Rédactrice originale – Wanda van Niekerk d’après le cours de Jacquie Kieck
Principales collaboratrices – Wanda van Niekerk et Jess Bell
En tant que professionnels de la réadaptation, il est essentiel d’assurer la sécurité de nos clients et de notre personnel, non seulement lors de la prestation des soins, mais également dans les situations d’urgence. Même s’il est désagréable de penser aux situations d’urgence, une bonne préparation permet de protéger vos patients, votre personnel et votre entreprise lorsque ces situations se produisent. Le fait d’être préparé permet aux professionnels de réagir avec confiance et efficacité dans n’importe quelle situation.
Plusieurs appareils électriques sont utilisés dans le cadre de la pratique de réadaptation. Il y a généralement des ordinateurs, des imprimantes et d’autres équipements de bureau dans les espaces administratifs et les cliniques. Il peut y avoir des appareils électriques spécialisés pour la thérapie, comme des machines à ultrasons, des appareils d’électrothérapie et des équipements d’exercice, dans les zones de traitement. Travailler avec des appareils électriques comporte des risques inhérents, car le contact avec des courants électriques peut entraîner des dommages graves, notamment des brûlures et des lésions ou défaillances d’organes. Ce contact peut être dû à un défaut de l’appareil électrique, à des câbles effilochés ou à des fiches ou fils endommagés. Les pratiques dangereuses près des appareils électriques, telles que la manipulation de fils dénudés, l’utilisation de multiples rallonges, la surcharge d’une multiprise ou l’exposition d’un fil, augmentent le risque d’accidents électriques.(1)
Il est essentiel de mettre en œuvre un programme de sécurité électrique pour garantir la sécurité de tous les membres de sa clinique. Cette planification peut aider à prévenir les incidents qui causent des blessures, réduisent la productivité et entraînent des coûts.(1)
Les étapes suivantes peuvent contribuer à améliorer la sécurité électrique dans sa clinique(1) :
Les modalités physiques (MP) sont un ensemble de techniques de réadaptation, comprenant la stimulation électrique, la neuromodulation, les courants antalgique et interférentiel, la thérapie par ondes de choc extracorporelles, la thérapie au laser, la thérapie électromagnétique, la diathermie et les ultrasons thérapeutiques(2). Les agents thermiques chauds et la cryothérapie sont également des exemples de MP, mais dans le cadre de cette page, nous nous concentrerons sur les modalités électriques.
Ces modalités sont souvent utilisées en physiothérapie et en réadaptation pour soulager la douleur et faciliter la guérison. Ils sont généralement intégrés à une séance de réadaption, en même temps que d’autres interventions. Il est important de s’assurer que ces modalités sont sécuritaires pour le clinicien et le patient.(2)
Une récente étude Delphi a été menée afin d’établir le consensus SAFE PAMP, qui comprend des directives de sécurité relatives à l’utilisation des MP en physiothérapie et en réadaptation(2). Les « experts ont convenu de la sécurité des MP chez les adultes (> 18 ans) lorsqu’ils sont prescrits et utilisés par un professionnel de la santé ayant reçu une formation adéquate et disposant des connaissances requises, conformément à son programme de formation et à son permis d’exercice(2). »
Avant de proposer des MP aux patients, il est essentiel de recueillir l’anamnèse médical complète afin de déterminer le diagnostic et le pronostic, ainsi que les objectifs et les résultats attendus du traitement. La recherche fondée sur des données probantes, l’expertise clinique, les besoins et les préférences des patients doivent tous être pris en compte pour choisir le plan de traitement le plus approprié. La sécurité et l’efficacité du traitement sont importantes et les patients doivent être informés des effets indésirables possibles.(2)
Les organisations internationales et nationales devraient gérer les bonnes pratiques en matière de sécurité des patients à l’aide de systèmes de suivi et d’initiatives internationales communes. Les prestataires de soins de santé, les patients et les décideurs politiques devraient être informés de la sécurité des MP dans différents contextes de réadaptation.(2)
Pour lire l’énoncé complet du consensus, cliquer ici.
La vidéo ci-dessous, en anglais original, présente trois points essentiels concernant l’utilisation des MP en ergothérapie. Il est important de garder à l’esprit que les MP ne devraient pas être utilisées seules, et qu’elles doivent être utilisées pour atteindre un objectif précis. Les professionnels de la réadaptation doivent s’assurer qu’ils connaissent les exigences de leur état ou de leur pays en matière d’utilisation des MP.
