d’informations sur ce test.

  • Le membre inférieur est élevé à 60 degrés par rapport à l’horizontale pendant 60 secondes.
  • Portez attention à la plante du pied et vérifiez si elle est pâle. Une MAP fait passer la plante des pieds du rose au pâle chez les personnes à la peau claire et au gris ou au cendré chez les personnes à la peau foncée.
  • Une pâleur dans les 25 secondes suivant l’élévation de la jambe indique une maladie occlusive grave. Plus la pâleur apparaît rapidement, plus la MAP est grave.
  • La jambe est alors descendue vers le bas en aidant le patient à s’asseoir.
  • Un membre dont la perfusion est normale reprend une couleur saine environ 15 secondes après avoir été abaissé. (9) (1)
Veuillez visionner la vidéo ci-dessous pour un exemple d’exécution de ce test.
Deux options d’échelles d’évaluation pour mesurer l’amplitude du pouls
Échelle de mesure Description
Échelle de 3 points (10) 0 pas de pouls palpable 1+ pouls faible

2+ pouls normal

3+ pouls accéléré, fort, bondissant

Échelle de 4 points (11) 0 pas de pouls palpable 1 + pouls faible, mais détectable

2 + pouls légèrement plus faible que la normale

3 + pouls normal

4 + pouls bondissant

La courte vidéo suivante démontre comment effectuer les tests de TRC et d’hyperémie réactive.

(12)

Sujet spécial : Qu’est-ce que la « Rubor dependent » et comment est-elle évaluée sur la table de traitement ? (8)

Le « Rubor dependent » (également connue, en anglais, sous les noms de « erythromelalgia chronic rubor », « reactionary rubor »,« induced rubor », and « hyperemic response ») est un signe physiologique associé avec la maladie vasculaire périphérique (MVP). (13) Il s’agit d’une décoloration rouge sombre de la partie inférieure de la jambe et du pied qui se produit lorsque l’extrémité est positionnée plus basse que le cœur. Elle se produit parce que les artérioles de cette extrémité sont dilatées au maximum en réaction compensatoire à l’ischémie. Les artérioles ne parviennent pas à se resserrer malgré la pression hydrostatique élevée lorsque l’extrémité est en position vers le bas, ce qui entraîne une décoloration rouge.(14)

Le fait de positionner un pied sain dans une position vers le bas diminue le débit sanguin capillaire, et l’élévation ne produit aucun changement dans le débit sanguin. Cependant, chez les patients atteints de MVP, le débit sanguin capillaire augmente en position vers le bas et diminue avec l’élévation. (13) Ce changement physiologique est à la base du « Rubor dependency test ».

Le test de Buerger est typiquement effectué en :

  1. demandant au patient de se positionner en décubitus dorsal;
  2. élevant la jambe à 90 degrés par rapport au plan horizontal jusqu’à ce qu’une pâleur soit observée;
  3. abaissant ensuite lentement la jambe et notant l’angle auquel la couleur normale du pied revient. Cet angle est connu sous le nom d’angle de suffisance circulatoire.

Le« Rubor dependency test » (variante du test de Buerger) est effectué en:

  1. demandant au patient de se positionner en décubitus dorsal;
  2. élevant la jambe à 60 degrés par rapport au plan horizontal pendant 2 minutes et notant toute apparence de pâleur;
  3. déplaçant ensuite la jambe en position vers le bas pendant 2 minutes supplémentaires et notant tout changement de couleur. Le positionnement vers le bas de la jambe peut être obtenu en demandant au patient de s’asseoir sur la table d’examen, les jambes pendantes sur le côté.(15)

La pâleur du membre au cours de ce test indique une MAP, tout comme la rougeur en position vers le bas.(13)

On trouve dans la littérature d’autres modifications de cet examen, notamment :

  • l’angle d’élévation de la jambe pour observer la pâleur; (13) (15)
  • ajout d’exercices, tels que le pompage à la cheville, lorsque la jambe est surélevée; (16)
  • Lorsque les jambes sont surélevées au-dessus du niveau du cœur, « drainer » délicatement la couleur des pieds du patient. Avec cette technique, une pâleur persistante après 30 secondes suggère une MAP sévère.(15)

