Lorsque les nouveau-nés (âgés de 0 à 4 semaines) sont éveillés et alertes et qu’ils sont couchés sur une surface ferme, ils réagissent aux événements visuels et auditifs de l’environnement et font activement des mouvements spontanés des membres. Le fait de regarder, d’écouter et de bouger permet de faire un lien entre ce qu’ils font et ce qu’ils voient, entendent et ressentent, créant ainsi les boucles perception-action qui sont à la base de la translation des mouvements exploratoires spontanés vers des actions intentionnelles, orientées vers un objectif, qui permettent au nouveau-né d’interagir avec les personnes, les choses et les événements de son environnement.(1)
Synergies de mouvements des membres à la naissance ( edit | edit source )
La structure multi-segmentaire du corps fournit la base permettant de produire les différents schémas de mouvements observés dans les actions humaines. Pour simplifier le contrôle des nombreux degrés de liberté inhérents à un corps multi-segmenté, les mouvements spontanés du nouveau-né sont limités et organisés en synergies.(2)
- Le schéma de synergie des membres inférieurs comprend la combinaison, dans un même membre, de :
- flexion de la hanche, flexion du genou et dorsiflexion de la cheville;
- extension de la hanche et du genou.
- Le schéma de synergie des membres supérieurs comprend la combinaison de :
- extension de l’épaule et du coude avec extension des doigts et du poignet;
- flexion du coude avec flexion des doigts.(3)
Ces mouvements du corps entier, appelés mouvements généraux, sont complexes et impliquent l’ensemble du corps, notamment les mouvements des bras, des jambes, du cou et du tronc dans des séquences variables.(3)
Au cours des premiers mois, alors que le nouveau-né explore différentes façons d’interagir avec l’environnement et que les régions motrices frontales deviennent plus actives, la forte combinaison produite aux articulations d’un même membre s’atténue, les mouvements étant adaptés pour permettre une interaction efficace avec l’environnement. (1)
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En décubitus dorsal, la tête du nouveau-né est principalement tournée d’un côté, souvent avec une préférence pour un côté en particulier, généralement la droite.(4) La raison de cette tendance n’est pas claire.
- Une caractéristique importante de la rotation de la tête au cours des deux premiers mois est la tendance à ce que cette rotation soit associée à l’extension du cou et à la flexion latérale controlatérale, ce qui reflète l’équilibre de l’activité entre les muscles sterno-cléido-mastoïdiens (SCM) et l’activité des muscles fléchisseurs profonds du cou.(5)
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Au cours des premières semaines, le nouveau-né apprend à ramener la tête vers la ligne médiane et peut maintenir cette position brièvement, surtout lorsque son attention visuelle est stimulée par une personne, un objet ou un événement intéressant.(1)
- En général, la tête est maintenue en position médiane pendant de brèves périodes lorsque le nouveau-né bouge activement ses membres ou qu’il est stressé.(6)
- Au cours des semaines suivantes, le nouveau-né développera la force et le contrôle des muscles antigravitaires bilatéraux du cou nécessaires pour contrecarrer la force de gravité (qui crée un moment de rotation agissant sur le centre de gravité de la tête) et maintenir la tête sur la ligne médiane pendant de plus longues périodes.

Chez les nouveau-nés dont la rigidité des membres (tonus musculaire) est typique ou normale, le fait de tourner la tête peut provoquer une roulade partielle sur le côté. Cette réponse peut être due au réflexe de redressement du cou du nouveau-né, (5) mais elle peut aussi être due au fait que la rotation cervicale déplace le poids du nouveau-né latéralement, ce qui déstabilise le tronc et fait « perdre l’équilibre » au nouveau-né jusqu’à la position sur le côté.
- Dès les premières semaines, les nouveau-nés sont attentifs aux objets intéressants qui entrent dans leur champ de vision. L’attention visuelle est généralement associée à l’arrêt des mouvements des membres.
- Lorsque la tête est supportée en position médiane, le nouveau-né regarde le visage de la personne qui s’occupe de lui pendant un long moment. Les nouveau-nés détournent la tête lorsqu’ils ont besoin d’une pause de l’intensité de cette interaction sociale spécifique.
- Lorsque la tête est soutenue, le nouveau-né peut bouger la tête pour que le visage du partenaire social soit au centre de son champ visuel.
- Lorsqu’il est attentif à un partenaire social, le nouveau-né reproduit ses expressions faciales et tire même la langue si cela lui a été montré.