Votre personnel doit être préparé à faire face à une situation d’urgence en cas d’incendie. Il existe un lien étroit entre la connaissance suffisante de la sécurité incendie et la capacité à faire face à une situation d’urgence : plus les connaissances sur la sécurité incendie sont approfondies, plus la capacité à faire face à une situation d’urgence augmente.(4)
Cependant, des recherches ont montré que les travailleurs du secteur de la santé n’ont souvent pas de connaissances suffisantes en matière de sécurité incendie et qu’ils ne sont pas suffisament préparés pour faire face aux situations d’urgence. Souvent, ils ne connaissent pas les différents types de feu et d’extincteurs. Certains professionnels de la santé ont déclaré n’avoir jamais participé à un exercice d’incendie, à un exercice d’évacuation d’urgence ou à une formation à la sécurité incendie. En outre, de nombreux prestataires de soins de santé ne connaissent même pas le numéro de téléphone de leur service local de lutte contre les incendies. Ces lacunes dans les connaissances soulignent la nécessité d’interventions ciblées et de programmes de formation à la lutte contre les incendies dans les entreprises de soins de santé et de réadaptation.(4)
Il incombe aux propriétaires d’entreprise de combler les lacunes en matière de sécurité incendie et de préparation aux situations d’urgence dans leur entreprise de réadaptation. Des programmes de formation ciblés et des protocoles de sécurité détaillés sont essentiels pour protéger toutes les personnes se trouvant dans sa clinique.(4)
Les urgences liées à la santé (par exemple, douleur thoracique, évanouissement, arrêt cardiaque, réactions indésirables à un traitement, étourdissement, complication aiguë d’une affection médicale coexistante, telle que l’hypoglycémie, accident vasculaire cérébral, etc.) peuvent survenir dans les cliniques de réadaptation. Ces événements nécessitent une intervention immédiate et appropriée. Par conséquent, une entreprise de réadaptation doit disposer d’une procédure d’urgence médicale et d’un plan d’intervention.(5)
Un plan d’intervention en cas d’urgence médicale doit préciser le rôle et les responsabilités de chaque membre de l’équipe et tout le personnel doit être familiarisé avec ce plan. Tout le personnel doit avoir les compétences et les connaissances nécessaires pour identifier et gérer en toute sécurité les urgences médicales. Il est également essentiel d’entretenir correctement les équipements et les fournitures d’urgence de votre entreprise.(5)
Voici quelques lignes directrices générales pour aider à gérer les urgences médicales(6):
La sécurité des patients est essentielle dans tous les types de milieux de réadaptation. Cependant, des effets indésirables peuvent se produire. Les événements indésirables peuvent varier dans leur gravité, le type de blessure, les signes et symptômes associés et l’impact psychologique ou traumatique qu’ils causent.
Un événement indésirable est un « incident ayant entraîné un préjudice pour une personne recevant des soins de santé ». Un événement indésirable grave est « toute expérience indésirable survenant au cours d’une intervention et nécessitant des soins médicaux supplémentaires ou des séjours prolongés à l’hôpital(7) ».
Les effets indésirables peuvent être accidentels ou liés au traitement. Les conséquences des événements indésirables peuvent être les suivantes : aucun dommage, récupération rapide, possibilité d’un séjour prolongé à l’hôpital ou détérioration clinique grave nécessitant des soins médicaux supplémentaires.(7)
Bien que les traitements de réadaptation dispensés par des professionnels paramédicaux, tels que les physiothérapeutes, les ergothérapeutes et les entraîneurs sportifs, soient généralement sécuritaires, ils peuvent entraîner des effets indésirables involontaires. Dans le cadre de la réadaptation musculosquelettique, les effets indésirables les plus courants sont l’augmentation des raideurs ou des douleurs, en particulier après des traitements tels que la thérapie manuelle, la thérapie par l’exercice et l’électrothérapie. Dans le cadre de la réadaptation cardiovasculaire, les traitements, tels que la mobilisation précoce, la thérapie par l’exercice et la thérapie de dégagement des voies respiratoires, peuvent entraîner une désaturation et une instabilité hémodynamique. Les effets indésirables de le cadre de la réadaptation neurologique peuvent être des chutes et de la fatigue.(7)
Dans les milieux de réadaptation, tous les cliniciens doivent être conscients des effets indésirables possibles. Ils doivent être en mesure de reconnaître les risques et d’élaborer des stratégies visant à réduire l’occurrence de ces événements. Les professionnels de la réadaptation doivent surveiller les symptômes de leurs patients pendant les interventions et être en mesure d’ajuster le traitement ou l’intensité des exercices. Si les cliniciens plus expérimentés peuvent être en mesure de remarquer les signes plus tôt, les cliniciens inexpérimentés peuvent bénéficier d’une formation spécifique sur les événements indésirables dans le cadre de la réadaptation. Grâce à l’éducation et à la sensibilisation, les cliniciens sont mieux à même de surveiller les réactions des patients, d’éduquer les patients et leurs soignants sur les risques possibles et de mettre en œuvre des stratégies visant à réduire la possibilité d’événements indésirables.(7)
Une catastrophe, qu’elle soit naturelle ou provoquée par l’humain, peut avoir de graves répercussions sur une entreprise. Des études montrent que 40 % des petites entreprises ne reprennent pas leurs activités après une catastrophe. Il est donc important que les propriétaires d’entreprises soient aussi bien préparés que possible.
