Étude de cas – Brûlure électrique en situation de catastrophe ou de conflit

Rédacteurs originaux Naomi O Reilly

Principaux contributeursNaomi O’Reilly      

Titre[edit | edit source]

Brûlures à la main droite et aux deux pieds suite à une blessure électrique à haute tension. [1]

Merci à Humanité et Inclusion pour cetteétude de cas tirée de Réadaptation précoce en situations de conflit et de catastrophe – Manuel clinique

Résumé[edit | edit source]

M. K est un homme de 23 ans qui s’est présenté aux services de santé deux jours après avoir subi une blessure électrique à haute tension qui lui a causé des brûlures à la main droite et aux deux pieds, alors qu’il essayait d’obtenir de l’électricité. M. K respirait spontanément, ne présentait pas de brûlures au niveau de la poitrine ou de l’abdomen et aucune autre blessure thoracique évidente mettant sa vie en danger, ni troubles du système nerveux central.

Mots clés [ edit | edit source ]

Brûlures, électrique, haute tension

Caractéristiques des patients[ edit | edit source ]

contexte[edit | edit source]

M. K est un homme de 23 ans qui a subi une blessure électrique à haute tension en essayant d’obtenir de l’électricité et qui s’est présenté deux jours plus tard avec des brûlures à la main droite et aux deux pieds.

Résultats de l’examen[ edit | edit source ]

A : Contrôle des voies respiratoires et de la colonne vertébrale[ edit | edit source ]

  • Aucun antécédent de traumatisme associé et aucune lésion de la colonne vertébrale suspectée.
  • Il a peut-être cessé de respirer sur les lieux, personne n’en est sûr : il est maintenant éveillé mais confus.
  • Aucune gestion de la colonne vertébrale n’est requise.
  • Donner de l’oxygène au patient et le surveiller de près

B: Respiration[ edit | edit source ]

  • Respiration spontanée et bruits respiratoires normaux tout au long de la journée.
  • RR de 22 BPM
  • Il n’y a pas de brûlures à la poitrine ou à l’abdomen
  • Aucune autre blessure thoracique évidente mettant la vie en danger

C: Circulation[ edit | edit source ]

  • Aucune blessure de ses blessures ne saigne.
  • Le pouls est de 130 mais semble irrégulier.
  • La tension artérielle est de 100/70
  • Il présente des brûlures profondes sur la face palmaire de son avant-bras et de son poignet droits, avec un certain gonflement mais un bon remplissage capillaire.
  • Il doit être surveillé de près, car, ayant subi une blessure à haute tension, qui entraîne des dommages musculaires importants, il pourrait nécessiter une fasciotomie :
  • Assurer la liaison avec l’équipe médicale pour insérer des canules et commencer une thérapie des fluides et mettre en place un moniteur ECG pour surveiller la fréquence cardiaque.

D: Handicap[ edit | edit source ]

  • M. K est conscient et répond lorsqu’on lui parle (V sur l’échelle AVPU).
  • Il ne semble pas y avoir de problèmes au niveau neurologique central.
  • En raison de la zone de la blessure, il y aura cependant probablement des dommages aux nerfs périphériques.
    • Nerf médian du membre supérieur
    • Nerf péronier des membres inférieurs

E: Exposition[ edit | edit source ]

  • Le patient est capable de s’asseoir de manière autonome
  • Brulûres évidentes sur le bras droit et les deux pieds.
    • La brûlure sur la jambe gauche ne s’étend pas très loin mais elle est circonférentielle et le pied est gonflé, tout comme le poignet droit (une escarotomie peut être nécessaire dans les deux régions avec ou sans fasciotomie).
  • Pas d’autres blessures évidentes.
  • Veiller à ce que le patient soit maintenu au chaud

F: Réanimation par adminitration de fluides[ edit | edit source ]

  • En termes de surface corporelle brulée (Total Body Surface Area – TBSA), 7 % n’est pas une « brûlure à réanimation », mais nous craignons des lésions tissulaires plus profondes, c’est pourquoi l’équipe médicale doit prendre l’initiative dans ce cas.
  • La liaison avec l’équipe médicale est vitale, car après 48 heures de la blessure initiale, si M. K avait besoin d’une escarotomie/fasciotomie, il pourrait être trop tard : Le patient aurait alors un risque élevé de devoir être amputé.
    • Il est important de surveiller ensuite le débit urinaire, le pouls, la tension artérielle et le remplissage capillaire, et de continuer à évaluer la fréquence cardiaque à l’aide d’un ECG.
    • Continuer à surveiller l’apparition de nouveaux gonflements ou de signes de syndrome des loges dans le bras droit et les deux jambes.

