Considérations cardiovasculaires et respiratoires dans la réadaptation fonctionnelle

Rédactrice originale Ewa Jaraczewska d’après le cours de Rachael Moses

Collaboratrices principalesEwa Jaraczewska , Jess Bell et Kim Jackson

Introduction(edit | edit source)

Les professionnels de la réadaptation jouent un rôle important dans le soutien aux personnes souffrant de troubles cardiorespiratoires(1). Chaque profession a un rôle différent au sein de l’équipe multidisciplinaire, mais tous les membres de l’équipe ont pour objectif commun d’améliorer la qualité de vie de ces personnes(2).

Cette page aborde le rôle de l’équipe de réadaptation dans la prise en charge des symptômes respiratoires et des déficiences fonctionnelles associés aux affections cardiorespiratoires. L’approche décrite dans cette page s’inspire du modèle de réadaptation fonctionnelle de l’Organisation mondiale de la santé.(3)

Dyspnée(edit | edit source)

L’essoufflement, également appelé dyspnée, est une sensation subjective de respiration inconfortable ou rapide, ou l’impression de ne pas réussir à obtenir suffisamment d’air(4). Cela peut constituer un signe avant-coureur de problèmes de santé sous-jacents potentiels. Ainsi, la dyspnée doit être correctement évaluée et considérée dans un ensemble global pour chaque patient.

Dyspnée chronique (edit | edit source)

Figure 1. Impact des troubles cardiovasculaires/respiratoires sur la fonction respiratoire.

Lorsque la dyspnée devient chronique, elle peut affecter la vie des gens de nombreuses façons.(5) (6)(7) Pour les personnes souffrant de dyspnée chronique, même une augmentation minime de la sollicitation des systèmes respiratoire ou cardiovasculaire (par exemple, lors de l’habillage, de la marche, etc.) peut entraîner une augmentation disproportionnée du travail respiratoire.(8) Pour cette raison, les personnes souffrant de dyspnée modifient souvent leur comportement et leurs activités quotidiennes afin d’éviter les situations qui aggravent leurs symptômes.(9) À long terme, ces changements comportementaux peuvent avoir des répercussions fonctionnelles, psychologiques et sociales importantes.(10)

Répercussions multisystémiques (edit | edit source)

« Les patients souffrant d’insuffisance respiratoire ont souvent des difficultés à maintenir leur apport nutritionnel par voie orale en raison de la dyspnée associée et présentent un risque accru de malnutrition (…)(11). »

L’augmentation du travail respiratoire affecte nos systèmes corporels de plusieurs manières. Par exemple, l’augmentation du travail respiratoire affecte le métabolisme et la nutrition. Bien que les personnes souffrant de dyspnée soient souvent moins actives, leurs besoins métaboliques augmentent afin de compenser le coût énergétique supplémentaire lié à la dyspnée. Par conséquent, leurs besoins nutritionnels augmentent également. Cependant, des fréquences respiratoires plus élevées peuvent entraîner de la fatigue et des difficultés de déglutition, ce qui peut empêcher les personnes souffrant de dyspnée d’atteindre leurs objectifs nutritionnels. Il en résulte une déficience nutritionnelle qui accélère la fonte musculaire et compromet encore plus la capacité fonctionnelle.(8)

La réduction de l’activité physique due à la dyspnée entraîne également une faiblesse musculaire et un déconditionnement. Cette faiblesse affecte à la fois les muscles squelettiques et respiratoires, compromettant l’efficacité de la respiration(12). La faiblesse des muscles respiratoires peut compromettre l’efficacité de la toux. Une toux faible ou inefficace affecte le dégagement des voies respiratoires, augmentant le risque d’infections des voies respiratoires, de dysfonctionnement respiratoire et de déclin fonctionnel(13).

La compréhension de ces liens constitue la base des approches de réadaptation fonctionnelle.

Équipe de réadaptation cardiorespiratoire (edit | edit source)

La réadaptation cardiorespiratoire nécessite un travail d’équipe coordonné et multidisciplinaire. Chaque membre de l’équipe de réadaptation procède à des évaluations complètes et met en œuvre des stratégies de prise en charge relevant de son domaine de compétence. Ces interventions visent à aider les patients à optimiser leur capacité fonctionnelle, à réduire l’anxiété associée à la dyspnée(14) et à développer des stratégies d’autogestion(8).