La préparation aux catastrophes est définie comme « les mesures prises pour se préparer aux catastrophes et en réduire les effets(8) ». Cela comprend l’identification des risques auxquels sa clinique de réadaptation est exposée, la prise des mesures nécessaires pour réduire ces risques et la préparation aux catastrophes.
Les mesures suivantes sont recommandées dans le cadre de la planification en cas de catastrophe pour sa clinique de réadaptation : (1) préparer un plan d’urgence, (2) conserver des sauvegardes des données de la clinique et des clients, (3) s’assurer que des mesures de protection juridiques et financières sont en place et (4) constituer une trousse d’urgence pour la clinique(9). Ces mesures sont décrites plus en détail ci-dessous.
Préparer un plan d’urgence : dans ce plan, décrire les risques et l’impact des catastrophes sur son entreprise de réadaptation. Il vous faut identifier les catastrophes qui peuvent se produire dans sa région (par exemple, ouragans, inondations, incendies, tremblements de terre) et leurs conséquences potentielles (par exemple, coupures d’électricité ou d’eau, accès limité aux approvisionnements, difficultés de transport ou de communication, etc.). Il faut mettre en place un plan d’urgence pour faire face à ces impacts, comme une coupure d’électricité ou d’Internet, pendant quelques jours ou semaines. Il faut avoir les numéros d’urgence du personnel, des services d’urgence et des autorités locales dans son plan, mais aussi bien en vue dans sa clinique.(9)
Conserver des sauvegardes des données de la clinique et des clients : on peut utiliser un stockage infonuagique sécurisé pour conserver les données de pratique et les fichiers de données des clients, ou si toutes les informations se trouvent sur les ordinateurs de sa clinique, planifier régulièrement des sauvegardes externes pour ces fichiers. Il peut également être judicieux de créer un document « hors ligne » contenant toutes les coordonnées pertinentes des patients et des autres professionnels avec lesquels l’on travaille. Dans les cas où il n’est pas possible de travailler depuis ses locaux, il faut disposer d’options, telles que l’accès aux services de télésanté, pour rester en contact avec les patients et poursuivre leur traitement.(9)
S’assurer que des mesures de protection juridiques et financières sont en place : il faut s’assurer que les assurances de l’entreprise couvrent les catastrophes naturelles et tout dommage structurel ou matériel. Il convient de revoir et d’actualiser sa police d’assurance afin de prendre en compte d’éventuelles interruptions de revenus dues à des catastrophes. Si l’on prévoit d’utiliser des séances de télésanté en cas de catastrophe, il faut s’assurer que l’assurance responsabilité professionnelle couvre cette activité. Il est également conseillé de disposer d’un fonds de prévoyance financière pour couvrir les dépenses imprévues.(9)
Constituer une trousse d’urgence pour la clinique: ce kit doit contenir une trousse de premiers secours, des lampes de poche, des piles de rechange, des couvertures et des fournitures pour les abris d’urgence. Une clé anglaise ou une pince peut être utile pour fermer les arrivées (d’eau, de gaz, d’électricité) si nécessaire. Il faut prévoir suffisamment d’eau et d’aliments non périssables pour plusieurs jours. Le kit peut également contenir des copies de documents importants.(9)
« Une approche systématique pour faire face aux effets et aux risques des catastrophes peut inclure une combinaison de mesures pré-catastrophes et d’actions post-catastrophes(10) ». Cette approche peut être divisée en différentes phases : atténuation, préparation, réponse et redressement.(10) L’atténuation désigne les mesures prises pour identifier et examiner les risques à long terme pour la vie humaine et leurs biens. »(10) La préparation consiste à « prendre des mesures pour développer des plans de fonctionnement et des capacités avant une catastrophe ».(10) L’intervention consiste à « protéger les vies et les biens en prenant des mesures immédiates avant la catastrophe, pendant la catastrophe ou juste après la catastrophe ».(10) Le redressement comprend les « efforts et processus qui donneront lieu à un redéveloppement immédiat, à moyen et à long terme d’une zone, après l’événement catastrophique ».(10)
Le scénario fictif suivant illustre les mesures possibles de préparation en cas de tremblement de terre pour une entreprise de réadaptation.