Gestion de la douleur[ edit | edit source ]

  • Assurer la liaison avec l’équipe médicale
  • S’assurer que la gestion de la douleur est couverte, y compris avant le changement des pansements et l’analgésie thérapeutique.

Soins des plaies[ edit | edit source ]

  • Discuter avec l’équipe médicale du plan de soins des plaies de M. K
    • Il aura probablement besoin d’une escarotomie et toutes les plaies devront être nettoyées et pansées.
    • La thérapie doit être liée au changement de pansement et permettre de vérifier la cicatrisation des plaies et d’évaluer les complications

Réadaptation[edit | edit source]

Traitement[edit | edit source]

  • Actuellement, il n’y a aucune indication de la nécessité d’une physiothérapie respiratoire.
    • Cependant, il faut continuer à surveiller la respiration/toux, etc.
  • Élever doucement les bras, notamment la main et le poignet, et les maintenir en abduction et en extension. Continuer à surveiller les doigts pour vérifier la circulation.
  • Surélever les pieds et les maintenir en position de fonction (attelle plantigrade).
    • NB, il est fort probable qu’il devra subir une amputation bilatérale ; cependant, il est vital de maintenir une position correcte, même si la décision d’amputer est prise ultérieurement
  • Attelle avant-bras/poignet droit.
    • Faire en sorte que le patient continue à bouger les doigts
    • Utiliser de la mousse localement pour encourager les contours palmaires et créer des espaces web (surtout entre les doigts deux et trois).
    • Viser à maintenir les articulations interphalangiennes en extension et les articulations métacarpiennes en position neutre.
  • Continuer à surveiller les signes cardiaques de dysrythmie et d’enflure.
  • Enseigner des exercices appropriés de mobilité active et passive et d’étirement.
  • Évaluer et conseiller sur la mobilisation
  • S’assurer que le patient s’alimente bien et qu’il bénéficie d’une analgésie suffisante
  • Tout documenter clairement et tout COMMUNIQUER clairement au patient et à sa famille

Objectifs[edit | edit source]

À court terme[edit | edit source]
  • Les brûlures sont très profondes et nécessiteront un débridement et une greffe et/ou une amputation.
  • Exploration des nerfs et des tendons par un chirurgien plasticien :
    • Il faudra envisager de vérifier si ces tissus sont endommagés
    • Le patient est considéré comme un patient compliqué et doit être pris en charge dans un établissement de pointe.
À long terme[edit | edit source]
  • Évaluer le stade de maturation de la cicatrice et l’acceptation par le patient d’une image et d’une fonction corporelles modifiéesÉvaluer le stade de maturation de la cicatrice et l’acceptation par le patient d’une altération de l’image et de la fonction corporelles
    • NB, les patients qui se présentent tôt à la suite d’une blessure NON liée à la guerre ne devraient PAS avoir besoin d’antibiotiques prophylactiques.

Résultats escomptés[ edit | edit source ]

Le résultat idéal est que la cicatrisation des plaies et des tissus mous soit complète et que le ROM maximal soit atteint. De plus, assurer un retour à la fonction antérieure, l’endurance cardiovasculaire, la déambulation autonome et les activités indépendantes de la vie quotidienne est clé pour une récupération optimale. À plus long terme, un accent devrait également être mis sur la gestion des cicatrices et la motivation psychologique.

  • Poursuivre la prévention et le traitement des contractures et des déformations articulaires
  • Gestion continue de la cicatrisation (hypertrophique)
  • Nécessité éventuelle d’une intervention chirurgicale ou d’une intervention supplémentaire pour les plaies à cicatrisation retardée et/ou les contractures.
  • Gestion de la douleur
  • Gestion de l’hypersensibilité des cicatrices et du prurit (démangeaisons)
  • Neuropathie
  • Thérapeutique pharmacologique et non-pharmacologique
  • Reconditionnement aux activités et participation à une activité fonctionnelle
  • Considérations psychologiques – On sait que les brûlures ont un impact psychosocial sur les patients, que ce soit en phase aiguë ou en phase de réadaptation plus longue :
    • Dépression et/ou PTSD (syndrome de stress post-traumatique)
    • Impact sur les relations
    • Nécessite un soutien à l’intégration communautaire
  • Insatisfaction de l’image corporelle (la culture peut influencer de plus en plus cet aspect)
    • Considérer en particulier l’impact cosmétique et psychologique plus important pour le visage
  • Enfants – considérations relatives à la croissance
  • Maintenir un bon apport nutritionnel et hydrique
  • Rechercher une protection solaire (pour les cicatrices)
  • Rembourrage pour réduire le cisaillement sur les cicatrices
  • Port de gants de protection pour les mains

Références [edit | edit source]

  1. Lathia C, Skelton P, Clift Z. Early Rehabilitation in Conflicts and Disasters. Handicap International: London, UK. 2020.

 


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