Selon Wright et al (13), l’angle qui entraîne une pâleur de la jambe est susceptible d’être important pour identifier l’étendue de la déficience circulatoire et le pronostic. Cependant, au moment de la publication de l’article de Wright et de ses collègues, aucune étude n’avait été réalisée pour établir une corrélation entre des angles spécifiques et le degré d’occlusion artérielle.(13) Par exemple, un manuel publié en 2019 indique qu’il suffit d’élever une jambe atteinte d’ischémie de 15 à 30 degrés pendant 30 à 60 secondes pour provoquer une pâleur dans le membre en question.(17) Des recherches supplémentaires pourraient permettre de mieux comprendre la relation entre le degré d’élévation et la sévérité de l’occlusion artérielle. Les professionnels de la rééducation disposeraient ainsi d’un outil d’évaluation plus solide faisable directement sur la table de traitement, qui les aiderait à élaborer des plans de soins efficaces et à déterminer quand il convient d’orienter le patient vers un médecin.

Des recherches ont montré que « le test de Buerger peut être très sensible pour détecter les occlusions artérielles en dessous du creux poplité mais n’est pas spécifique pour les occlusions artérielles au-dessus du creux poplité » (13), ce qui renforce l’idée qu’un test de Buerger positif indique une probable MVP. (13)

D’autres tests peuvent être envisagés, tels que (1) l’indice de pression systolique orteil/bras, (2) la mesure transcutanée de la pression en oxygène ou (3) la pression segmentaire de perfusion. La référence standard (« gold standard ») pour diagnostiquer la MAP est l’angiographie de contraste, qui est un examen invasif.(1)

Facteurs de risque de la MAP ( edit | edit source )

Facteurs de risque de la MAP et des ulcères artériels :

  1. Tabagisme : le tabagisme double le risque de MAP. Le risque augmente de manière cumulative avec le nombre de cigarettes fumées et le nombre d’années pendant lesquelles la personne a fumé.(1)
  2. Âge de plus de 60 ans :
    • 5 à 10 % des personnes ayant entre 50 et 80 ans souffrent d’une MAP;
    • 20 à 30 % des personnes ayant plus de 80 ans souffrent d’une MAP.(1)
  3. Diabète : le risque de MAP chez les patients atteints de diabète est multiplié par deux ou trois.(1)
  4. Hypertension
  5. Taux élevé de cholestérol
  6. Athérosclérose : cependant, il est important de noter que ce ne sont pas toutes les MAP qui sont causées par l’athérosclérose. (3) Le dépistage et l’orientation vers le prestataire de soins de santé approprié peuvent aider à établir un diagnostic officiel.
  7. Mode de vie sédentaire
  8. Antécédents familiaux

La MAP touchent les deux sexes. Toutefois, les hommes biologiques sont plus susceptibles de présenter des symptômes de claudication et les femmes biologiques sont plus susceptibles d’être asymptomatiques. (1)

Diagnostic différentiel de la MAP ( edit | edit source )

La sténose spinale, un problème couramment traité dans les cliniques de rééducation, peut présenter des symptômes similaires à ceux d’une MAP. Il est important de pouvoir différencier les symptômes de ces affections, mais aussi de savoir qu’elles peuvent survenir simultanément.(1)

  • Douleur de claudication ischémique due à une MAP : (1)
    • dans les premiers stades, elle peut être soulagée par le repos;
    • dans les stades avancés, la douleur est présente au repos et ne varie pas, sauf lorsque le membre est positionné vers le bas.
  • Douleur de claudication due à une sténose spinale : (1)
    • généralement soulagée par un changement de position qui réduit la compression au niveau du rachis, comme le passage de la position debout à la position assise, de la position assise à la position couchée, de l’extension à la flexion.
  • L’examen des autres signes et symptômes de la MAP permet également de faire la distinction entre les deux.