- Les nouveau-nés regardent de façon soutenue leurs propres mains. Il est intéressant de noter qu’ils sont également très attentifs aux mains d’une personne qui s’occupe d’eux. (3)
Posture et mouvements des membres supérieurs ( edit | edit source )
Mouvements lorsque couché calmement ( edit | edit source )
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Lorsque le nouveau-né est couché calmement, la partie supérieure des membres supérieurs repose sur la surface d’appui près du corps, avec les épaules en légère rotation externe, les coudes en flexion et les mains légèrement ouvertes.(5)
- Les périodes pendant lesquelles le nouveau-né est couché calmement sont souvent entrecoupées de mouvements de grande amplitude des épaules et des coudes, avec une ouverture des doigts lorsque le coude est étendu et une flexion des doigts lorsque le coude est en flexion.(7)
Mouvements spontanés des membres supérieurs ( edit | edit source )
Mouvements spontanés des doigts ( edit | edit source )
Posture et mobilité des membres inférieurs et coups de pied ( edit | edit source )
- Chez les enfants nés à terme, l’amplitude des mouvements des hanches et des genoux est limitée par l’augmentation du tonus musculaire (raideur) des muscles fléchisseurs des membres inférieurs, causée par la position fléchie dans l’espace restreint de l’utérus au cours des dernières semaines de la vie intra-utérine. C’est ce qu’on appelle la contracture néonatale en flexion des hanches.
- Pendant les périodes de calme relatif des mouvements :
- les hanches sont fléchies, en abduction et en rotation latérale et le nouveau-né est couché avec les pieds dans les airs, élevés de la surface d’appui;
- les genoux ne peuvent pas être complètement étendus et, lorsqu’ils sont passivement étendus, ils se replient pour revenir à une position plus fléchie.
- Coups de pied du nouveau-né :
- caractérisés par une diminution de l’amplitude de la flexion de la hanche, accompagnée d’une certaine extension du genou;
- la cheville reste en dorsiflexion avec les orteils en flexion. Cette extension relative de la hanche et du genou est suivie d’un retour à la position de repos plus fléchie.(3)
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Lorsqu’il est placé en décubitus ventral, le nouveau-né est allongé, la tête tournée sur le côté, les hanches et les genoux fléchis et les épaules en adduction avec les coudes fléchis.
- Le nouveau-né est capable de soulever brièvement la tête et de la tourner sur le côté pour dégager les voies respiratoires.
- La flexion complète des hanches dans la position du décubitus ventrale est associée à une rotation postérieure du bassin et à une flexion lombaire. Le poids du corps est réparti sur la tête, la poitrine et les membres inférieurs.
- Les membres supérieurs sont maintenus près du torse, les épaules en adduction, les coudes en flexion et les mains, et parfois les avant-bras, reposant sur la surface d’appui.

- Lorsque le nouveau-né est tenu en position assise, le cou et le tronc sont fléchis, ce qui produit une courbe en forme de C de la colonne vertébrale.
- Le nouveau-né peut généralement soulever brièvement la tête, mais ne peut pas maintenir la position. Cependant, au bout d’une semaine ou deux, ils sont capables de lever la tête et de la maintenir droite pendant une courte période en réponse à un événement visuel intéressant.
- Les membres inférieurs sont maintenus en flexion, abduction, rotation latérale avec une flexion des genoux et une dorsiflexion des chevilles.
Ressources (la première est en français et les deux suivantes, en anglais original)(edit | edit source)
- ↑ 1.0 1.1 1.2 Versfeld, P. SfA Infant Perceptual Motor Development
- ↑ Von Hofsten C. Mastering reaching and grasping: The development of manual skills in infancy. InAdvances in psychology 1989 Jan 1 (Vol. 61, pp. 223-258). North-Holland.
- ↑ 3.0 3.1 3.2 3.3 3.4 3.5 3.6 Versfeld, P. Newborn Infant Course. Plus. 2022
- ↑ Rönnqvist L, Hopkins B. (1998) Head position preference in the human newborn: a new look. Child Dev. 69(1):13-23.
- ↑ 5.0 5.1 5.2 Bly L, Ariz TN. Motor skills acquisition in the first year, an illustrated guide to normal development.
- ↑ Cornwell, K. S., Fitzgerald, H. E., & Harris, L. J. (1985). On the state‐dependent nature of infant head orientation. Infant Mental Health Journal, 6(3), 137-144.
- ↑ von Hofsten C, Rönnqvist L. (1993) The structuring of neonatal arm movements. Child Dev. 64(4):1046-57
- ↑ von Hofsten C. Early development of grasping an object in space-time. Vision and action: The control of grasping. 1990:65-79.
- ↑ Van der Meer, a L. (1997). Keeping the arm in the limelight: advanced visual control of arm movements in neonates. European Journal of Paediatric Neurology : EJPN : Official Journal of the European Paediatric Neurology Society, 1(4), 103–8.
- ↑ Nagy E, Pal A, Orvos H. (2014) Learning to imitate individual finger movements by the human neonate. Dev Sci. 17(6):841-57.