Le terme biodiversité fait référence à tous les êtres vivants, y compris les humains, les animaux, les plantes et les bactéries. (1) Certaines régions du monde sont plus riches en biodiversité que d’autres, notamment l’Afrique du Sud, le Brésil, le Mexique, le sud-ouest des États-Unis et Madagascar. Les zones riches en biodiversité peuvent être menacées par la pollution, la croissance démographique et le changement climatique. Ces menaces peuvent entraîner l’extinction d’espèces, ce qui réduit la biodiversité. Selon certaines estimations scientifiques, il est possible que la moitié des espèces de la planète disparaissent d’ici le siècle prochain. Pour préserver la biodiversité et protéger les espèces menacées, des efforts de conservation sont nécessaires.(2)
Un écosystème est un environnement spécifique dans lequel une communauté d’organismes vivants interagit et vit. La taille des écosystèmes peut varier de très petite à très grande. (2) L’homme représente une fonction essentielle des écosystèmes. (3) Que ce soit directement ou indirectement, chaque facteur d’un écosystème dépend de tous les autres facteurs. Par exemple, lles conditions météorologiques influencent le type de plantes qui poussent et, par conséquent, le type d’animaux qui mangeront ces plantes. Les animaux qui ne mangent pas ces plantes devront s’adapter, se déplacer dans un autre écosystème ou mourir.(2)
Les services écosystémiques sont les avantages que les gens tirent de leurs écosystèmes. Ils peuvent être classés en plusieurs catégories :
Les services écosystémiques sont essentiels au bien-être de l’homme, car ils influencent grandement la durabilité. (5) Le bien-être humain repose sur cinq différents facteurs : (3)
Chaque facteur soutient les autres de manière positive ou négative. Le changement d’une facette entraînera le changement d’une autre facette. Le bien-être humain est particulièrement affecté par la disponibilité des services écosystémiques. Une offre de services plus importante permet d’augmenter le bien-être, tandis qu’une offre plus faible le diminue. Des services plus nombreux et plus variés permettent aux communautés de disposer d’options de ressources en cas de bouleversements sociaux ou de catastrophes naturelles. En revanche, les écosystèmes mal gérés risquent davantage d’être vulnérables à la sécheresse, aux mauvaises récoltes, aux inondations ou aux maladies. (3) Le tableau ci-dessous présente une synthèse des différents services écosystémiques et de leur lien avec le bien-être.
La demande de services écosystémiques de la part de l’homme augmente rapidement. Toutefois, l’action humaine modifie simultanément la capacité de ces systèmes à fournir des services. L’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (EM) a été créée pour proposer des options permettant de conserver l’écosystème tout en répondant aux besoins de l’homme. Le bien-être humain est le principal objectif du cadre de l’EM. L’EM a été créée en 2001 par un partenariat entre des gouvernements, des secteurs privés, des organisations non gouvernementales et des scientifiques. Les questions auxquelles l’EM est censée répondre incluent :
Dans le graphique suivant, l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire montre la relation entre le bien-être humain, la biodiversité et les écosystèmes au niveau local, ainsi que la manière dont ils peuvent être modifiés.
La recherche montre que le mode de vie urbain entraîne davantage de maladies à médiation immunitaire que les modes de vie pré-modernes. Selon les chercheurs, l’un des facteurs à l’origine de l’augmentation des maladies liées au système immunitaire serait le manque de biodiversité dans les communautés urbaines. La vie urbaine diminue les communautés microbiennes en raison de la consommation d’aliments transformés, de l’utilisation d’antibiotiques et de la pollution urbaine. Ce déséquilibre microbien est associé à des maladies à médiation immunitaire. (6)(7)
L’urbanisation a supprimé les espaces verts et détruit les écosystèmes. L’introduction de nouveaux espaces verts dans une zone urbaine et la protection des espaces existants sont importantes en raison des avantages que ceux-ci présentent pour la santé humaine. La recherche a en effet montré que l’exposition aux espaces verts présente de nombreux avantages pour la santé :
La biodiversité et les écosystèmes ont des répercussions sur les physiothérapeutes de diverses façons. Comme nous l’avons vu plus haut, l’exposition aux espaces verts présente de nombreux avantages pour la santé. En tant que physiothérapeutes, nous pouvons sensibiliser nos patients aux bienfaits de l’exposition en plein air pour la santé. Lorsqu’ils discutent de ces avantages, les physiothérapeutes doivent s’enquérir des obstacles qui pourraient empêcher le patient de sortir à l’extérieur. Ensemble, ils peuvent trouver des idées sur la façon d’intégrer l’exposition aux espaces verts dans une routine habituelle. En outre, les physiothérapeutes peuvent proposer une thérapie dans des espaces verts tels qu’un parc ou une zone extérieure à proximité de la clinique. (4) S’il n’y a pas d’espace vert associé à l’hôpital ou à la clinique, les physiothérapeutes devraient plaider en faveur de l’aménagement d’un tel espace.
Les physiothérapeutes peuvent plaider non seulement dans leur région, mais aussi au niveau national ou international afin d’améliorer la santé des populations et relever les défis écologiques et sociaux. L’association de physiothérapie environnementale (Environmental Physiotherapy Association) est une organisation internationale qui s’efforce d’atteindre cet objectif. Ce réseau d’étudiants, d’universitaires et de cliniciens vise à promouvoir la responsabilité environnementale dans la pratique, l’enseignement et la recherche en physiothérapie. La gestion de l’environnement est un concept nouveau pour la plupart des physiothérapeutes, mais avec un peu d’éducation et de compréhension de la façon dont nous pouvons initier le changement, les physiothérapeutes comprendront le rôle important qu’ils ont à jouer en ce qui concerne l’interrelation entre l’environnement et la santé humaine.(11)