Caractéristiques des plaies artérielles ( edit | edit source )

  • Surviennent sur le tiers distal de la jambe.
  • Souvent retrouvées sur la face latérale et à la partie distale, c’est-à-dire la région mi-tibia, les malléoles latérales, les orteils, les espaces inter-orteils et les talons.
  • Le lit de la plaie est généralement pâle, avec des bords bien définis ou un aspect perforé.
  • Le lit de la plaie est généralement sec et présente un exsudat minimal. La plaie ne saigne généralement pas.
  • Les tissus nécrotiques sont fréquents, en particulier les escarres noires.
  • La peau est pâle, plus foncée ou cyanosée.
  • La zone de peau autour de la plaie est généralement brillante, cassante et dépourvue de poils.
  • On peut noter des ongles d’orteil qui poussent lentement, qui sont cassants ou rigides.
  • Les pouls tibial postérieur et/ou pédieux sont diminués ou absents.
  • La partie inférieure de la jambe est souvent froide au toucher et une atrophie musculaire peut être observée aux mollets ou à la musculature des pieds.
  • Les plaies artérielles sont généralement assez douloureuses et la douleur s’aggrave souvent avec l’élévation. Dans les stades avancés de la MAP, la douleur au repos et des sensations de brûlure aux orteils et à la plante des pieds sont fréquentes.

Symptômes de la MAP et des plaies artérielles : (1)

  • Plaies à cicatrisation lente
  • Une sensation que les pieds sont « froids , qu’ils fourmillent ou qu’ils sont engourdis » est fréquente.
  • Les crampes musculaires sont fréquentes, en particulier lors d’exercices ou d’activités quotidiennes telles que la montée d’escaliers.

Comment la douleur liée à la MAP peut influencer les évaluations en réadaptation : (1)

  • Les symptômes douloureux sont souvent rapportés de manière unilatérale. Cependant, environ 80 % des patients présentent une maladie bilatérale importante. Si un côté est plus sévère, il peut masquer les symptômes du côté controlatéral.
  • La douleur est généralement soulagée avec une position vers le bas, ce qui peut entraîner un œdème dans le membre. Ceci est important pour le diagnostic différentiel avec la maladie veineuse.
  • La tolérance à la marche est limitée par des douleurs, des crampes ou de la faiblesse après quelques pâtés de maisons. Surveillez les schémas de douleurs attendus qui s’améliorent avec le repos afin de les différencier d’autres types de douleurs liées à la marche.

Prise en charge des plaies artérielles ( edit | edit source )

Les trois facteurs les plus importants dans le traitement des plaies artérielles : (1)

  1. Irrigation : l’irrigation des tissus doit être rétablie le plus rapidement possible afin de permettre la cicatrisation. Éviter la compression et l’élévation du membre inférieur chez ces patients. Si les tests de dépistage indiquent une mauvaise irrigation, le patient doit subir un examen de l’indice de pression systolique cheville/bras et être orienté vers un spécialiste en médecine vasculaire.
  2. Désaccoutumance au tabac : il s’agit du plus grand facteur de risque modifiable pour les ulcères artériels. Il a été démontré que la désaccoutumance au tabac rétablit le microenvironnement tissulaire et les fonctions cellulaires dans un délai d’environ quatre semaines et que cette amélioration se poursuit aussi longtemps que l’individu s’abstient de fumer. Pour plus d’informations, veuillez consulter la section des ressources supplémentaires (ressource en anglais original).
  3. Nutrition : En général, une hydratation adéquate et la réduction des gras trans et des aliments inflammatoires sont autant d’éléments qui permettent de contrôler la pression artérielle, le cholestérol et l’inflammation. (18) Idéalement, chaque patient devrait travailler avec un diététicien afin d’élaborer un plan nutritionnel personnalisé.

Ulcères veineux ( edit | edit source )

Les ulcères veineux (également connus sous le nom d’ulcères de stase veineuse, d’ulcères d’insuffisance veineuse ou d’ulcères variqueux) sont causés par un mauvais fonctionnement des valvules dans les veines, ce qui augmente la pression veineuse. Il en résulte une accumulation de sang et une diminution de la capacité du système circulatoire à pomper efficacement le sang vers le cœur, ce qui provoque une insuffisance veineuse. L’accumulation de sang et l’hypertension veineuse entraînent également une fuite des cellules sanguines et des protéines dans les tissus sous-cutanés environnants, ce qui provoque un œdème et, éventuellement, une destruction des tissus et la formation de plaies en raison d’un manque d’oxygène et de nutriments.(19)