Les sections suivantes traitent des différentes professions de la réadaptation et de leur rôle au sein de l’équipe cardiorespiratoire. Attention : le champ d’activité de chaque profession peut varier selon le pays ou la région où elle est exercée.

Physiothérapeutes en soins respiratoires (edit | edit source)

Les physiothérapeutes en soins respiratoires ont un rôle à jouer dans la réduction de la dyspnée et l’amélioration de la ventilation chez les personnes souffrant d’affections cardiorespiratoires. Ils interviennent pour aider les personnes à dégager leurs voies respiratoires et à améliorer/maintenir leur tolérance à l’effort. Pour ce faire, ils évaluent, diagnostiquent, traitent et conseillent les patients. Ils assurent également la formation des autres membres de l’équipe multidisciplinaire. Les interventions spécifiques de physiothérapie respiratoire comprennent (1) des techniques de respiration et de positionnement visant à réduire la dyspnée et le travail respiratoire, (2) des techniques de dégagement des voies respiratoires visant à mobiliser les sécrétions et à faciliter leur expectoration, (3) l’élaboration et la mise en œuvre de programmes d’exercices visant à maintenir et à améliorer la tolérance à l’effort, (4) le sevrage du respirateur pour les patients en transition après une ventilation mécanique et (5) la prestation de soins respiratoires avancés, y compris la ventilation non invasive et la gestion de la trachéotomie.(8)

Thérapeutes en soins respiratoires (edit | edit source)

Dans certaines régions, il existe également des thérapeutes respiratoires. Bien qu’ils partagent certaines responsabilités avec les physiothérapeutes respiratoires, les thérapeutes respiratoires se consacrent généralement aux aspects plus techniques des soins respiratoires, tels que l’optimisation du travail respiratoire grâce au traitement des voies respiratoires et à l’élimination des sécrétions, l’amélioration de l’efficacité de la ventilation à l’aide d’équipements respiratoires spécialisés, l’application de techniques avancées de dégagement des voies respiratoires pour mobiliser et éliminer les sécrétions, la gestion et la mise en œuvre de protocoles de sevrage du ventilateur et l’amélioration de l’oxygénothérapie et des systèmes d’administration. Ils collaborent avec des physiothérapeutes dans les dimensions fonctionnelles des soins.(15)

Figure 2. Autres membres de l’équipe de réadaptation cardiorespiratoire et leurs rôles.

Orthophonistes (edit | edit source)

Les orthophonistes prennent en charge un certain nombre de fonctions essentielles liées à la santé respiratoire. Ils évaluent et traitent les troubles de la déglutition(dysphagie) qui peuvent être exacerbés par la détresse respiratoire. Ils interviennent pour aider les personnes à coordonner leur respiration et leur déglutition afin de réduire le risque d’aspiration et prennent en charge les problèmes de la voix et d’élocution liés aux affections respiratoires. Ils utilisent également des techniques oromotrices pour faciliter la gestion des voies respiratoires et l’élimination des sécrétions, et ils développent des stratégies de communication pour les patients sous assistance respiratoire(8). Les orthophonistes travaillent également avec des personnes qui peuvent souffrir de dyspnée due à un trouble du larynx et font partie de l’équipe multidisciplinaire qui assiste les personnes ayant subi une trachéotomie ou une laryngectomie.

Diététiciens(edit | edit source)

Les diététiciens jouent un rôle important pour soutenir les personnes souffrant de troubles cardiorespiratoires, car le statut nutritionnel influence la fonction respiratoire. Ils évaluent les problèmes de malnutrition et veillent à ce que l’apport nutritionnel réponde aux besoins métaboliques accrus résultant des troubles respiratoires. Ils prennent en charge les symptômes affectant la nutrition, tels que la dyspnée et la fatigue, et se penchent sur les textures des aliments afin de les adapter aux difficultés de déglutition courantes chez les patients souffrant de troubles respiratoires. Ils peuvent également fournir des conseils sur les stratégies de gestion du poids et les options d’alimentation entérale.(8)

Ergothérapeutes (edit | edit source)

Les ergothérapeutes aident les personnes souffrant de troubles cardiorespiratoires à poursuivre leurs activités quotidiennes significatives en fonction de leur capacité respiratoire. Ils enseignent des techniques de positionnement pour aider à minimiser la dyspnée pendant les activités et mettent en place des stratégies de conservation de l’énergie et de dosage des activités. Ils présentent également des outils et des techniques d’adaptation qui réduisent la demande respiratoire pendant les tâches quotidiennes, notamment pour optimiser les transferts. Ils peuvent suggérer des modifications environnementales pour faciliter le fonctionnement d’une personne à domicile et des interventions pouvant améliorer sa qualité de vie.(8)