Le propriétaire et directeur d’une clinique de réadaptation de taille moyenne s’inquiète d’éventuels tremblements de terre dans sa région, suite à un récent tremblement de terre dans une région voisine. La clinique, qui compte 15 employés et fournit des services de physiothérapie, d’ergothérapie et d’orthophonie à environ 200 patients actifs, est située dans une zone sujette aux tremblements de terre. Compte tenu de ces préoccupations, le propriétaire de l’entreprise a décidé de mettre en œuvre un plan complet de préparation en cas de tremblements de terre.
Phase 1 : Acquisition de connaissances
Le propriétaire a commencé par rassembler du matériel éducatif sur la préparation en cas de tremblements de terre pour les entreprises de réadaptation. Une réunion avec le personnel a été organisée pour discuter des risques de tremblement de terre dans leur région et de l’importance de s’y préparer. Tous les membres du personnel ont suivi un cours de premiers secours spécialisé qui comprenait les soins de traumatologie relatifs aux blessures causées par les tremblements de terre. Des exercices mensuels de simulation de tremblement de terre ont été mis en place, avec des scénarios spécifiques à leur milieu clinique, y compris la façon de protéger les patients ayant des problèmes de mobilité pendant les secousses. Le propriétaire a également financé la participation du personnel à un atelier local de préparation aux situations d’urgence organisé par le service de gestion des situations d’urgence de la ville.
Phase 2 : Protection financière
Après avoir rencontré son courtier d’assurance, le propriétaire de l’entreprise a amélioré la police d’assurance de la clinique pour y inclure une assurance multirisque des biens de l’entreprise, protégeant ainsi ses équipements de réadaptation coûteux. Une assurance contre les interruptions d’activité a été ajoutée pour couvrir les dépenses courantes et les pertes de revenus en cas de fermeture temporaire de la clinique. Le bâtiment de la clinique est vulnérable aux dommages causés par un tremblement de terre, et le propriétaire a souscrit une assurance spécifique contre les tremblements de terre pour couvrir des dommages structurels. Après avoir consulté un conseiller en gestion d’urgence, le propriétaire a élaboré un plan détaillé de reprise des activités après un tremblement de terre, qui décrit les étapes à suivre pour reprendre rapidement les activités après un tremblement de terre. Ce plan a été complété par un plan d’intervention d’urgence de l’entreprise qui précise les mesures immédiates à prendre en cas de tremblement de terre, y compris les procédures d’évacuation des patients et les responsabilités du personnel.
Phase 3 : Préparation à la survie
Le propriétaire de l’entreprise a entreposé plusieurs trousses de premiers secours dans l’ensemble de la clinique et a ajouté des fournitures médicales spécialisées qui seraient utiles en cas de blessures liées aux tremblements de terre, telles que des attelles, des garrots et des articles pour le soin des plaies. La clinique a désigné une zone de stockage pour l’eau et les denrées alimentaires non périssables d’urgence, en quantité suffisante pour l’ensemble du personnel et des patients pendant au moins 72 heures.
Compte tenu de la nécessité de disposer d’équipements de réadaptation spécifiques nécessitant une alimentation électrique, le propriétaire a veillé à ce que la clinique dispose de batteries de secours pour les appareils essentiels. Le propriétaire a également conclu un accord avec un collègue qui possède un centre de réadaptation à 80 km de là, pour qu’il serve de site de relocalisation temporaire si son bâtiment devenait inutilisable. La clinique a investi dans une génératrice de qualité commerciale dotée d’une capacité de commutation automatique afin de maintenir l’alimentation des équipements critiques pendant les pannes.
Phase 4 : Mesures de protection physique
Le propriétaire a mis en place un système de dossiers numériques robuste avec des sauvegardes quotidiennes dans le nuage informatique de toutes les informations sur les patients et les données de l’entreprise. Ils ont engagé un ingénieur structurel qui a procédé à une évaluation sismique approfondie de leur bâtiment, identifiant les zones vulnérables.
Toutes les étagères hautes et les armoires de rangement ont été fixées aux murs, et les portes des armoires ont été équipées de loquets pour éviter que leur contenu ne se répande en cas de secousses. Le personnel veille à ce que le matériel de réadaptation lourd soit placé sur des étagères plus basses ou directement au sol lorsqu’il n’est pas utilisé.
Les documents de l’entreprise essentiels, les polices d’assurance et les fournitures d’urgence ont été placés dans des conteneurs étanches et résistants au feu. Sur les recommandations de l’ingénieur, le propriétaire a investi dans une rénovation anti-sismique partielle du bâtiment, en se concentrant sur le renforcement des connexions structurelles et le renforcement des salles de traitement où se trouvent les patients les plus vulnérables.