  • Les ulcères veineux sont le type de plaie chronique le plus courant, représentant plus de 70 % de tous les ulcères de la jambe.
  • Environ un tiers des adultes souffrent d’insuffisance veineuse, la prévalence augmentant avec l’âge.
  • L’insuffisance veineuse chronique (IVC) est environ trois fois plus fréquente chez les femmes biologiques que chez les hommes biologiques, principalement en raison de l’effet des œstrogènes et de la progestérone sur la fonction veineuse.
  • Environ 25 % des patients atteints d’IVC présentent une maladie artérielle concomitante. Utilisez les examens de dépistage de la MAP énumérés ci-dessus pour dépister une présentation mixte des symptômes.(1)

Caractéristiques des plaies variqueuses ( edit | edit source )

  • La zone de la guêtre de la jambe

    Observées sur le tiers inférieur de la jambe dans la zone de la guêtre.

  • Plus fréquentes sur le côté médial de la jambe.
  • Les plaies variqueuses ont tendance à être peu profondes, avec des bords irréguliers et une base fibrotique granuleuse ou gélatineuse.
  • Un suintement jaune peut être observé, mais les escarres noires ou brunes sont rares.
  • Les plaies variqueuses sont généralement humides en raison de la quantité souvent importante d’exsudat séreux qui s’écoule de la plaie et parfois de la peau environnante.
  • Les plaies variqueuses se manifestent de manière insidieuse et sont souvent précédées d’une modification de la couleur et de la texture de la peau. La peau peut être inflammée, épaissie, croûteuse, squameuse, luisante ou tendue.
  • La dermatite de stase peut se manifester : des rougeurs sont alors observées sur les peaux claires et une teinte gris-violet ou cendrée, sur les peaux plus foncées.
  • Varices
  • Une coloration à l’hémosidérine peut se produire : on remarquera alors une coloration brunâtre tachetée de la peau.
  • Une atrophie blanche peut se produire : c’est une décoloration blanchâtre de la peau. Celle-ci apparaît sur les plaies cicatrisées. De plus, l’atrophie blanche peut être un précurseur de la formation future d’ulcères.
  • Les pouls sont présents mais peuvent être difficiles à palper si le patient présente un œdème important.
  • La partie inférieure de la jambe est généralement chaude au toucher.
  • Les plaies variqueuses sont moins douloureuses que les plaies artérielles et les patients déclarent souvent ressentir des « courbatures » dans tout le membre inférieur.

Œdème chronique et plaies variqueuses : (1)

  • Symptômes courants de l’IVC.
  • L’œdème chronique s’aggrave après une station debout prolongée.
  • Dans un premier temps, c’est un œdème à godet, c’est-à-dire que la trace du doigt reste visible lorsqu’on appuie sur la peau.
  • À un stade plus avancé de la maladie, l’œdème peut devenir ferme et avoir une consistance « comme du bois ». Celui-ci se présente sous la forme d’un œdème foncé, décoloré, ferme et sans godet.
  • Les stades avancés de la maladie peuvent se manifester par une forme de « bouteille de champagne » de la partie inférieure de la jambe.
  • Concernant le diagnostic différentiel : l’œdème de l’IVC ne s’observe généralement qu’au-dessous du genou; s’il s’étend jusqu’à la cuisse, il est plus probable qu’il soit dû à un lymphœdème.
  • Concernant le diagnostic différentiel : l’œdème de l’IVC est généralement unilatéral; si l’œdème est bilatéral et égal, il est plus probable qu’il soit dû à des médicaments ou à une autre affection systémique telle qu’une insuffisance cardiaque congestive.

Symptômes de l’IVC et des ulcères variqueux : (1)

  • Il est fréquent que ces plaies s’améliorent et se détériorent à plusieurs reprises. 60 à 70 % des patients ayant eu une plaie variqueuse présenteront une récidive dans les 10 ans.
  • Douleur ou crampe dans la jambe.
  • Le patient signale que sa jambe est « lourde » ou « fatiguée ».
  • Des démangeaisons ou picotements de la peau sont fréquents, en particulier dans le cas de la dermatite de stase.
  • L’inconfort est soulagé par l’élévation et aggravé par la position de la jambe vers le bas ou la station debout prolongée.
  • Mictions fréquentes la nuit.
  • Jambes douloureuses.