Pharmaciens(edit | edit source)

Les pharmaciens jouent un rôle clé dans l’optimisation de la prise en charge pharmacologique des troubles respiratoires. Ils vérifient les interactions médicamenteuses et font le suivi des effets indésirables. Ils fournissent des informations sur la prise de médicaments et l’utilisation correcte des inhalateurs. Ils jouent également un rôle dans la déprescription des médicaments (c’est-à-dire le processus planifié et supervisé de réduction ou d’arrêt des médicaments qui ne sont plus bénéfiques ou qui pourraient être nocifs).(8)

Psychologues(edit | edit source)

Les psychologues proposent un large éventail de thérapies de soutien. Ils introduisent des interventions visant à cibler le cycle peur-évitement qui accélère souvent le déclin fonctionnel chez les personnes souffrant de troubles respiratoires. Les interventions psychologiques peuvent inclure la thérapie cognitivo-comportementale, la pleine conscience et les techniques de relaxation.(8)

Proches aidants et membres de la famille (edit | edit source)

Les proches aidants et les membres de la famille peuvent participer activement à la réadaptation. Ils offrent souvent un soutien quotidien pour aider à mettre en œuvre des stratégies de réadaptation et peuvent observer et signaler les changements fonctionnels entre les rendez-vous médicaux ou de réadaptation. Ils peuvent apprendre des techniques pour aider à gérer la dyspnée pendant les crises, favoriser le bien-être psychologique grâce à la participation sociale et faciliter la poursuite de la participation à des activités significatives.(8)

Évaluation respiratoire en physiothérapie (edit | edit source)

Anamnèse de l’état actuel (edit | edit source)

Lorsque les patients se présentent pour une évaluation en physiothérapie, ils se plaignent souvent de dyspnée. L’encombrement bronchique ou la toux sont d’autres préoccupations courantes. Les physiothérapeutes cherchent à comprendre le tableau clinique dans son ensemble grâce à un questionnaire détaillé (anamnèse et évaluation subjective), notamment la nature des symptômes et leur évolution (apparition soudaine ou progressive, gravité, facteurs aggravants, facteurs atténuants, etc.).
(8)

Les physiothérapeutes se penchent sur les observations systémiques, notamment la saturation en oxygène, la fréquence respiratoire et cardiaque, ainsi que la pression artérielle et la température, et les comparent aux valeurs de référence du patient.

Ils évaluent également le travail respiratoire, le volume, la couleur et la viscosité des expectorations ainsi que la présence d’hémoptysie (présence de sang dans les expectorations), l’utilisation des muscles accessoires, le patron respiratoire et la posture du patient. L’observation de la posture du patient peut mettre en évidence des mécanismes compensatoires visant à réduire le travail respiratoire(16)(8). Ils écoutent également les bruits respiratoires du patient en procédant à une auscultation. Si elle est disponible, l’imagerie thoracique permet d’établir un diagnostic différentiel.(8)

Conditions associées et antécédents médicaux (edit | edit source)

Il est important de connaître les conditions associées et antécédents médicaux du patient, notamment s’il souffre d’une maladie chronique, telle que la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) ou l’asthme, ou d’autres comorbidités, comme l’hypertension, le diabète, une maladie cardiovasculaire ou une affection neurologique. Les physiothérapeutes vérifieront les hospitalisations passées, notamment pour des crises respiratoires aiguës, car cela peut mettre en évidence une tendance dans la progression de la maladie et la réponse aux interventions. Ils tiennent également compte des antécédents chirurgicaux du patient, de ses allergies et de son statut vaccinal (par exemple, COVID-19 et grippe).(8)

Il est également important de tenir compte de la situation sociale du patient, notamment de son statut professionnel, de ses conditions de logement et de son accès aux systèmes de soutien.

Vérification des médicaments (edit | edit source)

Les physiothérapeutes prennent note de tous les médicaments relatifs à la respiration que prend le patient, y compris les types d’inhalateurs (p. ex. bronchodilatateurs à courte durée d’action ou à longue durée d’action, inhalateurs de corticostéroïdes, inhalateurs combinés), leur posologie et leur fréquence d’utilisation. La technique d’inhalation du patient doit être vérifiée.