Dépistage et évaluation de l’IVC ( edit | edit source )

  • Évaluation de la peau : recherche de varices visibles, d’œdèmes et de toute autre modification de la peau généralement observée dans le cadre de l’IVC.
  • Évaluer la circulation artérielle par la palpation des pouls tibial postérieur et pédieux.
  • Si les pouls ne sont pas palpables, évaluer le temps de remplissage capillaire. S’il est normal, l’absence de pouls est plus probablement due à un œdème veineux qu’à une insuffisance artérielle obstruant les vaisseaux.
  • Les tests de Brodie-Trendelenberg et de Perthes peuvent être utilisés cliniquement pour évaluer le retour veineux. (1) Veuillez consulter la section des ressources supplémentaires pour des lectures facultatives (en anglais original) à propos de ces tests.

Veuillez visionner la vidéo facultative suivante pour une démonstration rapide d’un examen du système veineux périphérique effectué par un médecin, y compris les tests de Brodie-Trendelenburg et de Perthes.

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Prise en charge des plaies variqueuses ( edit | edit source )

Les trois facteurs les plus importants pour le traitement des plaies variqueuses :

  1. Compression : la prise en charge de l’œdème est essentielle pour une bonne guérison des plaies. La compression doit être portée 24 heures sur 24 et rester sèche. Pour les patients présentant une plaie ouverte, les pansements compressifs sont changés régulièrement car la circonférence change avec la perte de liquide de l’œdème. Une fois que les plaies ont cicatrisé et que l’œdème est stable, le membre doit être mesuré en vue de la mise en place de bas de contention sur mesure. Ils doivent être portés toute la journée lorsque la jambe du patient est positionnée vers le bas, mais peuvent être enlevés pour dormir. Le patient peut continuer à utiliser ses anciens bas de contention s’ils sont en bon état et s’ils fournissent la force de compression appropriée. Les patients ne doivent pas continuer à porter des bas de contention troués ou abîmés. Les bas doivent généralement être remplacés tous les six mois. Et si possible, le patient doit avoir deux paires afin de pouvoir en porter une pendant que l’autre est en train d’être lavée. (1) Il ne faut pas mettre les bas de contention dans le sèche-linge.
    • Avant d’appliquer toute compression, vous devez vous assurer que le patient a une irrigation tissulaire adéquate et que le niveau de compression est approprié. Ceci est déterminé par l’indice de pression systolique cheville/bras.(1)
  2. Nutrition : comme pour les ulcères artériels, un patient souffrant de plaies variqueuses aura besoin de s’hydrater adéquatement et de réduire la consommation d’aliments susceptibles de provoquer une inflammation des vaisseaux sanguins.(18)
  3. Exercice : encourager à réaliser des exercices qui activent le pompage musculaire dans les membres inférieurs pour faciliter le retour veineux, par exemple : un programme de marche, le vélo, le pompage de la cheville, la circumduction de la cheville, l’alphabet à la cheville, les montées sur la pointe du pied en position assise et debout et les exercices pour la cheville sur des planches de proprioception. Inclure des étirements du soléaire et des exercices de mobilité de la cheville pour optimiser l’amplitude articulaire de la cheville. Dans la mesure du possible, le patient peut effectuer les exercices dans une position couchée et élever ses jambes plus haut que le niveau du cœur pour que la gravité favorise le retour veineux.(1)

Ressources (en anglais original)(edit | edit source)

Ressources cliniques pour l’éducation des patients :

Lectures complémentaires facultatives sur les tests de dépistage de Brodie-Trendelenberg et de Perthes:

Références(edit | edit source)

  1. 1.00 1.01 1.02 1.03 1.04 1.05 1.06 1.07 1.08 1.09 1.10 1.11 1.12 1.13 1.14 1.15 1.16 1.17 1.18 1.19 1.20 1.21 1.22 1.23 1.24 1.25 1.26 1.27 Palmer, D. Characteristics and Identification of Wound Types. Physiotherapy Wound Care Programme. Plus. » 2022.
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