Les physiothérapeutes doivent également connaître les besoins à long terme du patient en matière d’oxygénothérapie, notamment les débits, les heures d’utilisation et les systèmes d’administration, et savoir s’il prend des analgésiques. Ceci est important car un contrôle inadéquat de la douleur peut limiter l’expansion thoracique et l’efficacité de la toux, tandis qu’une sédation excessive peut supprimer la pulsion respiratoire. Ils vérifieront également l’utilisation de nébuliseurs, de diurétiques et de tout médicament pour la fonction cardiovasculaire.

Niveaux d’activité et capacité fonctionnelle (edit | edit source)

Les physiothérapeutes doivent s’efforcer de comprendre le niveau d’activité habituel du patient. Des mesures de résultats, telles que le test de marche de six minutes, constituent une méthode standardisée d’évaluation de l’activité de base. De plus, les physiothérapeutes effectuent plusieurs évaluations fonctionnelles, comme la capacité du patient à monter des côtes ou à emprunter les escaliers. Ils vérifient également si le patient a besoin d’appareils fonctionnels pour les déplacements.

Il est également important de tenir compte de la fragilité. La fragilité est un état clinique associé à un risque accru de chutes, de blessures, de placement en institution, de besoins en soins et d’invalidité/décès(17). Nous pouvons évaluer le niveau de fragilité d’un patient à l’aide d’outils validés, tels que le « Frailty Index » ou le « Clinical Frailty Score ». Pour en savoir plus sur la fragilité et ces mesures, cliquer ici.

Les physiothérapeutes vérifient aussi si le patient a suivi ou terminé des programmes de réadaptation pulmonaire et leurs résultats. Ils s’intéressent à la fatigue, au tabagisme (consommation actuelle, nombre d’années-paquets, tentatives d’arrêt) et à la présence éventuelle de directives anticipées.

Pour en savoir plus sur l’évaluation respiratoire en physiothérapie, voir : Évaluation respiratoire.

Interventions en physiothérapie respiratoire(edit | edit source)

L’efficacité des interventions de physiothérapie respiratoire dépend beaucoup de l’optimisation médicale.(8)

Avant de débuter la réadaptation, les patients doivent bénéficier d’une prise en charge médicale appropriée, comprenant notamment l’administration d’oxygène supplémentaire, les médicaments par nébulisation, l’antibiothérapie, la gestion des fluides et un contrôle adéquat de la douleur. L’optimisation des soins médicaux améliore considérablement les résultats de la réadaptation et la satisfaction des patients. Une série d’interventions physiothérapeutiques sont présentées ci-dessous.

Respiration en cycle actif (edit | edit source)

La respiration en cycle actif (ou ACBT pour « active cycle of breathing techniques » en anglais) est une série de techniques respiratoires destinées à favoriser l’élimination des sécrétions. Elle commence par une respiration détendue, suivie d’exercices de respiration profonde ou d’expansion thoracique, de techniques d’expiration forcée et de toux(8) (figure 3).Il a été démontré que la respiration en cycle actif peut augmenter le volume des expectorations, réduire leur viscoélasticité, améliorer la fonction pulmonaire et atténuer la dyspnée(18).

Pour une description détaillée de la respiration en cycle actif, consulter cet article facultatif : Technique de respiration en cycle actif.

Respiration diaphragmatique (edit | edit source)

La respiration diaphragmatique (figure 4), également appelée respiration abdominale, est une technique de respiration lente et profonde qui peut améliorer la capacité physique et la fonction respiratoire chez les personnes atteintes de MPOC. En outre, la respiration diaphragmatique peut améliorer la condition cardiorespiratoire et contribuer à réduire le stress et l’anxiété, qui sont associés à la dyspnée.(19)

Pour plus d’informations sur le rôle du diaphragme dans la respiration, les effets physiologiques de la respiration diaphragmatique et la manière de pratiquer cette technique, consulter : Exercices de respiration diaphragmatique.

Respiration en boîte (edit | edit source)

La respiration en boîte (figure 5) est une technique de respiration contrôlée qui peut être utile aux personnes souffrant de dyspnée pour les aider à gérer leur stress et leur bien-être(20). Cette technique peut être mise en œuvre avant, pendant et/ou après des situations stressantes.

Pour en savoir plus sur la respiration en boîte, consulter : Exercices de respiration.

Respiration à lèvres pincées (edit | edit source)

La respiration à lèvres pincées (Figure 6) consiste à inspirer par le nez, la bouche fermée, puis à expirer par la bouche, les lèvres pincées. Cette technique aide les patients à contrôler leur respiration, à diminuer le travail respiratoire et à réduire la détresse respiratoire.(21)

Pour une description complète de la technique de respiration à lèvres pincées, consulter : Respiration à lèvres pincées.

Troubles du patron respiratoire (edit | edit source)

Le trouble du patron respiratoire (TPR) est un terme générique désignant une série de patrons respiratoires anormaux. Le TPR peut se développer lorsque certains éléments déclencheurs perturbent le patron respiratoire normal d’un patient, entraînant une respiration dysfonctionnelle. Les TPR peuvent provoquer une série de symptômes respiratoires et non respiratoires angoissants, et ce malgré l’absence de cause physiopathologique sous-jacente. Les symptômes peuvent être les suivants : essoufflement, douleurs thoraciques ou palpitations, étourdissements et sensations de tête légère.

Les vidéos suivantes, en anglais original, fournissent un guide de la respiration en position allongée et assise :

Positionnement(edit | edit source)

Le positionnement est une intervention de réadaptation et une stratégie d’autogestion importantes pour les personnes souffrant de dyspnée. Le positionnement peut influencer la mécanique respiratoire et l’efficacité du diaphragme et contribuer à réduire le travail respiratoire. Les positions suivantes peuvent être bénéfiques.

Position assise penchée vers l’avant: le patient est assis, les mains posées sur ses genoux ou sur une table. Un oreiller peut être utilisé pour plus de confort. Cette posture penchée vers l’avant améliore l’excursion diaphragmatique et réduit le recrutement des muscles accessoires, diminuant ainsi le travail respiratoire global (voir la figure de gauche ci-dessous).(24)

Position debout avec appui au mur: le patient se tient debout, le dos appuyé contre un mur. Cela permet d’assurer la stabilité tout en favorisant l’expansion de la poitrine (voir la figure au centre ci-dessous).

Décubitus latéral avec haut du corps surélevé: le patient est allongé en décubitus latéral avec des oreillers pour surélever le haut de son corps. Cette position réduit la pression sur le diaphragme et améliore le rapport ventilation-perfusion pour les patients nécessitant une position de repos (voir figure de droite ci-dessous).(8)

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Techniques de dégagement des voies respiratoires(edit | edit source)

Les techniques de dégagement des voies respiratoires comprennent toute une série de stratégies thérapeutiques conçues pour la gestion des sécrétions dans le cadre des soins respiratoires. Les techniques de dégagement des voies respiratoires visent à réduire l’obstruction des voies respiratoires causée par l’accumulation de sécrétions et, ce faisant, à prévenir les infections des voies respiratoires. Elles visent également à faciliter la réexpansion des zones pulmonaires affaissées. Cela permet d’optimiser les échanges gazeux et de réduire la réponse inflammatoire associée à la rétention de sécrétions.(25)

L’efficacité des techniques de dégagement des voies respiratoires dépend de facteurs spécifiques au patient. L’adhésion thérapeutique dépend de leur motivation à adhérer aux protocoles de traitement, de leur satisfaction et du bénéfice perçu de ces techniques. La prise de décision thérapeutique doit trouver un équilibre entre l’efficacité clinique, les préférences individuelles et les considérations liées au mode de vie.

Percussion thoracique (edit | edit source)

La percussion est une technique manuelle qui consiste à décoller et à mobiliser les sécrétions des petites voies respiratoires afin qu’elles puissent être évacuées plus facilement par les voies respiratoires plus larges. Il s’agit d’une « succession rythmique de coups rapides et légers effectués avec les mains en coupe sur la paroi thoracique du patient(25) ».

Pour en savoir plus sur la technique de percussion thoracique, lire cet article : Percussion.

La vidéo suivante, en anglais original, montre comment effectuer des percussions thoraciques en décubitus latéral :

(26)

Toux assistée (edit | edit source)

La toux assistée manuellement aide à augmenter la force de la toux et facilite l’élimination des sécrétions. Elle est utile pour les patients présentant une faiblesse musculaire respiratoire importante. Pour réaliser cette technique, le physiothérapeute applique une force externe sur le diaphragme et la partie inférieure de la cage thoracique du patient pendant l’expiration, ce qui entraîne une augmentation de la pression intrathoracique, nécessaire pour une toux efficace. La toux assistée manuellement peut être adapté à différentes positions du patient et réalisé par un ou deux praticiens.

Il existe également divers appareils mécaniques d’assistance à la toux qui peuvent compléter les techniques manuelles.

Pour en savoir plus sur la toux assistée manuellement et les appareils d’assistance à la toux, voir Toux assistée.

Figure 8. Quatre principes de conservation de l’énergie (4P).

Conservation de l’énergie (edit | edit source)

La conservation de l’énergie est un élément fondamental de la réadaptation respiratoire. Elle est particulièrement importante pour les personnes qui souffrent de douleurs et de fatigue. Ces techniques sont souvent introduites par les physiothérapeutes et les ergothérapeutes.(27)

Les techniques de conservation de l’énergie aident les patients à accomplir leurs activités de manière autonome tout en réduisant la quantité d’énergie utilisée.(27)

Les physiothérapeutes utilisent souvent les quatre principes de conservation de l’énergie, connus sous le nom de « 4P ». Il s’agit du Positionnement, de la Planification, de la Priorisation et du Pacing (dosage des activités). Comme le montre la Figure 8, le positionnement comprend des stratégies telles que la posture, le fait de s’asseoir au lieu de rester debout et de pousser/tirer au lieu de soulever. La planification encourage les patients à réfléchir au moment où ils font des activités, à la répartition des activités au courant de la journée et à l’organisation des activités. La priorisation encourage les patients à réfléchir à l’importance d’une activité, à ce qui est réaliste et à la nécessité de demander de l’aide. Enfin, le pacing (dosage des activités) comprend des stratégies telles que faire des pauses, avoir une routine et ralentir.

La théorie de la cuillère est un outil efficace pour aider les patients à visualiser et à gérer leurs réserves énergétiques quotidiennes. Dans cette analogie, on demande aux patients d’imaginer qu’ils disposent chaque jour d’un nombre déterminé de cuillères. Ils doivent établir des priorités quant à la manière dont ils dépensent leurs cuillères. Chaque tâche nécessite un nombre différent de cuillères. Différents facteurs, tels que la qualité du sommeil ou les rendez-vous médicaux, peuvent influencer le nombre de cuillères (c’est-à-dire l’énergie) disponibles pour la journée(8). Pour en savoir plus sur la théorie des cuillères, consulter l’article « The Spoon Theory » de Christine Miserandino.

Œdème périphérique (edit | edit source)

L’œdème périphérique est causé par un certain nombre d’affections et touche plusieurs organes. La prise en charge de l’œdème périphérique nécessite une approche interprofessionnelle spécialisée, dans laquelle les professionnels de la réadaptation et les physiothérapeutes jouent un rôle important. Les physiothérapeutes donnent des conseils sur les modifications du mode de vie, telles que l’exercice, le régime alimentaire et les soins de la peau, et aident à prévenir les complications à long terme. En cas de lymphœdème, des techniques de physiothérapie spécifiques peuvent être utiles, notamment le drainage lymphatique manuel ou la thérapie décongestive complète. Ces interventions nécessitent une formation pratique en personne, mais pour en savoir plus, consulter les textes en lien.

Autogestion des maladies cardiorespiratoires(edit | edit source)

Les personnes qui bénéficient d’un soutien pour apprendre des techniques d’autogestion ont plus de chances d’obtenir une amélioration de leur anxiété, de leur dépression et de leurs symptômes respiratoires ainsi qu’une diminution de la fréquence des crises aiguës. Le développement d’interventions individualisées d’autogestion nécessite une collaboration active entre les professionnels de la santé, les patients et leur réseau de soutien.

Les interventions efficaces en matière d’autogestion portent généralement sur le changement de comportement. Idéalement, les interventions d’autogestion seront structurées, personnalisées et motivantes pour les patients(28) Elles comprennent divers éléments, tels que(29) :

  • la prise de décision partagée
  • des protocoles d’autotraitement pour les exacerbations
  • la surveillance et la gestion des symptômes
  • le sevrage tabagique
  • une activité physique adéquate
  • l’optimisation nutritionnelle

Les objectifs de l’autoprise en charge pour les personnes souffrant de troubles cardiorespiratoires comprennent le maintien ou l’optimisation de la santé physique et des fonctions physiques, la réduction des symptômes et des déficiences fonctionnelles, l’amélioration du bien-être émotionnel et social et de la qualité de vie, ainsi que la mise en place de mécanismes de soutien efficaces avec les professionnels de santé, la famille, les amis et la communauté.

Ressources (dans la langue originale)(edit | edit source)

Références(edit | edit source)

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